LS
RO€HES.
Acide carbonique libre ..
Bicarbonate de soude
— de potasse.. ..
— de chaux
— de magnésie. .
— de fer
Sulfate de soude.
1.286 1.515 0.153 1.383 0.422 0.03i 0.140 0.002 0.674 0.031 traces 0.100 traces
1.752 0.360 0.031 0.941 0.460 0.051 0.077 0.002 0.701 traces traces traces
0.667 0.460 1.270 0.166 0.432 traces 0.723 0.018 traces 0.098 traces
1.650 0.840 0.160 0.751 0.451 0.046 traces 0.006 1.055 0.033 traces 0.092 traces
Phosphate de soude
Chlorure de sodium
— > de lithium
Arséniate de soude
Silice
Matières organiques
Total, non compris l'acide carbonÎQue
Total, aTec Tacide....
Truch«>t,
J. Leforl,
Truchot,
Truchot,
Chemin de fer de Lyon : ligne du Bourbonnais jusqu'à Clermont-Ferrand ; de Clermont, deux routes : une par Rauâanne, 40 kilomètres, l'autre par Laqneuille, &3 kilomètres.
Six diligences et deux courriers font chaque jour le service. Voitures et calèches à volonté.
TOPOGRAPHIE
Le trajet de Glermont au Mont-Dore présente, sous ses aspects les plus variés, cette nature d'Auvergne bouleversée par les volcans et tour à tour sévère ou souriante. C'est après avoir porté maintes fois les yeux du voyageur des plaines fertiles de la Limagne aux villages qui raniment et aux verts coteaux qui Tentourent, qu'à l'aide de ses nombreux lacets, la route du Mont-Dore parvient enfin à atteindre le pied du puy de Dôme, un des géants de l'Auvergne.
A mesure qu'on avance , la campagne change d'aspect ; le paysage d'abord sévère devient triste, l'horizon s'assombrit ; pendant un trajet de plus de 20 kilomètres, l'œil cherche en vain une habitation, il n'aperçoit que des espaces sablonneux, des rochers nus, des steppes sauvages.
Quelques maigres troupeaux de chèvres et de bre-
bis indiquent seuls qu'il reste des traces de végétation sur ce sol aride.
Mais apparaissent enfin les roches Tuillière et Sanadoire, et dès lors le tableau change, la nature reprend sa vie et sa fraîcheur.
Des bruyères roses et de vertes fougères tapissent les flancs des montagnes dont le front altier est couronné de longues aiguilles basaltiques qui simulent tantôt le jeu d'un orgue gigantesque , tantôt les créneaux dentelés d'une* forteresse. La route court le long des précipices, mais Tœil les sonde sans effroi, car leurs bords escarpés sont tapissés de gênets et de fleurs. C'est un délicieux paysage de la Suisse; ce sont de frais vallons qu'arrosent de capricieuses cascades; c'est une route pittoresque qui, à travers les rochers et les boi$, vous conduit rapidement au Mont-Dore.
« La vallée du Mont-Dore, dit le D' Alvin, s'étend du sud au nord du pic de Sancy au puy Gros où elle se rétrécit considérablement en déviant presque à angle droit, si bien qu'elle semble fermée de tous côtés. « Elle est limitée à l'ouest par le Capucin et à l'est par la montagne de l'Angle. Sa plus grande longueur du pic do Sancy à la base du puy Gros est de 6 kilomètres, sa plus grande largeur de l'est à l'ouest est de 2 kilomètres. Cette imposante et verte vallée voit naître la Dordogne qui, simple et clair ruisseau, la fertilise en serpentant du sud au nord.
« De ravissantes cascades d'aspect les plus variés, décorent le paysage. Ici la grande cascade du Mont-
Dore qui domine la vallée, tombe en éparpillant ses eaux en perles brillantes sur un fond de rochers sombres et dénudés. Là, la cascade de Queureuilh trace un long sillon d'argent sur un épais tapis de verdure et se précipite sur un lit de cailloux où elle rejaillit en fumée vaporeuse. »
La ville du Mont-Dore repose à la base de la montagne de VAngle et partage la vallée du nord au midi en deux parties presque égales. Elle est aune altitude de 1050 mètres, dans une région tempérée, refroidie seulement par Tinfluence des montagnes qui Tentourent, et offre dans les deux mois les plus chauds de Tannée, juillet et août, une moyenne de 17*.
Le Mont-Dore est après Baréges la station la plus élevée de France. Le rôle que joue cette altitude a été si diversement interprété que nous croyons devoir dire un mot de son influence sur le traitement thermal. Le malade à cette hauteur se trouve dans la région alpestre, comprise entre 80O et 2000 mètres. « Cette zone, dit M. Hirtz, où la température, môme au plus fort de Tété, ne dépasse pas SO"", est le véritable domaine d*été des phthisiques. En effet, les phthisiques courent pfus de dangers par les chaleurs de Tété^ dans les pays chauds, que par les froids de Thiver. n Malheureusement, au Mont-Dore la température est assez variable pour que le D' Boudant avoue dans un de ses chapitres avoir vu fréquemment le thermomètre marquant 25* et 28*» dans la journée tomber le soir
48 HORT-DOBE.
à là* OU 15*. — Le malade estainâ tona aux pré* cautions dont doiTont s*entoorer les sujets à bronches délicates qui quittent la plaine pouridler habiter la montagne. L*air Tif et pur qu'on y respire réveille toutes les fonctions de Féconomie ; il active la circulation, ouvre Fappétit, favorise la nutrition ; mais il porte aussi dans les fumctions pulmonaires une activité qui peut être dangereuse pour les phthisiques.
