‹ Les eaux souterraines à l'epoque actuelle: leur régime, leur température, leur composition auChapitre 25 sur 60 · SS · texte numérisé non relu

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«■reiiM et pnito towém\ — La Basse Mitidja renferme des nappes d'eau souterraines qui se manifestent soit par des sources naturelles, soit en s'élevant dans de nombreux forages; elles sont instructives, particulièrement au point de vue des nappes analogues du Sahara (fig. 89).

Les eaux de THarrach supérieur et de son principal affluent, rOued Djemâa, sont détournées à leur sortie du terrain crétacé, et utilisées presque entièrement en irrigations sur les territoires de l'Arba et de Rovigo.

Une partie de ces eaux se perd néanmoins dans les cailloux du lit, et on pourrait penser qu'elles circulent souterrainement sous ces cailloux depuis Rovigo ou l'Arba jusqu'au deuxième kilomètre en aval du confluent de l'Oued Djemâa, point où l'eau reparaît dans le lit d'abord par un faible débit qui s'accroît assez rapidement en descendant le cours de la rivière. On avait même basé sur cette idée un projet d'aménagement d'eaux pour la ville d'Alger. Il n'en est pourtant point ainsi en réalité. En 1874 plusieurs sondages que M. l'ingénieur en chef des mines Pouyanne a fait exécuter dans le lit de l'Harrach, un peu en aval du confluent de l'Oued Djemâa, ont démontré que s'il coule réellement un peu d'eau en ce point sous les cailloux du lit de l'Harrach, c'est une quantité insigniflante, ne pouvant nullement expliquer les débits qui passent en toute saison à ciel ouvert dans l'Harrach inférieur. En suivant ce lit pas à pas, en 1874, M. Ville et M. Pouyanne ont pu s'assurer, par de nombreuses mesures thermométriques, par des jaugeages répétés de distance en distance et par la vue directe, que tout le débit de l'Harrach inférieur, en étiage, provient de sources artésiennes naturelles, sourdant pour la plus grande partie dans le lit, mais pour une certaine fraction, aux envi-

* D'après une communication de 11. l'ingénieur en chef des mines Pouyanne.

* Degousèe. Bull, de la Société géologique^ 2* s6rie, t. V, p. 30 et t. Yll, p. 481.

rons et dans le lit des affluents inférieurs. A l'étiage le débit total ainsi produit dépasse un mètre cube par seconde. La presque totalité de ces sources artésiennes sort de terre avec

Fig, gg. — Cirlcde la B«h« Hitidji. n. temia créticé; m, terrain tertiaire; 4, terrain qniterniire. Les umitgn 4 nappHJiitlisuntei lont repréienlâa par de pfliti rondi aairt, etrcux il nappei sinipleinenl isccndinls, pir de pellli cin'ét. — D'iprji H. Pouyanne.

une température de iS à 19°, à peine supérieure à la température moyenne des lieux qui atteint 17° ou 17",5. Un très petit nombre de sources seulement, fournissant ensemble un faible débit, sourdentà la température de 21 à 22*.

Les faits ainsi observés prouvent à eux seuls que dans la partie tout à fait inférieure du bassin de THarrach, il existe au moins deux nappes artésiennes, Tune à profondeur assez grande, fournissant peu de sources, l'autre à profondeur moindre, fournissant la plupart d'entre elles. Celles de ces dernières qui se font jour au dehors du lit des oueds faisaient autrefois un vaste marais de toute cette partie de la plaine de la Mitidja ; les fossés d'assainissement en ont fait disparaître un grand nombre, ou plutôt leur ont donné un emploi utile tout en supprimant les marécages. Ces phénomènes ne sont pas particuliers au bassin inférieur de l'Harrâch, mais on les retrouve aussi dans le bassin inférieur du Mazafran.

L'existence des nappes en question est démontrée, d'autre part, par les nombreux sondages de la basse Mitidja,

La figure montre que la Mitidja est formée par une bande quaternaire s'appuyant au nord sur les collines tertiaires du SaheL au sud sur le terrain crétacé du petit Atlas et un certain nombre d'affleurements tertiaires qui en bordent le pied. La profondeur de cette bande quaternaire n'est pas bien connue; mais elle dépasse 120 mètres en plusieurs points, comme il résulte de plusieurs sondages. Elle semble, si l'on peut s'exprimer ainsi, n'être au moins dans sa partie supérieure que l'intégrale des cônes de déjection des nombreux torrents venant du petit Atlas. Cela explique pourquoi ce terrain n'est point régulièrement stratifié, au point que deux sondages, même fort voisins, présentent toujours des coupes dissemblables. Le terrain consiste en lentilles plus ou moins étendues composées les unes de cailloux roulés, les autres de sable, d'autres d'argiles sableuses ou caillouteuses, d'autres d'argile à peu près pure, enchevêtrées les unes dans les autres. Les eaux du petit Atlas s'infiltrent dans la partie sud de ce terrain, y descendent à des profondeurs diverses,

i72 ROLE DES LITHOCLASES DE DIVERS ORDRES.

