‹ Les eaux. Introduction. Les aqueducs romainsChapitre 12 sur 72 · AQUEDUCS ROMAINS. — DETAILS DE CONSTRCCTION. 4Ô · texte numérisé non relu

AQUEDUCS ROMAINS. — DETAILS DE CONSTRCCTION. 4Ô

« J'ai procédé ])ar voie do fait, j'ai ordonné de faire des fouilles autour de la 2' Sereine, persuadé que les anciens, qui ont tant chanté l'Aqna Marcia, ne se sont pas trompés en choisissant , la meilleure source ; et en effet, nous découvrîmes l'ancien aqueduc parfaitement conservé, à très-peu de profondeur sous le sol, avec la construction et les dimensions de la iMarcîa, se dirigeant vers la 2' Sereine. »

Ces fouilles sont figurées sur l'héliogravure I. On voit parfaitement les ruines de l'aqueduc, encore rempli d'eau.

La section de Marcia est plus grande dans le voisinage des sources; elle a ']"\70 de largeur, sur 2'", 50 de hauteur; plus loin, ces dimensions sont réduites à 0'",90 pour la largeur, et à l'",70 pour la hauteur.

L'aqueduc d'Ânio Vêtus a V'\\0 de largeur, et 2'",48 de hauteur.

Ces aqueducs, comme je l'ai dit plus haut, suivent terre à terre le fond de la vallée de l'Anio jusqu'à Tibur. Marcia franchissait la rivière à peu près à mi-chemin, près de Yicovaro, où l'on voit encore les ruines du pont qui le supportait, avec son appareil de pierrede taille (PI. III, fig.E).

On trouve une autre ruine de l'aqueduc dans la même région; elle porte le nom de pont Saint-Pierre (PL III, fig. G). Les quatre aqueducs de l'Apennin traversaient la vallée degli Arci (fig. .1) sur de magnifiques arcades. Ces ruines sont classées parmi les plus curieuses du pays; celles d'Anio Velus et de Marcia sont les plus rapprochées de l'Anio. En ceci, M. Fabio Gori est en désaccord avec Fabretti, qui suppose au contraire que les ruines les plus voisines de l'Anio appartenaient à Claudia et à AnioNovus. Il n'est pas étonnant que le célèbre archéologue, qui a si bien débrouillé le tracé des aqueducs, se soit cc[)endant trompé sur quelques points de détail.

A peu de distance de là (PL IV, fig. N), nous trouvons une autre ruine très-intéressante de Marcia; c'est un reste de château d'eau situé à 1 mille 12 de Tivoli, sous une plantation d'oliviers ; Laque-

duc primitif se voit de chaque côté, avec son appareil en pierre de taille; le château d'eau, au contraire, a été construit en petits matériaux et par conséquent longtemps après. Cela est d'autant plus certain que deux autres regards, situés en amont, sont aussi en petits matériaux; on voit même, sur l'un d'eux, l'appareil connu sous le nom d'opus reticulatum, fantaisie de maçon d'une date relativement récente.

Ainsi les restaiu'alions ne s'étendaient pas sur de très-grandes longueurs, et cela fait comprendre ce passage de Frontin : « Eodem amw Agrippa dndus Appiœ, Anionis, Marciœpene dilapsos restiiuit\ » Comment Agrippa aurait-il pu rétabhr, en une année, des ouvrages énormes, comme les aqueducs Appia, Anio Vetiis et Marcia, s'ils avaient été presque délruits? Évidemment ces ouvrages étaient simplement rompus en quelques poinis; l'eau n'arrivait donc plus à Rome et les aqueducs, aux yeux des usagers, étaient complètement ruinés, tandis qu'ils existaient encore presque en entier; les photographies de M. Parker en sont la preuve. Surtout en ce qui concerne Marcia, le caractère de la construction primitive se retrouve dans la plupart des ruines; les systèmes de construction plus récents ne se voient qu'en certaines localités, où les chances d'accidents étaient sans doute plus grandes. C'est surtout en cela que les ruines de ce célèbre aqueduc sont intéressantes. M. Blumenslhil pense cependant, que les reslaurateurs, Caracalla surtout, ont f;nt de grands changements de tracé, en perçant les collines pour obtenir des raccourcis.

On voit, dans la même région, une ruine fort importante d'Anio Yetus (fig. M). C'est un pont-aqueduc composé de 35 voûtes formant deux rangs d'arcades superposées, qui traverse la vallée de Saint Jean.

Ainsi que je l'ai exposé ci-dessus, les trois aqueducs, Anio Yetus, Marcia et Anio Novus quittent la vallée de l'Anio à Tibur et se développent sur les pentes régulières des monts Ripoli,

* Frontin, chap. ix.

Travaux souterrains de Pans (/i7troducùon Pac/c ù.z

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