WAUXHALL
Ëchsllc dos Hauteurs
Fig. 108.— Coupe pri» aui environ) de Kidovodili.paiHnl {iir 11 riiitrc OIkovka et 11 buUedii Wiuiball, inontraiit la liliiitioii de li lauri'e Ihermile du Narun, et celle de la source du Houlln. C„ trtltté infiricur (oéocomien) ; Qi, Inverlin ; a, sIluTioni. — Daprta X. Dru.
■sures qui livrent passage à de véritables sources vauclusiennes, comme celle du Moulin de la Berezovaïa.. Quelques bancs composés d'un calcaire oolithique jaunâtre ou gris, avec de nombreux fossiles, sont en quelque sorte perforés. La station de Kislovodsk, la plus fréquentée du Caucase, ne possède qu'une seule source minérale, le Narzan (géant), qui -est caractérisée par l'abondance de l'acide carbonique. Elle se trouve dans une vallée pittoresque, au pied des premiers contreforts de la chaîne caucasique, à 800 mètres seulement *\e la source du Moulin qui vient d'être signalée. Quoique la
■ Od coiinait les iinporlintei reclierclies de 11, Abich sur la gtoiogic et l'hydrologie dei provinces caucasiennes 1 ce qui suites! emprunté aux GeclogUche Beobachtuigea auf HeiuH im Katikanu, Slotcoii, 1875, de ce ntbiiI éminent.
ROLE DES LITHOOASES m DIVERS fflIDRES.
roche émissaire du Narzan ne soit pas
g visible, il est certain qu'elle appartient
1 à ces calcaires dolomi tiques que l'on
I retrouve près de son émergence, dans
à les berges de la rivière Olkovka.
i, A Piatigorsk ((îg. 109 et HO) les
l^s mouvements qui ont poussé au jour les
~t assises crétacées de la Machouka et re-
|S jeté sur ses pentes les couches ter-
1^ tiaires, onten même temps produit des fi fractures, l'une, principale, E. 55° N., u| dont profitent les eaux thermales. Les I s pentes du mont Machouka sont formées t s- de couches peu épaisses d'un calcaire s~ bleuâtre, à lexture cristalline, recou- I si pées quelquefois dans leur masse par ^1 de petits filons de carbonate de chaux, f.| et séparées par des lits minces de marne is feuilletée. L'inclinaison moyenne des il bancs varie de 10', vers la cote 640 I ï mètres, à 55°, yers 746 mètres.
.5|- En orientant la direction générale mZ de ces affieuremenls, que l'on peut f g suivre sur toutes les pentes de la Mae* chouka, on est conduite un des ac- |£ cidents géologiques les plus remar- I S quables de la contrée, le Grand-Froval I ' {ûg.ill),sortedegouffrecratériforme, ^ mis en communication avec un chemin '^^ d'accès par une galerie de 80 mètres de s longueur. Du fond de cet entonnoir ^ émerge une source thermale puissante, à l'altitude de 770 mètres. Ce
ROLE DES IITHOGUSES SIIIPLES. 331
gigantesque griffon, qui sort du terrain crétacé, est traversé par une fente E. 27" N., à peu près suivant la direction générale des affleurements. Près de cet alignement, une
Fig, lil). - Coupa géologique pinial par iMmonUMichonka, Bechtaou el Verblaud (nioi.t Chs- ■neiu). y, schistes critlillins ; j„ lemin juriuique liiférieur; /„ lernin junnLque niptrieur ; C, leiTBtn crétacé ; B, lerrtin éocéns \ Q. [ntcrlin. a. rocbej éniptivci : andéiite, mierogrii- Nulilc el porphire pélruiiliceui, — D'après M. Dru.
deuxième Assure bien moins importante, appelée Petit Proval, existe entre la galerie Elisabeth et le Grand Proval; ello
Grand - Proval
t.cneiie aea Longue
est au sud de celui-ci, et se continue, en descendant au sudouest, par des séries interrompues de fentes et d'ouvertures en partie comblées.
