ASSOCIATION AUX VOLG\XS ÉTEINTS ET AUX ROCHES VOLCANIQUES
qui mesure 20 sur 30 kilomètres. Des sources extrêmement volumineuses, quoique venant de très grandes profondeurs, se manifestent à la surface du lac par la violence avec laquelle elles détournent un bateau de sa course. Quelquesunes de ces bouches d'eau ayant un diamètre de 30 à 40 mètres, elles doivent correspondre à des jets de pression très puissants qui s'exercent sur les sables du fond du lac*. Vers son centre s'élèvent deux rochei*s de basalte, qui dépassent de quelques mètres le niveau de Teau, et de l'un d'eux s'élève une haute colonne de vapeur.
Comme manifestation thermale, il convient de signaler aussi celle du sud de la Californie, qui se rattache à la formation des geysers.
M. John Champlin a décrit dans le désert du Colorado, entre les latitudes 33 et 34 degrés, et les longitudes 115 et 116 degrés, des volcans de boue et des sources bouillantes. Le sol, sur environ 400 mètres carrés, est couvert de boues molles à travers lesquelles s'échappent constamment de l'eau et de la vapeur, avec un bruit que Ton prétend entendre à 15 kilomètres'. La vapeur en quelques points s'échappe avec sifflements, ailleurs en faisant explosion et en lançant l'eau et la boue à une hauteur de 30 mètres. Quelques unes de ces sonrces bouillantes soulèvent une colonne d'eau de 6 à 8 mètres, tandis que d'autres sortent d'un bassin de 30 mètres de diamètre, dans lequel une boue liquide de couleur bleue bouillonne continuellement.
Les célèbres sources bouillantes de Steamboat, dans la partie occidentale de l'État de Nevada, sont situées dans la vallée de Washoé, à la base d'une colline volcanique, à 11 kilomètres au N.-O. de Virginia City et des fameuses mines
* Clarenœ King. Exploration of the forltentk parallèle p. 512.
* A.-C. Peale. Thermal springê of YeUowêtone Park^ p. 522.
d'argent de Gomstock. Elles occupent environ 800 mètres de long sur 500 mètres de largeur. Elles sortent d'une série de fissures parallèles, qui se dirigent vers le N. 8* 0. Lorsque ces fissures sont verticales, on y voit souvent l'eau à une profondeur de 4 à 5 mètres et l'on y entend le bruit de son ébullition, lors même qu'on ne la voit pas. En divers points, les bouffées de vapeur p;roduisent un bruit comparable à celui d'une chaudière; çà et là des jets d'eau chaude sont projetés en l'air, quelquefois jusqu'à 3 et 6 mètres de hauteur^ tandis que sur d'autres points, l'eau vient simplement s^écou- 1er à la surface du sol. Une partie du liquide parait prendre un cours souterrain, à une faible profondeur, et selrend probablement à la rivière Truckee \
Ainsi que le fait remarquer M. de Rath, les sources de Steamboat rappellent complètement les geysers de la Yellowstone, lors des, époques de calme : il y a quelques dizaines d'années, elles donnaient même encore des éruptions geysériennes. Ainsi, en 1868, il jaillit de l'une d'elles une colonne d'eau de 1 mètre de diamètre, jusqu'à 20 mètres de hauteur, en faisant trembler le sol '.
Toutes les sources chaudes du Mexique, d'après Burkhardt, sortent du trachyte ou de la dolérite. Telles sont notamment celles de Ghichimequilla, associées au basalte et à des brèches basaltiques, avec la température de 86%4.
D'après le docteur Francius% des sources deCosta-Rica, dont la température atteint 70% forment un groupe qui s'étend de l'est à l'ouest sur une longueur de plus de 200 kilomètres. Beaucoup d'entre elles se -trouvent à proximité de massifs trachytiques et de coulées de laves. Telles sont
* Laur, Arthur Phillips, Arnold Hague, William P. Blaket d'autres en ont donné des descriptions.
* Von Rath. GeologUche Briefe aus America y 1884. ' Jahrbuch fur Minéralogie, 1873, p. 406.
Turialba, Irazu, Barba, Poas et Miravallez. Presque toutes se trouvent dans lé fond de gorges profondes et étroites.
