‹ Les eaux souterraines à l'epoque actuelle: leur régime, leur température, leur composition auChapitre 24 sur 60 · IMO · texte numérisé non relu

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Juillet . .

Octobre. .

Les diaclases dont les dimensions dépassent 500 mètres,

* Ponts et chaussées, service hydrographique du bassin de la Seine organisé par Uclgrand : Résumé des observations pendant Vannée 1881.

152 ROLB DES LITHOGUSES DE DIVERS ORDRES.

servent très souvent de canaux de descente et de remonte. A plus forte raison cela est-il vrai pour les paraclases, qui non seulement par leurs rejets peuvent juxtaposer des terrains de perméabilité différente, comme il a été dit dans le chapitre précédent, mais aussi ouvrir aux eaux un passage plus ou moins facile. Quand, par exemple, des cours d'eau souterrains, cheminant à travers des cavernes, viennent buter contre une issue facile, ils sont dérivés et peuvent parvenir ainsi au jour, sous la forme de sources très volumineuses.

Les lithoclases peuvent aussi déterminer un passage d'un niveau aquifère à un niveau sous-jacent. Par exemple, dans le Jura, l'horizon constitué par les marnes liasiques est alimenté, non seulement par le massif calcaire qui les surmonte, mais aussi par les nappes aquifères supérieures ^

Percements artificiels des roches : forages artésiens.

k défaut de cassures naturelles, la main de l'homme peut, à l'aide de forages, ouvrir une issue aux nappes souterraines et les faire monter jusqu'à la surface et souvent même jaillir au-dessus du niveau du sol.

L'idée de tels travaux remonte à une antiquité reculée : les Égyptiens y ont eu recours, il y a plus de quarante siècles, et en France, dès H 26, on les pratiquait à Aire en Artois, d'où le nom d'artésien qui leur est habituellement donné.

Dans certains cas, le même procédé est mis en usage pour augmenter le volume des sources, particulièrement lorsqu'il s'agit d'eaux rendues précieuses par leur composition ou par leur température.

* Vezian. Étudeê géologiqueê dam le Jura, t. II, p. 54.

6ÉNÉRÂUTÉS.

A part leur utilité pratique, les puits forés apportent des notions précises et en quelque sorte expérimentales , sur le régime des nappes d'eau souterraines.

On avait été conduit a assimiler le phénomène qui nous occupe au mécanisme des vases communicants. Il est plus exact de le rapprocher des conditions réalisées dans la figure ci-jointe*.

Représentons, dans un premier aperçu, la nappe souterraine par le tuyau droit A'O (fig. 85), à travers lequel s'écoule uniformément Teau d'un réservoir. Si nous comparons

Fig. 83. — Appareil lenrant à rendre compte des hauteurs diverses auxquelles parvient l'eau d'usé nappe artésienne, d'après les distances respectives au niveau du réservoir d'alimentation et de l'orifice d'écoulement.

les pressions qui ont lieu aux points A',B',C' à l'intérieur du tuyau, nous reconnaîtrons qu'elles varient proportionnellement aux distances A'B',B'C' comprises entre ces points. Imaginons pour cela des sections transversales faites dans le liquide par les points A',B',C'. Les tranches liquides A'B',B'C' ont des poids proportionnels à leurs longueurs; les composantes de ces poids, dans le sens de l'axe du tuyau, sont aussi proportionnelles à leurs longueurs, puisque le tuyau est

* Delannay. Caun ilémentaire de mécanique^ p. 436, 1851.

L'eiplication des paits jaillissants a été donnée, en 1091, par Bernardin! Ramazsini.

droit» et qu'en conséquence son inclinaison est partout la même. D'un autre côté, les résistances qu'éprouvent ses diverses tranches dans leur mouvement sont également proportionnelles aux longueurs des portions des tuyaux contre lesquelles elles frottent. Donc, d'après la condition de l'équilibre entre les forces qui agissent sur chacune de ces tranches, les différences des pressions qui agissent à leurs extrémités doivent être proportionnelles aux longueurs dés tranches ; les différences des pressions en M et en B', en B' et en C\ doivent donc être dans le même rapport que les distances A'B',B'C'. Si les distances sont égales entre elles, la pression variera autant de A.' en B' que de B' en G'.

