‹ Les Eaux minérales D'AuvergneChapitre 36 sur 51 · indéterm · texte numérisé non relu

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Ces eaux chloro-bicarbonatées mixtes se rapprochent de celles de nos principales stations d'Auvergne. Cependant elles ont leur caractère propre ; le bicarbonate de chaux dépasse de moitié celui de soude et donne lieu ainsi aux applications plus spéciales des sources bicarbonatées calciques.

C'est ainsi que les eaux de Rouzat doivent être très-efficaces dans les entérites chroniques avec état catarrhal de la muqueuse intestinale dans les

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diarrhées rebelles chez des sujets lymphatiques ou scrofuleux. Moins alcalines que les eaux bicarbonatées sodiques, ces eaux trouvent, dans le chlorure de sodium, les carbonates de chaux et de fer qui entrent dans leur composition, les éléments les plus propres à combattre le lymphatisme et Tanémie. Aussi à côté des affections rhumatismales qui se rencontrent ici comme dans toutes les stations d'Auvergne, voyons-nous notées par le D» Lacaze dans son étude de Rouzat et par leD'Fenolhac, son successeur, toutes les affections qui tirent leur origine de ces états particuliers de l'organisme ou leur doivent leur chronicité.

INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES

Les eaux de Rouzat prises avec modération conviennent surtout dans certaines dyspepsies atoniques chez des sujets lymphatiques plutôt que nerveux. Moins propres au traitement de la dyspepsie acide et de la gastralgie douloureuse, elles sont précieuses pour la dyspepsie gastro-intestinale avec état catarrhai ou diarrhéique. Le bain de piscine à eau vive joue, comme à Royat et à Ghâteauneuf, un rôle important dans ce traitement. C'est à lui certainement que revient la plus légitime part de l'amélioration qu'éprouvent les sujets affaiblis qui fréquentent ces thermes. L'eau des Vignes, tout aussi minéralisée que celle du Grànd-Puits, mais froide, modifie rapidement les fonctions digestives. Les sujets anémiques, ou lymphatiques, ou scrofuleux

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peuvent même en faire usage en mangeant, mais nous la croyons trop minéralisée pour la laisser ainsi aux repas à la discrétion de certains malades pléthoriques ou nerveux.

Les affections de l'utérus, avec congestion passive de cet organe ou présentant un état catarrhal habituel, se trouvent bien des eaux et des bains de Rouzat qui combattent les lésions locales en modifiant Tétat général du sujet. C'est à ce titre que nous trouvons ici, comme à la Bourbouleou à Saint- Nectaire, les altérations qu'entraînent dans les divers tissus de l'économie le lymphatisme, la scrofule et le rachitisme. A leur début, ces accidents diathésiques peuvent être combattus avec succès par les eaux et les bains de Rouzat, et plus tard au contraire ils réclameront ceux de la Bourboule, plus énergiques dans leurs effets.

En un mot, la minéralisation de Rouzat, qui se rapproche de celle des autres stations d'Auvergne et donne lieu aux mêmes indications que Saint-Nectaire etRoyat, tire delà prédominance du carbonate de chaux certaines ressources thérapeutiques contreles affections catarrhales des voies digestives. Mais si ces eaux sont comme celles de Saint-Nectaire propres à combattre le lymphatisme, c'est à ces piscines tempérées à eau vive que revient la plus large part de l'amélioration prompte qu'obtiennent ces jeunes malades.

GHATELDON

A 16 kilomètres de Vichy.

Au sud de Vichy, sur les pentes inférieures des montagnes du Forez, dans une vallée étroite traversée par le Vaugiron, est bâti Ghateldon, cheflieu de canton de 1,000 habitants. Ses maisons basses, noires et humides, témoignent, parleur construction, qu*elles appartiennent pour la plupart à une époque bien éloignée de nous. La vallée, ouverte ^u sud-ouesl, jouit d'un climat doux, et la température moyenne de mai en octobre oscille entre 20 et 25\

L'établissement thermal est situé à 300 mètres de la ville; il appartient, ainsi que les sources qui Talimententv au D' Desbrest. C'est un petit bâtiment au rez-de-chaussée duquel une salle d'attente et de lecture est destinée aux personnes qui viennent prendre les eaux. Quelques baignoires y ont •été également disposées, mais elles ne sont que très-rarement utilisées, car ces eaux froides peMent une grande partie de leurs sels par le chauffage.

Trois sources minérales sont réunies dans un rectangle entouré d'une jolie grille de fer ; elles donnent environ ir»,000 litres par jour d'une eau froide.

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limpide au sortir du sol, mais qui ne tarde pas à se troubler par le dégagement abondant de gaz acide carbonique qui la fait paraître en ébullition ; elles sont connues sous les noms de Puits-Carré, Puits-Rond, et source Eugénie, ou Nouvelle-Source, découverte par M. Desbrets en 1853.

