‹ Les eaux. Introduction. Les aqueducs romainsChapitre 4 sur 72 · KILOMETRES. PENTE TOTALE. PENTE KILOMETRIIJUE · texte numérisé non relu

KILOMETRES. PENTE TOTALE. PENTE KILOMETRIIJUE

1 Branche 1 l hautes eaux.. 121,78 i hautos eaux. 0,0023

de Ratfllc ( j ba^.sei eaux.. U,08 j liasses eaux. 0,0596

Brandie 1 „ ( hautes eaux.. 21,78 l hautes eaux. 0,0777

\ de Damieltc ( j basses eaux.. 1-5,08 ( basses eaux. 0,0503

Du nilomètre à Assouau 9-22 104,74 0,1136

De là à l'Albara (la penle das cataractes comprise) 1585 193,37 0,122

Les penles kilométriques sont très-fortes, surtout celles qui s'approchent de la mer. Il est rare qu'un grand fleuve, qui coule dans une plaine, ait plus de 1 à 2 centimètres de pente par kilo-

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mètre, sur les deux ou trois cents derniers kilomètres de son

cours.

Néanmoins la pente minimum d'un aqueduc élant de 0'",10 par kilomètre, il résulle delà simple inspection du lablean, qu'un ouvrage de ce genre ne peut être construit, dans la basse Egypte, entre le nilomèlre et la mer.

Entre Assouan et le nilomètre, on gagnerait 1'", 36 par 100 kilomètres, soit pour 922 kilomètres, 12"', 54. On obtiendrait sans doute quelques mètres de plus et surtout l'on sortirait plus tôt du champ des crues, en partant du sommet des cataractes. Mais quelle entreprise colossale! est-il un seul ingénieur qui, aujourd'hui même, oserait l'entreprendre?

Les anciens, avec leur pente minimum de 0'",50 par kilomètre, étaient donc dans l'impossibilité de construire un aqueduc en Egypte.

Ces indications théoriques sont confirmées par les faits : « On ne trouve, dit M. Linant-Bey, aucune trace d'aqueduc en Egypte, ni plus haut, en Nubie, mais toujours des canaux à ciel ouvert...»

Il était intéressant de savoir s'il n'existait pas dans la haute Egypte, un cours d'eau quelconque constamment limpide, le Nil bleu, par exemple, qui aurait pu alimenter un aqueduc sans l'envaser. Voici les réponses de M. Linant-Bey à diverses questions relatives à ce sujet.

c( L'air est très-sec depuis Tlièbes jusqu'à Berber, un peu au nord de l'Atbara. Les orages qui amènent les pluies en Abyssinie, proviennent tous de la mer des Indes. Alors les pluies tombent à torrent sur les montagnes, puis plus tard à Sennan, ensuite à Kartoum et enfin jusqu'à l'Atbara, mais en Ijien moindre quantité.

c< Les pluies qui tombent au nord des montagnes d'Abyssinie, c'est-à-dire au nord du 9' ou 10' degré de latitude nord, ne font qu'entretenir les crues, qui ont toujours leur origine dans ces montagnes.

« Le Nil Bleu on Bahr-el-Assrak est le premier à augmenter; ensuite le Rliahad cl le Bhulen, deux de ses affluents; puis le

Morjranne ou Athara, réunion du Tacassé et d'une partie du Gach. x\vant le commencement des pluies, leNil Bleu est limpide, le Dinden et le Rhahdd sont à sec. L'Atbara est réduit à un petit filet d'eau, ayant à peine 6 centimètres de profondeur sur 4 à 5 mètres de largeur, et même souvent est à sec en mars et avril. Un autre cours d'eau, le Tournât, qui vient du S.-S.-O. et tombe dans le fleuve Bleu au-dessus de Sennan, à Fazoglo, est également à sec. Lorsqu'il entre en crue, ses eaux sont rongea très et donnent cette couleur au fleuve Bleu.

« Tous ces cours d'eau sont très- chargés de troubles, de limon et de saletés, pendant les crues, surtout l'Atbara, dont le cours est très-rapide et qui charrie de la boue plutôt que de l'eau.

