‹ Les Eaux Minérales de SierckChapitre 2 sur 34 · ET USE · texte numérisé non relu

ET USE

praticien H. Thompson lorsqu'il disait : « Quand vous étudierez les eaux minérales, je vous engage à bien remarquer leur qualité chimique, mais veuillez complètement faire abstraction des doses que la pharmacie assigne à l'emploi thérapeutique des sels y contenus ; car les quantités relativement petites des matières pharmaceutiques enfermées dans les eaux minérales ont une vertu supérieure que les composés pharmacologiques ne sont jamais capables d’obtenir quand on les emploie à la même proportion. C’est là un fait indéniable, fort digne d’être remarqué ; mais je suis obligé de vous le donner tel qu’il est, sans vouloir oser l’expliquer en me lançant dans des considérations métaphysiques. »

Depuis le moment où Thompson prononçait ces phrases, la science a progressé, et des « considérations métaphysiques» ne sont plus nécessaires pour expliquer l'effet des sources qui guérissent. Ce que nous savons actuellement de l’action des colloïdes, des sels à l’état de dissociation extrême, de certains éléments agissant à des doses quasi homéopathiques, les radiations qu’émettent à tout instant les eaux sorties des profondeurs de la terre, viennent nous donner la clef de beaucoup de leurs effets thérapeutiques : «Felix qui potuit rerum cognoscere causas ».

Mais comme l'ont si justement remarqué Messieurs Gastou et Ferreyrolles dans leur travail sur les eaux de la Bourboule, « les eaux minérales ne sont plus aujourd’hui de simples solutions salines, sulfureuses, arsénicales, où le malade vient demander de rétablir un chimisme anormal, nous voulons pénétrer le comment et le pourquoi de leurs effets ».

Et cette science de l’action des eaux minérales s’éclaire encore chaque jour aux données de la clinique.

La médecine moderne analyse mieux que jadis les maladies qu’elle observe, et de ce fait les observations qu’elle recueille en faveur d’un traitement balnéaire acquièrent une valeur bien plus considérable. Or, cette première partie de la thérapeutique hydrominérale qui consiste à établir les indications de la cure ne se passe pas exclusivement dans le cabinet du médecin de ville d’eau. C’est aussi le praticien qui, après avoir examiné systématiquement et soigneusement le malade, conclut à la possibilité de telle ou telle cure balnéaire.

On comprend donc l'utilité de notre modeste travail, mettre sous les yeux du médecin praticien de nouvelles possibilités de traitement. C’est pourquoi nous avons cru, dans cet exposé, devoir insister particulièrement sur les indications de la source de Sierck.

Mais, diront encore les sceptiques, le nombre des : sources exploitées s’accroît chaque jour, que faire encore d’une source nouvelle ? À cela nous répondrons d’abord, qu'un simple coup d’œil jeté sur l’analyse physicochimique de cette source vient démontrer qu'il s’agit d’une eau hautement minéralisée, que ce n’est pas une «aqua simplex » que l’on puisse trouver dans de nom breux autres lieux. Et puis il faut tenir compte de l’em. placement géographique de la station de Sierck, susceptible d'accueillir des malades qui auraient hésité à aller chercher très loin des eaux nullement supérieures.

Nous n’avons pas cru devoir nous étendre longuement sur des contrindications de cette eau minérale ; elle n’en comporte pas d’autres que celles de la crénothéra-

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