VIC-SUR-CÉRE
î)0 centigrammes de sulfate de soude, 1*', 25 de chlorure de sodium et 5 centigrammes de carbonate de fer; elles sont essentiellement toniques et digestives.
Spécialement prescrites pour réveiller la paresse de l'estomac, elles combattent les dyspepsies pituiteuses avec prédominance saburrale, les gastralgies douloureuses qui se trouvent généralement mieux des eaux bicarbonatées mixtes que des eaux alcalines fortes. Dans l'entérite chronique avec coliques et diarrhée glaireuse alternant quelquefois avec de la constipation, elles tonifient la muqueuse intestinale, arrêtent le flux catarrhal et régularisent les selles.
Par leur chlorure de sodium et leur fer, elles conviennent à Tanémie et à la chlorose; leurs principes alcalins combattent le pyrosis, si commun dans ces maladies, augmentent Tappétit et facilitent les digestions. Aussi, les eaux de Vie jouissentelles d'une grande réputation contre les affections si nombreuses qu'entraînent ces états morbides ; sous leur influence, la circulation s'accélère, les forces augmentent, les convalescents trouvent à la fois dans l'air pur qu'ils respirent et dans Teau qu'ils boivent des éléments réparateurs.
Soubeyran , et après lui M. le D' Nivet, les croient utiles dans les engorgements abdominaux, dans les maladies du foie et de la rate, et les disent propres à combattre la gravelle et l'état catarrhal de la vessie. Les observations à ce sujet ne sont* pas assez nombreuses pour pouvoir nous prononçât •
GHAUDËS-AIGUES
Chemin de fer de Paris à Brioude, de Brioude à Chaudes- Aiguës, 80 kilomètres en voiture.
Nous ne sommes plus dans ce riant vallon où, fatiguée d*avoir bondi de cascade en cascade, la Gère promène ses eaux calmes et limpides ; nous chercherions vainement ces collines luxuriantes de verdure et ces prairies émaillées de fleurs ; tout ici est sévère et sombre.
De tous côtés s'élèvent des montagnes aux flancs décharnés, qui servent de ceinture à un vallon, dont le sol maigre et sablonneux fatigue la vue. Sur la droite seulement, Tœil découvre avec plaisir quelques prairies entourées d'arbres et un bois, en amphithéâtre, que couronne le château de Couffour ; c'est dans cette gorge horrible, au pied des montagnes qui séparent l'Auvergne du Gévaudan qu'est bâti Ghaudes-Aigues. Ses rues étroites et escarpées, ses maisons mal construites et couvertes de gneiss et d'ardoises, la vapeur dont elle sont continuellement enveloppées, s'harmonisent parfaitement avec la teinte sombre de ce paysage sauvage.
Le voyageur qui arrivé par la route de Saint-Flour , encore effrayé des précipices sans fond qu'il vient
GHAUDES-AIGUES. 48»
de côtoyer, en apercevant de loin la vapeur épaisse qui s'élève de cette gorge, croit trouver là un cratère béant. G*est à ses eaux bouillantes que cette ville de trois cents et quelques maisons doit son existence. Les diverses industries qu'ont fait naître ces sources inépuisables de calorique, retiennent
au milieu de cet horrible désert plus de 2,500 personnes, qui vivent uniquement du produit de ces richesses thermales.
Les eaux de Chaudes- Aiguës [Calentesaqude, diton, de Sidoine Apollinaire) se font jour les unes sur les bords et dans le lit même du ruisseau le Remontalou, les autres au pied de la montagne de la Jarrige qui domine la ville. La source du Par, la plus remarquable par sa température et son abondance, jaillit d'une fissure de la roche et, suivant une pente rapide, précipite à travers la ville ses eaux bouillonnantes. Ce n'est qu'après avoir distribué à droite et à gauche sur leur passage une grande partie de leur calorique qu'elles finissent par aller se mêler aux eaux froides du Remontalou qui traverse Ghaudes-Aigues.
La source du Par seule fournirait àla ville, d'après M. Ledru, 252 litres parminute d'une eau à 88*". La vapeur qui s'en dégage est brûlante, on ne peut en approcher la main, et cependant deux plantes y naissent et s'y plaisent. L'une est une mousse d'un vert éblouissant qui tapisse les fentes de la roche dont elle s'échappe, et l'autre est la tremelle {Tremella reticula) qui croît dans l'intérieur même des