LES INDICATIONS DES, FAUX
Les Indicalions des eaux hyperthermales de Chaudesaigues découlent de leur analvse physico-chimique et surtout de l'empirisme. 1 semble qu'en considérant Ja formule d'ana- Ivse, on prévoie ses applications lbérapeutiques, mais on sait combien la biologie est complexe, et comment la vie s'accommode mal des théories. La vie n'esl pas un simple assemblage de Corps minéraux et organiques, elle les unit en donnant à chaque êlre une individualion. Le médecin ne peut pas à l'avance définir ce que sera la réaction de l'organisme vis à vis d’une substance simple el définie. Il est encore plus difhole de prévoir l'influence d'un mélange, d'un « mixte » comme disaient les anciens. Les eaux minérales possèdent de plus une individualité : l'analyse renseigne sur les éléments qui entrent dans leur composition, mais l'eau minérale prise au grilon possède un potentiel d'énergie ionique, électrique ou d'autres inconnus qui la font qualifier de « vivante ». Un autre élément d'incertilude est la question de tempérament des malades : des organismes difiérents placés dans les mémes conditions extrinsèques auront une réaction variable pour chaque individu, la réaction est encore plus variable quand au lieu d'un individu normal on a affaire à un organisme pathologique.
Eire
C'est pourquoi l'empirisme a son mot à dire dans l'usage des eaux mincrales ; les anciens médecins, fins et palients observateurs, lui ont loujours témoigné une grande con: fiance et fondaient leur opinion sur les faits cliniques. Parmi les maladies nombreuses et diverses traitées par ces eaux, 1l en est certaines qui se sont montrées rebelles, d’autres furent améliorées. Ainsi s'est établi tout naturellement une spécialisation des eaux ou au moins une discréminalion plus rationnelle :
La thérapeutique balnéaire est plus active chez un malade préparé par un long traitement de fond. Un malade traité depuis quelques mois est un malade dont les poussées aigües scnt atténuées, dont l'élat général est remonté et nous le croyons d'autant plus apte à bénéficier de la cure qu'il est plus amélioré. Le traitement hydro-minéral chez un malade ainsi préparé peut rendre alors d'énormes services.
Parmi les indicalions médicales de Chaudesaigues l'expérience à placé en premier lieu les mantiestalions douloureuses articulaires et les névralgies que l'on englobait jadis sous le terme d’arthritis, plus tard sous celui d'arthritisme que Bouchard et ses élèves attribuëèrent à un ralentissement de la nutrilion, groupe extrêmement complexe allant de la goutte Jusqu'au rhumatisme progressif osseux ankylosant et comprenant des syndromes souvent connexes comme l'obésité, la migraine, l'eczéma, le psoriasis. Sous le nom de rhumalisme chronique on à englobé un grand nombre de maladies différentes et le démembrement de ce groupe se poursuit tous les jours et n'est pas prèl d'être achevé : il comprend notamment des affections d'origine diverse dont les unes sont la conséquence de processus infectieux, les autres de troubles humoraux, d'autres de troubles sYmpalico-endrocriniens et peulêtre même de troubles cérébro-médullaires. Nous sentons combien ce mot de « rhumalisme » exprime mal notre pensée, et nous sommes cependant obligés de l'employer. Ce mot, dans son imprécision, nous permet d’englober un certain mom-
Le, Fm
bre de maladies qui ont pour caractère commun de présenter des réactions mnporlantes alors que les cause ment minimes.
s sont relative-
Dans le langage ordinaire, surtout à la campagne, douleur est synonyme de rhumalisme, La douleur est en effet le premier symptôme de toute affection rhumatismale, et elle restera pour le malade et celui qui le soigne le plus important pendant l'évolution enlicre de la maladie.
Le rhumalisant s'avance péniblement, £e lsisse tomber sur un siège, les hanches et les genoux pliés à l'avance, avec des craquements, Il nous entretient immédiatement de ses souffrances physiques. Il a conservé le souvenir d'une période de gêne et de sensations plus où moins pénibles dans les articulations et les membres : à l'heure actuelle, phase des défornations polyarticulaires et progressives, les plaintes varient peu d'un malade à l'autre. Au réveil il se sent tout endolori et engourdi, ses articulations sont « rouillées », ses membres en « bois », il fait le bilan des mouvements possibles encore il ÿ a un mois, aujourd'hui limités par la douleur : douleur en éclair lorsqu'elle accompagne un craquement, plus sourde et plus tenace lorsqu'elle est étendue à tout un membre qui semble brisé, 1l nous raconte comment une de ses articulalions se « bloque », « s'accroche » au milieu d'un geste. Le malade nous dit reprendre progressivement le maximum de son activité dans Flaprès-midi; cependant la plus cruelle épreuve, s'il sort, est la descente des escaliers. Il trouve des paroles plus véhémentes pour décrire ses sensations douloureuses du soir el surtout de la nuit. Cependant un grand nombre de rhumatisants dorment d’un sommeil calme et réparateur entrecoupé malheureusement de réveils brusques dûs à des souffrances aigües, de fréquence et de siège variables et causés le plus souvent par des changements de position.
