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CHAPITRE PREMIER

LES SO URCES

Pline le Naturaliste, mort, comme l'on sait, en l'an 79 \ el Sextus-Jnlius Frontinus, cnrateur des eaux sous les empereurs Nerva et Trajan, nous ont laissé, l'un, une hisloire complète des eaux de Rome, et l'autre, des documents très-étendus sur les aqueducs.

Procope, qui vivait sous Justinien I", a écrit sur les aqueducs quelques phrases, qui ont fort embarrassé les archéologaes.

Ces documents originaux ont été l'objet d'innombrables commentaires. Parmi les plus célèbres, je citerai ceux de Baccius, G.Philander, Nardini, Fabretti, Poleni, Alberto Cassio, Piranesi. Alberto Cassio, qui écrivait en 1756, commence ainsi son Histoire des aqueducs : « ])a moUi è stato scriito délie acqiie e de sontuosi coîidotti, elle le scaricavano in Roma » Le nombre des écrivains qui ont traité le même sujet n'a pas diminué depuis celle époque. Il semble que tous ceux qui voient les magnifiques

* L'éruption du Vésuve, pendant laquelle F'iine mourut, commença le 25 septembre 79 et dura trois jours.

ruines des aqueducs éprouvent le besoin de communiquer aux autres, leurs impressions.

A l'époque où ces anciens commentaires ont élé écrits, l'art de conduire les eaux élait encore dans l'enfance, et les écrivains modernes, qui se sont occupés des aqueducs, sont plutôt archéologues qu'ingénieurs; ils n'ont donc guère considéré les aqueducs au point de vue technique. Cependant Rondelet, en France, a publié, en 1820, une traduction de Frontin, accompagnée d'explications techniques Irès-intéressantes. M. Rozat de Mandres, ingénieur en chef des pouls et chaussées, a donné un bon abrégé de ce livre. La bibliothèque des ponts et chaussées possède, en manuscrit, une traduction du même ouvrage, due à Prony.

MM. Commailleet Lambert, chirurgiens mihtaires, ont publié, en 1862 et en 1864, des notices intéressantes sur les eaux de Rome. Je ne connais pas les ouvrages qui, certainement, ont élé publiés en Ilalie sur le môme sujet, dans les temps modernes. Les ingénieurs itaUens, si renommés pour leurs travaux sur l'hydraulique, n'ont sans doute pas négligé les aqueducs.

Des sources. — « MentreRoina, percosïclir, fû bambina, dit A. Cassio , ristretta nel solo colle Palatino..., bastoUe di berl'acque saluhri ciel vicino suo Tevere. » 11 paraît, en effet, que la ville naissante s'est contentée d'abord de l'eau salutaire que lui fournissait son voisin le Tibre, à laquelle s'ajoulalL l'eau plus agréable des sources delà localité. On trouvait, au pied duGœlius, la fontaine de Mercure, au mont Palatin, la fontaine de Saturne ; la fameuse grotte de la Louve laissait couler l'eau Lupercale; dans le voisinage, jaillissait la source de Castor et Pollux. A. Cassio parle encore de quatre autres sources, celles des Lautules, du Picus et du Faune, de Cybèle, de la nymphe Egérie. La plupart de ces fontaines coulent aujourd'hui sous les décombres de Rome. Il mentionne aussi l'eau Argentine, qui n'est pas décrite par les anciens. MM. Commaille et Lambert ont annlvsé l'eau de Saint-Damas, une des meilleures de Rome, qui jaillit au Vatican.

On voit par là que l'emplacement choisi par Romuliis et Rémus pour foncier leur Yille, ne manquait pas d'eau. Jusqu'en 442, époque delà dérivation d'Âppia, les Romains ont pu se contenter de celle qu'ils trouvaient, pour ainsi dire, sous leurs pieds. Ils faisaient d'ailleurs grand cas de l'eau de puits, comme le prouve le passage suivant de Pline le Naturaliste : « Quelle est la meilleure de toutes les eaux? C'est l'eau de puits, dont l'usage est général dans les villes ^ »

Lorsque Rome, devenue riche et puissante, ne s'est plus contentée de l'eau qu'elle trouvait dans son enceinte, elle n'a eu que l'embarras du choix, car aucune ville au monde ne se trouve dans des conditions aussi favorables, pour s'alimenter en eau de sources.