A part les sources thermales qui jaillissent, au Chili, à proximité des volcans actifs et des solfatares, il en est qui sont en rapport avec les roches trachy tiques. Telles sont celles de Cauquenës, d'une température atteignant 64% et celle de Colina, d'une température de 32^
§ 6. ASSOaATION AU( VOLCANS AGtIPS ET AUX SOLFATARES.
 part Teau en vapeur, qui forme Tapanage des éruptions des volcans, il en est qui, en dehors des éruptions proprement dites, sort abondamment et d'une manière continue de certains orifices, particulièrement des solfatares. En outre des sources d'eau liquide, à des températures diverses, jaillissent des régions volcaniques actuelles.
C'est de ces dernières qu'il va être particulièrement question, nous référant, pour les volcans et les solfatares, ainsi que pour les soffioni, aux généralités qui ont été données au sujet du régime.
Pouzzoles, située à 10 kilomètres de Naples, près de la solfatare du Monte Nuevo, du lac d'Averne et du cratère d'Agnano, est classique pour ses eaux thermales, qui étaient déjà très utilisées par les Romains. Les eaux du Temple de Sérapis sont à 42^ et il en est dans plusieurs autres localités qui marquent de 45 à 50". Aux étuves deTritoli et de Néron (fig. 39), de la vapeur d'eau avec les mêmes températures jaillit de galeries que Ton a entaillées dansun tuf volcanique ; on y a recueilli de l'eau à 86\
L'Ile d'Ischia, entièi*ement volcanique, est en partie formée par le volcan Epomeo, d'une altitude d'environ 800 mètres.
Les sources thermales qui rendent célèbre cette île sont surtout concentrées près de Cusamicciola, au pied du versant nord de la montagne (fig. 40). Celtes de Gurgitello, assez abondantes pour former un ruisseau, ont au sortir du sol une température qui varie de 50 à 90*. Sur la côte méridionale, de l'eau bouillante jaillit au milieu du sable. L'une des sources chaudes signalées à Milo sort du
Fig. S9. — riiD des é(u>c« de Triloli et de Néron. S„ S', S", grMle di Bill : E E, cabInaU avec lili. La porto réserude 1 Tritoll. — U'iprèi H. Jcrrit.
tuf volcanique et d'une grotle assez profonde, dans la plaine de Protothalassa.
Le volcan éteint de Taudourek', qui répète, dans la forme de son cilne, surbaissé et allongé sur une large base ellip-
■ Taudourk, mol liguifiiBl une eipèes de bruiire. très
tique, la physionomie caractéristique des rnontagnes analogues, est le seul en Asie Mineure qui, d'après M. Abich, entretienne encore par son cratère principal une communication directe entre le foyer volcanique et l'atmosphère *. Des vapeurs d'eau sifflantes et entremêlées d'un peu d'hydrogène sulfuré, donl la température dépasse celle de
Ameno
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Edielle
Fig. 40. — Carte de l'Ile d'Ischia. Les petits cercles blancs désignent les fùniprolles, les points noirs les sources thermales. Les quatre courbes portant les millésimes de 1883, 1881, 18i8 et 1796 indiquent les surfaces dans lesquelles les maisons s'écroulèrent à ces diverses époques. — D'après M. Mercati.
Teau bouillante, se dégagent en grande abondance et en maints endroits dans l'intérieur du cratère.
Une source de vapeurs chaudes, à Tinslar des c stufe » des grottes de Baïa, se trouve au pied du versant extérieur d'un grand cratère à lac placé 3 kilomètres à l'est de ce cratère qui est sur la voûte de la montagne (fig. 41).
* Bulletin de la Société géologique. S* série, t. IXI, p. 213.
198 CONDlTEOfiS DANS LESQUELLES LES EAUX SOUTERflAI.NES S-ÉCHAUFFEM.
Sur un revers du Demavend, à une altitude de 2200 mètres, la source d'Âbigerm a une température de 65".
Parmi les nombreuses sources de l'île de Yesso, que les intéressantes recherches de H. Smyth Liman ont bien fait connaître, la plupart sortent de roches volcaniques, qui fournissent encore, en de nombreux points, de la vapeur d'eau avec hydrogène sulfuré, donnant lieu à une exploitation de soufre. Quelques-unes même avoisinent des vol*
cans qui ont eu des éruptions dans les dernières années. Telles sont les sources de Kusatsu, non loin du volcan de Asama-Yama, qui sont célèbres par leur chaleur et par leur volume extraordinaire.
