‹ Les eaux minérales de la FranceChapitre 166 sur 173 · PHTHISIE · texte numérisé non relu

PHTHISIE

Malgré la puissante autorité de Bordeu, on peut se demander si la phthisie réelle, bien constatée et dégagée de tout autre

élément morbide, relève de la médication thermale. Nous ne sommes pas les premiers à penser que les eaux minérales ne sont pas seulement inutiles dans la tuberculisation véritable, mais encore qu'elles aggravent la maladie et en précipitent le terme funeste.

Si l’on nous opposait les cures qui. toutes les années, s’obtiennent aux Eaux-Bonnes, une des stations les plus en vogue pour ces sortes d’affections, nous rappelerions ce que, sous la dictée du médecin distingué qui se rend à ces sources, M. René Briau, nous écrivons dans l’article consacré aux Eaux-Bonnes : Cette action, disions-nous, se fait sentir de deux manières : 1° En dissolvant et en faisant disparaître les engorgemenis, indurations et engouements qui se produisent soit spontanément, soit à la suite de maladies antérieures des bronches, du tissu pulmonaire ou des plèvres; 2° en agissant comme médication substitutive sur les inflammations apyrétiques subaiguës ou chroniques des mêmes organes, ainsi que sur celles du larynx ct du pharynx, et en produisant dans ces parties une irritation spéciale, facilement appréciable dans un grand nombre de cas, laquelle change le mode morbide et fait en définitive disparaître les affections chroniquement établies dans un ou plusieurs points de l'appareil respiratoire.

Si l’on songe d’une part aux difficultés, j'allais presque dire à limpossibilité d'établir un bon diagnostic différentiel entre Ja phthisie commençante et ces mdurations et ces engouements dont parle M. René Briau ; et d'autre part à l’action désastreuse des eaux minérales sur la phthisic arrivée au second et surtout au troisième degré, alors que son existence ne peut plus être mise en doute, on conviendra que dans la très-grande majorité des cas où la médication thermale réussit, on a mis sur le compte des tubercules ce qui revenait de droit à des indurations, à des engorgements, à des engouements ou à toute autre affection chronique, fixés sur un des points du système respiratoire.

Poursuivonslacommunication de M. René Briau : Dans la phthisie entée sur une constitution lymphatique, dit-il, lorsque la vi-

talité locale et générale a subi une forte dépression ou au moins des modifications considérables, l'eau de Bonnes agit puissamment sur l’état diathésique, l’ébranle dans sa marche progressive et parvient souvent à arrêter par cette action générale le développement des productions tuberculeuses.

. Dans ce cas encore, la médication thermale ne s adresse pas aux tubercules, mais bien à la constitution délabrée dont elle relève les forces et qui par suite oppose une résistance plus grande à la marche envahissante de la diathèse tuberculeuse.

Enfin, la phthisie se rattache quelque fois à un principe morbide répercuté, et l’on ne doit pas s'étonner, dans ce cas, de l'influence heureuse que les eaux minérales exercent par leur action spéciale.

Mais, nous le répétons, dans la phthisie rés dégagée de tout autre élément morbide, la médication thermale, envisagée seulement au point de vue des principes minéralisateurs, .est inutile et même dangereuse. |

Cependant, comme notre opinion ne saurait faire loi, que d’ailleurs les symptômes dela phthisie au premier degré se confondent avec les signes fournis par les indurations, engorgements et engouements pleurétiques et pulmonaires, et que tous les auteurs ne conseillent la médication thermale qu’au premier degré de la tubereulisation ; qu'enfin certaines phthisies, greffées sur des tempéraments lymphatiques et des constitutions malheureuses, sont enrayées par suite des modifications générales que subit l'organisme, nous nous faisons un devoir d’indiquer ici les sources dont Ja réputation est la mieux établie pour le traitement de la phthisie et de l’hémophthysie qui toujours la précède : ces sources sont : Cauterets, *Eaux-Bonnes, Saint- Sauveur, Vernet, Amélie, Allevard, Saint-Alban et Hamman- Marhhbutin, en Afrique.

PLAIES PAR ARMES À FEU. (Voir Malais chirurgicales.)

PITYRIASIS.

C’est une affection chronique superficielle de la peau carae-

térisée par de petites taches roses, souvent à peine aperceva- -bles, et suivie d’une desquammation furfuracée permanente

de l’épiderme. Bien que le pityriasis puisse se montrer sur toutes les parties du corps, il affecte particulièrément le cuir chevelu. Les personnes qui en sont atteintes éprouvent une démangeaison qui les porte à se gratter; elles détachent alors une poussière blanche , formée par de petites squammes épidermiques. Si l’on écarte les cheveux et qu’on examine la peau, on aperçoit, au-dessous des squammes, les petites taches rouges, irr@ulières et superficielles qui forment le caractère de cette inflammation.

La médication sulfureuse réussit assez ml contre cette dermatose. S'il en faut croire M. Wetzlar qui exerce aux caux chlorurées sodiques d’Aix-la-Chapelle, la médication saline, combinée avec d’autres moyens appropriés, tels que les frictions avec la pommade au borax ou au goudron, conviendrait beaucoup mieux. À ce point de vue, Uriage nous paraît mériter la préférence sur les autres eaux exelusivement chlorurées sodiques, telles que Bourbonne, Salins, etc,

PRURIGO,

Cette éruption cutanée est caractérisée par des papules peu saillantes et à peu près de même couleur que la peau, assez larges et produisant une démangeaison très-vive si quelquefois intolérable.

La médication sulfureuse convient rarement dans le prurigo; comme dans la médecine usuelle, il faut donner la préférence aux bains alcalins, et sous ce rapport s'adresser aux sources légèrement alcalines de Néris, Plombières, Bains, Luxeuil; a) et Neyrac.

PSORTASIS:

Le psoriasis est une maladie très-commune, non contagieuse,

mais héréditaire. C’est une inflammation chronique de la peau, bornée à une partie du eorps plus ou moins étendue, se pré-

sentant d’abord sous la forme d’élevures solides qui se transforment ensuite en plaques squammeuses, comme nacrées, de dimensions variées, non déprimées à leur centre, et dont les bords, ordinairement irréguliers, sont très-peu proéminents. Quelquefois le tissu de la peau finit par s’endurcir et se couvrir de squammes sèches, dures, blanches, épaisses, comparables à l'écorce rugueuse des vieux arbres.

Au point de vue de la médication thermale, sole au psoriasis, les opinions sont très-partagées : ee uns refusent toute action salutaire à cette médication ; les autre#préconisent le traitement sulfureux ; ceux-ci donnent FA préférence aux bains de mer et aux eaux chlorurées sodiques ; ceux-là enfin s’adressent aux bains alcalins ou aux douches de vapeur aqueuse.

Toutes ces assertions prouvent que le psoriasis est susceptible de modifications heureuses sous l'empire de médications diverses, et l’on sera moins étonné de ces modifications quand nous dirons qu'un traitement interne, dont la base est l’arsenic ou l'iodure de potassium, qui semblent comme les spécifiques de cette affection, est presque toujours mis en usage concurremment avec la médication externe.

Quoi qu'il en soit, que le traitement thermal soit sulfureux ou salin, il faut s'adresser aux sources les plus fortes, à Ax, à Luchon, à Enghien, à Foncaude, pour les eaux sulfureuses, à Salins ou aux bains de mer pour les chlorurées sodiques.

RACHITISME. (Voir Scrofuie.)

RETENTION D'URINES,. (Voir Atonie de la vessie.)

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