cheminent par les lentilles perméables, tantôt s*élevant, tantôt s'abaissant, tantôt se partageant en plusieurs nappes, suivant la composition du terrain, et viennent buter contre le pied du Sahel, formé par les puissantes assises du terrain sahélien (miocène supérieur). S'infiltrant aux altitudes de 120 à 150 mètres, elles arrivent au pied du Sahel sous un sol dont l'altitude maximum est de 50 mètres vers les Quatre- Chemins et s'abaisse de plus en plus vers Maison-Carrée d'une part, vers le Mazafran de l'autre. Leur pression hydrostatique est suffisante pour les faire remonter partiellement au jour par une foule de crevasses naturelles. On a pensé qu'elles devaient avoir sous la mer un exutoire direct et cette opinion n'a rien d'invraisemblable.

Beaucoup de sondages ayant fourni des résultats utiles sont compris dans une bande de 56 kilomètres de longueur et 7 à 8 kilomètres de largeur. Tous n'ont pas donné de l'eau jaillissante, et beaucoup ne fournissent que de l'eau arrivant à 5 ou 6 mètres sous le sol. Mais avec des engins élévatoires (norias ou pompes) ils donnent des débits considérables, et beaucoup de particuliers s'accommodent parfaitement de ce résultat.

Presque tous empruntent l'eau de la nappe supérieure qui se rencontre ordinairement entre 25 et 45 mètres de profondeur.

D'autres parties du département d'Alger, ainsi que du département d'Oran, sont riches en sondages.

Hodna et Sahara dn département de Coastantine. ~-~ DaUS de

vastes régions du globe où il ne pleut pas, il peut exister néanmoins à proximité de la surface, des nappes d'eau qui y pénètrent latéralement de régions éloignées.

Ainsi, les puits artésiens du Sahara, qui jaillissent généralement de couches quaternaires sont alimentés, du moins

en partie, comme l'a déjà reconnu M. DubocqS par des nappes subordonnées au terrain crétacé. Ils représentent une véritable imitation artificielle des sources jaillissantes du même pays.

La vaste région qui s'étend du 2' au 5* degré de longitude orientale, du 35* au 52* degré de latitude, n'est point stérile sur toute son étendue. On y constate des alternances de hauteurs et de dépressions qui viennent fréquemment borner un horizon que l'on croyait sans limites, ainsi que, des dunes de sables et de vastes marécages. Les lacs salés ou chotts et les dunes de sables, à la surface incessamment agitée et remaniée par le vent, sont seuls absolument stériles. Des arbrisseaux rabougris et noueux, retenant le sable ou la terre autour de leur pied, de manière à former une série de buttes naturelles; quelques graminées, des plantes littorales, qui ne prospèrent que dans les terrains contenant une certaine proportion de sel marin, couvrent le sol du désert, et sont incessamment rongées par les moutons et les chameaux des nomades, auxquels leurs feuilles servent de pâtures pendant les mois de l'hiver.

On rencontre de plus aux abors des cours d'eau qui descendent de l'Aurès, tels que l'Oued Biskra, l'Oued-el-Abiod, rOued-el-Arab, d'assez vastes espaces cultivés en céréales, pour lesquelles on utilise les eaux que les torrents fournissent en abondance en hiver et au printemps, jusqu'à la fonte des neiges qui couvrent les cimes de l'Aurès. A ce moment les blés et les orges atteignent leur maturité; on les coupe et le terrain reçoit, au retour de la saison d'hiver, de nouvelles semences. Les cultures les plus variées prospèrent : des arbres à fruits, tels que le figuier, l'olivier, le grenadier;

^ Annaleê des Mines, 5° sùiie, t. H, p. 248, 1852.

des légumes, fèves, oignons, pastèques, le piment indispensable à la cuisine arabe, le henné et le tabac. On plante de plus dans les clairières, de l'orge qui se consomme le plus souvent en vert (djedria) et donne deux coupes successives au printemps, ainsi que quelques blés hâtifs. Leur irrigation exige, d'après des relevés pris aux environs de Touggourt, environ 70 litres par jour; si l'on ajoute une quantité égale pour les cultures maraîchères du jardin, on arrive à 140 litres par vingt-quatre heures, soit à un décilitre par minute et par dattier, en rapportant tout le volume d'eau à cet arbre, qui sert habituellement de terme de comparaison pour apprécier l'importance des cultures des oasis. L'abondance des eaux forme ainsi la seule limite du développement que peuvent recevoir les plantations de dattiers, car les débouchés en sont faciles et assurés.

