XII. — G. R., DE Vérone (Giacomo Riccio
Nous avons eu l’occasion, à propos de Rugieri, de parler d’une eau-forte, représentant Mercure descendant du ciel, qui porte l’inscription : gr VERone. Mariette l’attribuait à Guido Rugieri, quoiqu’on ne connût de Rugieri qu’à Bologne. Le moment est venu de chercher à découvrir le graveur qui se cache sous ces initiales.
Il y avait, à la cour de François Fg un artiste véronais très célèbre, qui a longtemps joui de la faveur royale, Matteo del Nassaro. Son nom se retrouve dans les acquits au comptant, de i53i à ifiSq, avec la qualification de peintre, graveur et valet de chambre du roi. Il était graveur en pierres fines, dessinateur de cartons de tapisseries, excellent musicien, ingénieur au besoin, et même marchand de couleurs. C’est dans son entourage qu’il paraît naturel de chercher le compatriote, qui a laissé la trace de son passage dans l’Ecole de Fontainebleau. L’historiographe des artistes véronais, Fr. Bartolomeo, nous apprend, après Vasari, que Matteo del Nassaro fit beaucoup d’élèves, entre autres le frère de Dominico Brusasorci, et deux de ses neveux qui l’accompagnèrent en Flandre et en France*. Ce
I. Vasari dit seulement en Flandre. Mais c’est de France que Matteo del Nassaro est parti, sur l’ordre de François Rr.
Dominico, peintre assez estimé, était le fils de Giacomo Riccio, graveur sur bois ; Brusasorci était son surnom. Ce n’est peut-être pas une hypothèse excessive que d’attribuer à ce Riccio de Vérone, fils de graveur, frère de peintre, élève de Matteo, les eauxfortes de l’artiste véronais qui n’a signé ses planches que des lettres G. R.
1 . Mercure descendant du ciel et se mettant en devoir d’aller
porter les ordres de Jupiter, qui parait au-dessus, placé sur un nuage. En bas, l’inscription suivante :
Bo/ inWeTo G. R. VERo^e F L. 32o; h. 212. (B. N.)
C’était, d’après Mariette, un des tableaux du plafond de l’appartement des Bains, détruit en 1697 de la transformation en chambres’.