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Les eaux du Mont-Dore, les moins minéralisées des sources thermales de l'Auvergne, puisqu'elles renferment à peine 2 grammes de principes fixes, ont été classées par Jules Lefort et les auteurs du Dîctionnah*e des eaux minérales parmi les bicarbona-
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tées mixtes ferrugineuses. MichelBertrand les plaçait dans les alcalines légères; les avis des médecins qui lui ont succédé, tendent à les considérer surtout comme arsenicales.
Sans vouloir entrer, à ce sujet, dans la discussion célèbre qui s'est élevée entre le D' Richelot, inspecteur du Mont-Dore, et les D" Château et Vérité, médecins à la Bourboule, nous avouons que nous ne saurions partager Topinion trop absolue de notre savant confrère qui pense que les eaux de la Bourboule par leur enrobement dans les autres éléments de leur minéralisation perdent assez de leur caractère arsenical pour être inférieures à celles du Mont-Dore. Nous aimons mieux croire que la faible minéralisation de ces dernières n'est pas étrangère à leur action plus directe sur les phlegmasies des voies respiratoires, et d'un autre côté que la richesse saline de la Bourboule. imprime à l'arsenic de ses eaux une action directe, plus énergique contre les manifestations les plus graves de la dialhèse scrofuleuse. Nous trouvons ainsi deux heureuses applications du précieux métalloïde qui enrichit les eaux d'Auvergne.
Si donc la découverte de Thénard en 1852, en poussant les expérimentateurs vers la théorie chimique, a fait attribuer à l'arsenic bien des cures qui ne lui reviennent pas, et a peut-être éloigné trop vite les praticiens des principes remarquables sur lesquels Michel Bertrand avait basé la thérapeutique de cette station, nous pensons cependan t que, dans la cure des affections pulmonaires,
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il revient au précieux métalloïde une part qui, pour être exagérée peut-être, n'en n'est pas moins légitime. Les expériences physiologiques assignent en effet à Tarsenic une influence modératrice sur la combustion respiratoire ; en retardant ainsi l'oxydation du sang, il calme les mouvements thoraciques etrend plus facile, comme le dit le professeur Gubler, l'accomplissement de la respiration dont les exigences se sont abaissées. Nous regardons donc le milligramme d'arséniale de soude qu'elles possèdent comme suffisant, en l'absence de tout autre principe minéralisateur actif, pour imprimer à leur thérapeutique un caractère bien tranché, et nous adoptons pour ces eaux la classification de notre savant confrère, le D' Labat, qui les désigne sous le nom d'eaux thermales simples arsenicales.
EFFETS physiologiques: ET THÉRAPEUTIQUES.
Prise en boisson, l'eau du Mont-Dore répand dans l'estomac une douce chaleur^ qui semble favoriser les fonctions digestives; son usage* les premiers jours occasionne de la soif, quelquefois de la diarrhée à laquelle succède ordinairement une constipation opiniâtre ; la sécrétion des glandes salivaires est diminuée et les malades se plaignent d'une sécheresse habituelle de la bouche et du larynx; mais c'est du côté de la peau que le trai- , tement thermal du Mont-Dore produit ses effets physiologiques les plus remarquables.
Sous l'influence de la salle d'inhalation, du bain et même de Teau seule en boisson, les sécrétions cutanées ne tardent pas à s'exagérer. Les malades se trouvent inondés de sueur après chaque exercice balnéaire et leur peau conserve toute la journée une moiteur plus ou moins accusée.
Le D' Gazalis dans un intéressant travail présenté & la Société d'hydrologie a justement appuyé sur cette action diaphorétique du Mont-Dore et sur la part qui lui revient, non-seulement dans le traitement des affections catarrhales des bronches, mais encore dans la disparition de certaines sécrétions morbides comme les sueurs chez les phthisiqueâ et autres. Le D' Richelot fait remarquer que, malgré ces sueurs abondantes, les malades constatent une augmentation plutôt qu'une diminution dans la sécrétion urinaire.
Le D' Joal dans ses essais médicaux établit un parallèle entre les effets physiologiques des bains du Mont-Dore et ceux de l'acide carbonique, et attribue à la présence de ce gaz une grande partie de leur action élective sur la peau. « Combiné, dit-il, avec leur haute thermalité, il produit une vive excitation de tout l'appareil cutané ; les glandes séba« cées, les follicules sudoripares sécrètent abondaaiH'. ment leurs produits, la peau devient rouge at turgescente, le pouls plein et fréquent. Puis succède une période d'apaisement avec bien-être général et tendance au sommeil. »
Malgré l'abondance de ces sécrétions, les bai-
gneurs trouvent dans cet air vif de la montagne une telle excitation de toutes les fonctions de Téconomie, qu'ils résistent sans fatigue à ces diverses déperditions et combattent par un appétit vigoureux la faiblesse qu'elles pourraient occasionner. « La médication mont-dorienne, dit M. Richelot, présente une première période d'excitation bienfaisante, l'appétit devient très-vif, les fonctions digestives se régularisent et acquièrent une activité nouvelle; il en résulte un sentiment de bien-être et un accroissement des forces; à cette période d'excitation succède bientôt la période de sédation, pendant laquelle l'ordre et le calme s'établissent dans les organes de l'innervation et par suite dans toutes les fonctions de l'économie. La fréquence du pouls, augmentée les premiers jours, diminue ensuite à mesure que l'économie subit de plus en plus l'influence de la cure thermale. »