Des sources chaudes sont connues en diverses localités du Kamstchatka, presqu'île remarquable par ses volcans actifs-, celles delà vallée deMalka sont utilisées.
I>a grande abondance de sources chaudes' le long de la
■ Dlinrurd. Giology ofAiywny, 1870.
côte d'Abyssinie est sans aucun doute en rapport avec les phénomènes volcaniques. Deux des mieux connues sont celle d'Âilat, environ à 40 kilomètres à l'ouest de Massowa, d'une température de 65% et celle de 60^ à Atzfut, 12 kil. au sud de Zulla.
Toutes les eaux souterraines du village de Zulla paraissent avoir une température exceptionnellement élevée. Cela est particulièrement vrai pour les sources de Komayli et pour un puits foré à environ 8 kilomètres de la mer entre Zulla et Komayli, dont la température était d'environ 40\
L'abondance des sources chaudes dans la contrée de Danakil a été signalée par Rochet d'Héricourt.
Dans son premier voyage, celui-ci ne signale pas moins de vingt-cinq sources thermales entre Tadchoura et Choa, toutes à de très hautes températures % Quelques-unes ont celle de Teau bouillante et plusieurs sont extraordinairement volumineuses. L'une de ces dernières a 68%8, et près d'Hâoulle on s'en sert pour cuire la nourriture. Les habitants attribuent à certaines d'entre elles des qualités thérapeutiques très actives.
Plus avant dans l'intérieur, Rochet mentionne la source d'Oiram Melle, à 75% et un groupe de thermes près de Coumi, à proximité du granité et de cinq volcans éteints. Il trouva pour la température de sept de ces sources 58%8, 70%4, 75% 78%7, 80M, 88%8, 90%
Dans la partie orientale du royaume de Choa, non loin du royaume d'Adel, se trouvent des volcans avec des coulées de lave% A 100 kilomètres à l'E. d'Angobar, à plusde 2500 mètres d'altitude, est un volcan en activité, et, à 40 kilomètres au S.-S.-E. de cette ville, près du village de Flambo, sont des
* Voyagea en Abyutnie, p. 75 et suivantes.
* Ouvrage précité, p. 263.
200 CONDITIONS DANS LESQUELLES liiS EAUX SOUTERRAINES S*ÉCHAlJFFENT.
sources d'eau chaude. À l'ouest du plateau de Choa, à Médira, sortent des eaux à 54\
Il est encore à remarquer, comme analogie avec le fait signalé plus haut à Zulla et à Komayli, qu'à Momoullou, qui est entouré d'anciens volcans, l'eau des puits atteint la température de 34', 3 \
Les sources thermales de l'Ile de la Réunion' sont très nombreuses ; on en connaît trois dans le cirque de Salazie et deux dans le cirque de Gilaos, à l'altitude de 1114 mètres, donnant 170 litres par minute. L'abondante source du Bras- Rouge dans cette dernière localité a une température de 48\ La source de Salazie, la plus fréquentée de la colonie, est à32^
Au Mexique', la ville de Puebla est entourée d'une ceinture d'eaux thermales, dont l'existence est due sans doute à l'action volcanique du Popocalepetl et des centres d'éruption qui s'y rattachent. Ces eaux, quoique situées à une très faible distance les unes des autres, présentent des différences notables dans leur température, qui s'élève à 30 degrés, et dans leur composition, différences que l'on peut attribuer soit à la nature du terrain traversé, soit à la profondeur du point d'émergence. On a remarqué dans ces eaux minérales, comme caractères constants : la présence d'une grande quantité d'acide carbonique, des traces d'hydrogène sulfuré libre, et enfin une grande quantité de bicarbonate de chaux en dissolution.
La soufrière de la Guadeloupe est entourée d'une ceinture d'eaux minérales et thermales\
Les sources du Galion, à une altitude d'environ 1133 met.,
* Rochet d'Héricourt. Compte» rendu», t. XXI, p. 25, 18£iO. ' Maillard. Ile de la Réunion^ p. 133.
' Archive» de la cotnmietion du Mexique, p. 390.
