‹ Les Eaux minérales D'AuvergneChapitre 40 sur 51 · CHAUDES-AIGU ES · texte numérisé non relu

CHAUDES-AIGU ES

griffons naturels de plusieurs sources de Chaudes- Aiguës. .

« A rextrémité de la rue du Par, dit M. Paul de Ghazelles, est la fontaine de ce nom, avec sa roche, sa gueule béante, son jet à bouillons et ses tourbillons de fumée. A chaque instant, des femmes, chargées de cruches, viennent y puiser de l'eau ; leur tête est couverte d'un petit chapeau rond et plat, suivant les usages du pays. Aux heures des repas, les femmes du peuple y préparent leur nourriture : dans un pot est du pain coupé en tranches avec un peu Se heure et de sel ; elles remplissent le pot d'eau minérale, puis le placent dans le canal comme dans un bain-marie, et, en moins d'une demi-heure, leur soupe est faite. » C'est avec cette eau qu'elles durcissent leurs œufs, qu'elles lavent leur linge et blanchissent leurs laines ; elles utilisent enfin pour les besoins du ménage toutes les ressources d'une température si voisine de TébuUition.

Mais à côté des services domestiques que rend aux habitants de Chaudes-Aiguës cette source du Par viennent se placer les industries qu'elle favorise. Ce sont les bouchers qui s'en servent pour l'épilation de leurs porcs et des autres animaux ; les fabricants qui y foulent leurs draps et y dégraissent leurs tissus ; le peu de soude que renferment ces eaux donne aux laines que les habitants tirent de l'Aveyron , une blancheur et une souplesse remarquables ; aussi le tissage et le tricotage à la

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main de ces laines forment-ils l'industrie la plus répandue dans ces hautes montagnes. Un établissement d'incubation artificielle, fondé dans le temps par le chimiste Darcet, obtient à Taide d'une température constante de très-beaux produits. Que d'industries pourraient pareillement utiliser ces sources abondantes de chaleur !

A la fontaine du Par il faut ajouter 11 à 12 autres sources qui, quoique moins abondantes et moins chaudes, offrent encore des températures variant entre 60 et 70®. Ces eaux qui alimentent différents établissements balnéaires pendant Tété, servent au chauffage des habitations pendant l'hiver. Chacune d'elles promène alors de maison en maison sa bienfaisante chaleur; des conduits en bois de pin font le tour de certaines pièces, en traversent seulementcertaines autres et fournissent ainsi une température que l'on gradue à volonté à Taide de vannes plus ou moins ouvertes.

M. Berthier, qui s'est beaucoup occupé de cette station et dont les travaux sont inscrits dans les annales de l'École des mines, a calculé que la quantité de chaleur produite chaquejour parces eaux équivalait à celle que donnerait la combustion de 5 à 6,000 kilogr. de houille ou de 12,000 kilogr. de bois.

M. Lecoq dans son ouvrage sur les eaux du plateau central de la France ne peut s'empêcher, avec sa brillante imagination, de songer aux ressources que fournirait à la végétation cette puissance de calorique. « Toute espèce de primeurs, dit-il, s'ob-

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tiendrait avec une extrême facilité, on pourrait créer de vastes serres où, grâce à des conduites d'eau, les plantes des régions équinoxiales se développeraient en pleine terre et rappelleraient ces temps reculés où la végétation des tropiques couvrait TAuvei^ne dé ces vastes forêts, qu'habitaient alors des animaux singuliers, dont l'existence précéda l'apparition des hommes.

« Cette terre où régnerait constamment une douce température et une humidité dont on pourrait à volonté modérer l'intensité servirait de promenade pendant les mauvais temps, procurerait de la distraction aux malades et contribuerait sous tous les rapports à l'agrément et àl'utilité des bains de Chaudes- Aiguës. »

Mais, hélas ! ces temps sont bien loin, et, malgré les projets souvent formés et les plans déjà tracés d'un établissement en rapport avec ces richesses thermales, l'installation balnéaire de Chaudes-Aiguës est encore des plus rudimentaires ; plusieurs établissements particuliers composés de 4 à 5 baignoires se disputent les quelques malades des environs qui viennent y soulager leurs douleurs rhumatismales. C'est le Châteauneuf du Cantal et c'est cependant le Mont-Dore de la haute Auvergne !

Si on avait porté là tout l'argent qui a été gaspillé

près de ces sources insignifiantes qui n'ont jamais

pu, malgré leur luxe et leur réclame, fixer un in-

ention du corps médical, que n\iurait-on

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