Pour mesurer les pressions qui ont lieu aux divers points A',B',G', on peut y implanter des tubes de verre qui s'élèvent verticalement, comme le montre la figure. L'excès de la pression en un quelconque de ces points, sur la pression atmosphérique, sera mesuré par la hauteur à laquelle l'eau s'élèvera dans le tube de verre correspondant. Il est aisé de conclure de ce qui précède que les extrémités A,B,G des colonnes d'eau que l'on obtiendra ainsi seront situées sur une ligne droite. De plus cette ligne droite, prolongée suffisamment, devra passer par l'extrémité du tuyau 0, et par le point N, situé sur la surface libre de l'eau du réservoir, verticalement au-dessus de l'origine du tuyau.

G'est ce que l'expérience confirme complètement.

Si l'on suppose maintenant que l'ensemble des couches ait la disposition, très fréquemment observée, d'une sorte de bassin ou de fond de bateau (fig. 84) S les affleurements des diverses couches viendront se relever et dessiner à la surface du sol une série de courbes concentriques. Les couches perméables auront laissé s'infiltrer les eaux coulant à la surface

*■ Nous ne pouvons mieux faire que d'emprunter textuellement les détails <}ui suivent à Texcellent Ctnin d'exploitation des tnitteê, de H. Gallon, 1. 1, p. 93.

du sol, d'autant plus facilement qu'en raison même de leur perméabilité, elles ont été souvent les plus faciles à désagréger, et que, par suite, leurs affleurements sont accusés par des dépressions où les eaux du jour tendent à se rassembler. Ces couches seront donc entièrement saturées d*eau. Si maintenant, ce qui est le cas général, les divers points d'affleurement ne sont pas au même niveau, Teau s'infiltre par les points les plus élevés, tels que A, et elle sort par les points les plus bas, tels que B, sous la forme de sources jaillissant au jour, ou sous le lit des fleuves ou sous celui de la mer. Les eaux dont est imprégnée la couche aquifère ne sont donc pas stagnantes; elles forment, au contraire.

Fig. 84. — Coupo d'un groupe de couches disposées en forme de bsssins parmi lesquelles il en est une AB perméable comprise entre deux couches argileuses. UN, niveau auquel l'eau s'élève dans deux frages, exécutés à des altitudes différentes (d'après M. Gallon).

des courants souterrains, dont la direction et la vitesse en chaque point dépendent de sa position, en plan et en élévation, par rapport aux affleurements, ainsi que de la perméabilité plus ou moins grande de la couche aux environs du point considéré.

Si Ton isolait par la pensée une petite masse d'eau depuis son entrée dans la nappe aquifère jusqu'à sa sortie, l'enveloppe de ses positions successives serait assimilable à un tuyau de conduite, dans lequel on devrait regarder la section comme irrégulière et brusquement variable d'un point à un autre, et le périmètre de la section comme très grand relativement à cette section ; à un tuyau de conduite^ en un mot, dans lequel, pour une vitesse donnée de l'eau, il se

156 ROLB DES LITHOCUSES DE DIVERS ORDRES.

ferait des pertes de charge par mètre courant beaucoup plus grandes que dans un tuyau ordinaire. Mais cela n'empêcherait pas Técoulement de s'y faire suivant des lois semblables, qui ne différeraient que par la valeur des coefficients numériques \ Supposons donc qu'en un point donné de ce courant souterrain on eût percé un trou et qu'on y implantât, comme dans le cas de la figure 83, un tuyau suffisamment prolongé vers le haut, on aurait une sorte de piézomètre^ dans lequel l'eau se tiendrait en dessous du point d'infiltration, à une distance verticale qui servirait de mesure à la hauteur totale employée pour donner à l'eau sa vitesse au point considéré, et, en outre, pour surmonter toutes les résistances et compenser toutes les pertes de force vive éprouvées depuis le point d'infiltration.

