TRAITEMENT BALNÉAIRE
Les bains à haute température qui ont fait la fortune et la gloire du Mont-Dore et auxquels Michel Bertrand a consacré les plus belles pages de son traité sont aujourd'hui délaissés. Soit, comme le pense le D"" Boudant, que les sujets qui fréquentent ces thermes ne soient plus assez vigoureux pour affronter ce traitement, soit que la surveillance qu'il exige ait effrayé quelques médecins, soit enfin que les séances de la salle d'aspiration et les douches arrivent plus facilement au but que l'on voulsiV. ^V
teindre; les baigneurs sont aujourd'hui, pour la plupart, soumis au traitement des bains tempérés.
Nous trouvons toujours cependant trois modes balnéaires installés dans rétablissement :
Les bains chauds du Pavillon, les bains tempérés du premier, et les piscines du rez-de-chaussée.
Les bains chauds du Pavillon sont presque tous alimentés par des sources qui, sous les pieds des baigneurs, s'échappent des fissures de la montagne de rÂngle. On comprend que ces courants d*eau minérale à une température native de 40® à 43* aient sur la peau des effets congestifs et stimulants. C'est ordinairement dans un demi-bain que pendant cinq ou dix minutes se trouve plongé le malade ; aussitôt qu'il se trouve entouré de la vapeur qui s'échappe de cette eau, la sueur perle sur son front, sa figure se congestionne, il sent son pouls s'accélérer, le sang battre dans ses tempes, il est oppressé, haletant, ses yeux sont rouges et brillants ; mais, après quelques brusques oscillations, c'est aux parties inférieures du corps que le sang se précipite et se fixe, et, dès lors, la tête dégagée, le patient, quoique inondé de sueur, éprouve un calme relatif et un bien-être indéfinissable que ne fait qu'accentuer le repos qu'il trouve au lit, où on le porte au sortir de ce bain.
. Les bains tempérés sont alimentés, dit-on, par le m'élange des sources chaudes de César et Madeleine avec la source froide de Sainte-Marguerite. Installés
au premier avec plus de confortable que les autres, ce sont les mieux fréquentés aujourd'hui. Combinés avec les séances de la salle d'aspiration, ces bains arrivent à produire, sans l'intervention des hautes températures, cette dérivation cutanée et cette diaphorèse thermale qui font la base du traitement mont-dorien. Plus longs à se manifester d'abord, ces effets une fois commencés continuent à se produire régulièrement jusqu'à la fin de la cure.
Les piscines du rez-de-chaussée peuvent recevoir chacune vingt ou vingt-cinq personnes ; alimentées par une eau vive à 38'*,elles produisent sur les malades des effets à peu près analogues à ceux des bains dir Pavillon. Les piscines réclament cependant une moins grande surveillance ; elles ne sont aujourd'hui fréquentées que par les gens peu fortunés et les pauvres de l'hôpital thermal.
Le service des douches est mieux installé au Mont- Dore que dans quelques autres stations d'Auvergne ; les douches les plus. puissantes et les plus chaudes se prennent dans la galerie du nord au rez-dechaussée, mais il est peu de cabinets de bains qui n'en soient munis, et peude baigneurs qui ne combinent leurs effets à ceux du bain.
Les douches chaudes, entre les mains des praticiens expérimentés, sont un des agents précieux de la thérapeutique thermale. Elles permettent à volonté d'étendre ou de limiter leur action dérivative et de produire, à l'aide des hautes températures, des effets que les rhumatisants n'auraient pas osé demander aux douches froides: Elles sotiX. ^^%r
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quemment employées au Mont-Dore sous forme de pluie châude dans le traitement de l'emphysème et de Tasthme.
SALLES d'aspiration.
