OUEST EST
Fig. 35. — Coupe montrant comment la source thermale S de Lavey s'épanchait dans les éboulis, où elle se mélangeait aux eaux phréatiques jusqu'à ce qu'elle Hit captée au moyen d'un puits (d'après M. le professeur Renevier) ; y, roches cristallines métamorphiques (carbonifères) ; (, roches du trias (arkose, cargueule et calcaire gris).
Le fait a été particulièrement étudié dans les localités où il détermine la dilution, par les eaux phréatiques, d'une eau thermale ou minérale, qui vient jaillir au milieu d'elles, comme à Plombières, à Schinznach, à Lavey (fig. 34 et 55). I^ but à atteindre étant d'obtenir ces sources sans mélange, on est amené à les isoler par des travaux de caplage.
Si Ton suppose la roche imperméable sous-jacente parfaitement plane et la roche perméable parfaitement homogène, le calcul démontre, d'après Dupuit, que la courbe de la
partie supérieure de la nappe, à partir du point le plus haut, a pour profil un arc de parabole.
D'après les savantes études de M. Boussinesq relatives à la théorie des eaux courantes, une relation entre les pentes, les vitesses moyennes, la forme et Taire des sections régit les mouvements lents des eaux d'infiltration du sol, à travers les canaux irréguliers que forment les interstices des grains de sable composant les terrains perméables; la vitesse moyenne est simplement proportionnelle à la pente motrice, comme Dupuit l'avait admis pour le régime permanent. Il en est de même pour le régime non permanent. Les crues ou gonflements des eaux souterraines se propagent, en général, avec une faible vitesse, sensiblement constante, et proportionnelle à la pente du sous-sol; plusieurs gonflements produits à la fois, en divers points, se fondent peu à peu en un seul.
Le cours d'eau pénétrant, lors des crues, dans la couche caillouteuse et leur soutirant, au contraire, du liquide lors des sécheresses, la nappe adjacente se comporte à la manière d'un régulateur. En effet, cette sorte de flux et de reflux, qui s'opère sur de très grandes surfaces, amoindrit les oscillations extrêmes du volume de la rivière. Le phénomène a quelque analogie avec le mouvement ascendant et descendant de la chaleur solaire dans l'intérieur de la croûte terrestre, suivant les saisons.
Par suite du va-et-vient dont il s'agit, on a supposé que la boue infiltrée dans le sable, avec les eaux troubles de la rivière, à proximité du lit, en serait expulsée lors du mouvement rétrograde de l'eau. Ce serait par suite de ce double mouvement que le gravier ne serait pas depuis longtemps imprégné de vase, même à peu de distance de la rivière ^
* Cet effet naturel repose Bur le même principe qu'un système de filtration artifi-