‹ Les eaux hyperthermales de Chaudesaigues (Cantal) et leurs indications thérapeutiquesChapitre 6 sur 26 · DESCRIPTION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION

Chaudesaigues est un chef-lieu de canton situé sur la roule qui relie Saint-Flour à Rodez. Cette station thermale n'est pas desservie par une ligne de chemin-de-fer : le voyageur, qui sv rend, quitte le train de Saint-Flour et prend un autobus, successeur assez récent de Fantique diligence, pour parcourir les 31 Kilomètres qui le séparent encore des sources thermales, La route, d'abord assez austère, devient vite plus plaisante. Elle franchit en lacets les gorges sauvages de la Truvère et monte en pente douce vers Chaudesaigues annoncée bientôt par Notre-Dame de Pitié, une église isolée, autrelois célébre par les guérisons miraculeuses qui s' accomplissaient ; de nombreuses béquilles, suspendues en ex-volo, y altestent leur authenticité.

Chaudesaigues est au fond d'un entonnoir de collines désertes et stériles, recouvertes de bruycres et de genêts. Malgré leur faible altitude, elles bornent l'horizon de tous côtés, Cet encaissement nuit sans doute à la beauté du site mais il est au point de vue médical un avantage. Chaudesaieues gite en eflet en bordure de la Planèze formée de couches schisteuses el granitiques el à peine sillonnées par les érosions de quelques ruisseaux découpant des gorges étroites

e! peu profondes ; elle forme une vaste plaine de 50 kilométres de diamètre, entourée de tous côtés par les montagnes du Cantal, des Margerides et de l’Aubrac. Aucun obstacle n'arrête les vents froids et violents qui la parcourent, le climat Y est rude et changeant, Chaudesaigues abritée par ses collines bénéficie d'un climat plus calme, plus doux et sensiblement plus chaud, en été surtout, circonstance favorable au traitement des rhumatismes, déjà apercue en 1848 par le docteur Brémont dans le rapport qu'il écrivit à cette date « sur le mouvement des malades qui ont pris les bains à Chaudesaigues en 1848 » (page 2).

Chaudesaigues n'est pas une station mondaine, et le malade où ceux qui F'accompagnent ne peuvent v venir chercher, en dehors de l'accueil cordial des cafés et des hôtels, les plaisirs habituels aux villes d'eau à la mode. Parlagée en deux par un ruisseau, le Romantalou, elle peut imléresser un moment le lourisle par ses peliles rues bordées de maisons anciennes, crnées souvent de stalues de saints destinés à préserver leurs habitants des épidémies et qui ont remplacé les nymphes des sources dans la piété des paysans, par ses deux petites places où se liennent un marché campagnard animé et très couleur locale. Mais elle offre peu de curiosités : les débris d'une ancienne porte fortifiée et une église gothique ornée d'un très beau rélable : c'est tout.

Chaudesaigues n'est pas non plus un centre de grandes excursions. Cependant le baigneur peut faire de charmantes promenades én suivant les rives du Romantalou : s'il se décide à gravir les collines qui entourent la cité, il jouit d'une vue splendide sur les fertiles communes environnantes qui Sélagent en pente douce dans la direction des montagnes : les villages mettent une note claire parmi le vert des prairies et le jaune des champs et le vaste horizon nest borné que par les lignes des montagnes teintées de bleu.

Un peu plus loin on peut excursionner le long des Gorges de la Truyére que le barrage de Sarrans vient transiormer

en un beau lac de 35 kilomètres de long. À proximité de

Chaudesaigues se lrouvent aussi les gorges de la rivicre du Bès encore plus sauvages que celles de la Truvère; on Y rencontre les débris de plusieurs de ces châteaux féodaux si nombreux en Auvergne el sources de légendes, où les trésors enlouis jouent un rôle essentiel. La rivière est finalement surplombée per un roc vertical de près de 300 mètres de haut sur un kilomètre de long. Dans cette région on trouve une source bicarbonatée sulfatée et d'un goût piquant et savoureux, elle est inublisée bien que le Docteur Brémont ait jadis signalé ses vertus dans les troubles gastriques.

Ces excurs'ons cenviennent bien à des malades le plus souvent atteints de rhumalismes, I n'existe à Chaudesaigues qu'un seul établissement thermal pour leur traitement : il est de construction récente, de couleur vive el gaie ; l'atmosphère intérieure est réchauflée par les sources thermales et donne, quand on y pénètre, une agréable sensation de bien-être. Un pare agréablement aménagé reçoit les malades qui ne se sentent pas disposés à faire de longues promenades, Altitude 150 mètres.

Tel est le cadre où s'opère la cure de Chaudesaigues.

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