AQUEDUCS ROMAINS. - CANALISATION
nrgenliière, qui, par sa couleur plus blanche et sa dureté, ressemble un peu à l'étain.
Les Romains confondaienl donc l'élain avec le plomb argentifère et devaient souvent, sinon toujours, employer ce dernier métal dans la composition de leur soudure, de leur alliage tertiaire, qui alors était entièrement composé de plomb et d'une très-petite quantité d'argent. C'est ce que j'ai eu la satisfaction de constater à Paris ; M. Vacqner découvrit, rue Gay-Lussac, dans des ruines romaines, qui remontaient au moins au deuxième siècle, un tuyau de plomb dont voici la figure.
Tuvau «jallo-romain, trouvé à Paris, rue Gay-Lussac.
[Asseiublago par mauehon, sans soudure.)
Ce tuyau porte, au sommet, une soudure longitudinale et l'analyse du métal qui forme cette soudure, prouve qu'il ne renferme pas trace d'élain.
Cette découverte a été un trait de lumière pour moi, et m'a fait comprendre la forme défectueuse du tuyau romain et le mode non moins défectueux d'assemblage dont je vais parler.
Tout le monde sait que la soudure, formée de deux parties de plomb et d'une partie d'étain, entre en fusion à une température plus basse que le plomb, de sorte que, avec un fer médiocrement chaud, on l'étend sur les deux lèvres de plomb à réunir : elle y adhère fortement et les relie; c'est ce qu'on appelle un nœud de soudure, et lorsque ce nœud est bien fait, il est aussi solide que le reste du tuyau ; mais sous ce nœud, la séparation des deux lames ou des bouts de tuyaux existe toujours, et il doit
INTRODICTION.
en être ainsi, pnisque le plomb ne fond pas. Celte discontinuité est donc un des caractères du nœud soudure moderne.
Mais si la soudure ne contient pas d'élain, on ne peut la fondre sans fondie le tuyau lui-même, et la jonction des deux lèvres ne peut se faire par le même procédé. Dans le tuyau romain de la rue Gay-Lussac, il n'y a pas discontinuité sous la soudure; les deux lèvres de la lame sont réunies comme si le tuyau avait été coulé d'une seule pièce; les ouvriers ne voulaient pas croire qu'il eût été fait autrement.
J'ai cherché à souder un tuyau, formé d'une lame de plomb, avec du plomb pur, et j'ai réussi en lui donnant la section piriformc et en coulant le plomb très-chaud sur les deux bords extérieurs de la lame (fig. 3).
FiK. '2.
L'adhérence a été complète, la solution de continuité a disparu. Le tuyau, soumis à une pression de 5 atmosphères, a commencé à s'arrondir; il a pris la forme circulaire à 8 atmos[»hères, et a supporté une pression de 18 atmosphères sans se déchirer à la commissure A des lèvres (fig. 1).
Je n'ai pas réussi, en donnant d'abord au tuyau la forme circulaire; l'adhérence du plomb coulé au-dessus de la commissure A; était très-imparfaile ^ (fig. 2).
Au contraire, en employant la vraie soudure, on fait tous les jours des tuyaux ronds, même de très-gros diamètre, avec du plomb en table. Soit donc que la soudure des Romains, l'alliage tertiaire, fut toujours composé de plomb, soit qu'il y eût sou-
» Ces intéressantes expériences ont élé faites dans lesatiliersdoMM. Forlin-Herrinann frères plombiers de la ville de Paris,