En d'autres termes, le niveau de l'eau dans le tube serait un point de la ligne de charge *, et le lieu géométrique de ces niveaux, considérés pour l'ensemble de la nappe souterraine, serait une surface plus ou moins sinueuse qu'on pourrait désigner sous le nom de surface piézométrique ou surface de charge.

Ceci posé, un puits artésien aboutissant à un point de la nappe aquifère donnerait, ou non, des eaux jaillissantes selon que la sur/ace piézométrique en ce point serait atnlessus comme en Mou auHlessou4i comme en N du point correspon* dant de la surface du sol.

On partage ainsi la contrée eu deux sortes de zones, que l'on pourrait figurer par deux couleurs différentes. M. Haton de la Goupillière ' appelle positives celles dans lesquelles la surface piézométrique s'élève au-dessus du terrain, et riégor tives celles pour lesquelles elle plonge au-dessous du sol. La

* Delaonay. Cour» de machinée^ tu* 136.

* Qui était une ligne droite dans les conditions théoriques de la figure S3. ' Coun tT exploitation des minée, 1. 1, p. 145.

6ÉNËRALITÉS. i57

courbe d'intersection qui les limite devient ainsi la ligne de partage hydrologique de la région, au point de vue qui nous occupe.

Cet énoncé constitue comme une sorte de théorème, définissant la condition géométrique à laquelle serait subordonné le succès d'un sondage, qu'on entreprendrait en un point donné, pour créer un puits artésien donnant de Teau jaillissante.

Cette théorie doit être regardée comme parfaitement établie, et d'accord avec tous les faits observés, faits qu'elle explique et peut même faire prévoir. On en citera ici quelquesuns:

1"* Le niveau piézométrique en un point donné, c'est-àdire le niveau auquel l'eau s'arrête avrdessom du %ol dans le cas d'un boit-tout, ou s'élèoe aurdessus dans un puits artésien, prolongé par un tuyau d'une longueur suffisante pour que l'écoulement n'ait pas lieu, ce niveau est indépendant du diamètre, et il est généralement plus élevé lorsque le trou est tube que lorsqu'il ne l'est pas.

2"" Le volume d'eau que fournit un puits artésien augmente avec le diamètre du puits, mais non pas proportionnellement à sa section. Le rapport des débits est moindre que celui des sections, et d'autant moindre que, pour un rapport donné, ces sections sont plus grandes en valeur absolue.

3" Ce même volume augmente à mesure que l'on prend l'eau plus près de la surface du sol, ou à une plus grande distance en dessous du niveau piézométrique.

4* Il augmente encore, lorsque, après avoir foré un puits, on vient à le tuber. Cela résulte de ce qui a été dit plus haut, sur les variations du niveau piézométrique. L'écoulement par un puits non tube équivaut en effet à l'écoulement par un tuyau qui présenterait des fuites sur divers points de sa longueur.

5"" Deux puits suffisamment voisins s'influencent de telle sorte que chacun d*eux diminue le produit que donnerait Tautre, s'il était seul ; la somme de leurs débits tend, à mesure qu'ils sont plus rapprochés, à se réduire à ce que donnerait un puits unique ayant une section égale à la somme de leurs sections.

La théorie qui vient d'être donnée explique facilement ce fait bien connu, à proximité des côtes de l'Océan, que l'état de la marée influe sur le débit des puits artésiens. Ainsi on remarque que le niveau de la fontaine jaillissante de Noyelle-sur-Mer (Somme) monte et baisse avec la marée. Le puits de l'hôpital militaire de Lille suit, à huit heures de distance, les oscillations de la marée. A Fulham, près de l'embouchure de la Tamise, un puits foré à 97 mètres de profondeur donne 363 litres par minute au moment du reflux et 273 lors du flux^ D'autres puits voisins de la mer sont jaillissants à marée haute et cessent de l'être à marée basse.

La marée haute augmente la charge sur les orifices de sortie qui sont sous l'Océan, en ralentit l'écoulement, relève la surface piézométrique de toute la nappe souterraine et pour certains points peu éloignés de la mer et placés à un niveau assez bas, peut les faire passer du dessous au dessus de la surface du sol.