En interrogeant ces malades, presque lous accusent des poussées aigües nettement articulaires dont la première à pu correspondre au début de l'affection ; mono ou polyarticulaires elles sont pour eux des élapes douloureuses et spon-
Te
lanément ils nous indiquent la cause qui, à leur avis, les a provoquées. IT Y à épanchement synovial, gonflement des tissus pérlarticulaires, souvent rougeur, Le moindre mouvement actif où passif, la palpation ja plus douce sont impossibles. Certaines de ces « crises», pour employer l'expression des patients, sont séparées par des rémissions de plusieurs années, d’autres, plus tenaces, et à répélition plus fréquentes ne permellent pas le « restitutio ad intégrum ». Plus tard Ja désorganisalion atteint le revêtement carblagineux, le patient ressent ces douleurs aigües coïncidant souvent avec ces phénomènes d'accrochage dans lesquels les corps étrangers ina-arliculares doivent jouer un role inporlant.
Les rhumatisants dont les articulations restent sèches (ceux dont l'affection commence dans la vicillesse et quelques autres) ont la chance relative d'arriver à la période des défor- Malions sans subir ces poussées douloureuses. D'autres sui- Vant une Cvolution différente considérée autrefois comme providentielle, arrivent après des années de souffrances continues, à une ankylore de leurs articulations devenues complelement indolores.
Les muscles chez les rhumalisants chroniques (en dehors des cas de myosile chumatismale sont le siège de sensations pénibles el agacantes : crampes, lourmillements, tremblements qui accompagnent souvent les poussées articulaires elles/sont suivies, et rapidement, de contracture ; celle-ci joue un rôle considérable dans la SYMplomalologie du rhumatisme chronique, qu'est surtout une impolence douloureuse, une li- Milalion de la fonction des articulations par la douleur : impolence qui n'est pas plus proportionnelle aux déformations exlérieures el à la désorganisalion analomique de J'articulalion qu'à la limitation réelle des mouvements ; à un premier examen on étonne loujours le patient par l'amplitude des déplacements imprimés passivement à ses membres; en évitant de lraumatiser l'articulation, on arrive à vaincre celle conluclure, sauvegarde de l’article lésé mais source également de douleurs si aigües qu'elle égare le malade sur le siège
exact de son affection. Les muscles contracturés, touchés dans leur lrophicité, se fatiguent vite et les malades signalent loule la peine inouïe qu'ils ont à se remettre en marche après quelques instants d'immobilité, C’est ainsi que se présente le plus souvent le malade venant prendre les eaux de Chaudesaigues,.
Nous ne pouvons pas décrire toutes les formes cliniques des maladies qu'on rencontre à Chaudesaigues. Nous nous bornerons à donner Ja définition des rhumalismes du professeur Rathéry.
« Les rhumalisimes sont les manifestations de l'altération chronique du tissu conjonetif et de ses dérivés portant toul spécialement sur les articulations sous l'influence des Catises infectieuses et toxiques très diverses,
« Nous admetlons implicitement que
a) Ce cadre comprend des altérations de nature dystrophique et dégénérative.
b) À côté des intoxications. hélérogènes où endogènes chiiniquement définies, les causes toxiques englobent encore ces déséquilibres colloïdaux et physico-chimiques {Widal)
c) Les jointures constituent la localisation habituelle. mais les déterminalions peuvent encore poricr sur tout le resle de l'appareil moteur : tendons, gaines, synoviales, bourses séreuses, aponévroses, os, périoste, névrodoque avec les nerfs qui les traversent, tissu cellulaire.
d) Les rhumalismes chroniques n'ont pas de singulier, »
Maintenant que nous avons délimité les rhumatismes, nous pouvons donner les indications {hérapeuliques de nos eaux.
a) MÉDICALES
1° Alhropathies rhumalismales.
Convalescence el séquelle de rhumatisme articulaire aigu.
Douleur : arihrite douloureuse simple.
Douleur et ankylose.
Ankylose.
Arthrite déformante.
Quelle que soit leur étiologie : infectiens focales pharynoces, dentaires, streploccoque, staphvlocoque, bacille de Kock, goutte, hypersensibilisalion, trouble endocrino-sympathique.
2° Algles extra-articulaires.
Scialique essentielle, lumbago.
Névralgie intercostale.
Mvalgies. Rhumaüsme musculaire.
Cellulite.
b) CHIRURGICALES.
Sequelles articulaires des fraciures.
Sequelles de luxations.
c) LEUCORRHEE.
CONTRINDICATIONS
Le rhumatisme arleulaire aigu.
Les poussées aigües de rhumalisme chronique.
La tuberculose sous quelque forme que ee soit. L'hypertension artérielle et lhypotension.
Fous les élats accompagnés de fièvre.