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AQUEDUCS ROMAINS. - DETAILS DE CONSTRUCTION

porte Majeure. Anio Velus el Claudia sont à gauclic, au-dessus de leurs hautes arcades. Marcia, Tepula et Julia sont à droite, vers les bords de la ligure. Les briques d'Anio Novus ont fait place à la pierre de taille. Les deux aqueducs superposés sevoicut encore dans les jardins du palais Sessorien, aujourd'hui Sanla-Croce, où se trouvent les restes de leur châleau d'eau commun, encastrés dans le mur d'enceinte de la ville; sept photographies représentent ces ruines ^ Les héliogravures lll et IX font voir que ces châteaux d'eau dont les ruines sont si imposantes, ne contenaient qu'une petite quantité d'eau; c'étaient de simples cuvettes de distribution, qui n'avaient aucun rapport avec nos grands réservoirs modernes, dont la capacité s'élève jusqu'à 150 et 300000 mètres d'eau.

C'est probablement dans ce château d'eau, que se mélangeaient les eaux de Claudia et d'Anio Novus, maladresse des fontainiers signalée par Frontin ^ Et, en effet, à partir de là, les arcsnéroniens, qui forment la prolongation de l'aqueduc, n'ont plus qu'une seule cunelte, destinée à Claudia seule, mais dans laquelle les deux eaux étaient mélangées.

Cela semble résulter du passage suivant de Frontin. (.cFiniuninr arciis earum [Claudiœ, et Anionis Novi) post hortos Pallantianos, etindein usumurbis fistuUs dediicuntiu' : partem tamen sui Claudia prias in arcus, qui vocantur Neroniani, ad Spem Veterem transfert \ »

Ce passage semble indiquer que le mélange volontaire ou involontaire des deux eaux, soit sur les arcs Néroniens, soit dans les conduites de plomb qui les distribuaient en ville, ne pouvait commencer qu'au château d'eau, point de départ des arcs Néroniens, puisque jusque-là, ces eaux coulaient dans deux aqueducs différents.

' Phofog. n"^ 598 a, 598 f», 544, 046, 547, 553 et 554.

- {Claudia) quœ per muUa millia passuutu, proprio diicla rivo, Romd' dcinum ciim Anione permi.xia, in hoc tetnpus perdehal proprietalcm (FroiNTix, cliai), xci). ^ Fko.ntin, cha|i. xx.

Arcs Néi'oniens'. — Cette magniiique construction longeait le Cœlins jusqu'au temple de Claude. Une branche s'en détachait pour desservir la nyniphée de Néron, sur le Cœlius et se prolongeait jusqu'au palais impérial du Palatin.

Elle se composait tantôt d'un simple rang d'arcades, tantôt d'arcades doubles. Le parement était généralement en briques. Suivant Fabretti% la cunette unique, portée sur ces arcades, avait 2%9 pouces (0",85) de largeur, 5%l/2 (1",65) de hauteur jusqu'aux naissances. Le rayon de la voûte était de 1^,1/2 (0'",45), les parois latérales avaient 1^,10 pouces 1/2 d'épaisseur (O'^dQ). L'ouverture des arcades les plus larges était de 27 pieds 1/2 (8",17) ; celle des plus étroites, de 18 pieds 1^2 (5", 49). Cette ouverture variait avec la hauteur des pieds-droits.

Les briques des ruines de ces arcades sont de diverses grandeurs. Celles de l'intérieur de la voûte ont 2 pieds (0°,59), celles des parements 1 pied et 4 pouces (0",40) On remarque dans les voûtes, un intéressant détail de construction, lorsque la destruction du parement permet de voir le remplissage. Cette maçonnerie est divisée en voussoirs par de grandes briques (probablement celles de 2 pieds), entre lesquelles le remplissage est formé de petits matériaux. Une fissure, se déclarant dans une voûte ainsi appareillée^ suit nécessairement le plan de joint déterminé par les grandes briques, c'est-à-dire un plan normal à la douelle, ce qui est favorable à la stabilité '\ Ce procédé de construction a été très en usage sous les Empereurs (Yoir l'ouvrage de M. Choisy sur les constructions anciennes) L'héliogravure X représente un arc Néronien, dans lequel le parement de tête est ruiné et laisse voir cet appareil intérieur.

Les restes du château d'eau qui termine l'aqueduc Néronien

» Photog. n"' U28, 1429, 1454, 1456 de la collection Parker.