Les salles d'aspiration du Mont-Dore jouissent d'une antique renommée, et les publications que font paraître chaque année les praticiens distingués de cette station ne font qu'étayer d'observations nouvelles le crédit qui les entoure. Aussi leur nombre a-tril été dans ces dernières années notablement augmenté ; le Mont-Dore possède maintenant huit salles consacrées à Tinhalation. Les expériences de M. J. Lefort ont démontré que la plupart des principes minéralisateurs des sources passaient dans les vapeurs. On serait porté à l'admettre, en voyant les effets merveilleux produits sur les organes respiratoires par ce mode balnéaire employé avec succès tant au Mont-Dore qu'à la Bourboule et à Royat ; la température des vapeurs qui alimentent ces salles est cependant loin d'être la même; tandis qu'à Royat on a toujours évité avec soin de dépasser 26% jusqu'à ces dernières années,au Mont- Dore, on laissait monter le thermomètre à 36' et 38* Dans ces cas les salles d'aspiration étaient transformées en sudatorium et nous comprenons que les vapeurs que les malades y respiraient pussent singulièrement favoriser la sécrétion sudorale et la poussée thermale ; mais on leur a reproché, avec raison, je crois, de donner lieu à des effets congestifs du côté deà bronches, et de déterminer sou-
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vent même des hémoptysies. Avec les ressources qu'offrent les bains et les douches du Mont-Dore, on peut certainement, sans le secours de ces vapeurs brûlantes, obtenir l'effet diaphorétique et la réaction cutanée que l'on recherche. Les efforts des médecins de cette station sont enfin parvenus à éviter dans la disposition des nouvelles salles ce qui a été si critiqué dans les anciennes, et c'est entre 28 et 3'2**, que sont aujourd'hui maintenues les inhalations.
INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES
Les affections plus spécialement tributaires des eaux du Mont-Dore sont :
i*» Les altérations des voies respiratoires ;
2» Les affections dénature rhumatismale.
La première classe, de beaucoup la plus importante, comprend toutes les inflammation? chroniques de la muqueuse respiratoire. Nous y trouvons notamment le coryza chronique : inflammation à marche lente de la membrane pituitaire, avec ou sans ulcération ; le coryza humide avec écoulement d'un liquide muqueux ou purulent, et le coryza à forme sèche qui est le plus rebelle à tout autre traitement. Le D' Altin fait à l'aide d'une douche pénétrant par une narine et sortant par l'autre, en contournant le bord supérieur delà cloisoUj une irrigation ingénieuse qui modifie promptement la membrane pituitaire inalade. Le traitement du coryza est classique au Mont-Dot^.
L'angine chronique, angine granuleuse de Ghomel, ou glanduleuse de Guéneau de Mussy, se trouve bien des douches pulvérisées du Mont-Dore. Sous riniluence de la médication thermale, les symptômes prennent d'abord un caractère plus aigu qui se révèle par de la douleur au moment de la déglutitiouj par de la rougeur, par une tuméfaction plus prononcée des parties atteintes. C'est à Faction excitante des eaux surla muqueuse, inflammation substitutive,'qu'est due Faction sédative qui ta suit de près ; action locale qui, au dire de MM. Boudant et Mascarel, irait jusqu'à amener la résolution plus ou moins complète de l'hypertrophie amygdalienne ; c'est le but que l'on poursuit activement, mais que là comme ailleurs on atteint lentement.
Parmi les inflammations chroniques du larynx tributaires du Mont-Dore, la laryngite glanduleuse qui s'accompagne de pharyngite est une des formes qui' ofl'rent le plus de prise à la méthode thermale. Sous l'influence du traitement les différents symptômes s'amendent peu à peu. « La voix qui était voilée, rauque, inégale, dit le D' Joal, reprend son caractère normal, la toux disparaît ainsi que le hem matinal, la respiration devient libre et les crachats pelotonnés ou déchiquetés de plus en plus faites. »
La chronicité si connue des diverses affections du larynx nécessite l'intervention directe des poussières minérales portées sur la muqueuse à l'aide d'appareils pulvérisateurs. Le docteur Joal a mis en honneur dans cette station un appareil
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fort ingénieux de son invention qui est maintenant adopté par plusieurs de ses confrères.
Mais à. côté des douches pulvérisées, la dérivation puissante qu'on obtient au Mont-Dore à l'aide de ces courants d'eau minérale à 43* que Ton nomme bains de pieds, entre pour beaucoup dans le traitement des phlegmasies pulmonaires. Ces pédiluves en effet diminuent, d'un côté, l'état de congestion permanente où se trouvent les muqueuses, et combattent, d'un autre, l'effet congcstif inséparable de la haute thermalité des salles d'aspiration et des bains de cette station. Aussi les malades en apprécient-ils les bons effets.et en font-ils un fréquent usage.