Certaines irrégularités de quelques puits artésiens se rattachent à des tremblements de terre. Par exemple, en juin 1863, le forage d'El-Annatt, dans le Hodna, a subi un arrêt momentané coïncidant, non seulement avec un violent ouragan, mais aussi avec des oscillations du sol dans le voisinage.

Gomme confirmation de l'existence et du mode d'alimentation superficiel de cours d'eau souterrains, d'où provien-

« Comptée rendui, t. LYIl, p. Ii4« i86$«

nent les eaux artésiennes, le fait suivant est particulièrement éloquent.

A la fin de janvier 1830 on reconnut^ que dans le puits foré de 110 mètres de profondeur exécuté à Tours en 1829, dans la craie inférieure, l'eau s'étant élevée durant plusieurs heures avec une grande vitesse, avait amené beaucoup de sable fin et de petits fragments d'épines, des graines de plantes, la plupart marécageuses {Galium uliginomm) ^ ainsi que des coquilles d'eau douce et terrestres non altérées {Planorbis mat^ginatusj Belix rotunda elstriata).

De leur état de conservation et de la maturité des graines, Dujardin pensa pouvoir conclure que ces eaux et les corps étrangers qu'elles avaient entraînés n'avaient pas mis plus de trois ou quatre mois à descendre de quelque vallon humide.

De même, l'eau d'un puits foré à Riemke, près de Bochum, en Westphalie, a amené de 45 mètres jusqu'à son orifice de petits poissons de 8 à 10 centimètres, et sans doute empruntés aux cours d'eau superficiels, dont les plus voisins sont à 10 et 20 kilomètres.

Pour quelques graines, coquilles, poissons, sables ou graviers qui, de ces profondeurs, pamennent à la surface, combien s'arrêtent en route dans les sinuosités des canaux que ces objets finissent par obstruer!

Des faits analogues ont été fréquemment signalés dans les puits artésiens du Sahara.

Certains puits jaillissants de la région d'Ourlana dans l'Oued Rhir rejettent des animaux, et nulle part ce fait ne parait mieux caractérisé, puisqu'il s'agit ici d'animaux vivants, poissons, crabes et mollusques qui sont loin d'être une rareté.

* Dt:yardiii. Mémoire soc, péoL, 1" série, t. II, p. 248, 1837.

M. G. Rolland cite, comme authentiques, les deux exemples suivants* :

Mazer. Sondage n^ 3; 8 février 1876. Profondeur, 80»,35. Hauteur de l'orifice du tube au-dessus du sol, 0",80 ; diamètre final, 0",16. Débit total primitif, 5800 litres par minute, à la température de 25%5; au bout de deux ans, le débit s'est élevé à 4600 litres. Le sondage avait été entrepris à 1 kilomètre de l'ancienne oasis, au milieu d'un terrain nu et inculte, sans rigole ou fossé, ni source ou étang. Or, quelques jours après l'aménagement du puits, le directeur de l'atelier vit sortir du tube un crabe vivant de la grosseur du pouce. Après lui, M. le général Garteret et M. Jus vérifièrent denim que la gerbe jaillissante rejetait des crabes, poissons et mollusques vivants, en même temps que des sables; coiffant d'un filet l'orifice du tube, ils prirent beaucoup de crabes de petite et moyenne grosseur.

Sidi-Amran. Sondage n^ 2; 31 janvier 1879. Profondeur 81",09. Diamètre final 0",12. Débit, 4000 litres à 24*. L'emplacement était situé à une extrémité de l'oasis et n'offrait pas trace d'eau. Dès que la colonne de 0°,12 fut parvenue à 61", 73 sur le poudingue calcaire qui recouvre la nappe artésienne dans cette région, le jaillissement eut lieu avec force ; du 23 au 28 janvier, tandis qu'on s'enfonçait dans les sables aquifères, l'eau charria au jour une grande quantité de ces sables, ainsi que des cailloux et noyaux calcaires pesant jusqu'à 1200 grammes, soit, en tout, non moins de 400 mètres de matières solides. Or, le 29 janvier, M. Jus recueillit, au milieu des sables qui venaient d'être rejetés et encombraient les abords du tube, beaucoup de petits poissons et mollusques vivants. #

Les mollusques sont très communs, tant à Ouargla et dans

« Comptes rendue, t. XCIH, p. 1090, 1881.