Terrain jurasiiijue.
Les terrains jurassiques, avec leurs couches calcaires souvent très fissurées, alternant avec des couches marneuses ou argileuses, donnent Heu à d'assez nombreux niveaux d'eau qui ont été étudiés avec soin dans beaucoup de lieux.
232 ROLE DES LITHOCIASES DE DIVERS (ADRES.
ToMe^ — Les marnes supérieures du lias à bélemnites déterminent dans TYonne un grand nombre de sources, souvent fort abondantes, alimentées par les eaux qui s'infiltrent dans le calcaire à cntroques. Dans les coteaux qui forment le bord de la première terrasse de la Bourgogne, et que, d'Àvallon, on voit border Thorizon, la nappe d*eau vient affleurer à une grande hauteur pour s'abaisser dans les flancs des vallées et des vallons. Les principales sources sont à Anstrude, Santigny, Marmeaux, Talcy, l'Isle, Civry, Dissangis, Lucy-le-Bois, Aunay-la-Côte, Girolles-les-Forges, fiivry, Domecy-sur-le-Vault, Asquins et Fontenay-près-Vézelay. Un grand nombre de ruisseaux s'en échappent et vont grossir TArmançon, le Serain et la Cure, au-dessus d'Aisy, de Civry et 'de Fontenay. En outre, cette nappe alimente, sur le plateau de calcaire à entroques, des puits dont la profondeur est variable, par suite de Tinclinaison des assises.
Un second niveau repose sur les marnes et calcaires à pholadomyes. Les eaux qui traversent la grande oolithe sont arrêtées par cette assise marneuse et donnent lieu seulement à un petit nombre de sources peu considérables, placées sur une zone un peu plus éloignée d'Avallon que la précédente. Quelques-unes, comme celles de Voutenay et du ruisseau d'Asnières, ont cependant de Timportance. Les puits peu nombreux et plus ou moins profonds des plateaux de la grande oolithe sont alimentés par cette nappe.
De plus, dans le fond des grandes vallées, il y a quelques sources considérables à la partie supérieure de la grande oolithe, sous les argiles oxfordiennes inférieures. Les principales sont les fontaines de Lichères, dans la vallée de TYonne, de Saint-Moré dans celle de la Cure, d'Arlot à Cry, de Fulvy a la (irande-Fontaine près d'Argenteuil, dans la
' Raulin. Deêcriplion de V Yonne, p. 125.
vallée de TArmançon. Cette dernière, dit Élie de Beaumont, est un nouvel exemple de ces cours d'eau souterrains formés dans l'intérieur du massif calcaire du plateau de la Côted'Or, par l'infiltration des eaux pluviales et même de certains ruisseaux. Resserré entre le niveau des eaux de l'Armançon et les couches marneuses et imperméables de Tétage oxfordien, ce cours d'eau souterrain n'a d'autre issue que la vallée même de l'Armançon, dans laquelle il se fait jour.
A un étage plus élevé encore, le calcaire marneux de l'assise oxfordienne supérieure donne naissance à des sources parfois assez abondantes. Toutes les eaux qui se perdent dans le calcaire corallien viennent s'y réunir ; les principales sources sont celles de Baon, deSoulangj, près de Tonnerre, €hemilly-sur-Serain, Val-de-Mercy et Courson. Elles donnent lieu à quelques ruisseaux peu considérables qui, en général, se perdent dans le sol avant d'atteindre les rivières. Cette nappe alimente les puits, ordinairement très profonds, creusés dans le calcaire corallien. Dans la partie sud-ouest du département, au delà de Courson, elle existe à peine, l'assise oxfordienne supérieure étant presque exclusivement formée par des calcaires compacts.
