AUTEURS
par litre.
Cailletet.
Id.
Id.
Id.
Langlois.
Id.
Truchot
Id.
Bischoff.
Wurtz.
Id.
Drancourt.
Tripur.
Bischof.
Truchot.
Lerort.
Bouquet.
Lefort.
Nivet.
La proportion de sulfate de chaux est souvent plus élevée encore que celle du carbonate. Nous nous bornerons à citer deux exemples pris à Paris, au puits du Mont-Valérien, où elle est de 1^,03 par litre, et les sources de Belleville, où la quantité est de 1^,10.
Pour le chlorure de calcium, sa proportion serait parfois, d'après diverses analyses, remarquablement élevée. Dans la source thermale de Cauquenes, au Chili, elle est de 2^,17 par litre selon Lawrence Smith et M. Boussingault. Dans celles des lies Fidji, M. Liversidge a trouvé ce même sel dans la proportion, encore plus élevée, de 3«',65.
Le silicate a souvent été indiqué.
Les dépôts des sources renferment parfois du fluorure de
» Dosé à l'état de bicarbonate.
calcium, comme Carlsbad et Plombières, où ce composé s'est isolé dans les fissures des maçonneries romaines.
On sait avec quelle fréquence le carbonate est déposé par des sources, même lorsqu'elles. ne sant pas thermales. Certaines d'entre elles, dites incrustantes, recouvrent tous les corps qu'elles mouillent, de croûtes pierreuses de formes' très diverses et parfois abondantes.
Comme exemple d'un des cas les plus ordinaires, nous prendrons la source potable de Clouange (Lorraine allemande) , qui, sortant, comme tant d'autres, au-dessus des marnes supra-liasiques et à la base de l'oolithe, se divise au milieu de blocs fracturés en nappe limpide (fîg. 3 et 4). A une. vingtaine de mètres de son origine, elle commence à produire un dépôt calcaire, nommé cronen Lorraine, qui va en
s'élargissant et en augmentant d'épaisseur jusqu'au pied de
la colline.
Nous signalerons encore les incrustations qui avoisinent les sources thermales d'Hammam-Maskoutine, province de Constantine. Elles simulent tantôt des cascades pétrifiées (fig. 5), tantôt elles se sont érigées sous forme de cônes isolés, dont l'aspect bizarre a provoqué des légendes (fig. 6).
Les terrasses des environs du Geyser-Grotto, dans le Parc National des États-Unis (fig. 7), seront aussi mentionnées comme exemple. Enfin aux États-Unis, nous signalerons encore les incrustations considérables et récemment reconnues qui s'élèvent sur 20 hectares environ, autour des sources thermales de Pagosa, sur la rivière San Juan, à environ 3800 mètres d'altitude (fig. 8). Elles sont entourées d'escarpements abrupts, parmi lesquels prédominent les schistes noirs crétacés moyens*.
* Wbeeler. Explorations of ihe west of the hundreth meridian» Geology, 1875, p. 478.
Suivant la température et les conditions du dépôt, te car-
fiNUHfiEUTION DES SUBSTiNCES DISSOUTES.
bonate de chaui est à rélnt de calcUe ou d'aragoiiitc, comme à Saint-Nectaire.
ÉNUHËn&TION DES SUBSTANCES DISSOITHS.
Fig- S. — IncrusliUoni
Beaucoup des calcaires fonligcniques sont mélangés de phosphate de chaux.
» £NlIllfi(UT10N DES SUBSTANCES DISSOUTES.
Une gelée précipitée actuellement dans les maçonneries
antiques de Plombières a été reconnue consister en silicate
ÉNUMÉRATIOtt DES SUBSTANCES DISSOUTES. 95
de chaux hydraté (plombiérite); un dépât analogue a été
rencontré dans une galerie des mines de houille de Garmaux.
24. Magnésium. La magnésie, dont l'existence avait élé entrevue dès 1 708, par Hoffmann, dans les eaux minérales de la Bohême, est extrêmement répandue, et l'on peut croire qu'il n'y a guère d'eau qui en soit dépourvue. Les eaux potables en contiennent elles-mêmes parfois une quantité notable; par exemple dans l'eau d'un puits foré à Alfort, près Paris, on a tronvii 0*^,64 de sulfate de magnésip. C'est d'ail-
leurs à l'état de sulfate que la magnésie abondeet caraclérisc une catégorie de sources, dont celles de Seidcliùtz, de Scdlitz, de Pidlna et de Hunjady-Janos à Buda-Pesth peuvent être considérées comme les types, etque représentent, en France, l'eau de Montmirail-V acquières (Vaucluse) et celle tout récemment découverte à Cruzy, arrondissement de Saint-Chinian (Hérault).