La bronchite chronique et le catarrhe pulmonaire sjont certainement les deux affections dans lesquelles le traitement mont-dorien aie plus de succès. Que l'inflammation chronique de la muqueuse bronchique donne lieu à des râles buliaires ou à des râles vibrants d'après la division de Beau adoptée par le D' Boudant dans son étude du Mont-Dore, elle se trouve également amendée par le traitement thermal.
La bronchite à râles vibrants, qui est de beaucoup la plus fréquente, est un rhume négligé chez les sujets nerveux et surtout chez les vieillards ; les deux poumons sont ordinairement atteints, le malade tousse peu, expectore encore moins, mais il éprouve de la gêne, quelquefois même de l'oppression en marchant.
La bronchite à râles bullaires se rencontre surtout chez les sujets jeunes, les enfants. La fatigue et quelquefois ramaigrissement du sujet, Fexpectoration abondante de crachats muco-purulents, pourraient faire croire à une phthisie si Tabsence des craquements e>t autres signes stéthoscopiques ne venait éloigner ces craintes.
La bronchite à râles vibrants est fréquente chez les vieillards et se rattache presque toujours à la diathèse arthritique. La bronchite à râles bullaires est Tapanage de l'adolescence et de Tenfance et se trouve souvent liée à la diathèse herpétique ou scrofuleuse; toutes les deux sont promptement amendées et souvent radicalement guéries par le traitement du Mont-Dore.
Si la bronchite chronique est une des affections qui se trouve le mieux du traitementdu Mont-Dore, TAsthme est certainement celle qui a le plus contribué à la réputation de ces thermes.
Le nombre considérable des patients, le trouble quejette dans leurexistence cette terrible affectiojai, les angoisses si pénibles qui accompagnent les crises et rinsuffîsance de tous les moyens employés pour les soulager, devaient assurer Tavenir de toute station balnéaire propre à guérir cette affection ; c'est auMont-Dore qu'est dévolue cette lourde tâche»
L'asthme nerveux essentiel chez lequel l'examen le plus attentif ne peut faire découvrir de lésions, est heureusement rare, car c'est une des affections '«"< embarrassent le plus le médecin. Michel Ber-
trand le regardait comme réfractaire au traitement du Mont-Dore et M. Richelot son successeur n'a pas craint, il y a quelques années, de le ranger dans les affections sur lesquelles le traitement thermal était impuissant.
Le D' Lassalas le premier, en étudiant cette s« pénible névrose, a remarqué combien les bain^ favorisaient le retour des accès; se contentant alors de soumettre ses malades à des séances d'aspiration prolongées, ne leur permettant que quelques douches en pluie sur le dos, il est arrivé à modifier si heureusement leur état qu'on peut considérer aujourd'hui Tasthme sec nerveux comme soumis avec les autres affections pulmonaires aus effets sédatifs de la médication mont dorienne.
L'asthme humide ou catarrhal est heureusement le plus commun. Simple ordinairement, dégagé de toute altération organique, dépendant seulement da l'irritation inflammatoire des bronches, il est tributaire au premier chef de la médication mont-do-^ Tienne et se trouve toujours soulagé et souvent guéri par les douches et les salles d'aspiration decette station. Dans la moitié des cas malheureusement, l'asthme humide est lié à un emphysème, quelquefois même à un œdème des poumons. Le traitement, alors sans influence, sur la dilatation vésiculaire des bronches, peut encore, en combattant l'état catarrhal qui l'accompagne, diminuer considérablement la gêne et la dyspnée du sujet. « Les eaux, dit le D' Boudant, en agissant directement sur le catarrhe, décomposent la maladie^
détruisent un de ses éléments principaux, et si Temphysème ne se résout pas entièrement, il diminue sensiblement, ainsi que la dyspnée qui l'accompagne. »
D'autre part, Tasthme humide se trouve souvent lié à un état général goutteux ou rhumatisant. Les sueurs abondantes auxquelles sont soumis les malades, les éruptions cutanées qui souvent se produisent, suspendent dans ce cas les symptômes dyspnéiques, et permettent à Faction topique et élective des vapeurs minérales de modifier à loisir rétat catarrhal et inflammatoire de la muqueuse.
Parmi quelques autres altérations des voies respiratoires que nous rencontrons au Mont-Dore nous remarquons notamment la pleurésie chronique. Que les malades y viennent pour essayer de tarir une sécrétion qui a résisté à tous les autres moyens ou pour diminuer le frottement des deux feuillets delà plèvre, ils se trouvent bien du traitement therm'al qui amende toujours Tétat général du sujet, s'il n'arrive pas à effacer aussi complètement qu'on le désirerait les altérations qu'a laissées l'inflammation pleurale.