GËNÉRALITÉS. 161

rOued Rhir qu'au Zab. Dans 39 localités de l'Oued Rhir, les puîls artésiens ont ainsi rejeté des poissons, crustacés et mollusques vivants» qui ont été déterminés par M. Sauvage et M. Rourguignat. Les mollusques vivants recueillis, d'après M. Jus, appartiennent aux espèces suivantes : Melanop$is Maroccanoy Morlet; Âmnicola Pycnocheiliaf Rourguignat; Amnicola Jusi^ A. Milùni, id.; A. Saharica, id.; A. Cossoni^ id.; Melania tuberculataj id.; Paliidestrina, Jmi, id.; P. arenam, id. ; P. Peraudierij id.; P. mhacero$a, id. ; Hydrobia Brondeli, id. ; Cardium edule, Planorbh comem, id. ; Cardium Saharicum^ id.; Hélix Uthicemis, id. ; H. pyramidata^ Draparnaud; H. Sitifiensisy Rourguignat; H. specialisj id. ; H. Critonidis^ Jus, id.; H. micromphatus, Letourneur ; H. KolcemiSj Rourguignat; Lencochroca candidissima, Rccck; Bulimus decollatiiSy Rruguière; B. Jusiy Rourguignat.

Les crabes ne sont connus qu'en trois points de TOued Rhir, savoir, dans les rigoles alimentées par les puits n"* 3 de Mazet, n'' 2 d'Ourlana, et n° 1 de Tamerna Dyedida. Dans le Zab occidental, ils sont plus fréquents. Les divers individus appartiennent à une même espèce, la Telphusa fliiviatilis (Rondelet).

Les poissons sont Cyprinodon calaritanusj Ronelli ; Hemi^ chromû êaliara^ Sauvage ; Hemichromis Rollandiy Chromn Zilleiy Gervais; Chromn DesfontaineiyLRcépède.

On s'expliquera l'origine de ces nombreux végétaux et animaux provenant de la surface, après avoir vu plus loin le régime des nappes souterraines du Sahara.

Boit^out^. Si le niveau d'équilibre d'un puits artésien se trouve au-dessous de la surface du sol, ce puits peut fournir de l'eau, comme les puits ordinaires, à la condition qu'on emploie des moyens particuliers pour l'élever jus-

Delauiiay. Cours élémeiUairc de mécanique, p. 44ô, 1851.

qu'à la surface du sol. Mais si, au lieu d*y puiser de Teau, on y en introduit, au contraire, ce qui tend à y faire monter le niveau, l'équilibre sera rompu. La colonne d'eau contenue dans le puits deviendra trop haute pour être soutenue par la pression qui s* exerce à sa partie inférieure; et en conséquence elle descendra, de manière à rétablir le niveau où il était précédemment. On pourra donc faire arriver continuellement de l'eau dans un pareil puits sans qu'il s'emplisse; cette eau s'écoulera dans la nappe souterraine à laquelle il communique; on aura ce que l'on nomme un puits absorbant^ ou boit-tout.

On se sert très souvent de puits absorbants, tels que ceux dont nous venons de parler, soit pour dessécher des terrains marécageux, soit pour faire disparaître l'humidité du sol dans le voisinage de constructions importantes auxquelles elle pourrait porter préjudice, soit encore pour faire disparaître des eaux malsaines provenant d'un établissement industriel, ou enfin, pour créer de petits fours hydrauliques, comme avec le procédé Haurian *. 11 existe un exemple remarquable de puits absorbant à Saint-Denis, près Paris. En perçant un puits artésien on rencontra d'abord une couche absorbante; puis plus bas une nappe d'eau jaillissante; et plus bas encore une seconde nappe jaillissante, dont l'eau était de meilleure qualité que celle de la précédente. On disposa dans ce puits trois tuyaux concentriques, s'élevant tous trois jusqu'à la surface du sol, mais descendant à des profondeurs différentes. Le tuyau intérieur, fut établi jusqu'à la seconde nappe jaillissante. Le second tuyau, enveloppant le premier, de manière à laisser un espace libre entre eux, descendit jusqu'à la première nappe jaillissante. Enfin le troisième tuyau, enveloppant le second de la même