Dans les dépôts, le carbonate de magnésie est associé au carbonate de chaux en proportions variables (Saint-Allyre, Aix en Provence, Ems) et parfois même en forte quantité (Torre del Ânnunziata). La dolomie en cristaux parfaitement déterminables s'est déposée au fond d'une bouteille d'eau de la Malou, comme l'a reconnu H. Moitessier.
Du sulfate de magnésie fait partie du dépôt des eaux volcaniques, au Vésuve, où M. Scacchi l'a recueilli mélangé de sulfates de soude et d'alumine*.
25. Aluminium. Autrefois on supposait que certaines eaux minérales contiennent de l'alun et les auteurs anciens les désignaient sous le nom d'eaux alumineuses. Il est aujourd'hui reconnu que l'aluminium n'existe, en général, qu'en proportion minime; on a indiqué sa présence à Saint-Nectaire, dans la proportion de 0»',017 à O'^jOSS par litre.
Il est néanmoins plus abondant dans les eaux volcaniques de la solfatare de Pouzzoles, du Popocatepetl, au Mexique, qui en renferme 2^jOS par litre, et du Puracé, en Colombie.
Du sulfate d'alumine a été indiqué dans les dépôts de diverses sources : à San Miguel (Açores), par M. Fouqué, et à la Vida, dans la Cordillère du Pérou. Au Vésuve, une stalactite de l'éruption de mars 1840 renferme environ 20 pour 100 d'alumine*.
On observe dans les dépôts des sources le silicate d'alumine simple ou multiple. Tel est le dépôt savonneux de Plombières désigné par Berthier sous le nom d'halloysite ; le dépôt de Saint-Honoré (Nièvre), recueilli sur des constructions romaines % ceux de Bourbonne-les-Bains et de Bourbon-
* ÂnnaUi des mines, 4* série, t. XYII, p. 323.
* Scacchi. Mémoire précilé,
' Comptes rendus, t. LXXXUI, p. 421, 1876.
28 ÉNOMÉRâTION des SUBSTANCES DISSOUTES.
rArchambault. La formation de Tallophane, souvent signalée dans les galeries de mines comme contemporaine, a été particulièrement étudiée à Querberg, en Silésie, dans la galerie bleue*.
Une croûte cristalline déposée par les eaux d'Olette (Pyrénées-Orientales) dans une fissure du granité a été reconnue par M. Bonis avoir la composition de la zéolithe nommée stilbite, et par M. des Cloizeaux' la forme cristalline de ce minéral.
26. Le fer se rencontre dans la plupart des eaux minérales, où d'ailleurs il n'est qu'en très faible proportion. Il existe ordinairement à l'état de protoxyde; il est indiqué exceptionnellement à celui de sesquioxyde et parfois simultanément sous ces deux états.
Les eaux bicarbonatées sont celles où l'on constate le plus fréquemment la présence du fer en proportion notable; dans ce cas on admet qu'il est à l'état de bicarbonate.
Les eaux de Gransac, de Passy et d'Âuteuil contiennent des proportions notables de sulfate de fer, ordinairement associées à du sulfate d'alumine, comme pour constituer un alun de fer. L'eau de la Vida, au Pérou, contient par litre 0»',9 de sulfate de protoxyde de fer.
M. Scacchi a mentionné au Vésuve des stalactites rouges essentiellement formées de sulfate double de peroxyde de fer et d'alumine.
On l'a quelquefois supposé, dans les dépôts, à l'état d'arséniate, de phosphate, de crénate et d'apocrénate et de composé organique mal défini.
Enfin le bisulfure ou pyrite se dépose dans les bassins de diverses sources thermales ; tels sont: Aix-la-Chapelle, Burg-
* Bischof. Lekrbuch der Géologie, t. II. p. 348. 3 Traité de Minéralogie^ t. I, p. 553.
brohl , Bourbon - Lancy , Bourbon -rArchambault , Saint- Nectaire, et Hammam-Meskoutine \
Il se forme en abondance dans les produits volcaniques de l'Islande, comme Ta reconnu M. Bunsen '.
