‹ Les Eaux minérales D'AuvergneChapitre 38 sur 51 · VIG-SUR-GÈRE · texte numérisé non relu

VIG-SUR-GÈRE

Chemin de fer du Bourbonnais, station de Vie, un peu avant

Aurillac.

De Tautre côté de cette longue chaîne de montagnes, imposante muraille qui sépare la basse de la haute Auvergne, existent aussi des sources précieuses.

Les eaux de Vic-en-Garladès, aujourd'hui Viesur-Gère, sont, pour les habitants du Midi, une succursale d'Ems ou de Royat, et offrent aux malades, non-seulement leur douce minéralisation, mais encore Tair pur d'une charmante vallée et ses frais ombrages. C'est surtout en arrivant du côté de Murât, par la route impériale, après avoir franchi le pas de Gompain, dit un touriste, qu'on jouit d'un magnifique panorama :

« Après avoir cent fois mesuré de l'œil, tantôt avec frémissement, tantôt avec admiration, des crêtes chenues, des montagnes escarpées et les abîmes profonds qui sont à leurs pieds, on arrive enfin, sous la douce influence de l'air du Midi. On trouve alors des vallons riants, frais, couverts de bois ver-

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doyants, arrosés par la Gère, dont le bruissement n'est .plus celui d'un torrent, mais le cours d'une onde pure qui va caressant les fraîches prairies qu'elle fertilise. Arrivé dans cette vallée, l'esprit se repose des volcans, des enfers, des orages, des eaux furieuses et de la triste verdure des sapins. » La nature est ici luxuriante de végétation, admirable de fraîcheur ; à travers les champs et les prairies, la Gère décrit mille méandres et arrose de gras pâturages où paissent de nombreux troupeaux; des fermes, des villas, des châteaux, se mirent alternativement dans ses eaux limpides. Gette petite vallée est dominée, d'une part, par le Plomb-du- Gantal, ce géant des montagnes d'Auvergne, au front blanchissant; de l'autre, parla partie vieille de la ville de Vie, à cheval sur un torrent, et dont l'aspect original rappelle les bourgades suisses ou écossaises. Au pied d'une colline appelée le Griffoui, à quelques minutes de la partie basse de la ville» sur la lisière d'un joli bois taillis, s'échappent du sol, en bouillonnant, les eaux minérales.

Les eaux de Vie sont ferrugineuses, bicarbonatées et chlorurées sodiqnes ; leur température«ne dépasse pas 12° à Id*". Elles ne se prennent donc qu'en boisson, mais jouissent depuis longtemps d'une grande réputation dans les départements du Gantai, de la Lozère et de la Haute-Loire, qui y envoient chaque année plus de quatre cents malades. L'analyse qui en a été faite par Soubeyran, en 1857, le, par litre, 1^%90 de bicarbonate de soude.

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