Les sources les plus rapprochées de la ville jaillissent dans la plaine volcanique, si connue des touristes sous le nom de Campagne de Rome ; \es plus remarquables, celles qui ont été dérivées à Rome, y forment (rois groupes. (Yoy. la carte.)

Le plus rapproché de la ville est très-voisin de l'Anio \ Il comprend les sources de \irgo, d'Appia et d'Augusla, affluent d'Appia, qui, suivant Frontin, se réunissait à l'aqueduc principal, aux Gemelles, à la porte de Rome. De tous les aqueducs de Rome^ Appia est celui dont il reste le moins de traces. Mais les sources sont encore visibles et jaillissent, d'après x\I. Fabio Gori, au lieu dit Rîistica.

La source de Virgo est la même que celle qui alimente encore aujourd'hui l'aqueduc la Vergine. Elle est très-voisine de l'Anio, à 2 500 mètres environ à l'est de Rustica. Frontin rapporte l'anecdote à laquelle cette eau célèbre doit son nom. Ce futune jeune fille (virgo) qui fit connaître une des veines de la source à des soldats qui cherchaient de l'eau. Une peinture commémorative

^ Ex qiionam enjo génère maxime prohabilis continget? Piiteis nimiriim, ut in oppidiè constare video. (Pllne le Naturaliste, liv. XXXI, chap. xxiii.)

2 Je conserve le nom latin de celte rivière. Aujourcriiui l'Anio porte le nom à'Aniene, entre les sources et Tivoli, et de Teverone entre Tivoli et le Tibre.

AQUEDUCS ROMAINS. — LKS Sdl T.CES. 19

du fail, existait encore du temps de Frontin, dans un petit temple érigé près de la source *.

Le second groupe alimcntail l'aqueduc dont les ruines figurent sur toutes les caries, depuis Fabrelti, sous le nom cVAlexanclrina. Suivant M. Fabio Gori, ou a trouvé une inscription qui prouve qu'il a été construit par Trajan et Adiien. Nous l'appellerons donc Hadriana, Ce même groupe de sources alimente d'eau aujourd'lnii l'aqueduc la Fclice.

Enfin, le troisième et dernier groupe est situé entre Frascati, ancien Tusculum, et le lac Albano ; il comprend trois sources: Tepula, qui coule encore au pied du village de Grotta-Ferrata, est la moins abondante de toutes les sources conduites à Rome. A 1 500 mètres, à l'est de Grotta-Ferrata, jaillit la source de Julia, qui est, au contraire, Irès-abondante. Plus à l'est encore, se trouve la source de l'eau Crabra, que les fontainiérs dérivaient en fraude à Rome, en la jetant dans Julia^ mais qui, en réalité, appartenait aux Tusculans. L'empereur Nerva fit cesser cet abus, de sorte qu'il ne faut pas compter cette troisième source, dans la distribution de Rome.

Les sources, dont il vient d'être question, sont toutes situées sur la rive gauche du Tibre, mais les terrains volcaniques, auxquels elles doivent leur origine, s'étendent au loin sur la rive droite ; ils y donnent naissance à de belles sources, dont plusieurs, situées en arrière du lac Sabatlinus (aujourd'hui Bracciano), alimentaient l'aqueduc Trajana. D'autres jaillissent au fond de grands cratères volcaniques, qu'elles ont remplis d'eau et qui forment des lacs. Tels sont les lacs Bracciauo, d'où sort l'eau Paola ; Mar^ tignano, autrefois Alsietinus, d'oii l'aqueduc Alsielina tirait son nom, etc.

Enfin, un derniergroupe de sources, le plus important de tous, est situé sur la rive droite de l'Anio, en amont de Tivoli, entre les deux petites villes de Yicovaro et Subiaco.

* FrontiN} chap. x. .,

Ces sources ne sortent plus du terrain volcanique, mais des roches calcaires de l'Apennin. Elles sont situées à très-peu de distance les unes des autres, un peu en aval du village d'Agosta; elles alimentaient les deux aqueducs les plus célèbres de Rome, Marcia et Claudia.