- Fahreiti, Dissertation 1, p. 24.

^ Les coiTstnicteurs repoussent avec raison les voûtes en béton, parce fpie les fissures se font suivant des directions quelconques, ce qui amène dans heaucoup de cas, la chute de l'ouvrage. On éviterait les accidents, en disposant le béton en voussoirs limili'S par des briques, comme dans les arcs Néroniens.

AQUEDUCS ROMAINS. — DETAILS DE CONSTRUCTION. Di-

se voient au-dessus de rarclic Dolabelle (Héliog. IX). C'est un exemple d'ouvrages de styles différents, érigés l'un au-dessus de l'autre et dans les meilleurs temps de l'architecture romaine.

On en voit un autre exemple plus frap[)ant encore près des thermes deCaracalla; l'aqueduc Antoniaua, dérivé de Marcia pour alimenter ces thermes, est construit en petit appareil de moellons et passe au-dessus de l'arc de Drusus, monument en pierre de taille de style corinthien. Les anciens ne se préoccupaient donc guère de ces disparates, non plus que des défauts de symétrie. J'ai déjà fait remarquer que les arcs de Claudia ne sont pas égaux; les diamètres sont variables comme l'épaisseur des piles. Ce mépris de la symétrie a duré jusqu'à la fin de la renaissance, et on le remarque dans les monuments les plus célèbres de la France et de l'Italie.

En ce qui concerne les aqueducs, il est évident que la symétrie n'a aucune raison d'être. En somme, un aqueduc n'est qu'une conduite d'eau ; ce n'est que par accident, par la disposition fortuite du sol, qu'il devient un monument, et alors c'est bien plus par sa masse, que par les décorations dont on peut l'enrichir, qu'il frappe l'imagination. Presque toujours construites loin des centres de population, il est rare que les plus hautes arcades excitent la curiosité de la foule. C'est, pour ainsi dire, par hasard qu'elles attirent l'œil du voyageur et toujours à des dislances où les détails disparaissent. Dans ces conditions, les coûteuses décorations architecturales ne peuvent se justiher.

Hadriana \ — Ainsi que je l'ai dit en commençant, cette introduction est plutôt technique qu'archéologique. Des aqueducs construits depuis Frontin, je ne décrirai donc qu'Hadriana, qui jtrésente de précieux détails de construction.

Fabretti en a fait une intéressante et complète étude.

» Photog. n°* 62, 05, 66, 72, 70, 77, 78, 79, 116, 131, 505, 557, 558, 556 et 750 de la collection Parker.

Les sources, gui alimenlaienl cet arjuecluc, appartiennent à la campagne de Rome et sortent probablement de la même nappe d'eau que celles de l'aqueduc Felice, dont elles sont très-voisines.

D'après la carte de M. Fabio Gori, l'aqueduc conmiençait au lieu ditRifolta, comme l'aqueduc de l'eau Felice, près de l'ancienne voie Prénestine.

Par suite d'une singulière déviation du tracé, dont j'ai déjà dit quelques mots, l'aqueduc s'éloigne de la naissance des ravins de la campagne de Rome, s'élève à une grande hanteur au-dessus du fond de ces ravins, et par conséquent est supporté presque partout par de hautes arcades. Ses ruines sont comptées parmi les plus imposantes. J'emprunte à Fabrelti l'énumération des principaux ouvrages de celte dérivation.

J'ai reproduit sur ma carte les numéros d'ordre de la carte de Fabretti.

1° Dernière substrnction de l'aqueduc, dans la vigne de> charireux,

près de la voie Labicane, 2° 52 arcades dans la vallée d'Acqua-Bollicante. 0° Subsiruction après l'intersection de la voie Labicane. ¥ 92 arcades (les plus élevées) à Casa-Rossa. (Cenlocelle, pi. VII, fig. U.) 5° 7 — (médiocremtnt élevées), dans une petite vallée voisine. 6" 25 — dans une autre vallée.

8" Aqueduc dérivé, à gauche de l'aqueduc principal, sons Casa-

Calda.

9° 102 arcades, qui occupent deux vallées successives, 10° 28 — sur la vallée de la Marrana. 11° 22 — dans la vallée suivante, disposées en courbe. 12^^ 50 — également en courbe. 13° Aqueduc dérivé, à droite de l'aqueduc principal. 14° Arcade unique, au milieu d'une substruction de 12 pas. 15° 28 arcades sous Casale-di-Tor-d'Angeli, les plus 1 approchées de

la voie Prénestine.