Dans les plateaux, les eaux qui descendent des montagnes et les nombreuses sources qui prennent naissance au voisinage des couches relevées des montagnes et des assises horizontales du terrain pliocène du Sahara, pourvoient en quantité suffisante aux besoins des trente-six oasis du Ziban.

Dans le désert de sables ou Souf, qui ne compte que huit villages ou oasis, les palmiers sont plantés au fond de trous coniques de 6 à 12 mètres de profondeur, et trouvent dans le sol, à une faible distance, une nappe d'eau qui leur assure une végétation puissante.

D'après M. Ville, dans le Hodna, c'est un terrain tertiaire marin qui donne les eaux jaillissantes. Il y a plusieurs cuvettes souterraines, nettement accusées par la stratification des couches, et dans chacune desquelles le thalweg représente un maximum d'eaux jaillissantes; ce thalweg souter^ rain renferme lui-même un point de débit maximum. Les principaux cours d'eau superficiels correspondent en général

aux thalwegs souterrains. Dans chaque cuvette, il y a un régime spécial de nappes souterraines et par suite, d'eaux jaillissantes; plusieurs nappes sont superposées, à cause de ralternance fréquente des couches de grès sableux et de marnes. Les eaux de pluie qui tombent directement sur les affleurements des couches absorbantes et les cours d*eau abondants qui descendent des montagnes secondaires ou miocènes limitant au sud et au nord le bassin du Hodna^ et qui passent sur les affleurements des couches tertiaires, servent à l'alimentation des nappes souterraines.

SEab t Htmreem JaUUwiAates natorclleii. — De tcIlcS SOUrCCS

émergent fréquemment dans le Zab occidental du dépôt quaternaire saharien'. Elles ne peuvent être fournies par les eaux de pluie qui tombent dans l'espace très restreint compris entre les bouillons de ces sources et le pied des montagnes crétacées limitant au nord, le bassin du Sahara; la quantité d'eau de pluie qui tombç annuellement est en en effet très faible, et le bassin hydrographique qui la reçoit est tout à fait insignifiant. La température élevée de certaines sources sortant du terrain saharien montre qu'elles viennent d'une assez grande profondeur; leur alimentation est assurée par les belles sources des divers étages du terrain crétacé, sources dont les unes arrivent directement jusqu'au jour et dont les autres passent souterrainement du terrain crétacé dans le terrain saharien.

Dans le Zab occidental on voit de magnifiques sources jaillissantes émerger soit du terrain saharien, soit du terrain crétacé inférieur, soit du terrain nummulitique à la limite du contact du terrain saharien. Ainsi l'Aïn Oumach surgit par plusieurs bouillons ; quelques-uns sortent du terrain

> Ville* Bulletin de la Société géologique, 2* série, (. X&II, p. 113.

crétacé à la température de 27%33 et débitent ensemble 124 litres par seconde.

Tout près de là, à quelques mètres de distance, il y a plusieurs gouffres, dans le terrain saharien, d'où émergent des sources jaillissantes; la profondeur a été trouvée de plus de 40 mètres pour Tun d'entre eux. Un de ces gouffres débite 10 litres d'eau par seconde à la température de 26'*,53. Un deuxième gouffre débite 50 litres d'eau par seconde à la température de 26%33. D'autres sources émergent sur les deux rives du ravin d'Oumach, qui produit en somme un cours d'eau dont le débit est de 217 litres à la seconde.

Ooed Rhir i Sources natnreUc» et tormgem^ — LcS SOUrCCS arté-

siennes naturelles de l'Oued Rhir qui sont surtout nombreuses près d'Ourlana se divisent en deux groupes : les behour (mers), au singulier beliar ou bahret les chrïats.

Les behours sont de grandes nappes d'eau circulaires d'un diamètre variable, ordinairement 10 à 40 mètres, qui sont en communication avec des nappes situées à diverses profondeurs. Ces behours ont une profondeur considérable, si l'on en juge par la couleur vert foncé de leurs eaux. Ils renferment les mêmes petits poissons qu'on trouve dans les puits jaillissants, ainsi que des paludines des mélanies et des mélanopsides. Le behar de Touggourt est le plus considérable de tous; sa surface est irrégulière; elle a 2000 mètres environ de longueur sur une largeur variable de 200 à 300 mètres; sa profondeur au centre est de plus de 40 mètres. Ordinairement les behours sont dans des terrains tout à fait plats; cependant quelques-uns se trouvent au milieu de terrains légèrement bombés; leurs bords sont coupés nettement et à pans abrupts. Il est impossible d'admettre^

« D'après V. L. Ville.

