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EAUX DE CHATEAUNEUF

Quinze sources importantes captées, sans en compter beaucoup qui ne le sont pas encore, offrent ici au praticien les nuances les plus variées de température et de composition. Elles alimentent d'une eau claire, limpide et pétillante dix buvettes et six établissements thermaux.

Ces sources, trop nombreuses pour être étudiées isolément, peuvent être divisées en trois groupes :

1** Les eaux froides ferrugineuses et gazeuzes ;

2<> Les eaux thermales ou froides bicarbonatées mixtes ;

3° Et les eaux bicarbonatées magnésiennes.

Si nous donnons aux sources du premier groupe ce titre de ferrugineuses, ce n'est pas que les autres soient privées de ce principe, mais c'est que son abondance imprime aux eaux de cette classe un caractère spécifique.

Telles sont les sources du Petit-Rocher, de Morny et du Petit-Moulin. Elles présentent à l'analyse 42, 50 et 62 milligrammes de carbonate de fer unis à environ 2 grammes d'acide carbonique. Non-seulement la richesse métallique de ces buvettes les rapproche des eaux martiales les plus en vogue, telles que celles de Spa (60 milligr.), mais encore leur minéralisation, en harmonie avec les sels qui entrent dans la composition du sérum sanguin, rend ce fer plus assimilable et le fait supporter par

certains estomacs qui ne peuvent pas tolérer les eaux martiales privées de ces adjuvants.

Les eaux de Morny, du Petit-Rocher et du Petit- Moulin sont claires, inodores et se conservent sans altération dans les vases bien bouchés. Dans d'autres sources au contraire, M. Jules Lefort a constaté des traces d'acide sulfhydrique, telles sont celles de la Pyramide, de la buvette Ghevarier et des bains du Petit-Rocher. Incolores à leur point d'émergence, ces eaux, après quelques instants d'exposition à l'air, louchissent d'une manière sensible. Le goût du fer se trouve, chez elles, masqué par la présence de l'hydrogène sulfuré ; cette nuance de composition peut , dans certains cas, avoir sa valeur thérapeutique.

Plusieurs sources intermédiaires servent de trait d'union entre le groupe des ferrugineuses et celui des alcalines; telles sont les fontaines Ghevarier, Salneuve, Lagarenne et quelques autres qui ne sont pas encore captées.

Le groupe des eaux bicarbonatées mixtes se compose, comme le précédent, de trois sources principales : le Pavillon, Desaix et la Pyramide, remarquables toutes les trois par la prédominance des bicarbonates alcalins.

La source du Pavillon est le type des eaux froides de Ghâteauneuf. G'est la plus riche en éléments minéralisateurs. La médication alcaline a pour représentants la soude, la potasse, la chaux, la magnésie, la lithine. Le fer et le chlorure de sodium

n'interviennent que comme de légers modérateurs de ces bases puissantes.

Le troisième groupe devait être formé des eaux alcalines magnésiennes, mais c'est avec intention que nous avons choisi l'analyse de la source précédente, car au principe alcalin des autres elle joint, comme la source Morny, des sels purgatifs ; 43 centigrammes de magnésie et 40 centigrammes de sulfate de soude ne nous paraissent pas sans importance dans son action thérapeutique. Et, vu notre pauvreté en eaux bicarbonatées sulfatées, nous avons cru devoir signaler ces deux sources, qui joignent Tune au bicarbonate de fer, l'autre au bicarbonate de soude, des éléments laxatifs.

TABLEAU

CfUTEAUNEUF.

ANALYSES

Analyse des sources de Ghàteauneuf

par M. Lefort (1855).

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