‹ Les Eaux minérales D'AuvergneChapitre 35 sur 51 · EFFETS PHYSIOLOGIQUES ET THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS PHYSIOLOGIQUES ET THÉRAPEUTIQUES

La pratique démontre que les eaux de Ghâtelguyon, selon la dose à laquelle on les prend, sont digestives, laxatives ou purgatives; leur activité varie avec la susceptibilité du sujet et leur emploi demande une certaine surveillance. Ce n'est ordinairement qu'après trois ou quatre jours que leurs effets se font sentir. En commençant, au contraire, un grand nombre de malades jouissent d'une tolérance qui se traduit par des symptômes d'excitation générale, une espèce de fièvre thermale que Ton voit tomber dès les premières selles. Une fois établi, l'effet purgatif se continue avec régularité ; ce qui permet au médecin de diminuer peu à peu la dose de l'eau, sans que pour cela son effet cesse ou se ralentisse.

L'usage journalier des eaux de Ghâtelguyon a pour résultat d'augmenter les sécrétions folliculaires et glandulaires de l'intestin, d'en accélérer les mouvements péristaltiques et de donner lieu, sans coliques, à des évacuations régulières assez abondantes. Les baigneurs vont ordinairement à la selle plusieurs fois dans la matinée, et ce flux, loin

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de les fatiguer et de diminuer leur appétit, ne fait au contraire que l'augmenter.

Le D' Baraduc, inspecteur de cette station, dans un travail présenté à la Société d'hydrologie, a comparé les eaux de Châtelguyon à celles de Kissingen.

L'analyse donne d'abord une certaine supériorité à la station allemande qui possède par titre 2 grammes de plus de sels neutres purgatifs; mais la pratique ne sanctionne pas ces données théoriques. On obtient en effet à notre station française, sans le secours d'aucun adjuvant, les effets laxatifs qu'on a l'habitude, à Kissingen, d'emprunter à l'usage quotidien du Bitter-Waser. D'autre part la température, des eaux de Ghâtelguyon les fait mieux supporter que celles de Kissingen, qui sont froides et lourdes sur l'estomac.

Mais c'est surtout dans le traitement balnéaire qu'éclate la supériorité que leur donne la thermalité. Les eaux froides de Kissingen ne peuvent en effet atteindre la température des bains qu'au détriment de leurs principaux éléments minéralisateurs. Celles de Ghâtelguyon, qui émergent à 34®, peuvent, à l'aide d'un courant, conserver jusqu'à la fin de l'immersion non-seulement leur température, mais encore leurs sels et leurs gaz à l'état naissant.

En dehors de l'action purgative qui constitue leur caractère dominant, comme dit le D' Huguet, les eaux de Ghâtelguyon, ainsi que nous l'a fait pressentir Tanalyse, agissent sur l'organisme comov^

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résolutives et toniques. Par leur minéralisation complexe, ellesparticipent aux effets thérapeutiques des eaux chlorurées sodiques, des eaux bicarbonatées et même des eaux ferrugineuses. De là un traitement thermal qui peut être dirigé d'une manière tout à fait différente, suivant que le médecin veut obtenir un effet évacuant, résolutif ou tonique.

Les effets directs et indirects des purgatifs sont trop connus pour que nous ayons à expliquer par quel mécanisme Teaulaxative de Ghâtelguyon peut à volonté remplir les indications de la méthode évacuante, ou de la méthode résolutive, qui sont en faveur dans les stations allemandes.

Nous allons nous contenter de dire ici un niol de la méthode tonique dont la station française nous offre les ressources. Quoique ferrugineuses et chlorurées, l'usage interne des eaux de Ghâtelguyon n'occupe alors que le second rang ; le premier revient de droit au traitement balnéaire.

Les bains de Ghâtelguyon présentent en effet sur beaucoup d'autres l'immense avantage de pouvoir être alimentés à eau vive. Trois modes balnéaires sont employés dans cette station: le bain à eau morte, jet arrêté une foisla baignoire remplie ; baift à eau vive, animé par un courant constant; bain acidifié, c'est-à-dire alimenté par un griffon naturel très-chargé d'acide carbonique.

G'estlàle bain tonique par excellence dont nous avons déjà parlé au chapitre de Royat. A ce stimulant énergique de la circulation cutanée, si nous.

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joignons l'effet des laxatifs qui ouvrent Tappétit et favorisent Tassirailation, l'effet d'une eau chlorurée et ferrugineuse qui relève l'organisme en enrichissant le sang, nous aurons les bases sur lesquelles repose la méthode du traitement tonique de Ghâtelguyon.

INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES

Les indications thérapeutiques de Ghâtelguyon découlent des trois méthodes de traitement que nous venons d'énumérer.

A la méthode purgative s'adressent principalement:

L'état saburral des premières voies, l'embarras gastrique, la constipation habituelle, la pléthore abdominale, la tendance à l'obésité;

Les congestions cérébrales et autres, l'état apoplectiforme, la paresse musculaire et la paralysie consécutive à une hémorrhagie.