Dans le fond des grandes vallées, quelques fortes sources sont alimentées par des bancs supérieurs du calcaire corallien, au-dessus du calcaire marneux à astartés. Les principales sont la Fosse Dionne, à Tonnerre, et les sources de Bellombre, près d'Escolives, dans la vallée de l'Yonne.
Il est un quatrième niveau d'eau dont la constance n'est dépassée que par celle de la nappe superposée aux marnes à bélemnites. Toutefois, comme la séparation du calcaire compact portlandien et des marnes kimmeridgiennes n'est pas tranchée, et que d'ailleurs les calcaires alternent avec les marnes, il y a une succession de faibles nappes situées à diverses hauteurs. Le plus grand nombre d'entre elles et
234 ROLE DES LITUOaiSES DE DIVERS ORDRES.
les plus abondantes sont situées sur la pente rapide de la deuxième terrasse de la Bourgogne ou dans les vallons qui y sont renfermés* Ce sont celles de Melisey, Serrigny, Fyé, Fontenay-près-Chablis, Beine» Quenne, Gy-l'Évêque, Yallan (dont une partie des eaux a été détournée pour le service de la ville d'Auxerre), Migé, Mouffy, Ouanne, Loing, près de Sainte-Colombe, Treigny. Plusieurs ruisseaux s'en échappent et viennent grossir TArmançon, le Serain et l'Yonne. Cette nappe alimente, en outre, sur le plateau de calcaire portiandien, les puits peu nombreux, mais profonds, qui y sont creusés.
A part les sources précédentes, il en est d'énormes à divers niveaux du terrain jurassique*. Telles sont, dans la Côte-d'Or, celles de TArlot (vallée de TArmançon), de Laignes (vallée de Laignes), de Courcelles-les-Bangs (vallée de la Seine), de Brion et de Thoires (vallée del'Ource); dans l'Aube, celle de Montigny (vallée de l'Aube); dans la Haute- Marne, celle de Château-Yillain (vallée d'Aujon), de Condes (vallée de la Marne), etc.
!. — D'après M. Lefort*, on connaît, dans la Nièvro, plusieurs localités où l'eau minérale a été reconnue, et dont le sol est formé de couches comprises entre le trias supérieur et l'étage oxfordien. Elles sont :
1* A Fougues, en quatre points groupés autour de la gare du chemin de fer ;
2* A Fourchambault, en trois points, entre le passage à niveau de la route de Gorchisy et la Loire ;
5* A Tazières, en trois points à peu près en ligne droite.
De nombreuses cassures ont disloqué la région de Fougues. Des assises diverses se heurtent avec des inclinaisons
* Belgrand. Eaux nouvelles^ t. IV, p. il6.
s D'après une obligeante communication manuscrite.
ROLE DES UTDOCLiSES SIMPLES. 235
différentes, par suite de failles qui donnent un cachet particulier au pays.
Les sources minérales de Fourchambault ont été rencontrées dans des forages, à 20 mètres environ de profondeui*. L'eau gazeuse a jailli du puits du Château de Tusine des Forges, à la profondeur de 13 mètres, soit 7 mètres en contre-bas de la nappe aquifère d'eau douce. Non loin de la gare, on a trouvé une source d'eau douce extrêmement abondante à 8 mètres de profondeur.
Au château du Chasnay, le puits ayant été creusé au-dessous de Li nappe aquifère, qui s'étend sous les calcaires ù cntroques, l'eau gazeuse a paru et l'on a dû boucher le fond du puits pour ne conserver que l'eau douce. L'eau minérale monte dans tous les puits, assez près de la surface, mais ne jaillit nulle part.
Dans tout le pays l'eau minérale a été trouvée au-dessous de l'abondante nappe d'eau douce qui alimente les puits de la contrée, et qui provient de la partie moyenne de l'étage toarcien, laquelle est très argileuse, compacte, imperméable et très pyriteuse. L'eau minérale affleure aux altitudes suivantes : Fougues, 190 mètres; Fourchambault, 180 mètres; Tazières, 198 mètres.