16° 4 arcades [dus petites et presque détruites. 17° Arcade unique construite en forte pierre des Gabiniens, sur un

ruisseau.

18° Cinq puits (regards) et indication de trois autres, décrits séparément.

19° Autre regard semblable aux précédents.

AQUEDUCS ROMAINS. -- DKTUI.S DU CONSTH CCTIO.N. :,7

20" Nouvelle émersioii de substiuclion, sons Casale di S. Antonio,

api es une longue tranchée.

21" 67 arcades, a] rès l'élable connue sous le nom de Procoio di Pan-

lano.

2'2" 62 arcades, au milieu d'nne plaine, 23° 45 — les premières de l'acpieduc. 24" Piscina limai ia, décrite à part.

Les arcades, comptées parFabrelli, soiil donc au nombre de 602, elles sont construiles en briques; leur ouvcrluie, d'après les deux ligures données par le même auteur, varie de 10'', 6 onces (2'", 12) àl2pieds(3"%56).

A divers intervalles, la voûte des arcades est percée de regards ou ventilateurs, formant des carrés de 2 pieds (0"',59).

Les puits (i égards ou ventilaieurs) indiqués au tableau sous les n"' 18 et 19, ont également 2 pieds en carré. Leurs parois ont un peu plus de 2 jùeds d'épaisseur; ils sont construits en tuf alternant avec des briques, et sont placés sur le côté de l'aqueduc pour en faciliter l'accès.

Le vide de la piscine épuratoire, indiquée sous le n" 24, est un rectangle de 46 pieds (15"', 66) de longueur sur 56 pieds (10",79) de largeur.

Fabretti pense que l'eau s'y clarifiait. Est-il nécessaire dédire que cela n'était pas possible? Elle en sortait dans le même étal qu'en y entrant; un aussi petit réservoir ne j)eut épurer un grand volume d'eau. Les graviers et autres matières volumineuses et lourdes, y restaient seules.

D'après les ligures données par Fabretti, l'ouverture de l'aqueduc variait de 2%l/2 à 2'', 8 pouces.

L'eau était incrustante (comme celle de Felice). Sur certains points, l'aqueduc est presque rempli par les dépôts. Le plus souvent, il est obstrué aux ti'ois quarts \ Dans les parties où des fuites et exsudations se sont manifestées sur la paroi extérieure, les incrustations forment des niasses énormes, qui ressemblent

* Ad dodrantis inlcreapcdinem.

à une charrette chargée de foin*. Fabretli fait remarquer que ce vice d'Hadriana existe aussi dans les eaux Tiburtines, et notamment dans Marcia. Celte eau, suivant Pline, accordée à Rome par la munificence des dieux, formait des incruslntions plus épaisses et surtout plus compactes que celles d'Hadriana.

Cette remarque de Fabretli est importante; la dureté des incrustations prouve que l'eau Marcia était plus limpide et plus rarement troublée qu'Hadriana.

Fabretli dit qu'il a longtemps cherché pourquoi l'architecte, méprisant la ligne droite. qui aurait diminué de beaucoup la hauteur des arcades, semble avoir cherché les vallées profondes.

Ce singulier tracé lui semble justifié, par la solidité des terrains qui portent les fondations, par la meilleure qualité des matériaux de construction, notamment des mortiers. La raison véritable est peut-être celle qu'il donne la dernière : « Le constructeur s'est peut-être laissé séduire par l'idée de faire une œuvre magnifique : les arcades en certains points s'élèvent à 70 pieds de hauteur (20'",79). »

J'ai dit qu'on Irouverail, à la page 169, le catalogue des photographies de la collection Parker, qui représentent toutes les ruines des aqueducs visibles aujourd'hui. La très-courte explication qui correspond à chaque planche, indique suffisamment la position de la ruine, et complète auisi la description qui précède.

On voit sur toutes les figures des arcades, que les piles qui séparaient les voûtes avaient une épaisseur au moins égale à la moilié, quelquefois à la totalité de l'ouverture de ces voûtes ; dans ce système de construction, il y a certainement exagération de solidité qui se justifiait sans doute, h ces époques anciennes, par le bas prix de la main d'oeuvre.

* Quœ vehem fœni onustam imitantiir. La photographie n° 1 456 de la Collection Parker donne un curieux spécimen de ces incrustations comparables à celles de Sainte-Allyre h Clermont-Ferraiid.

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