Si nous abordons maintenant le traitement de Taffection qui prélève sur l'humanité le tribut le plus considérable et qui a semblé jusqu'alors braver tous les efforts de la thérapeutique, c'est que nous croyons que les ressources qu'offrent les eaux minérales sont fort au-dessns de tous les autres r" * en jeu pour la combattre.
La Phthisie, dont rAcadémie a enlevé récemment une des H, et qui n'est donc plus que la Phtisie^ vient compromettre aux eaux du Mont-Dore son titre le plus pompeux, son incurabilité I
Les plus vieilles traditions du Mont-Dore reposent sur son action dans la phthisie. Saint Sidoine- Apollinaire appelait ces eaux pkthtsiscentiùus medicabiles. Brieude écrivait que les phthisies pulmonaires avaient fait de tout temps la célébrité des eaux du Mont-Dore. Michel Bertrand, l'illustre fondateur de ces thermes, pensait que bien des gens devaient à leur saison du Mont-Dore d'avoir échappé à cette terrible affection. Enfin tous les médecins, qui depuis se sont occupés de ces eaux, ont été unanimes à en proclamer la valeur.
Les observations nombreuses consignées dans lé récent ouvrage de M. le D' Boudant, les recherches sur l'action du Mont-Dore du D' Mascarel, les communications faites au congrès scientifique de Glermont par le D' Lassalas, les observations recueillies et publiées par les D' Ghabory, Brochin, Gazalis, Alvin, Joal et autres tendent à démontrer, ainsi que Ta consigné le D' Richelot dans ses nombreux mémoires, que si les eaux du Mont-Dore sont impuissantes dans certaines formes et à certains degrés de la phthisie, elles sont utiles, efficaces même, dans un grand nombre de cas.
« La cure du Mont-Dore, dit le D' Joal, favorise la résorption des noyaux de pneumonie chronique qui entourent les foyers tuberculeux oiv
les cavernes, elle décongestionne Torgane pulmonaire soit par une action spéciale des eaux, soit par le contact direct des vapeurs sur le poumon. » Quoi qu'il en soit, et dans les cas les moins heureux^ en activant la nutrition générale, en faisant disparaitre Tétat fluxionnaire du poumon, le traitement thermal du Mont-Dore ralentit la marché de la phthisie et suspend pour un temps plus ou moins long révolution du processus morbide.
Tout en recueillant donc avec une certaine réserve les observations séduisantes de plusieurs de ces cures, nous devons reconnaître, comme le dit le D*^ Labat, que Técole anatomique s'est sou* vent montrée trop absolue et que les cliniciens en ont souvent appelé de son verdict implacable.
Le Mont-Dore n'est pas la seule station d'Auvergne propre au traitement des affections pulmonaires. Deux autres, laBourboule etRoyat,fout valoir leurs titres à cette cure, et revendiquent même la préférence dans plusieurs cas.
Si nous quittons, d'un autre côté, les eaux d'Auvergne, nous rencontrerons le groupe des Pyrénées qui, dans le traitement de ces affections, élève bien plus haut ses prétentions. Laissant à d'autres le soin de soulager, il se réserve pour lui seul le droit de guérir radicalement. Une très-intéressante discussion s'est élevée, cet hiver, entre les docteurs Mascarel, du Mont-Dore, et Gazenave, des Eaux- Bonnes, sur l'effet plus ou moins favorable des
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Ëaux-Bonnes dans la phlhisie. Les conclusions par lesquelles M. le D' Mascarel a terminé les débats reproduisent si fidèlement notre pensée que nous nous permettons de les citer textuellement :
« L*eau d*Ëaux-Bonnes exerce une action substi- « tutive, elle congestionne les poumons ; ses effets « sont centripètes.
L*eau du Mont-Dore a une action diamétrale * « ment opposée, ses effets sont centrifuges, elle « décongestionne les poumons et ramène le « râle « de retour » (Bhiaicm crepùans redux) dans les «lobules pulmonaires périluberculeux hépatisés, « ainsi que Ta dit de nouveau, à la Société d*hy- « drologie, notre jeune collègue, le D' Gazalis, en A nous en attribuant la priorité.