Ces sources constituent plusieurs alignements en rapport avec des failles.
Dans le sud du département, plusieurs autres sources bicarbonatées gazeuses se montrent naturellement a Saint- Parizé-le-Châtel et dans le bois des Vertus. Elles sont situées, la première à 28 kilomètres, et la seconde à 38 kilomètres de Fougues. Elles se trouvent aux altitudes suivantes : Saint- Farizé-le-Châtel, 205 mètres; Bois-des-Verlus, 240 mètres.
Elles jaillissent de failles bien nettement accusées à travers les calcaires infraliasiquesde la zone dite hettangienne et orientéesN. 52*^E., comme à Fougues et a Fourchambault.
256 ROLE DES LITHOaASES DE DIVERS ORDRES.
Mearthe-ct-iiioMUe ' . — Des dispositions Semblables à celles qui viennent d'être signalées dans l'Yonne se rencontrent dans le département de Meurthe-et-Moselle.
La couche marneuse située à la base de Toolithe inférieure alimente les puits des communes situées sur un grand nombre de lieux des plateaux de l'arrondissement de Briey. Grâce à elle, on voit des communes, telles que Liverdun, bâties au-dessus des escarpements de l'oolithe inférieure, à plus de 60 mètres au-dessus du fond des vallées, posséder des fontaines abondantes.
Dans les arrondissements de Nancy et de Toul, des couches marneuses subordonnées à l'oolithe inférieure fonctionnent comme banc imperméable et déterminent une nappe d'où sortent les plus fortes sources, telles que celles <|ui avoisinent l'embouchure du Terrouin, en face d'Ingeray, et celle de Frasne sous Villey-Saint-Étienne. Toutefois, entre les grandes lignes de cassure, les calcaires marneux présentent souvent assez d'imperméabilité pour assurer l'alimentation des puits creusés dans les calcaires supérieurs. Pour les coteaux dont la partie supérieure est formée par le calcaire à nérinées et à astartés, une petite couche de marne imperméable détermine en nappe.
HcHM et Hante-Hanie ^ — Une nappe forméc par les eaux contenues dans les calcaires caverneux et fissurés du portlandien repose sur les argiles du kimmeridgien (sources de l'Aisne et delà Chée).
En outre, aux environs de Vassy, le calcaire portlandien est percé de nombreux puits naturels absorbants, dus à des failles.
' D*aprè8 M. Braconnier.
• Fuchs. Feuilie4 géologiques de Dai^-le-Btic et de Vasnj.
*. — L'étage oolithique inférieur, avec ses alternances de couches calcaires iissurées et de marnes argileuses élanches, offre de même, en Lorraine, une disposition éminemment propre à la production des sources. On rencontre dans ce terrain trois nappes principales, qui sont placées ainsi dans l'ordre ascendant : l"" à la base de la formation où la puissante assise de calcaires repose sur les marnes liasiques associées au gite de limonite oolithique; â"" au contact des marnes argileuses et sableuses à Ostrea acuminata et de l'oolithe de Jaumont; o"* aux points, où les calcaires gris à grosses oolithesse superposent aux argiles de Gravelotte. On trouve également quelques suintements dans les couches calcaires intercalées au milieu de ces argiles, mais ils sont peu volumineux et très sujets à tarir pendant l'été.
La première nappe est de beaucoup la plus importante. Correspondant à une puissante assise de calcaires fissurés, et recueillant même une partie des eaux des couches supérieures, elle donne lieu à épanchements très considérables. La plupart des sources qui existent dans les vallées à l'ouest de la Moselle tirent leurs eaux de cette nappe; ce sont, en particulier, les Bouillons de Gorze, dont il a été question plus haut, à propos de la faille qui contribue à renforcer leur volume ; les sources de Mance et de Montvaux, celles de Scy, de Lessy, de Saulny, de Marange, de Pierrevillers, de Rombas, la belle fontaine de Glouange dans la vallée de l'Orne, dont les figures seront données dans la seconde partie, les sources de la Fensch % de l'Alzette, et des ruis-
* Jacquot. Description géologique de la Moselle,
* Les marnes superposées à la couche de minerai de fer oolithique ont une épaisseur de 5 à 40 mètres. Dans les parties où elles sont minces et où elles se brisent à la suite de l'exploitation, elles laissent pénétrer les eaux dans les galeries, particulièrement do novembre en avril : c'est ainsi qu'elles affluent très abondamment dans les mines de llerserange.