ROLE DES LITHOaASES SIMPLES. 177

comme on l'a supposé, qu'ils résultent de l'éboulement d'anciens puits creusés par les indigènes; les puits taris ou puits morts, bien qu'ayant reçu le nom de behours comme les appellent les Kouara, ne produisent que des mares infectes, le plus souvent sans aucun écoulement au dehors. Les chrïats sont des sources existant au sommet de petits mamelons coniques, de 3 à 4 mètres de hauteur au-dessus de la plaine saharienne. Au sommet de ces mamelons, il y a une petite dépression, rappelant un cratère, dans laquelle la source forme une nappe d'eau vive. Une tranchée pratiquée sur le bord de cette cuvette donne écoulement à l'eau qui sert toujours à l'irrigation de quelques palmiers.

Les nappes souterraines ont donc, pour ainsi dire, des évents à la surface, non seulement par la voie directe des puits dont il va être question, mais aussi par le réseau complexe des conduits naturels qui aboutissent aux behours et aux chrïats.

En général il existe une nappe principale, parfois unique, renfermée dans des sables quartzeux et associée à des marnes compactes, marnes sableuses, sables argileux, le tout alternant avec des allures lenticulaires et variables. Sa pression hydrostatique est maxima dans la région d'Ourlana, où les puits ont atteint la nappe vers 70 mètres. L'eau jaillit dès que la sonde à percé la couverture. En maint endroit, l'eau s'est elle-même frayé passage jusqu'à la surface : d'où les sources naturelles.

Dans la zone privilégiée du Sahara qui comprend une quarantaine d'oasis groupées sous le nom d'Oued-Rhir, et dont Touggourt est la capitale, les jardins sont alimentés par quelques sources naturelles et par de nombreux puits artésiens (fig. 90).

La ligne d'eau de l'Oued-Rhir peut être considérée comme

ROLE DES LITUOGLàSES DE DIVERS ORDRES.

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Fig. 90. -- Carte des forages artésiens de la province de Constantine (subdivision de Batna). Les petits carrés noirs indiquent les puits forés jaillissants; les triangles, les puits forés donnant des eaux ascendantes; les ronds, les puits abandonnés par les Arabes et terminés par les ateliers de sondages. Les chiffres placés à côté de ces différents signes indiquent le nombre de puits en chaque point. — D'après M. Jua.

reconnue depuis l'oasis d'Ourir, au sud-ouest du chott Mel- Rhir, jusqu'au récent sondage de Schmourra, près de Touggourt, soit sur 120 kilomètres*. Elle offre tout son développement aux environs d'Ourlana, où les puits artésiens français ont des débits de 3000 à 3500 litres par minute. Sur toute cette longueur, des recherches suffisamment profondes semblent appelées à fournir des eaux jaillissantes. Elles devraient être faites, non aux oasis actuelles, dont certaines sont mal situées, et où des puits trop multipliés peuvent se nuire, mais en des points convenablement choisis, où se créeraient de nouveaux centres.

Plus au sud, vers l'oued Mya et l'oued Igharghar, il y a également des eaux artésiennes, dans des conditions de moins en moins favorables, à cause du relèvement des couches. A Ouargla, où Ton trouve de nombreux puits artésiens indigènes, les sondages sont assurés du succès.

Les premiers puits artésiens de l'Oued-Rhir sont très anciens. Ebn-Khaldoun, écrivain arabe du quatorzième siècle, en fait mention, et on peut admettre que des puits jaillissants y existaient bien antérieurement; car ce pays était déjà peuplé de Berbères, lorsque Sidi Okba entreprit la conquête de l'Afrique, et il est ainsi assez difficile de supposer que l'emploi des puits artésiens ait été introduit par les Arabes, à la suite de leur conquête. Ces puits ont une section quadrangulaire, d'environ 0°,80 de côté; leur profondeur, qui estvariable suivant les localités, peut être estimée en moyenne entre 50 et 60 mètres. Pour les creuser les indigènes emploient une sorte de houe a manche très court et très incliné sur le plan de l'outil qui leur sert également pour le travail des jardins.