On sait enfin que l'eau volcanique, réagissant sur les chlorures de fer, détermine la production et le dépôt de l'oligiste cristallisé.
Il ne faut pas oublier que malgré l'altérabilité du carbonate, ce sel a pu se conserver dans les dépôts de sources soustraites au contact de l'air. C'est ce qu'a reconnu Bischof dans la vallée de Brohl, près du lac de Laach, dans un dépôt recueilli à 3 mètres de profondeur, qui contient 77,3 pour 100 de carbonate de protoxyde de fer'.
Le fer est déposé parfois à Tétat de silicate.
27. Le œbalty reconnu par Poggiale dans le dépôt de la source ferrugineuse d'Orezza (Corse), a été trouvé également par traces dans celui de la Malou (Hérault) par M. Moitessier, à Vichy dans les dépôts de la Grande-Grille par M. de Gouvenain, dans celui des sources de Hambourg par M. Fresenius.
28. Le nickel, dont l'existence a été suppposée à Cusset et à Sentein, a été indiqué dans la source de Ronneby (Suède) par Homberg.
29. Le chrome j a été mentionné d'après Gœtll à Carlsbad, dans le Schlossbrunnen.
30. Le vanadium a été signalé dans l'eau minérale de Bocklet (Bavière) et dans celle de Stackelberg (Suisse).
31. Le zinc a été trouvé dans les eaux de sources et surtout dans leurs dépôts, par exemple dans ceux de la Malou dont il forme 0,01. Il a été également reconnu dans les
' Étudei Bynlhéliqueê de géologie expérimentale, p. 80.
' Annales de chimie et de physique, t. XXXVUI, p. 401, 1853.
^ Lehrbueh der Geognosie, t. I, p. 548.
eaux vitrioliques du Silberberg, près fiodeninais, de Rio- Tinto, province de Huelva, et d'autres mines.
Des dépôts contemporains de carbonate et de silicate de zinc ont été signalés dans de vieux travaux de mines, près Tarnowitz, en Haute Siiésie, par Noeggerath, Dans une mine près d€ Stolberg les parois d'une galerie présentaient une croûte de carbonate de zinc, et des fragments de boisage ont été trouvés à Hcrrenberg, près Wurm, dans la masse même d'une calamine solide, qui s'était incrustée autour d'eux. Les travaux des mines du Laurium ont également fait reconnaître la production actuelle de la smithsonite, qui, par exemple, recouvre une amphore sur 3 à 4 millimètres (collection du Muséum).
32. V antimoine a été reconnu dans l'eau des sources de Rippoldsau (Bade) par M. Will, dans celles de Kissingen par M. Keller, à Mondorf près de Luxembourg par M. Van Kerckhoff(0«',001 d'acide antimonieux par litre), à Pyrmont, ù Drïbourg, à Carlsbad et dans bien d'autres. Pour celle de l'Entlibuch près Schôpfheim, la proportion atteint 1 d'oxyde d'antimoine sur 100 000. Le même métal a été rencontré dans des eaux de mines.
33. Uétain a été reconnu en quantités minimes dans divei^ses eaux : Bussang, Rippoldsau, Langenschwalbach, Liebenstein, Pyrmont, Mondorf, Kissingen, Carlsbad et Wiesbaden. La proportion a été trouvée, pour les sources Rakoczyet Pandur, à Kissingen, de 0,0000015 ; pour la source dite Stahlquelle à Bruckenau de 0,00000008 ; à Alexisbad l'étain forme 0,000003 du dépôt.
34. Le titane annoncé dans l'eau minérale de Neyrac par M» Mazade et par M. Henry n'a pas été constaté par M. Lefort. Ce même corps aurait été trouvé dans un dépôt, à Wiesbaden, à Schwalbach et à San Colombano (Lombardie), ainsi que dans une source près de Carlsbad (Bucksaûerling).
35. Le cérium à l'état d'oxyde a été signalé dans l'eau vilriolique de la mine de Rio Tinto, province de Huelva, par M. Moreno, où il serait dans la proportion de 0,0005. Il a été également indiqué dans la source thermale de Béjar, province de Cacerès, dans la proportion de 0'%006 par litre.
36, Le ghcinium a été annoncé, d'après M. Moreno, aussi dans les eaux vitrioliques qui sortent des mines de Rio Tinto, ainsi que dans la source d'Antiveilles, d'après Pommier : dans la première localité, la glucine formerait 0^09 par litre.
