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BRONCHITE CHRONIQUE

L’inflammation des bronches prend les caractères de la chronicité : 1° lorsque Pétat aigu n’a pas rencontré une médication convenable ; 20 lorsque la maladie s’est trouvée greffée sur une constitution atteinte de la diathèse scrofuleuse, rhumatismale ou dartreuse,

Il'est important de distinguer ces deux formes de bronchites, d'autant mieux que la première, purement locale, cède habituellement aux ressources de la thérapeutique ordinaire, et que la seconde réclame le bénéfice de la médication thermale,

Il est une troisième forme de bronchite, propre aux vieillards, qu'il serait peut-être dangereux ‘de faire disparaître entièrement, et dans laquelle il faut savoir se contenter de modérer les phénomènes les plus pénibles.

Nous ne parlons pas ici, bien entendu, de ces bronchites qu’entretiennent soit une affection du cœur, soit la diathèse tuberculeuse, car dans l’un ct l’autre cas Ja médication thermale est formellement contre-indiquée. |

De cette médication ne ressort done réellement qu'une seule forme de bronchite chronique, celle qu’entretient une des trois diathèses énoncées plus haut, et qui, à vrai dire, comprend toutes ces bronchites tenaces qui reviennent périodiquement chaque hiver et qui font le désespoir des malades.

Mais, quoique la forme de la bronchite dont nous nous oceupons soit liée à une cause générale, elle n’en constitue pas moins une altération de l’organe qui en est le siége, et doit par conséquent exiger de la médication thermale une action modificatrice non-seulement générale, mais encore locale.

Les eaux sulfureuses remplissent ce double but.

Suivant tous les auteurs qui ont écrit sur les eaux sulfureuses, dit M. Durand-Fardel, celles-ei agissent de deux manières sur le catarrhe bronchique :

A9 Elles excitent les fonctions de la peau et remontent le ton général de l’économie ;

2° Elles déterminent une irritation passagère de la muqueuse bronchique, laquelle irritation amène elle-même la résolution de Pétat catarrhal.

Ce dernier effet mérite d’être surveillé, car l'excitation locale doit rester dans des limites au delà desquelles les phénomènes peuvent ne pas Ôtre sans danger.

Les sources sulfureuses auxquelles les bronchites vont d’habitude réclamer leur guérison, sont : Cauterets, les Eaux-Bonnes, Saint-Honoré, Saint-Sauveur, Ax, Vernet, Amélie, Moliég, Castera, Cambo, Pierrefonds, Allevard et Gréoulx.

À côté de la médication sulfureuse, médication en quelque sorte spéciale, vient se placer la médication par les eaux alca-

lines, dont l’action est en quelque sorte révulsive. Le Mont- Dore, en France, est l’établissement modèle de cette médication. Aussi le mode d'emploi des eaux occupe-t-il dans le traitement de la bronchite, comme d'ailleurs dans toutes les affections qui y recourent, une place bien y»lus importante que les principes minéralisateurs. Le docteur Bertrand, qui durant de longues années a été médecin inspecteur du Mont-Dore, attribue aux dérangements des fonctions de la peau la plus grande partie des bronchites, et c’est en rétablissant l'intégrité de ces fonctions qu’il explique l’action des eaux alcalines.-

Cette action, en admettant l'explication du médecin du Mont- Dore, nous paraît d'autant plus certaine que la bronchite n’est pas liée à un état diathésique qui réclame spécialement la médication sulfurée ; ainsi le catarrhe pulmonaire, que les diathèses rhumatismale ou goutteuse tiennent sous leur dépendance, nous semblent ressortir davantage de la médication thermale alcalme que les bronchites liées à la diathèse herpétique.

Quoi qu’il en soit, les sources alcalines dont la réputation est le mieux établie dans le traitement de l'affection qui nous occupe sont : le Mont-Dore, Saint-Alban, Royat et Vichy (source du puits Chomel).

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