En 1854, la corporation de ces hommes habiles, surnom-

* Rolland. Association française poui' l'avancement des sciences. ReimSi 1880, p. 547.

mes les Meallem (savants) et R'tassin (plongeurs), qui avaient créé et vivifié ces belles oasis du Sud, n'existait plus que de nom. Des pertes considérables l'avaient cruellement éprouvée de 1845 à 1854, et, malgré le prestige dont elle était entourée, on montrait peu]d'émulation pour apprendre un métier aussi périlleux, et dont la conséquence était la phthisie ou une mort prématurée.

Dès l'année 1844, M. l'ingénieur en chef des mines Fournel avait pressenti le rôle important que la sonde artésienne était appelée à jouer dans la province de Gonstantine, pour doter d'eau potables les régions sahariennes qui en sont dépourvues sur d'immenses étendues. Il ne put, à cette époque, qu'entrevoir pour ainsi dire, ces vastes plaines que nos colonnes n'avaient pas encore sillonnées dans tous les sens. Aussi, le premier essai de sondage fut-il entrepris, sur la proposition de M. Fournel, auprès de Biskra, c'est-àdire à la porte même des régions sahariennes. Par suite des difficultés survenues dans l'exécution des travaux, le sondage dut être abandonné, avant d'atteindre la nappe artésienne qui existe probablement à l'aplomb du point choisi.

Ce premier insuccès fit susprendre, pendant plusieurs années, les travaux de sondage dans la province de Gonstantine.

M. l'ingénieur des mines Dubocq fit, en 1848, un voyage à Touggourt. Il visita les principales oasis échelonnées entre ce point et Biskra, étudia les terrains au double point de vue de la géologie et de l'hydrologie et, dans un mémoire qui fut publié en 1853*, il fit connaître les nombreux puits jaillissants creusés par les indigènes avec les moyens primitifs dont nous venons de parler. Il démontra sans peine le suc-

1 Annales des mines, 5' série, t. II, p. 249, 1853.

ROLE DES LITHOGLâSËS SIMPLES. 181

ces que la sonde française remporterait dans les terrains des oasis. M. le général Desvaux* embrassa avec enthousiasme ridée de créer des gîtes d'étapes sur la route militaire de Biskra à Toughourt, de multiplier les oasis dans les solitudes du Sahara, et de rendre une vie nouvelle à des oasis déjà existantes, mais qui dépérissaient par suite de la diminution des débits de leurs puits jaillissants. Les projets du général Desvaux furent mis immédiatement à exécution. Les sondages de rOued-Rhir furent d'abord confiés à M. Jus, ingénieur de la maison Degousée et Charles Laurent qui fournit tout le matériel nécessaire.

En 1858, on entreprit, dans le bassin du Hodna, des puits artésiens qui auraient ouvert un vaste champ à la colonisation européenne, s'il eût été possible d'irriguer ses plaines incultes.

Plus tard, quelques sondages furent exécutés dans la partie septentrionale du Tell de la province, à la suite des études géologiques de M. l'ingénieur des mines Tissot.

Dans un ouvrage intitulé : Voyage (T exploration dam les bassins du Hodna et du Sahara^ publié en 1868, M. Ville a fait l'étude géologique des bassins artésiens de la province de Constantine et a décrit tous les puits artésiens creusés jusqu'en 1864, en indiquant les conséquences générales à déduire de l'ensemble de tous les travaux.

Plusieurs bassins artésiens ont été reconnus dans la province de Constantine ; ce sont les suivants en allant du sud au nord.

l*" La grande cuvette du Sahara. Le chott Melrhir qui en occupe la partie la plus basse se trouve à 25 mètres environ au-dessous du niveau de la mer, à son extrémité occidentale ;

2* Le bassin d'El-Outaïa ;

< Même recueil, 5« série, t. XIV, p. 421, 1858.

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3* La cuvette du Hodna ;

4** La région des petits lacs salés, formant une large bande dirigée de l'O. N. 0. à l'E. S. E. au milieu du Tell.

5° La zone septentrionale du Tell \

Ces différents bassins correspondant à des ondulations dans le terrain quaternaire du Sahara, constituent autant de cuvettes artésiennes distinctes.

La figure 91 indique, d'après M. Charles Laurent', la disposition des puits forés entre Tamelath près Temacin et Biskra.

Il n'est pas inutile de comparer ce qu'était l'Oued-Rhir, d'une part en 1856, deux années seulement après la prise de Touggourt et alors que la paix et la confiance venaient de renaître dans le Sahara, et d'autre part en 1880, c'est-à-dire 23 années après l'introduction de la sonde artésienne dans le Sahara.

Nombre d'habitants. . . .

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