D'après l'édition de Fronlin, publiée par Rondelet, les sources de Marcia seraient situées entre les voies Valeria et Sublacensis, vis-à-vis le 36*^ milliaire de ces voies, et seraient plus rapprochées de Rome que celles de Claudia, situées vis-à-vis le 38' milliaire de la voie Sublacensis : c'est une erreur. D'après les recherches faites par M. le colonel Blumenslhil, les sources de Claudia sont, au contraire, les plus voisines de Rome, et d'après toutes les autres éditions deFrontin, les deux aqueducs avaient leur origine dans l'étendue du 38' milliaire de la voie Sublacensis.

Suivant M. Blumensthil, les trois sources Curtia, Cœndeci et Albudina, que Fronlin attribue à Claudia, portent aujourd'hui les noms à' Acqim-Santa , lac de Sainte-Lucie et première Sereine. Les sources de Marcia sont désignées aujourd'hui sous les noms àe deuxième et troisième Sereines. Une sixième source, Augusta, qu'on jetait à volonté, d'après Fronlin, dans Claudia ou dans Marcia, s'appelle Rosolina; elle est très-voisine du village d'Agosla, qui lui doit son nom.

Ce groupe des sources de l'Apennin est à une grande hauteur au-dessus de Rome; d'après le nivellement de M. Blumensthil, la deuxième Sereine, l'antique Marcia, jaillit à l'altitude de 316'", 70, à 237 mètres au-dessus du point d'arrivée à Rome. Pour donner une idée de l'infériorité de la situation de Paris relativement aux sources, il suffit de dire que la source de la Dhuis, située à 151 kilomètres de la ville, n'est qu'à 128 mètres d'altitude; que la source d'Armentières jaillit au bord de la Vanne, à 160 kilomètres du réservoir de Montrouge, à l'altitude de 112 mètres; que les points les plus élevés de Paris sont à 130 mètres au-dessus de la mer, c'est-à-dire au-dessus du niveau des sources à dériver.

Il convient mainlcnant d'examiner si la qualité des eaux de ces admirables sources répond à leur abondance. Les Romains, dépourvus de tout procédé d'analyse, savaient cependant se rendre compte aussi bien que nous, de la bonté des eaux dont ils faisaient usage, et la science moderne a presque toujours ratifié leur choix. Ils estimaient surtout l'eau agréable à boire. L'empereur Nerva réserva pour la boisson l'eau Marcia, la plus réputée pour sa fraîcheur et sa limpidité \

Frontin considère comme une sorte de profanation, qu'on ait pu employer cette excellente eau à des usages plus vils, aux bains et aux foulons \ C'était sans doute par la même raison qu'on considérait comme excellentes, les eaux de puits, si peu estimées chez nous; il paraît d'ailleurs que les puits de Rome donnaient et donnent encore de l'eau de bonne qualité.

Les Romains appréciaient la bonne qualité de l'eau par les mêmes moyens pratiques que nous. Ils estimaient surtout celle qui cuisait bien les légumes, qui, par le repos, ne formait pas de dépôt vaseux, qui, par l'ébullition, ne produisait point d'incrustations adhérentes sur les parois des vases : une bonne eau devait être sans saveur ni odeur.

Ils conservaient la fraîcheur de l'eau en la mettant h l'abri de la lumière, mais cependant en la laissant exposée à l'action de l'air '\

Avant de dériver l'eau d'une source coulant à ciel ouvert, on devait l'étudier sur place et se rendre compte de l'état de la population qui en faisait usage. Si les habitants de la contrée étaient vigoureux, bien colorés, s'ils n'avaient pas les membres frêles et les yeux lippeux, l'eau était considérée comme excellente *o;

* Frontin, chap. xcii.

- Frontin, chap. xci.

^ Referl... Si lecjumina larde percoquunt, si liquatœ Icniler ierram reUnqnunl , decoctœque crassis obducwd vasa cruslis. De cetera aquarum salubrium sopor, odorve niilliis esse débet.

Damnautur in primis fontes, qiiœ cœmim faciunt...

Frigori et opacitas necessaria, utque cœlum vidcant. (Pline le Naluralislc, liv. XXXI, chap. XXII.)

* ViTRuvE, liv. VIII, chap. V.

