‹ Les eaux souterraines à l'epoque actuelle: leur régime, leur température, leur composition au (volume 2)Chapitre 70 sur 85 · ASSOCIATION AUX VOLCANS ÉTEINTS ET AUX ROCHES YOLCANWUES · texte numérisé non relu

ASSOCIATION AUX VOLCANS ÉTEINTS ET AUX ROCHES YOLCANWUES

Les sources minérales situées sur le versant nord du Caucase, dans le groupe du Bechtaou, aussi bien que dans celui du Terek, sont en rapport manifeste avec les éruptions de trachyte et roches connexes qui ont percé le terrain crétacé*. Cette connexion a été signalée tome I, pages 227 à 231 et 275 à 277, pour Gilez Novodsk, où elle est particulièrement claire. Parmi ces dernières il en est qui dépassent 80\

D'après M. ÂbichS les sources de Hassankalé, à 18 kilomètres de Khorassan, dans la région occidentale du plateau de l'Arménie, jaillissent à l'altitude de 1720 mètres de roches trachytiques, avec une température qui pour quelques-unes atteint 50\ Celle d'Ilidja, à la hauteur de 1800 mètres, d'une température de 46*, sort à proximité de roches volcaniques.

L'Asie Mineure est exceptionnellement riche en sources thermales, particulièrement dans la région occidentale. Parmi les localités à mentionner^ nous nous bornerons à la source voisine de la ville d'Angora (Anatolie), connue sous le nom de Kizildza-Hammam, qui sort à Taltitudc de 1025 mètres d'une roche trachy tique perçant le terrain tertiaire. Sa température est de 99" et les indigènes assurent que, dans l'intérieur de la montagne, il en est qui sont à la température de l'eau bouillante'.

A quelques lieues de l'ancienne Troie \ à 4 kilomètres du bourg d'Eski (Stamboul), sont des sources célèbres et déjà très appréciées dans l'antiquité ; leur température atteint 61" et elles avoîsinent du trachyte qui traverse le terrain tertiaire.

*■ Abich. Leonhard» Jakrbueh, 1835, p. 574.

' Géologie des Armenischen HocMandeê, 1882.

' Tchiharchef. Asie Mineure, t. I, p. 04.

* Tcbihatchrf. Ouvrage précité.

IftO CONDITIONS DANS LESQUELLES LES EAUX SOUTERRAINES S'ÉCHAUFFENT.

La carte et le profil géologique (fig. 36 et fig. 37) font bien ressortir la relation qui nous occupe. Compris entre deux coulées importantes de basalte, le plateau de Zara est très certainement, de tous les rivages de la mer Morte, le point où s'est exercée avec le plus de puissance l'action des phénomènes souterrains.

Des exemples de la connexion dont il s'agit, entre la thermalité des eaux et les volcans éteints, sont particulièrement remarquables dans cette partie de la Phrygie qu'on a appelée Katacé-Kaumène*, déjà signalée au temps d'Aristote. Elle est extraordinairement riche en sources chaudes, parmi lesquelles celles de la région de Karahissar sont les plus

M. Zara

Figr. 36. — Vue des falaises du rivage oriental de la mer Morte, près de Temboucbure de Wadi Zerka Maîn et de la plaine de Zara. G., fsrés de Nubie; €«, calcaires crétacés; «, basalte et dolérite; Qi, dépôt d'inscrustation des sources; les pomis d'émergence des sources thermales sont représentés par des points noirs. — D'après H. L. Lartet.

importantes*. Â Hiérapolis, que l'on reconnaît de loin à d'épais nuages de vapeur d'eau, il en est qui atteignent 90 et 100^

Parmi les sources thermales très nombreuses de l'île de Yesso, s'il en est qui sortent à proximité de volcans encore actifs ou de solfatares, d'autres, aussi très chaudes, atteignant 91% jaillissent à proximité de roches volcaniques anciennes : relation parfois dissimulée par Talluvion %

Entre l'oasis de Siwa à Test et celle de Gadamès n l'ouest, les roches basaltiques offrent un grand développe-

^ ilamilton et StrickUad. Trantactiotit of geologtcal Society, t. VI, p. S7.

* Landerer. Jjeonhard*» Jahràuch, 1858, p. 575.

' Smyth Liman. General report of ihe geohgi/ of Yeeto.

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ment. Dans la première oasis, d'après Cailliaud, it existe des

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sources thermales et les tremblements de terre y sont assez fréquents pour détruire les habitations.

En Abyssinie, à MomouUou, qui est à proximité de volcans éteints, la température de l'eau des puits est de 34%3, et à 9 kilomètres à l'ouest de ce village, à Ailat, il est une source thermale dont la température est de 65" *.

Dans l'Afrique australe, au sud de Mozambique, des sources d'une température de 54" se trouvent non loin d'un volcan éteint*.

La région des États-Unis qui esl située à l'ouest du 405* méridien est des plus remarquables par l'abondance des sources thermales. Les États de Californie, de Nevada, de Colorado, ainsi que l'Utah et le Nouveau-Mexique, sont par-

Echolle

aoXUoin

Fig. 58. — Jet de vapeur jailiisnnt d'une roche batalliquc dans le lac Mono. Y, granité; M, basalle; •»', terrasses avec galets de basalte. — D'après M. Laur.

ticulièrement à mentionner à ce point de vue. Dans beaucoup de lieux elles sont associées à des roches volcaniques éteintes, comme on l'a vu plus haut pour les geysers du Parc national et de la Californie.

Dans ce dernier pays, les sources chaudes du Clear Lakc et Sulphur Bank en sont des exemples. Des pics volcaniques dont quelques-uns ont des cratères distincts entourent le lac; rUncle Sam a plus de 1500 mètres d'altitude. L'époque de l'activité volcanique ne peut remonter au delà du commencement du pliocène'.

La figure 58 montre clairement cette relation au lac Mono,

* Bochet d*Iléricourt. CompUs rendue de V Académie, t. XIX, p. 25, 1850.

* Gumprecht. Karêtenê Archiv, t. XXIV, 1881.

> Dayden. American jtmrnal, t. YII, p. 167-S50, 1874.

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