‹ Les eaux minérales de la FranceChapitre 124 sur 173 · ASTHME · texte numérisé non relu

ASTHME

Il ne s’agit ici que de la névrose des voies respiratoires, que les autèurs appellent asthme sec, asthme nerveux. Les médecins qui écrivent sur la thérapeutique des eauxminérales;, rapprochent de cette affection purement spasmodique, un autre état morbide de la même région caratérisé, comme l’asthme, par la dyspnée et une toux convulsive, etde plus, s’accompagnant d’une expectoration plus ou moins abondante ; ils donnent à cet état Ienom d'asthme humide.

Cette confusion est regrettable, car l’asthme humide est un simple catarrhe bronchique ou pulmonaire, qui, selon le tempérament plus ou moins nerveux du malade, peut déterminer des quintes de toux rappelant assez bien les paroxysmes de l'asthme; ou bien il est constitué tout à la fois par la névrose ct par le catarrhe des bronches, auquel cas on a deux maladies à combattre au lieu d’une.

Un chapitre étant consacré au catarrhe des voies respiratoires, nous ne nous occuperons, comme nous le disions au début de celui-ci, que de l’asthme sec, de l'asthme nerveux.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, l'asthme est une névrose de l’appareil respiratoire, le plus ordinairement périodique et venant par accès que séparent des intervalles plus ou moins éloignés. Ces accès, qui de préférence éelatent le soir ou pendant la nuit, sont quelquefois subits et quelquefois s’annoncent par des flatuosités, des bâtllements, une gêne dans la poitrine, une toux sèche et une urine abondante, aqueuse et limpide. Dès leur invasion, le malade ne peut garder la position horizontale: il est tourmenté par un sentiment d’oppression qui le fait se cramponner aux meubles pour rendre la respiration moins difficile ; celle-ci est précipitée, haletante, entrecoupée, bruyante ; la toux est pénible et suffocante; sous les efforts douloureux que fait le malade la figure s’altère; elle est ou pâle et fatiguée, ou gonflée et livide. Enfin, au bout d’un temps plus ou moins long, les accidents se calment, la toux devient humide, et souvent

une urine colorée et sédimenteuse annonce la fin du paroxysme.

Pour profiter des ressources, assez restreintes d’ailleurs, que la thérapeutique thermale met ici à notre disposition, il faut remonter avec soin à l’origine de l’asthme et s’assurer s’il n’est point sous la dépendance du vice dartreux , goutteux ou rhumatismal, ou s’il n’est pas produit par la briétie suppression d'un exutoire ou d’un flux hémorroïdal.

Dans ces cas divers, l'asthme, n’étant que la manifestation d'une autre maladie, subira nécessairement la thérapeutique de celle-ci; mais dans l’asthme essentiel, la médication devra s’adresser à l'asthme lui-même, et, pour remplir cette indication, la thérapeutique thermale ne nous offre guère que les eaux sulfureuses. |

Cette médication ne jouit même pas d’une efficacité incontestée, car M. Bertrad assure que les eaux du Mont-Dore, dont il est le médecin-inspecteur, n’améliorent pas l'état des personnes atteintes de dyspnée nerveuse ou asthine convulsif.

M. Niepce, au contraire, médecin à Allevard, se loue beaucoup de la médication sulfureuse dans Je traitement de l’asthme sec; mais il est vrai de dire qu’il parle de l’inhalation des vapeurs sulfureuses.

Comme on le voit, la thérapeutique de l'asthme est assez mal fixée, et nous aurons tout dit si nous ajoutons que, dans ces derniers temps, on a proposé les inhalations du gaz acide carbonique, et que le médecin de Saint-Alban, où le développement de ce gaz se fait sur une vaste échelle, assure en obtenir les plus heureux résultats.

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