* J. Narcou. Archive» de la commiition du Mexique^ t. 11, p. 102.
siluées au pied du Morne l'Échelle, qui semblent se trouver sur le prolongement de la grande pente, sont au nombre de douze. Elles présentent, quoique rapprochées les unes des autres, des différences très grandes dans leur température comme dans leur composition. Elles marquent de 29%5 à 64%8. Les eaux de ces différentes sources se réunissent pour former la rivière du Galion. L'eau thermale de la Ravine Chaude du Lamantin, à 23 kilomètres de la Pointeà-Pitre, est a une hauteur de 150 mètres. Sa température est de 23\
En Colombie, la source de Coconuco, à l'altitude de 2500 mètres, est située dans la province de Popayan, près du village de Combalo, à la base du volcan actif de Puracé. D'après M. Boussingault, l'eau sort en très grande abondance et avec impétuosité d'un amas de blocs de trachyte; sa température est de 73**. Les sources d'Alangasi émergent au pied du volcan Halo, à 2530 mètres d'altitude, avec une température de 35°*.
Les sources thermales de Chillan, au Chili, avec leur établissement de bains, à 75 kilomètres à l'est de la ville de ce nom, jaillissent avec grande abondance dans un ravin du grand massif trachy tique de Nevado de Chillan. Elles sont situées a la limite supérieure de belles forêts, et à proximité de la limite inférieure des neiges du Cerro- Mevado. Ces eaux, qui exhalent une forte odeur d'hydrogène sulfuré et marquent de 57 à 64 degrés de température, sortent du fond d'un ravin nommé Quebrada de los fianos, à 1900 mètres au-dessus du niveau de la mer. La figure 42 fait ressortir la relation de ces sources avec le volcan actif qui a fait éruption en 1868(altitude 2914 mètres), le
< Comptes rendus, t. XLV, 1882, p. 323.
* L. Dressel. Jahrbuck fur Minéralogie, 1877, p. r>15.
903 COTiDITIONS DAflS LESQUELLES LES EAUX SOITTEAR AINES S'ËCHADFFENT.
ïi
r ASSOCIATION AUX VOLCANS ACTIFS ET AUX SOLFATARES.
valcan aticien et la solfaUre dite Cerro de Azufre. A quelques lieues de distance, vers le sud de la solfatare de Tinguiririca, il existe d'abondantes sources presque bouillantes, au fond de la vallée qui porte le nom de vallée de Los Banos. Ainsi
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Fig. 43. — Carte de Tile Saint-Paul, sur laquelle les sources thermales et fkimerolles sont re- , présentées par des points noirs et les espaces chauds par des traits verticaux. — D'après M. Télain.
de volumineuses sources chaudes sont en connexion avec cette solfatare, comme avec celles du Chillan.
Les sources thermales de l'île Saint-Paul sont localisées à l'intérieur du cratère, dans la zone du niveau du balancement des marées. Mais, loin d'y être réparties uniformément, elles manquent absolument dans le sud-sud-est. Elles paraissent réunies dans une moitié seulement du cra-
204 CONDITIONS DANS LESQUELLES LES EAUX SOUTERRAINES StCHAUFFENT.
tère (fig. 43)*, qui mesure 1200 mètres au niveau de la mer et dont la crête a une hauteur de 232 à 272 mètres.
L'activité du volcan ne se borne pas à ces seules manifestations; il est encore des points où le sol, à la surface, présente une température élevée. Cette haute température se retrouve dans toute une zone très remarquable, large de 200 mètres environ, qui se laisse facilement distinguer même de loin, à cause de la végétation particulière qui la recouvre. La température de ces esp<ices chauds varie de 50 à 72% à mesure qu'on s'avance vers la mer. Dans le bas du cratère, le sol de cette bande chaude est formé d'une argile molle et bariolée^ résultant de la décomposition complète des roches du voisinage et imprégnée d'argile gélatineuse; en quelques points sa température dépasse 21 0\
Les sources thermales varient beaucoup dans leur thermalité : il en est qui avoisinenl 100% tandis que d'autres dépassent à peine 30\
Elles semblent sensiblement refroidies depuis qu'elles sont connues : au lieu de 87 à 95^ notés en 1793, on ne trouve plus maintenant que 71%
' Vélo in. I\ecueil des mémoireê relatif t au juiiMge de Vénun