‹ Les Eaux minérales D'AuvergneChapitre 18 sur 51 · SOURCES ET PUITS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

SOURCES ET PUITS NOUVEAUX

Les anciennes sources de la Bourboule décrites avec soin par MM. Jules Lefort, Rotureau, Peironnel et autres auteurs étaient au nombre de sept. Toutes alcalines, chlorurées, arsenicales, elles présentaient peu de différence dans leur minéralisation et émergeaient du sol à des températures variant de 25® à 49*.

Inutile de les décrire aujourd'hui, car elles ont toutes disparu en 1864, par le forage des puits nouveaux. Ceux-ci, au nombre de huit, sont plus ou

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moins alimentés par les sources connues sous les noms de : source Ghoussy, source du Déversoir, source Mabru, source Perrière, source Sédaiges, source de la Plage, et enfln les deux sources Fonestre. Les deux premières sources appartiennent à M. le D' Choussy, toutes les autres sont à la Compagnie des eaux de la Bourboule.

La source Mab*u^ située sous l'établissement des bains de ce nom, n*est plus utilisée, le puits au fond duquel elle émergeait a été le premier foré, il €st aujourd'hui recouvert d'une voûte en maçonnerie.

La source Pemère, sur la place de la Bourboule, fournit à elle seule toute Teau thermale nécessaire à Talimentation des deux établissements de la compagnie ; elle est extraite par une pompe puissante d'un puits de 52 mètres de profondeur. Repris Tan passé, le forage de ce puits a été poussé jusqu'à une profondeur de 75 mètres. La température de Teau de 54° est montée alors à 60° et des analyses nouvelles portent à croire que la minéralisation s'est aussi légèrement accrue.

A 2™, 50 environ de la source Perrière, M. Ghoussy a fait creuser sous un hangar qu'il possédait lepuils du Déversoir. La communication inévitable qui s'est établie entre ces deux puits rivaux a été la cause principale de la guerre acharnée dont la Bourboule est encore le théâtre.

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Le puits Chomsy qui alimentait, seul, dans le principe, rétablissement de ce nom, se trouve près de là. Creusé alors à 40 mètres de profondeur, il avait un débit de 200 litres à la minute, qui a beaucoup diminué depuis les nouveaux forages. A Taide d'un puissant jeu de pompes Teau de ces puits est élevée dans des réservoirs ménagés sur le flanc de la montagne où elle se refroidit et va alimenter les douches et les bains du nouvel établissement du D' Cboussy.

Le puits de Scdaiges fournit une eau à 58® qui concourt avec celle dip la source Perrière à Talimentation des bains de la compagnie.

Le puits de la Plage, creusé primitivement à 10 mètres, vient d'être repris et poursuivi jusqu'à 35 mètres ; il fournit une eau de 36®, qui sert à abaisser la température des bains du grand établissement.

Les deux sovrces Fenestre, ainsi appelées du nom de la commune sur laquelle elles ont été découvertes, émergent sur les bords de la Dordogne, en face de rétablissement. Étudiéesspécialement parle D' Château, ces eaux ont une minéralisation qui, quoique beaucoup moins riche en arsenic que lés autres sources de la Bourboule, est cependant précieuse. La source n® 2 notamment fournit une eau très-gazeuse où les principes toniques du fer, en s'unissant à ceux de Tarsenic, peuvent donner lieu à des applications thérapeutiques nombreuses.

Ces sources ont des températures de 21° et 32* qui peuvent les rendre fort utiles. Elles ne sont encore employées qu'en boisson.

La minéralisation des différents puits que nous venons de nommer varie beaucoup moins que leur température. Cependant il existe entre les nouvelles sources une plus grande différence que n'en présentait l'analyse des anciennes.

L'origine des sources de la Bourboule est assez obscure. M. Lecoq, dans son étude sur les eaux du massif central delà France, croit à l'existence d'un ancien lac. Quelques empreintes végétales et l'abondance d'un tuf ponceux, représentant assez bien le dépôt lent qui se forme dans une eau dormante, fourniraient quelques preuves à l'appui de cette hypothèse. Le point d'émergence des sources thermales actuelles se trouve entre le granit et ce tuf ponceux. Les anciennes sources des Fièvres et de la Rotonde sortaient, dit-on, du granit même.

La nature des terrains ne fournit ordinairement que des données très-vagues sur la composition chimique des eaux. La minéralisation des sources thermales se ferait toujours en Auvergne, d'après M. Lefort, dans les couches très-profondes du sol, au-dessous des terrains cristallisés, des trachytes et des terrains tertiaires; leur température et leur composition seraient ensuite modifiées suivant les accidents que subirait leur parcours et la nature des milieux qu'elles traverseraient pour arriver à leur émergence. Des différences notables

dans la composition arsenicale des eaux de la Bourboule ont été constatées pendant la saison dernière, alors que la lutte entre les deux pompes rivales abaissait considérablement le niveau des puits. L'eau au sortir de la faille granitique présentait trois degrés de plus, mais n*avaitpas la richesse arsenicale qu'elle possède quand on lui laisse atteindre dans ces puits le niveau du sol. Ces observations font penser qu'une grande partie du précieux métalloïde est empruntée par un procédé de lixiviation aux couches superficielles du sol. Quant aux chlorures alcalins de ces eaux, ne seraient-ils pas fournis par d'immenses couches de sel abandonnées par le retrait des mers? Ne trouvant pas en Auvergne de terrain de trias, M. Lefort suppose en effet des gites indépendants de sel gemme qui etpliqueraient la présence du chlorure de sodium dans toutes les eaux de cette contrée. Ces bancs de sel auraient été déposés, soit entre deux périodes d'éruption, soit postérieurement, dans un des nombreux soulèvements dont cette partie de la France présente de si importants souvenirs.

TABLEAU

LA BOURBOULU:.

ANALYSES

Analyse élémentaire des sources minérales de la Bourboule (Puy-de-Dôme).

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