« La première est excitante ; elle peut provoquer « des hémoptysies chez les sujets prédisposés ; la c( seconde sédative, et par son action décentralisan- « te, est, de ce seul fait, plutôt antihémorrhagique.
« L*Ëau-Bonne trouve ses applications dans Texcitation.
« L'eau du Mont-Dore dans la sédation. »
On ne peut avec plus de précision et plus d'originalité interpréter les effets des deux eaux qui tendent au même but par des chemins si différents.
S'il s'agit maintenant d'établir un classement dans les malades qui sont plus directement tributaires de telle ou telle de ces stations^ nous étudierons les diathèses, les constitutions, les tempéraments qui régissent les sujets, bien plutôt que les
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lésions pulmonaires qui les préoccupent, et, guidé par Texpérience, nous dirons :
La Bourboule, en Auvergne, recevra et traitera avec le même' succès les bronchites bullaires et les phthisies torpides que réclament les Pyrénées; ses eaux chlorurées arsenicales modifieront chei ces sujets les altérations scrofuleuses contre lesquelles les eaux sulfureuses resteraient impuissantes.
Royat conviendra mieux que le Hont-Dore aux sujets nerveux, excitables, chez lesquels les congestions sont promptes, les hémorrhagies faciles; aux personnes affaiblies qui auraient à redouter plutôt qu'à rechercher Taction diaphorétique du traitement mont-dorien, à tous les sujets arthritiques si impressionnables aux variations de température, enfin à ces constitutions délicates qui ont besoin d*ôtre soutenues et qui demandent à être traitées sans épreuves, sans secousses et sans chaleur.
A côté de ces altérations si variées et si nombreuses des voies respiratoires qui trouvent au Mont- Dore un arsenal balnéaire admirablement installé pour les combattre, nous plaçons les affections de nature rhumatismale qui sont tributaires de la haute thermalité de ses bains et de la puissance de ses douches.
Le rhumatisme articulaire et musculaire, à forme chronique, trouve dans les bains à eau vive du Pavillon, aidés des douches de vapeur ou des dou-
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ches à haute pression de la galerie du Nord, des agents puissants à leur opposer.
Les affections névralgiques de nature rhumatismale se trouvent également bien de ces sources qui s'échappent en bouillonnant sous les pieds des baigneurs. Ces flpts d'acide carbonique ont un effet sédatif précieux pour combattre l'élément douloureux.
Les praticiens attachés à la station du Mont-Dore cit§nt dans leurs ouvrages plusieurs autres affections tributaires de leurs eaux : affections du tube digestif, dyspepsies, entéralgies, diarrhées chroniques; des affections catarrhales de l'ouïe et de l'utérus; des affections chloro-anémiques, etc., etc. Mais le but de ce travail étant surtout d'éliminer les cas variés qui peuvent se rencontrer dans une saison, pour mieux dégager ceux pour lesquels le traitement thermal est formellement indiqué, nous ne mentionnerons dans chaque station que les indications les plus directes qu'aura fournies la minéralisation et qu'aura sanctionnées la pratique.
Commune de MuraMe-Caire, à 50 kilomètres de Clermont. M6me itinéraire que le Mont-Dore et m6me service de voi* tures.
TOPOGRAPHIE
En quittant la vallée du mont Dore et en suivant pendant 7 kilomètres le cours sinueux de la Dordogne, on rencontre, à une altitude de 850 mètres, la station de la Bourboule.
C'est au pied d'un immense rocher granitique, que couronne encore le château ruiné de Murâtle-Caire, qu'est bâti le hameau. Autour de ses modestes chaumières, sont venus, depuis quelques années, se grouper de nombreux hôtels qui commencent à donner à ce pauvre village l'aspect brillant d'une ville neuve.
La vallée, fermée au couchant comme au nord par de hautes montagnes, est largement ouverte au soleil levant. De ce côté, l'œil se promène agréablement sur les prairies verdoyantes qu'arrose la Dordogne et découvre au loin la montagne de l'Angle qui domine le mont Dore.
Abrité par ces murailles naturelles des vents du nord et du couchant si redoutables dans les régions
montagneuses, le village de la Bourboule expose, en plein midi, ses nombreux hôtels ; Thorizon s'élargit devant eux; car la vallée n'est limitée au sud que par des coteaux disposés en amphithéâtre oti des bois de hêtres el de sapins étalent une verdure qui contraste avec les teintes sévères du paysage.