A la méthode résolutive s'adressent : certains engorgements biliaires, certaines hypertrophies viscérales chez des sujets affaiblis qui ne pourraient supporter l'usage prolongé des alcalins et des purgatifs.

La méthode tonique peut s'appliquer au traitement de l'anémie et de la chlorose, à certaines dyspepsies, à certaines névroses^ mais elle doit surtout être employée à Ghâtelguyon pour relever les forces des sujets débilités qu'on a été forcé de soumettre pendant longtemps aux méthodes précédentes.

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Cependant, si Ton peut reprocher quelque chose aux eaux de Ghâtelguyon, ce n'est certes pas d'aflaiblirpar leurs effets purgatifs ! Nous considérons au contraire leur minéralisation comme essentiellement tonique, et ce n'est souvent qu'en les prenant avec persévérance et à assez hautes doses, qu'on arrive à surexciter les follicules intestinaux et à obtenir l'effet demandé.

L'action purgative n'entraîne pas ordinairement une sédation de longue durée, surtout si la constitution pléthorique du sujet aide dans son rôle réparateur cette minéralisation essentiellement reconstituante.

Nous croyons donc que les eaux de Ghâtelguyon conviennent mieux que toutes les autres aux sujets lymphatiques anémiques ou affaiblis qui ont besoin d'avoir recours à la méthode purgative ; car l'effet débilitant de la médication sera toujours promptement réparé. Mais nous avons d'un autre côté de nombreux exemples de sujets pléthoriques, excitables, congestionnés, qdi, à la suite du traitement thermal, ont été les victimes de nouvelles congestions. Ces accidents consécutifs à l'action sédative de la purgation sont généralement attribués, tant à l'incitation c-ommuniquée aux fonctions digestives par un régime éminemment apéritif, qu'à l'effet congestif d'un traitement tonique à longue portée.

L'eau de Ghâtelguyon appartient au groupe ther-

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mal de l'Auvergne et ne peut que dissimuler sous Teffet purgatif le caractère reconstituant qu'elle tient de son origine. Admirablement appropriée au traitement de certaines manifestations goutteuses chez les sujets que cette diathèsê a déjà profondément anémiés, de certaines manifestations arthritiques chez les sujets débilités qui ont besoin d'une dérivation prolongée et ne peuvent rien sacrifier de leurs forces pour l'obtenir, l'eau de Châtelguyon peut figurer honorablement à côté de Niederbronn, Kissingen et les autres stations purgatives de l'Allemagne. Elle a même sur les précédentes la supériorité incontestable que lui donne sa température et les avantages qu'offre souvent une minéralisation où les sels toniques compensent largement ce qu'auraient de trop affaiblissant les sels purgatifs.

Sans donc chercher à dissimuler par ses effets les liens de parenté qui l'unissent à ses sœurs, l'eau de Ghâtelguyon vient, par son action toni-purgative, compléter les indications thérapeutiques si remarquables et si variées que présentent à quelques pas les unes des autres ces stations pittoresques de l'Auvergne.

ROUZAT

Chemin de fer de Paris à Riom, omnibas pour Rouzat, trajet

d'nne demi-heure.

L'établissement thermal de Rouzat est à 7 kilomètres de la ville de Riom. — Bâti sur le versant des monts Dômes à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, il étale en plein levant les deux grands corps de bâtiment qui le composent. L'un d'eux est destiné à l'installation balnéaire de la grande source, c'est l'établissement thermal proprement dit ; Vautre, séparé du premier par une vaste cour, sert d'hôtel aux baigneurs qui fréquentent ces thermes. Cette disposition permet aux malades de regagner leur lit après le bain, avant de s'être exposés au froid ou à l'humidité du matin.

L'établissement se compose de dix cabinets de bains, de trois cabinets de douches et de deux belles piscines, alimentés par la source du Grand- Puits dont la température est de 31*. Chaque baignoire est munie de deux robinets : l'un pour Teau minérale à la température naturelle, l'autre pour cette eau portée à 60**. Les cabinets de douches ont égalementdeuxrobinetscommuniquantau réservoir qui les alimente la température indiquée par le mé-

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decin. Une baignoire, disposée dans ces cabinets, permet au malade de joindre l'effet du bain à celui de la douche.

Les piscines peuvent recevoir une vingtaine de personnes ; elles sont alimentées par un courant constant d'eau minérale qui y entretient une température suffisante pour avoir rarement besoin d'eau surcbaufTée. Le petit établissement thermal de Rouzat, bien tenu, appartient à M. le comte de Saint Didier, qui ne reculeMevant aucune des améliorations que réclament les médecins ou les baigneurs.

Deux sources concourent au traitement thermal de Rouzat: la source ferrugineuse et gazeuse des Vignes, employée uniquement en boisson; la source du Grand-Puits qui, débitant 300,000 litres par jour, suffirait à l'entretien d'un établissement balnéaire beaucoup plus important que celui-ci.

Les eaux de Rouzat ont été successivement analysées par MM. Nivet, Ossian, Henry, J. Lefort, et en dernier lieu par M. Terreil, chef des travaux chimiques au Muséum.

ROUZAT.

Composition des eaux minérales de Rouzat

par M. Terreil (186*2).

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