* llaton de la Goupilliére. Traiié d^ exploitation dés mines ^ i* I, p. i49i

manière ne descendit que jusqu'à la couche absorbante. Par cette disposition, les eaux de la nappe jaillissante inférieure montent par le tuyau central; celles de la nappe jaillissante supérieure montent par l'espace annulaire compris entre le premier tuyau et le second; et l'excédent de ces eaux, qui n'est pas employé pour l'usage de la ville, s'écoule dans la couche absorbante, par l'espace annulaire compris entre le second et le troisième tuyau.

g 1". ROLE DES LITHOGLASES SIMPLES.

Terrains tertiaires.

B«Mtn d« Paris. — La Variété des terrains tertiaires parisiens ne permet pas d'indiquer d'une manière générale les nombreuses nappes d'eau que l'on y rencontre très fréquemment. Nous nous bornerons à rappeler que les couches tertiaires présentent plusieurs niveaux de sources. Un premier niveau aquifère se trouve dans les marnes et calcaires lacustres supérieurs et un second dans les sables et grès supérieurs, dits de Fontainebleau, qui sont soutenus par les marnes vertes supérieures au gypse. Ces eaux sont rarement ascendantes, parce qu'elles n'ont pas de bassin hydrographique d'une étendue suffisante; utilisées souvent au moyen de puits, elles sortent des flancs des collines, sous forme de sources. Un troisième niveau d'eau, se divisant souvent, existe dans le terrain lacustre inférieur. L'étage des marnes, des calcaires et des meulières, supérieur à ce groupe, l'étage gypseux, l'étage calcaire inférieur, renferment également des eaux souvent ascendantes, quelquefois jaillissantes à plusieurs mètres au-dessus du niveau de la Marne ou de

la Seine, notamment dans le département de Seine-et-Marne. Le calcaire grossier contient aussi des couches aquifères qui constituent un quatrième niveau d'eau. Enfin, les sables inférieurs ou le groupe de Targile plastique, à cause des sables qui lui sont subordonnés, en contiennent un cinquième, le plus important, en ce que les jets qu'il produit sont les plus fréquents et en même temps les plus élevés. Les couches de ce groupe constituent des réservoirs plus étendus que ne le sont ceux des couches précédentes *.

La présence souterraine des eaux est due à la disposition des couches, qui est telle qu'elles occupent la partie inférieure du bassin tertiaire de Paris, tandis qu'en se redressant elles forment une partie de son pourtour élevé.

On a vu plus haut quelle est leur disposition dans les vallées de la Brie. La figure 47 donnée page 85, représente l'une des sources de la Dhuis.

Considéré dans son ensemble géologique, le bassin de Paris est éminemment propreà la création des puits artésiens. Les couchesy sont disposées en forme de cuvettes de grandeur décroissante, placées les unes dans les autres, et dont Paris occupe à peu près la partie centrale. Ces terrains alternativement perméables et imperméables sont très faiblement accidentés; plusieurs niveaux fournissent des centaines de puits artésiens dont la profondeur varie habituellement de 10 à 50 mètres. M. Ch.Laurenta publié des coupes d'ensemble des puits qu'il a forés dans les vallées de la Seine et de la Marne et qui font connaître les ondulations du terrain, ainsi que les différences remarquables qui existent entre les niveaux d'ascension de leurs eaux *.

Pyrénées-Orientales. — De mêmequc Icbassiu de Paris, bien

* Degouséc. Tratlé de êondaye, 2" édition, t. II, p. 475.

