CATARRHE VÉSICAL
Le catarrhe vésical, que nous confondons ici avec la cystite chronique, bien qu’une similitude complète n'existe pas entre ces deux affections, ne succède pas toujours à l’état aigu; au contraire, c’est le plus souvent d’une manière lente ct plus ou moins obscure que cette maladie, quelquefois opiniâtre, se prépare et s’établit. Alors le besoin d’uriner se fait sentir plus fréquemment ; l’urine, moins abondante chaque fois, est souvent Cpaisse, trouble, filante, visqueuse; elle dégage promptement une odeur ammoniacale, pénétrante, fétide, et laisse un dépôt jaunâtre, grisâtre, ou blanchâtre, assez semblable à des mucosités où du pus. La douleur, plus vive dans la cystite chronique, est obtuse et même nulle dans le simple catarrhe vésical ; quelquefois seulement il s’élève du fond du bassin la sensation in-
commode ou pénible d’un poids ou d’une gêne ; le seul tour-
DE LA FRANCE "305 mént des catarrheux est la fréquence du besoin d’uriner, et la difficulté ou la douleur de l'émission des urines.
Assez fréquemment, le catarrhe visical se complique de la gravelle ; mais la matière rendue n’est, comme dans la gravelle ordinaire, ni de l'acide urique, ni de l’oxalatec de chaux: elle est constituée par un phosphate calcaire dont la formation cesse avec l'affection catarrhale.
Il n’y a donc point lieu de s'arrèter (hérapeutiquement à cette gravelle, qui n’a quelque importance que pour le diagnostie, car la connaissance de la composition chimique des graviers indique immédiatement si l’on a affaire à une maladie des reins (gravelle ordinaire, gravelle urique ou oxralique), ou au catarrhe de la vessie (gravelle phosphatique).
Mais là ne se bornent pas toutes les précautions à prendre pour établir un bon diagnostic du catarrhe vésical, ct l’on voit fréquemment arriver aux stations thermales des malades qui, éprouvant de la douleur ou de la difficulté dans l'émission des urines, se croient catarrherx quand, en définitive, ils sont atteints d’une affection soit de la prostate, soit du canal de l’urètre. On comprend combien dans ces cas plus nombreux qu’on ne le pense, la médication tl'ermale est inutile, et peut même, quelquefois, devenir dangereuse.
Il est donc bien important de s'assurer, avec exactitude, de existence du catarrhe vésical avant de soumettre les malades à la thérapeutique des eaux minérales.
Deux stations, surtout, Pougues et Contrexeville, se disputent, en France, les honneurs de cette thérapeutique; il est assez difficile de fixer, d’une manière précise, les indications particulières que chacune d’elles comporte: Contrexeville est peutêtre un peu plus diurétique que Pougues, mais Pougues présente des qualités digestives qui manquent à Contrexeville ei qui semblent plus particulièrement indiquer ses caux aux constitutions débilitées et aux dyspepsiques. La Preste réclame aussi une place honorable à côté de Pougues ct Contrexeville, quand l'état général du malade n’a encore subi aucune fâcheuse atteinte.
Si, au contraire, ce qui arrive fréquemment, la constitution était
profondément altérée, si des symptômes d’anémie compliquaient le catarrhe vésical, il conviendrait de commencer par les eaux ferrugineuses, Bussang, par exmple, et de terminer par une saison à Pougues où à Contrereville. M. Durand-Fardel se trouve bien de cette méthode à Vichy où, dans les cas qui nous occupent, il emploie la source ferrugineuse qui se rencontre à cette station célèbre, et envoie ensuite ses malades à Pougues où à Contrexeville, comme nous Pavons dit.
Enfin si la gravelle s'accompagne de symptômes de dysurie
et si la vessie est très-irritable, il convient de s’en tenir aux .
eaux faiblement. minéralisées, telles qu'Eveau, Bagnères-de- Bigorre, ou aux eaux sulfurées dégénérées et riches en matière organique, telles que la Preste, Molitg, ete., et peut-être Olette, Saint-Sauveur, ete.