‹ Les eaux souterraines à l'epoque actuelle: leur régime, leur température, leur composition au (volume 2)Chapitre 43 sur 85 · FER · texte numérisé non relu

FER

glôbigérines. On a observe des incrustations^ en couches concentriques, qui atteignent 0",30 d'épaisseur.

Ce manganèse a apparemment une origine volcanique ; car partout où Ton trouve de la pierre ponce, on rencontre aussi ce méLil.

§51. — FEn.

Aucun métal lourd n'est aussi abondant, ni aussi répandu que le fer dans les roches de toutes les catégories, d*où il passe fréquemment en dissolution dans les eaux.

A Tétat de carbonate, il est purement et simplement dissous à la faveur de Tacide carbonique : il en est probablement ainsi à Orezza, Corse, à Spa, Belgique, et à Pyrmont, Westphalie. Le carbonate de soude qui se trouve dans beaucoup de sources gazeuses peut aider à la dissolution.

Lorsque de telles eaux arrivent à la surface du sol, elles perdent de leur acide carbonique et, par suite, une partie du fer qu'elles tenaient en dissolution se précipite, en se peroxydant, c'est-à-dire à l'état d'hydrate de peroxyde. C'est un fait dont on est à chaque instant témoin.

Toutefois il n'en est pas toujours ainsi: de telles eaux peuventprécipiter du carbonate, lorsque l'influence oxydante de l'atmosphère n'intervient pas. C'est ainsi que dans la vallée de BrohI, à 3 mètres de profondeur, Bischof ' a trouvé un dépôt de source, de formation actuelle, qui contenait :

Carbonate de protoxyde de fer 77.5

Carbonate de chaux 2.6

Mélange terreux 20,1

iUO.O

* Lekrbuch der ehemUehen Geologte^ 1. 1, p. 550.

i26 ORIGINE DES SUBSTANCES DISSOUTES.

Il est des cas où le fer est dissous à la faveur de Tacide sulfurique, comme il arrive lors de Toxydation de la pyrite. De là, certaines eaux qui contiennent du sulfate ferreux et du sulfate ferrique» comme on le voit aux environs de Paris et dans Paris même, aux affleurements des couches pyriteuses de l'argile plastique, par exemple à Auteuil, où Teau de lavage est utilisée pour les besoins thérapeutiques. Le sous-sulfate (apatélite) que Ton voit à Vaugirard et ailleurs doit son origine à cette dissolution.

Des faits analogues se montrent dans les terrains de tous les âges; nous nous bornerons à rappeler la source de Laifour sur le bord de la Meuse, département des Ardennes, au milieu de phyllades et à proximité de diorites, roches qui sont l'une et l'autre pyriteuses.

En dehors des modes de dissolution du fer que nous venons de mentionner, il en est un incomparablement plus fréquent et dont on est journellement témoin, dans une multitude de localités.

Un dépôt ocreux de consistance gélatineuse se produit dans des suintements d'eau qui découlent de limons et autres roches ferrugineuses. Il est de nombreuses prairies où ces suintements sont particulièrement abondants. C'est à ce phénomène que doivent naissance des dépôts assez abondants pour être exploités et connus, suivant les circonstances de leur gisement, sous les noms de minerais des lacs, minerais des marais^ minerais des prairies, min-erais des gazons \

Il n'est pas douteux que tous ces dépôts ferrugineux n'aient été formés à une époque très récente; car non seulement ils sont fréquemment superposés à des graviers et à des sables

* En allemand, MortuterSf Sumpferz, Seeers, Wtesenerz, Roietieitenerz et en anglais bog^ore.

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diluviens, mais accidentellement on rencontre, au milieu de minerai massif, des produits de Tindustrie humaine, tels que des fragments de poteries ou des outils. D'ailleurs, en diverses localités de TAllemagne, ceux qui Texploitent ont reconnu que du minerai se reproduit en des points où antérieurement on l'avait extrait en totalité. Comme régions de l'Europe particulièrement riches en minerai des marais, on peut citer : la Basse-Lusace, la Silésie, la Pologne, la Poméranie, les plaines du Mecklembourg et du Hanovre, le Banat, quelques contrées voisines du Rhin, entre autres la Hollande; le Danemark et surtout le Jutland; la Livonie, la Courlande, la Finlande, le gouvernement d'Olonetz et les bords du Donetz ; enfin un très grand nombre de lacs de la Scandinavie. L'existence du même minerai a été signalée aussi hors de l'Europe, notamment dans les savanes du nord de l'Amérique, au Connecticut et on Afrique, dans les sables du Kordofan. Il est exploité dans beaucoup de contrées, pour la fabrication du fer. En Norvège il parait même avoir été employé, il y a trois ou quatre siècles, avant que les riches amas d'oxyde magnétique eussent fixé l'attention des habitants du pays.

Le trait le plus essentiel à ces dépôts ferrugineux, dans toutes les contrées où ils ont été décrits, c'est d'être situés dans le voisinage de cours d'eau, soit dans les plaines où ces cours d'eau prennent des vitesses très faibles et se partagent en flaques marécageuses, soit dans les lacs que ces rivières alimentent. La première manière d'être, qui est la plus fréquente, se montre le long de l'Oder, de l'Elbe, de la Neisse, de la Sprée, etc., en Allemagne, et sur le rivage même du fleuve Luleo, en Laponie. Plus d'un millier de lacs de la Suède, de la Norvège, de la Finlande et du nord de la Russie fournissent des exemples du second genre de dépôts; dans la seule province de Yermelande en Suède, au moins deux

cents lacs ou vastes marais contiennent du rainerai de fer.

Lorsque ce minerai est enfoui dans le sol, il se trouve en général à une très faible distance de la surface, c'est-à-dire rarement au delà d'un mètre et le plus ordinairement à 0",20 ou O'^iSO de profondeur. Du gazon, des bruyères, du sable, du limon, ou très souvent encore de la tourbe, le recouvrent. L'oxyde est disséminé dans un sol sablonneux, sous forme de plaquettes, de veines ou de rognons, dont la grandeur et la configuration sont fort variables. Quelquefois ces diverses masses ferrugineuses sont isolées; fréquemment elles sont très rapprochées et soudées entre elles, de manière à constituer des couches superficielles, à peu près continues, qui s'étendent quelquefois sur des centaines de mètres en tous sens. Rarement l'épaisseur de ces couches dépasse 0",60 à 1 mètre, et elle est en général beaucoup moindre. Ainsi, en Lusace, sa puissance moyenne n'est que de 0",12.

Le minerai du fond des lacs est souvent en grains isolés, de forme sphéroidale, dont la grosseur varie depuis la tête d'une épingle jusqu'à une noisette et même au delà. La structure concentrique et feuilletée y est souvent reconnaissable, et a quelque ressemblance avec celle du minerai pisolithique de la formation tertiaire. On le rencontre aussi en petits galets plats, d'environ un centimètre de diamètre, auxquels, dans les environs du lac Onega, on a donné le nom de denejnik (petite monnaie de cuivre).

La couleur du minerai des marais et des lacs varie du brun jaunâtre au brun foncé; il confient des parties noires, dont l'éclat est voisin de celui de la poix. Sa densité varie de 2,46 à 5,20.

De nombreuses analyses du minerai des marais y ont indiqué les substances suivantes: oxyde ferrique, oxyde ferreux, oxyde manganique, chaux, magnésie, alumine, oxyde de zinc, oxyde de cuivre, oxyde de cobalt, oxyde de chrome,

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