L'OBÉSITÉ
L’obésité est créée par une disproportion durable entre l’absorption et l’usure des aliments par l’organisme. La surabondance alimentaire n’augmente pas beaucoup en général les réserves protéiques sauf dans le cas très spécial de la croissance ou par suite d’une hypertrophie musculaire, déterminée par l’exercice
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physique. La plus grande partie des aliments surabondants augmente les réserves de graisse. Dans quelques cas même toute l’alimentation se transforme en graisse et rien en albumine.
Donc une alimentation plus abondante que celle dont l’organisme a besoin mène à l’obésité, d’où la conclusion que l’obésité peut se produire:
1° Par alimentation trop abondante, les combustions étant normales.
29 Par diminution des combustions, l’alimentation étant normale. Ici il faut encore distinguer entre la diminution des combustions provoquée par la paresse musculaire et celle provoquée par un état morbide des glandes endocrines.
30 Par la coexistence des deux états. Il n’est pas douteux que l’obésité créée par n’importe quelle cause constitue un état diathésique entretenu par le ralentissement des combustions, c’est-à-dire que les mêmes obèses de la catégorie N° r, une, fois obèses, ne brûlent plus comme des personnes normales.
Les suites fâcheuses de l’obésité sont une diminution du volume des muscles et de leur énergie de contraction, la gêne dans la marche, les mouvements et la respiration, l’exagération de la fatiguabilité du cœur. Le Prof. Bouchard écrit dans son livre « Maladies par ralentissement de la nutrition »:
«L’accumulation de la graisse est le résultat d’une insuffisance absolue ou relative des oxydations, comme l'indique la diminution de l’urée éliminée et de l’acide carbonique exhalé, ainsi que l’abaissement de la température chez les obèses. Elle est favorisée par l’anémie,
qu’il s’agisse d’une aglobulie relative ou d’une étroi- 5%
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tesse congénitale du système vasculaire.» L’anémie, dit le Prof. Bouchard, «n’est pas rare chez les obèses; assez souvent l’on constate chez eux la faiblesse, des palpitations, l’essoufflement et même des bruits vasculaires. Pour que le sang opère normalement la combustion des graisses, il faut qu’il soit abondant, qu'il soit riche et qu’il ait son alcalinité normale ».
Cette étiologie pathogénique nous indique quel profit un malade peut tirer de l’usage d’une eau stimulante, chlorurée-sodique. Nous avons vu en effet que les eaux chlorurées-sodiques activent la sécrétion du suc gastrique, qu’elles augmentent l’hématopoïèse en stimulant le travail des organes hématopoïétiques, qu’absorbées elles agissent intimement sur toutes les cellules de l’organisme en augmentant tous les échanges nutritifs qui s’y produisent. En outre, les chlorurées-sodiques sont purgatives, et particulièrement l’eau de Sierck, surtout quand elle est ingérée le matin à jeun. Or, nous savons, combien sont recommandées les purgations répétées, non irritantes dans le traitement de l’obésité. Elles - rovoquent l’activité du foie, ce grand laboratoire antitoxique de l’organisme. Nous pouvons très bien admettre qu’en donnant plus de liberté d’action au foie nous agissons d’une manière encore différente sur quelques variétés d’obésité. Ne constatons-nous pas journellement que ce sont surtout les intoxiqués chroniques (saturnins, alcooliques, goutteux et autres) qui fournissent le grand contingent des obèses ? Or, comment se défend l’organisme contre cette intoxication ? Peut-être en accumulant davantage de graisse qui est un tissu inutile et que l’organisme charge d’héberger les toxines qu’il lui est impossible d’éliminer. Si, par un plus grand
rendement du foie, une plus grande quantité de toxines est détruite, il est tout natur 1 de penser que l’organisme qui « fait tout bien ce qu’il fait », tâche de se débarrasser au plus vite possible de cette surcharge, quand il n’en a plus besoin pour y fixer des toxines.
Comme eau purgative dans l’obésité le Prof. Berlioz :) préfère les eaux chlorurées-sodiques aux sulfatéessodiques. L’expérience lui a appris que les chloruréessodiques agissent mieux que les sulfatées-sodiques dans le traitement de l’obésité, ce qui démontre que, bien que l’action purgative de ces deux espèces d’eaux soit semblable, le chlorure de sodium des chlorurées-sodiques joue un rôle particulier, que nous comprenons sans peine. En effet, les sulfatées-sodiques sont simplement purgatives, tandis que les chlorurées-sodiques sont en même temps reconstituantes et stimulantes de la nutrition. Cette action est surtout manifeste quand une eau contient, comme celle de Sierck, en même temps que du chlorure de sodium, du fer et de l’arsenic pour combattre l’anémie. Faut-il encore rappeler ici les heureux effets de l’iode, contenu dans notre eau minérale, tant par son action directe que par son pouvoir stimulant de la fonction tyroïdienne.
La même action utile que dans l’usage interne de l’eau de Sierck se retrouve également dans son utilisation externe, dans le traitement de l’obésité. Qu’observonsnous sur un malade qui prend un baïn d’eau de Sierck ? Dans le baïn le corps se couvre d’une masse de petites bulles d’acide carbonique et bientôt le malade ressent sur la peau une sensation spéciale de chaleur agréable,
1) BErLIOZ: Manuel de thérapeutique, p.233.
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qui se manifeste par des piquotements et par une rougeur toujours grandissante et subsistant encore long temps après le bain. Il y a donc un afflux considérable de sang vers la périphérie; en même temps on peut observer un accroissement de la tension artérielle et une diminution du nombre des pulsations. La quantité d’acide carbonique exhalée et celle de l’urée éliminée est considérablement augmentée, ce qui prouve la puissante stimulation du bain sur les actes nutritifs de l’organisme. Nous avons avantage à l’administrer à une température aussi basse que le malade peut la supporter pour augmenter encore davantage tous ces phénomènes que nous venons de décrire
En terminant ce chapitre, n’oublions pas de dire que l’usage de l’eau de Sierck ne dispense pas des autres traitements de l'obésité, à savoir le régime, l’exercice musculaire, l’opothérapie.