L'altitude et le climat du Mont-Dore nous offrent donc des conditions favorables à l'état général affaibli de plusieurs malades qui fuient avec raison les chaleurs des plaines et l'atmosphère des villes pour aller se rafraîchir et se retremper à l'air vif et pur des montagnes. Mais cependant nous conseillons aux phthisiques qui ont un tempérament nerveux et congestif de ne pas prendre part aux promenades et aux excursions du Mont-Dore qui, en raison même de l'élévation de ces contrées, activent assez énei^quement les fonctions du cœur et des poumons pour donner lieu à des hémoptysies. Ces accidents trop fréquents sont du reste presque toujours le résultat d'une imprudence.
Nous concluons donc en disant que l'altitude du Mont-Dore, précieuse pour quelques sujets mous -et affaiblis, nous paraît contre-indiquée à uu certain nombre de phthisiques excitables chez lesquels les congestions sont promptes et les hémorrhagies faciles.
Les eaux du Mont-Dore décrites au cinquième
siècle sous le nom de Calentes Baiœ par Tévêque Sidoine Apollinaire, qui avait par delà ces monts une yilla, étaient connues bien avant lui. Les fouilles qu*a nécessitées la construction, en 1817, de rétablissement actuel, ont mis à nu non-seulement trois piscines dont une en marbre blanc, mais encore des fragments de colonnes et des corniches d*une telle grandeur qu'elles laissent supposer que les Romains y avaient élevé un établissement grandiose.
Michel Bertrand, qui surveillait lui-même ces travaux, encourageait et dirigeait ces fouilles, recueillit précieusement ces épaves de l'antique prospérité du Mont-Dore et les fit disposer avec. art au centre d'une vaste rotonde qu'entourent de grands arbres ; f 'est la promenade, c'est le rendez-vous habituel des baigneurs que n'ont pas entraînés les excursions lointaines ; véritable musée en plein air dont la vue ne peut que relever le courage du malade, en lui rappelant les hautes traditions de ces thermes et leur passé brillant.
, ^ÉTABLISSEMENT
A quelques pas de la rotonde, sur la grande place du Panthéon, s'élèvent deux bâtiments qui constituent l'établissement thermal du Mont-Dore; l'un est destiné aux bains et l'autre aux vapeurs.
L'établissement des bains est adossé à la montagne de l'Angle des flancs de laquelle s'échappent
50 MONT-DORË.
les sources thermales. C'est un grand bâtiment à Taspect noir et sévère. L'épaisseur de ses murailles, les énormes assises de lave porphyrique qui forment ses massives arcades, semblent braver le vent et la tempête et rappellent la prison plutôt que le palais de la nymphe qui enrichit ces contrées. Les trois étages de ce bâtiment consacrés au service balnéaire sont distribués de la manière suivante :
Au rez-de-chaussée, deux piscines et trois baignoires alimentées à eau vive par la source Madeleine et servant surtout aux indigents ou aux baigneurs peu aisés; autour trente baignoires munies de douches aménagées le long des galeries du nord et^du sud.
Au premier, les bains de luxe, dit tempérés : dix-huit cabinets disposés autour d'une grande salle renferment de vastes baignoires en lave porphyrique d'un beau poli ; chacun d'eux est muni de douches chaudes. C'est la source César plus ou moins coupée avec la source froide de Sainte-Marguerite qui alimente cette galerie.
Au deuxième, les bains du Pavillon : douze cabinets dont cinq sont disposés directement sur les grilTonsjaillissant de la montagne granitique contre laquelle est appuyé l'établissement. Ces sources, comme celle de Saint-Jean, qui alimente les autres cabinets, ont une température oscillant entre 40 et 43"". Ce sont là les bains chauds du Pavillon tant vantés dans les ouvrages classiques de Michel Bertrand, etfaisant actuellement, à certaines heures, le service des bains de pied des hommes.
L'aménagement balnéaire du Mont-Dore qui comprend aujourd'hui quatre-vingt-seize cabinets de bains et deux piscines, est complété par un service de douches puissantes installées dans les baignoires du rez-de-chaussée, où se trouvent également les bains de pied des femmes.
Sur la façade de rétablissement, le long de la place, se profile une grande galerie qui sert de promenoir couvert. Au centre se retrouve la buvette alimentée par la source Madeleine et au- dessus la grande salle des fêtes et les salons de lecture et de jeux.
L'établissement des vapeurs vient de recevoir de la nouvelle administration de notables amélioralions. Cette construction prolongée a permis de doubler le nombre des salles consacrées à l'aspiration. Ces installations récentes ne laissent rien à désirer, elles présentent un confortable en rapport avec la distribution de chaque service. L'établissement des vapeurs du Mont-Dore comprend maintenant huit salles d'aspiration, deux salles de pulvérisation , deux cabinets de douches nasopharyngiennes et vingt-deux douches de vapeur.