Si par sa situation, par son altitude, la Bourboule a moins à redouter que le Mont-Dore les vents sauvages et les changements brusques de température, si pendant le cours de la saison le thermomètre y descend rarement au-dessous de 12" à 13", il lui arrive souvent aussi d'y monter à 29" et 30". Le touriste regrette alors cet air frais des montagnes qui fait braver les rayons brûlants du soleil, mais le baigneur doit à ces conditions climatériques plus douces de pouvoir à la Bourboule prolonger sa saison au delà du terme ûxé pour le Mont-Dore.
DES EAUX DE LA BOURBOyLE.
C'est sur la rive droite de la Dordogne, dans la partie de la vallée la plus rapprochée de cette montagne de granit qui l'abrite au nord, que jaillissent les sources précieuses de la Bourboule.
Jamais titre de précieuse n'a été plus légitimement acquis, car si certains sels, comme les carbonates alcalins et les chlorures, nous rappellent encore que ces eaux appartiennent au groupe de l'Auvergne, les hautes doses d'arsenic qu'elles renferment impriment à leur minéralisation un cactiQt
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d'originalité qui tranche sur toutes les autres stations d'Europe et ouvre le champ à une thermothérapie nouvelle.
Nous venons d'interpréter les heureux effets de l'arsenic dans les eaux du Mont-Dore, qui contiennent un milligramme d'arséniate de soude ; que sera-ce ici où nous en rencontrons vingt-sept ! Nous n'aurions besoin que d'un filet de cette eau précieuse pour assurer l'avenir d'une station, et c'est de tous côtés qu'on la voit jaillir de ce sol privilégié.
Malgré leur richesse arsenicale dévoilée depuis 1854 par les analyses de Thénard, il n'y a que quelques années que les eaux de la Bourboule sont, sinon connues, du moins justement appréciées du monde médical. C'est aux travaux, aux démarches, aux efforts du D' Ghoussy qu'elles doivent d'être sorties du rang modeste qu'elles ont trop longtemps occupé en hydrologie. Expérimentées en 1866 et 1867 dans le service de M. Queneau de Mussy, à l'Hôtet-Dieu, et dans celui de M. Bazin, à Saint-Louis, c'est sous le patronage de ces deux maîtres qu'elles ont pu enfin produire les titres de noblesse qui les placent aujourd'hui au premier rang des eaux minérales connues.
L'importance qu'elles ont prise en quelques années a transformé, à vue d'oeil, cette petite station. Dans l'impossibilité d'abriter les malades qui de tous les coins du monde accouraient vers leurs sources merveilleuses, les habitants de ce pauvre
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village ont vendu, à prix d'or, les jardins et les champs qui entouraient leurs chaumières pour former des places, bâtir des hôtels et élever des établissements. Malheureusement on ne s'est pas contenté de ces améliorations ; des recherches ont été entreprises, des puits nouveaux ont élé creusés, et la rivalité, Tambition s'en mêlant, on a mis à fouiller ce sol un tel acharnement, que Ton a bientôt vu les sources anciennes disparaître, les différents griffons se confondre, et la fortune hydriatique de laBourboule^ suivant l'habileté d'une sonde, ou la puissance d'une pompe, passer rapidement d'une main à une autre. Le propriétaire d'hier n'est plus celui d'aujourd'hui ; celui qui, à grands frais, vient de terminer son établissement, n'a plus d'eau pour l'alimenter; celui à qui le hasard vient de livrer les sources n'a pas assez de baignoires pour les recevoir, et, sur ces nouvelles, le malade se couche sans savoir s'il aura son bain le lendemain !
Nous n'entreprendrons pas Thistorique de cette lutte fâcheuse qui a eu pour effet de troubler la limpidité des eaux, de modifier mpmentanément leur composition, d'interrompre le service balnéaire et enfin de semer, entre les partis, la haine et la ruine; passons sur les tristes épisodes des saisons dernières, et faisons des vœux pour que ces nombreux forages ne finissent pas par altérer profondément la minéralisation remarquable de ces eaux. On frémit, en effet, en pensant qu'un coup de sonde malheureux en donnant une issue somV.^^-
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raine à ces sources précieuses, pourrait engloutir en un instant une des plus incontestables richesses de notre sol d'Auvergne !