seaux de la Gôle-Rouge et du Coulmy. La Chiers a également sa source à ce niveau, sur le territoire de Differdange, aune petite distance de la frontière.
Le niveau d'eau qui correspond aux marnes à Ostrea acuminata, s'épanche à la surface en sources assez rapprochées, mais peu volumineuses. La plupart des petites fontaines qui prennent naissance sur le plateau, à peu de distance de ses bords, appartiennent à ce niveau ; telles sont celles d'Auboué, de Briey, de Beuvillers, de Boulange, de Cosnes, de Lexy, de Tellancourt et de Bromont.
La troisième nappe donne lieu à des sources qui ne manquent pas d'importance et notamment à celles de Saint- Julien-lès-Gorze, Chambley, Tronville, Vionville, Puxieux, et à celles des deux Failly et du Petit Xivry dans le canton de Longuyon. La région de la plaine de Briey, la moins bien pourvue d'eau, est, comme on le voit, celle qui s'étend sur les argiles placées à la base du troisième groupe de Toolithe : on n'y rencontre que quelques suintements peu volumineux, circonstance qu'il faut attribuer à la compacité de cette assise et au peu d'étendue des couches perméables qui y sont intercalées. Aussi les eaux météoriques s'écoulent-elles à la surface de cette région et se rendent-elles aux cours d'eau, sans pénétrer dans le sol. L'extrême perméabilité des calcaires de l'étage inférieur donne lieu, au contraire, à des phénomènes inverses. Il n'est pas rare de voir un ruisseau, après avoir coulé pendant quelque temps à la surface du plateau, disparaître tout à coup dans ces calcaires. Ces pertes d'eau sont assez communes dans l'arrondissement de Briey; les plus connues sont celles de Havango et du Grand-Bichet, commune de Mercy-le-Bas. Selon toute vraisemblance, les eaux qui disparaissent ainsi, contribuent à alimenter les sources qui prennent naissance dans les vallées voisines à un niveau géologique inférieur.
Pour préciser, nous citerons, d'après Tobligeante communication de M. Simon, comptable aux usines de Hayange, l'exemple des volumineuses sources de la Fensch, dont le débit varie, au cours d'une année normale, de 8000 à 60000 litres par minute, eta été exceptionnellement jusqu'à 200000 lilres. Ces sources sortent par sept ouvertures dis-
<^Aumetz
\ Rochimviller/
Scrroirville
Ludelanjp ç^/ ^^7 /
A rr / X^ngivillers /
y- \ ♦navange / \
^uvillus^.
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♦/Tncux ^
Eehelle
«kd.
Fig. 112. — Carte de la région de la Lorraine, située entre Aumetzet Hayange, montrant la disposition des railles principales indiquées par des lignes brisées, et celle des sources de la Fensch à Fontoy, avec les pertes d'eau A,B,C,D,E,F,G, auxquelles elles paraissent devoir leur origine, ainsi que les sources S,S,S du Controy, de la Crusne et de Sainte-Neige. — D'après M. Simon.
tinctes, sous l'ancien château de Fontoy (fig. 112 et 113). Elles correspondent à une faille dirigée E. 46** N., qui met les argiles de Gravelotte en contact avec le calcaire à polypiers. A 250" de leur émergence, ces sources font marcher toute l'année un moulin de quatre paires de meules, et plus bas, sur un cours de 13 kilomètres, jusqu'à son confluent avec la Moselle, elle est utilisée dans dix-huit chutes pour
faire mouvoir des roues hydrauliques et des turbines, dont certaines sont très fortes, particulièrement dans les cinq usines de Hayange.