Les sources de Chateldon présentent une minéralisation à la fois alcaline et ferrugineuse un peu plus riche que celle de la source Mesdames à Vichy et de Sainte-Marie àCusset : plus de 2 grammes de bicarbonate de soude s'y trouvent unis à 3 centigrammes de carbonate de fer. L'absence de chlorure de sodium laisse à ces eaux leur caractère de carbonatées sodiques ferrugineuses. Très-chargées d'acide carbonique, elles ont, dit Rotureau, pour effet immédiat d'être faciles à boire, faciles à digérer, aisément assimilables et légèrement excitantes. Elles sont toniques plutôt qu'altérantes et reconstituantes tant par leur fer que par l'action stimulante de leurs sels alcalins.

Les eaux de Chateldon gagnent beaucoup à être bues à la source ; elles supportent difQjcilement le transport et laissent précipiter assez vite leurs sels calcaires et ferrugineux.

Les eaux de Chateldon sont surtout employées dans les cas de dyspepsies douloureuses, de vomissements nerveux, de régurgitation. Leur richesse en acide carbonique et en soude les rend alors sédatives; elles sont également utiles dans les casd'inappétence, d'atonie des voies digestives, elles stimulent l'appétit et favorisent les digestions languissantes.

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Le fer qu'elles contiennent est assez facilement accepté par Testomac capricieux des chlorotiques : aussi y rencontre-t-on surtout des sujets chloroanéraiques et nerveux.

MM. les D" Debrest vantent dans leurs écrits la propriété qu'ont ces eaux de faire cesser la stérilité. Rien d'étonnant qu'en suspendant certaines manifestations de la chlorose, telles que Taménorrhée ou les flueurs blanches, elles mettent les jeunes femmes dans de meilleures conditions pour devenir mères ; mais, comme le disent très-bien les D" Nivet et Rotureau, s'ils supposent qu'elles sont un spécifique ayant une action mystérieuse et inexplicable, nous ne pouvons pas partager leur confiance. Les eaux de Chàteldon peuvent être employées dans beaucoup de cas où les eaux chloro-carbonatées se trouvent trop stimulantes et les eaux carbonatées sodiques fortes trop débili^ tantes«

près les Martres-de-Veyre, station de Vic-Ie-Comte, & une heure de Clermont.

Les eaux de Sainte-Marguerite, connues sous les noms d*eaux de Saint-Maurice ou de Vic-le-Comte, font partie d'un groupe important d'eaux minérales dont nous avons eu occasion de citer déjà plusieurs sources.

C'est au bord de l'Allier, au centre d'un pays riche et fertile, qu'est située cette station. Les coteaux qui l'environnent sont couverts de vignes donnant un petit vin blanc d'une certaine réputation, et les vallons qui sont à leurs pieds, arrosés parla rivière, produisent abondamment les légumes et les fruits les plus beaux.

Deux sources ont successivement alimenté les quelques baignoires de cet établissement : celle des anciens bains, située sur le cours môme de l'Allier et qui a été peu à peu envahie par cette rivière, et celle des nouveaux bains, qui a remplacé la première. L'une et l'autre viennent d'être taries par la mise à jour d'une troisième fontaine beaucoup plus abondante.

C'est à 4 mètres de la rivière qu'un heureux

coup de sonde a fait jaillir une source si merveilleuse qu'on lui a donné ce titre. Un dégagement tumultueux d'acide carbonique donne à sa sortie une forme intermittente, et relève son jet toutes les trois ou quatre minutes; mais en dehors de ces oscillations, communes à toutes les sources gazeuses, a lieu, deux fois par jour, une véritable irruption hydrothermale : c'est alors à 7 mètres de hauteur que s'élance ce jet bouillonnant qui inonde . tout ce qui l'entoure.

L'impétuosité de cette sortie donne une idée de ces geysers d'Islande, qui, à certaines heures, lancent à 40 jou 50 mètres de hauteur leurs eaux et leurs vapeurs brûlantes.

La source Merveilleuse avait lors de son analyse par M. Truchot une température de 30**, mais depuis, elle est devenue dit-on, et plus chaude et plus abondante. Le débit de cette source n'a pas été encore calculé, mais son jet, qui est presque de la grosseur du j)oignet, fournit dans ses grandes éruptions une quantité suffisante d'eau minérale pour alimenter à eau vive un certain nombre de baignoires.

L'acide carbonique dont cette eau est saturée efface rapidement la sensation de fraîcheur qu'on éprouve en entrant dans un bain à 30 ou 31^, et produit sur la peau cette dérivation si précieuse dont nous avons parlé au chapitre de Royat. ;

A côté de cette source thermale qui à elle seule peut suffire à l'aménagement balnéaire de cette jStation, s'en trouvent plusieurs autres fort minera-*

lisées, mais n'ayant que 13 ou 14"*. Telles sont les deux sources de la Chapelle, ainsi appelées à cause d'une petite église consacrée à sainte Marguerite, près de laquelle elles coulent : la source des Pigeons, et la fontaine plus récente du puits artésien. Un peu moins riches que celles dont nous donnons l'analyse, les sources de la Chapelle viennent seules varie légèrement ces minéralisations qui se ressemblent.

Analyses des eaux de Sainte -Marguerite.

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