Ils condamnaient les eaux vaseuses; Anio Yetus, toujours trouble, était réservé pour l'arrosage des jardins'. Fronlin ne comprend pas qu'Auguste, prince d'un esprit si droit et si sensé, ail pu dériver l'eau peu limpide du lac Alsiétinus '.

Pline considérait que l'eau Marcia, la meilleure du monde par sa fraîcheur et sa limpidité, avait été donnée à Rome, parmi tant d'autres avantages, parla bienveillance des dieux".

11 ne paraît pas que les Romains aient connu l'art de filtrer l'eau, et c'est sans doute une des raisons, qui leur faisaient repousser de la consommation les eaux troubles et en général les eaux de rivière. Ils cherchaient à obtenir une sorte de clarification, en laissant l'eau au repos dans des piscines ; six des aqueducs traversaient ces bassins épuratoires. C'étaient Anio Yetus, Marcia, Julia, Tepula, AnioNovus et Claudia \

Fabretli et, après lui, Rondelet ont donné de bonnes figures des piscines. C'étaient de vastes puisards souvent à deux étages; l'eau entrait par le fond et ressortait par l'étage supérieur. Ces bassins étaient beaucoup trop petits pour produire une véritable clarification. Les matières grossières entraînées par l'eau, le gravier et le sable, devaient y rester, mais la vase ne s'y déposait certainement pas. L'eau d'x\nio Vêtus, si constamment trouble, et même celle d'Anio Noviis, quoique plus claire, devaient en sortira peu piès aussi limoneuses qu'en y entrant^; ce qui le prouve, c'est que Nerva sépara l'eau d'Anio Novus de celle Clau-

' Frontix, chap. xcii.

2 Fkomin, chap xi.

^ Pline le Naturaliste, liv. XXXI, chap. xxii.

* Frontin, chap. xix et xxi.

^ Lorsqu'on laisse une eau limoneuse en repos, il se forme d'abord, au moment même où le mouvement cesse, un premier dépôt qui renferme toutes les matières grossières entraînées, notamment le gravier et le sable. Si le repos est suffisamment prolongé, les vases, en suspension dans l'eau, s'abaissent en nuage et forment une seconde couche au-dessus de la première. Certaines eaux restent louches pendant des mois entiers de repos : telle est l'eau de la Loire. L'eau de la Stine, lorsqu'elle est trouble, ne s'éclaircit qu'après soixante-douze heures de repos absolu. Le limon reste iuléiiniment en suspension dans l'eau distillée.

La capacité des piscines était telle, que l'eau des aqueducs y séjournaic à peine pendant une heure. Le dépôt de gravier et de sable s'y formait donc; mais les matières fines restaient en suspension et s'écoulaient avec l'eau, lorsqu'elle reprenait son cours.

dia, doiil elle altérait la pureté ' ; elle ne s'éclaircissait donc pas dans les piscines.

Le même prince lit, veis la prise d'eau d'Anio Novus, des travaux considérables pour faciliter la clarification par le repos \

Pourquoi les Romains faisaient-ils passer par les piscines des eaux de sources, qui étaient naturellement limpides, telles que Marcia, Julia, Tepula et Claudia? C'est une question qui vient très-naturellement à l'esprit, surtout lorsqu'on ne sait pas que la plupart des grandes sources se troublent plus ou moins, à la suite des pluies prolongées. Parmi toutes les sources que la ville de Paris possède, une seule, celle de Saint-Philibert, ne s'est pas encore troublée depuis 1862.

Il en était de même à Rome; une seule des eaux dérivées, Virgo, ne se troublait jamais. C'est ce qui ressort d'une lettre trèsintéressante de Tbéodoric, deuxième roi d'Italie, à son ministre Cassiodore. Celle lettre a été écrite vers l'an 500, et la plupart des aqueducs coulaient encore, s'ils ne coulaient pas tous; car Tbéodoric en fit la restauration complète. Voici la traduction, libre et abrégée, du passage de celle lettre qui nous intéresse :

« Voyez combien l'eau des aqueducs contribue à l'ornement de Rome! Virgo jadlit si pure qu'elle doit son nom, d'après l'opinion générale, à ce qu'elle n'est jamais souillée; car, tandis que les autres subissent la violence des grandes pluies qui les troublent, elle seule conserve son éternelle pureté '\ »

Virgo était donc la seule eau de Rome, coulant du temps de Tbéodoric, c'esl-à-dire très-peu d'années avant le voyage de Procope, qui restât constamment limpide. On sait que Procope vit les onze aqueducs en service.