« Le Nil Blanc n'est jamais limpide, ni jamais non plus chargé de limon comme le fleuve Bleu. Quand ses eaux sont basses, elles sont blanchâtres, à peu près comme si on les avait troublées avec du savon ou du son. C'est ce qui lui a fait donner le nom de fleuve Blanc, Bahr-el-Ahiad . Pendant les hautes eaux, non-seulement il est moins limoneux que le Nil Bleu, il est encore beaucoup moins rapide.

c< Les affluents du Nil Bleu, jusqu'à Fazoglo, étant à sec pendant l'été, ne sont par conséquent alimentés que par des pluies et non par des sources. Quant au fleuve Bleu lui-même, ce sont probablement des sources coulant dans le lac Zana ou Dembra, qui l'alimentent, lorsque la saison des pluies est passée. »

M. Linanl-Bey fait observer que le fleuve Blanc, qui probablement, en temps de basses eaux, est aussi alimenté par des sources, traverse de grands bois et des marais remplis de roseaux, dans lesquels il dépose ses limons en temps de crue. La différence de limpidité des deux fleuves, en temps de basses eaux, tient à ce que le fleuve Blanc traverse d'immenses plaines calcaires ou argileuses, depuis un point situé en amont du Pobot, tandis que le fleuve Bleu coule dans un lit de rochers jusqu'à Fazoglo.

11 résulte de ces réponses si nettes à mon questionnaire, que jamais les industrieux habitants de la vallée du Nil n'ont pu, ni

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dans l'origiiic de leur civilisaliou, ni peudaiil la domination romaine, ni pendant la domination arabe, construire un aqueduc destiné à distribuer l'eau dans leurs célèbres cités : avant la saison des pluies, les affluents du M Bleu sont à sec; le Nil Blanc n'est jamais limi>ide et le Nil Bleu ne satisfait à cette condition cpie pendant la moitié de Tannée; -au-dessus de l'Atbara sur 2 780 kilomètres, le fleuve manque de pente et n'a ni sources, ni affluents. Ils ont toujours puisé l'eau du fleuve au-dessous du sol, dans les nappes souterraines où elle se clarifie et devient excellente. Ils ont aussi employé aux usages domestiques, notamment à Alexandrie, l'eau des canaux d'irrigation. Mais jamais on n'a pu appliquer ces canaux à la distribution des villes, c'esl-à-direles diriger, aux points culminants pour répandre l'eau dans toutes les rues. Suivant M. Linant-Bey, ce n'est qu'à une grande distance de leur prise d'eau dans le fleuve, que l'on peut amener les canaux au niveau des terres à irriguer. Comment serait-il possible d'obtenir les dénivellations considérables qu'exige une distribution d'eau?

Le puisage de l'eau au-dessous du sol, a conduit les Égyptiens à l'emploi des norias et des chapelets, qui sont encore aujourd'hui d'excellentes machines élévatoires. Ils se sont servis de ces machines pour alimenter un des rares aqueducs dont on trouve les ruines dans leur pays, qui conduisait l'eau du Nil dans la ciladelle du Kaire, à 94'",50 au-dessus des basses eaux de ce lleuve. M. Linant-Bey a bien voulu m'envoyer un croquis (PI. 1), qui donne une idée suflisanlc de cet ouvrage unique dans son génie, construit en même temps que la citadelle par Salah-Eddin (Saladin). En voici la description Irès-sommaire.

i" J"' groupe de sakiehs (noria ou chapelets) versant l'eau du lleuve à '■IS mètres au-dessus des basses eaux, dans Saba-Sawnkieii (réservoir de l'aqueduc) i-8"',00

2° Aqueduc de '2595 mètres de longueur, situé hors

de terre et porté en grande partie sur arcades, mais non

A reporter ^28-",00

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voûlé, conduisant les eaux ainsi élevées jusqu'à un aqueduc souterrain maçonné sur 740 mètres de longueur, et creusé dans la roche sur 500 mètres. Dans la partie souterraine de l'aqueduc sont établis trois puits et trois groupes de sakiehs, savoir :

Sakieh de Caraméïdan, montant l'eau à 9'", 00

Sakieh d'Araba-lssan, à 18"",00

Sakieh de la citadelle, à 59'%50

Hauteur totale au-dessus de l'étiage 94"', 50

La [)enle totale de l'aqueduc est, en outre, de 7", 14; sa longueur étant de 5635 mètres, la pente kilométrique est très-sensiblement de 2 mètres ^

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