‹ Les Eaux minérales D'AuvergneChapitre 17 sur 51 · INSTALLATIONS BALNÉAIRES. ÉTABLISSEMENTS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

INSTALLATIONS BALNÉAIRES. ÉTABLISSEMENTS NOUVEAUX

L'installation balnéaire de la Bourboule a suivi la fortune de ses eaux : citée jadis comme une des plus élémentaires de nos stations d'Auvergne, elle ne le cède aujourd'hui à aucune autre pour le confort et même pour le luxe. Deux établissements ont été successivement construits, dans ces dernières années, et offrent aux baigneurs les aménagements les plus nouveaux et les plus appréciés de nos grandes stations thermales.

Le premier a été créé par le D"" Choussy, à la famille duquel appartenaient, depuis près d'un siècle, les sources de la Bourboule. C'est sur ses indications et sous sa surveillance que les aménagements les plus confortables, les appareils hydriatiques les plus ingénieux ont été installés. Le service balnéaire comprend une piscine et quarante-neuf cabinets munis de baignoires en fonte émaillée ; dans chacun d'eux se trouve un service de douches aussi variées de forme que de température.

Le service des vapeurs comprend deux salles d'inhalation alimentées par la vapeur forcée et munies de gradins, qui permettent à chaque malade de trouver la température qui lui convient le mieux, une salle de pulvérisation et une collection

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de douches oculaires, nasales, auriculaires, phà^ ryngiennes et autres.

En dehors de ces salies, qui se rapprochent assez de celles du Mont-Dore, où les baigneurs se livrent en commun à Tinhalation, le D' Choussy a fait installer dans ses cabinets un appareil qui permet à chaque malade de joindre à son bain l'aspiration des vapeurs minérales. Pour cela une douche en pluie est projetée avec force sur un plan incliné à 45*; elle fournit, par sa division extrême, de la vapeur spontanée qui, mélangée à Teau minérale poudroyée, constitue une atmosphère réunissant les deux formes sous lesquelles Teau est introduite dans les voies respiratoires.'

La division complète et rapide de cette eau à 52^ abaisse assez sa température pour que ces salles ne dépassent pas 30°. Nous regardons cette installation si simple comme très-ingénieuse. Aussi, quoique établis provisoirement pour attendre Touverture des salles d'aspiration, ces appareils ont été conservés dans les deux établissements nouveaux. Nous ne doutons pas que le milieu dans lequel se trouve plongé le malade ne lui soit aussi favorable que l'atmosphère des vapeurs forcées, et, loin de partager les idées émisesàce sujet par notre confrère, M. Ëscot, dans ses recherches thérapeutiques, nous pensons que, tout en s'éloignant du modus faciendi du Mont-Dore, les praticiens de la Bourboule peuvent obtenir de bons résultats de ces inhalations. Pourquoi donc fatiguer le malade par une sécrétion sudorale exagérée, faire appel

à une excitation pénible de sa peau, soumettre ses bronches à une haute thermalité, quand il suffit, comme nous le voyons journellement à Royat, de l'aspiration des vapeurs minérales à 24° pour atteindre sûrement le but désiré? La minéralisation de la Bourboule s'éloigne trop de celle du Mont- Dore pour comporter le même mode balnéaire.

A côté de rétablissement très- complet du D' Ghoussy, la Société des eaux de la Bourboule avait, il y a quelques années, établi dans Tancien hôtel Mabru un aménagement balnéaire provisoire. Trente-six cabinets de bains alimentés par les eaux du puits Perrière, et munis de douches pour la plupart, partageaient avec l'ancien établissement Ghoussy la clientèle de la Bourboule. Ces galeries, conservées par la compagnie, servent maintenant au. service des bains de seconde classe.

C'est en dehors des rues étroites où se pressent les hôtels de la Bourboule, en face du parc et des sources Fenestre, sur un terrain qui sépare la Dordogne de la route du Mont-Dore, qu'ont été élevées les élégantes constructions destinées au service balnéaire de la compagnie. Rien n'a été épargné pour rendre cet établissement aussi complet que confortable, et le mettre ainsi en rapport avec l'importance chaque jour croissante de cette station.

Ce bâtiment représente un vaste quadrilatère dont chaque angle est formé par un pavillon d'une architecture gracieuse. Deux longues galeries.

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parallèles, Tune à la roule, Taiitre à la rivière, sont coupées chacune en leur milieu par deux pavillons en saillie qui les, dominent et leur forment deux entrées monumentales. La large et belle galerie qui unit ces deux entrées sert de promenoir couvert et abrite les buvettes ; de chaque côté s'ouvrent les salles des grandes douches chaudes.

Cette galerie centrale, dont les arceaux élevés donnent un caractère monumental à l'entrée de rétablissement, divise ce bâtiment en deux parties égales, Tune destinée au service des femmes et Tau- Ire à celui des hommes.

Le service balnéaire est établi dans les galeries qui unissent les pavillons angulaires. Larges de 4 mètres, elles permettent aux chaises à porteurs de venir prendre les malades dans leur baignoire, de les conduire sans encombre dans les diverses parties de rétablissement. Cent vingt-huit cabinets de bains, précédés d'un vestibule et munis d'un système complet de douches, s'ouvrent sur ces longues galeries. Les deux grandes cours qu'elles encadrent sont réservées aux piscines. Dans l'une s'étalera bientôt une vaste nappe d'eau minérale qui permettra aux jeunes malades de se livrer au plaisir de la natation. Dans l'autre ont été ménagées plusieurs salles renfermant des bassins plus petits qui forment des piscines de famille où peuvent se baigner six à sept personnes.

C'est dans les pavillons angulaires, qui dominent d'un étage les galeries, que sont installées les do a-

ches à vapeur, les différents appareils pulvérisateurs et les salles d'aspiration à vapeur forcée. Toutes ces installations, savamment étudiées, luxueusement établies, forment un établissement des plus confortables. De vastes salons de lecture, de jeux et de fêtes, installés au premier étage de la galerie centrale permettront à la compagnie de joindre dorénavant, sous le môme toit, Tagréable à rutile.

En face de cet établissement, sur une étendue de plus de 7 hectares, se profilent les allées d'un parc. Tracé sur le versant d'une colline qu'arrose la Dordogne, il domine la vallée et les hôtels qui se sont amoncelés près des sources. Sorti de ces rues étroites, au milieu de la verdure qui Tentoure, le malade respire plus à Taise; il peut, du reste, assis sous ces ombrages, suivre encore de ToBil l'animation que donne aux hôtels l'arrivée incessante de nouveaux baigneurs.

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