57. En 1825, Struve avait annoncé, dans les eaux de Seltcrs et d'Ems, la présence du cuivre, qui ne pouvait être attribuée aux objets artificiels, au contact desquels ces eaux se seraient trouvées. Antérieurement ce métal avait été indiqué à Tœplitz et dans le dépôt de Carlsbad; Berzélius en avait trouvé une trace dans l'eau de Seidschûtz.
La présence du cuivre a été signalée comme générale, en même temps que celle de l'arsenic, dans les dépôts des sources ferrugineuses. Depuis lors, ce métal a été en effet trouvé dans beaucoup de localités : à Trianon et à Luxeuil par M. Chatin ; à Valmortt (Seine-Inférieure), par M. Marchand; à Bagnères-de-Luchon, par Filhol ; à Aulus, à Labassère, à Passy, au Havre, à Yvetot, à Bourbonne-les- Bains, à Balarue, etc. M. Keller l'a aussi découvert dans l'eau de la Stahlquelle à Bruckenau; M. Will dans celle de Rippoldsau; Liebig dans celle d'Aix-la-Chapelle; M. Fresenius dans l'eau de Wiesbaden. Les eaux de Mondorf, Baden- Baden et Saint-Moritz sont aussi cuprifères. La proportion de l'oxyde de cuivre est, d'après M. Keller, de 0,0000012, à Bruckenau; de 0,0000007 à 0,0000015 à Rippoldsau; de 0,0000044, à Balarue, d'après M. Béchamp.
38. L'analyse d'un dépôt de céruse a révélé à M. Will la présence du plomh (0,00000016 à 0,00000057) dans
les sources de Rippoldsan ; ce même métal a été rencontré à Vichy dans les dépôts de plusieurs sources, par M. de Gouvenain; à Kissingen (0,000001 à 0,0000013); à Ems, à Hombourg, à Carlsbad (Schlossbrunnen), à Langenschwalbach, à Liebenstein (0,000025 du dépôt ocreux) ; à Pyrmonl, à Ronneby (0,000026 de Tocre) et à Weinheim.
Les scories volcaniques, notamment au Vésuve, éruption de mars 1840, sont quelquefois recouvertes d'oxychlorure de plomb ou cotunnite, à la formation duquel la vapeur d'eau n'est peut-être pas étrangère *.
39. Le bismuth a été indiqué par traces dans les dépôts ocreux de Dribourg, de Freyenwald, de Liebenstein et de Pyrmont.
40. Mercure. A part la présence du mercure, qui a été annoncée par M. Garrigou dans plusieurs sources des Pyrénées, et celle du mercure métallique que M. des Cloizeaux a observée dans le grand Geyser d'Islande, il est certain que diverses sources thermales et plusieurs geysers apportent du cinabre. Dans la Nevada, comté de Washoe, les Steamboatsprings déposent, en même temps que du soufre, du cinabre en proportion assez forte pour qu'on l'exploite'.
Aux mines du Sulphurbank, situées près du lacClearet ainsi nommées à cause de l'abondance du soufre natif qui avait été d'abord seul exploité, le cinabre paraît s'être produit et se produire encore, non par sublimation, mais par un précipité de dissolution aqueuse'. Les fissures à travers lesquelles passent les eaux contiennent une brèche, dont les fragments de grès et de schistes sont cimentés par des substances variées. Souvent c'est une boue conte-
' Scacchi. Annales des mines, 4* série, t. XVII, p. 325-533.
* Rolland. Bulletin de la Société minéralogique^ 1878, p. 08 et le mémoire de M. Arthur Phillips, s D'après MM. Arthur Philipps, IK Cari Ochsenius, Joseph Le Conte et B. Rising.
nant des grains de sulfures métalliques ; en certains endroits, c'est un mélange de cinabre, de pyrite et de silice où le cinabre tend à dominer. Il arrive que ces trois substances constituent des enduits superposés.
41. V argent a été mentionné dans Teau des sources de Ronnebourg et de Liebenstein, où il serait en quantité dosable.
42. Plusieurs géologues* ont cru reconnaître qu'en Californie de l'or se dépose encore actuellement, particulièrement dans des graviers. On prétend aussi avoir trouvé ce métal dans l'eau de Louèche et plus récemment, d'après Gôlll, dans l'eau de Gieshûbl et dans celle de Carlsbad.
45. Le molybdène a été annoncé par M. Mazade dans l'eau de Neyrac, mais sa présence a été niée.