• Frontin, chap. xci.

* Frontin, chap. xciii.

^ Respiciarnus aquarum capila (juantum Romanis mœnihus prceslent ornamentum. Curnt aqna vivg», sub delectalioiw purissi)i)(t, qiiœ ideo aie appcllata creditiir, qitod iiulliti sordibus polluatnr; nom cum oliœ phiviarum nimielatc terrena commixtione violentiir, Iiœc aerem perpétua serciutm unda menlHur.

Frontin donne une autre origine au nom de virqn. (Voy. page 18.)

Il n'est pas étonnant, d'après cela, que les autres eaux de sources fussent dirigées dans les piscines épuraloires ; elles ne s'y éclaircissaient certainement pas ; elles y laissaient tout au plus les parties grossières du limon apporté par les orages.

11 est à remarquer qu'on n'a jamais fait de piscines pour \irgo.

En résumé, Pline considère comme médiocres les eaux des rivières et des torrents. Au contraire, celles de certains lacs sont, a ses yeux, très-salubres. L'eau des citernes est malsaine etrenferme des animaux répugnants \

J'insiste sur tous ces faits parce que plusieurs auteurs modernes, se basant sur quelques phrases d'Hippocrate, ont prétendu que les anciens considéraient les eaux de rivière comme les meilleures, tandis qu'au contraire ils cherchaient avant tout la limpidité et la fraîcheur, qui n'appartiennent qu'aux eaux de sources et de puits.

Les Romains avaient donc des idées très-justes en pratique, sur tout ce qui constitue la bonté et la salubrité de l'eau. Pline, qui accepte quelquefois trop légèrement les fables les plus grossières et les plus absurdes, est sur ce point d'une sagacité remarquable, on l'a déjà vu ci-dessus. Il combat d'autres préjugés qui ont persisté jusqu'à nos jours.

c( Quelques personnes jugent de la salubrité de l'eau en la pesant ; vaine exactitude, car rarement l'eau offre des différences de pesanteur % »

On ne dirait pas mieux aujourd'hui ; les termes vagues d'eau légère, d'eau lourde, sont encore très-habituellement employés.

Nous pourrions donc déjà admettre a p'ioW que les eaux distribuées à Rome étaient propres à tous les usages domestiques ; les Romains n'auraient pas dérivé à grands frais des eaux dures ou insalubres. Nous serons confirmés dans cette opinion par les analyses plus précises de la science moderne.

^ Pli.ne le Naturaliste, liv. XXXI, chap. xxiii, - Pline le Naturaliste, liv. XXXI, chap. xxiii.

Analyse des eaux de Rome. — MM. Commaille et Lambert ont tloniié l'analyse de quelques-unes des eaux dérivées par les Romains anciens ou modernes : de l'eau Vergine, ancienne Virgo, de l'eau Felice, ancienne Alexandrina, ou plulôl, suivant M. Fabio Gori, ancienne Iladriana, et de l'eau Paola. On a dit cidessus que ces sources jaillissent des terrains volcaniques qui couvrent la campagne de Rome.

La tempéralurc de l'eau Yergine a été trouvée de 14 degrés centigrades, quand celle de l'air était de 22 degrés ; elle est limpide et très-agréable à boire, et marque à l'iiydrolimèlre 18%25.

L'eau Felice est, comme la précédente, limpide et agréable à boire ; sa température est de 16 degrés, quand celle de l'air est de 28 degrés. Son litre hydroLimétrique est 22°, 50.

L'eau Paola est tirée du lac Bracciano, ancien cratère de volcan ; elle est désagréable à boire, chaude l'été, froide l'hiver. Chimiquement, elle est plus pure que les deux autres. Son titre hydrotimélrique est 11°,25.

Les tableaux suivants donnent les résultats des analyses de MM. Commaille et Lambert ; j'ai seulement modifié la disposition des chiffres.

VOLOMES DES GAZ EN DISSOLUTlOiN EXPRIMES EN CENTIMETRES CUBES A 0'","60 DE PRESSION

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