* Degouséc et Laurent. Guide du tondeur, 1* édition, t. I, p. 523, planches 42 cl 45.

des terrains tertiaires présentent une disposition favorable à la réussite des puits artésiens.

D'après M. L. VilleMes eaux du pliocène supérieur jaillissent Seulement dans une étendue fort limitée du bassin hydrographique du Roussillon; en sorte que généralement les puits artésiens vont s'alimenter dans le pliocène inférieur qui est d'origine marine. Quant à la profondeur à laquelle ils sont forés, elle doit naturellement être d'autant plus grande qu'on s'éloigne davantage des montagnes qui linniitent le bassin.

L'auteur rapporte les couches aquifères du Roussillon à deux étages géologiques, le pliocène inférieur, et le pliocène supérieur. Ce dernier serait, du reste, contemporain du terrain de Sahara, dont il a, sous certains rapports, les caractères minéralogiques.

bamIb de Londres. — A Loudrcs il cxistc dcs puits de ce genre qui se présentent dans des sables subordonnés à l'argile plastique.

Dans le bassin de la Tamise une succession de villes et de villages marque la jonction des couches tertiaires et de la craie, sur laquelle, le niveau des eaux souterraines approchant de la surface, les sources sont nombreuses, comme à Croydon, à Carshalton et dans toute cette ligne de villages qui s'étend jusqu'à Guildford et en outre de l'autre côté de Ix)ndres, à Ware, Hertford, Hatfield, Watford et d'autres.

Les sables tertiaires inférieurs ont, dans ces dernières années, contribué à l'alimentation, au moyen de puits artésiens, de Londres, aussi bien que des districts adjacents, dont le sol est formé d'argile imperméable ef où l'eau est rare*.

' Revue géologique de Delesie.

* l'refrtwicb. Addreu. 1851.

En effet ces sables passent sous le London clay, de telle sorte qu'ils sont alimentés d'eau tout le long de leur affleurement dans le Surrey et le comté de Hertford.

Leur niveau à l'affleurement est à peu près à 30 mètres au-dessus du niveau de la Tamise, tandis qu'à Londres ils sont à environ 60 mètres au-dessous. De sorte qu'ils forment une cuvette de 100 mètres de profondeur, dont le centre est rempli d'argile imperméable.

Bei(i4B«. — Les terrains tertiaires jouent un rôle important dans le gisement des eaux souterraines de la Belgique.

Fig. Si. — Coupe dfs couches iquiRreu de la Belgique, dirige du nord aujsud. I, roches itxoniennei qmriieuMs et sctaisleuio; C, couches crayeuses et mainouseï, en partie «quiftret; C,. couches crétacéei irgilcuKs et argilo^ableutei imperméiblei dans leur euemble; ., couches lahleuies et sahlo-irgileuses permi^ablet : Os. argile qualemiire; Q.. ubie qiulemaire. — D'aprts M. Vcrstraelen.

ainsi que l'expriment les deux coupes (fig. 86 et 87) empruntés à M. Verstraeten '.

Aux environs de Bruxelles les groupes éocènes yprésien et landénien renferment des argiles sableuses, auxquelles correspondent plusieurs niveaux d'eau de régime différent et souvent ascendants.

Les sondages exécutés dans la vallée de la Dlves à Louvain

• VRTïlraeten. Bramen hydrologique den envinui* de Bruxrllei.

ROLE DES UTHOCUSES StHfLES. 167

et aux environs ont également rencontré des nappes d'eau jaillissantes*.

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— D'après «. VenlrBclen.

M, Aairiehe. — Plus de Cent puits dout plusieurs sont séculaires ont déjà été ouverts à Vienne et dans ses environs. Leur profondeur est en général comprise entre eOellOO mètres.

T«niM. — La situation exceptionnelle de Venise semblait devoir la priver de toute eau douce provenant de son propre sol. A défaut de sources et de puits ordinaires, des puits forés y ont apporté en abondance de l'eau douce ; la figure 8S montre la disposition de la nappe qui les alimente.

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■ Bihel. Puilt arlétien dt Loiuain, 1870.

ROLE DES LITHOCLilSES DE DIVERS ORDRES.

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