Or sur le plateau d'environ 73 kilomètres carrés qui s'étend à l'ouest de Fontoy, se trouvent beaucoup d'entonnoirs dans lesquels se perdent les eaux. Les plus importants sont marqués sur la figure par les lettres A, B, G, D, E, F, G. Ges trois derniers sont les plus considérables.
L'entonnoir G, situé entre Ludlange et Hayange, reçoit les eaux de la région qui s'étend d'Âumetz à Tressange,^
HHJL
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Echelle des Lonoueurs .
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Echelle des Hatiteurs
Fig. 113. — Coupe suivant la ligne afr du plan précédent, montrant comment les sources S, dites de la Fensch à Fontoy, jaillissent d'une grande faille pasianl dans cette localité; ffft couche de minerai de fer oolithique rejeté par les failles et qui supporte une nappe d'eau, également rejetée et formant ainsi la source de la Fensch. — D'aprés M. Simon.
Rochonvillers et Havange ; autrefois ces eaux formaient un ruisseau appelé le Kellebri, qui se jetait dans le ruisseau de Boulange et qui a disparu depuis vingt-cinq ans environ, époque de la formation de cet entonnoir. En y jetant de la sciure de bois, les paysans ont constaté que les eaux de cet entonnoir forment les deux sources nord de la Fensch, qui restent toujours limpides.
Il y a environ 60 ans, les entonnoirs G, D, E, F n'existaient pas; les eaux du ruisseau de Boulange se déversaient dans le Gonroy, au détriment duquel la Fensch en profite aujour-
ROLE DES LITHOGLASES SIMPLES. 2ii
d'hui. La source actuelle du Conroy débite environ 50 litres par minute.
Les cinq sources du côté sud correspondent aux entonnoirs €, D, E, F, et probablement aussi à A et B. Chaque fois qu'un orage est localisé sur les hauteurs d'Audun, Sancy et Boulange, sans atteindre Fontoy, l'eau de ces cinq sources se trouble, tandis que les deux autres restent claires.
Ainsi, les eaux des entonnoirs, sans doute par l'intermédiaire des failles et de leurs ramifications, descendent d'une hauteur de plus de 120 mètres pour former les sources de la Fensch. La source de la Crusnes, environ 15 fois moindre que celle de la Fensch, ne provient pas comme ces dernières d'entonnoirs, mais de la dénivellation du sol occasionnée par la grande faille d'Audun-le-Tiche, qui, par suite de l'aifaissement du côté oriental, fait aboutir la nappe d'eau à la surface du sol, où elle vient émerger.
Enfin les sources de Sainte-Neige, commune de Neufchef, près de Hayange, proviennent de la grande faille dite de Hayange, par suite de cassures secondaires, dont deux sont a angle droit. Elles produisent environ 120 litres par minute, et, à 50 mètres environ de leur émergence, elles disparaissent en s'engouffrant dans la grande faille de Hayange, pour en ressortir plus bas, peut-être entre Hayange et Knutange, où il y a plusieurs petites sources.
C'est principalement dans l'ooiithe que l'on peut remarquer les rapports qui existent, d'une manière presque cons* tante, entre la position des habitations et la distribution des eaux souterraines et des sources. Une première ligne de villages est placée à mi-côte sur la falaise qui termine le plateau; elle est habituellement alimentée par les sources du premier niveau. Noveant, Dornot, Vaux, Jussy, Lessy, Scy, Plappeville, Saulny, Marange, Pierrevillers, Bombas et une foule d'autres localités, sont situées dans cette position. Sur
le plateau, les villages sont groupés au contact des marnes à Ostrea amminata et de l'oolithe de Jaumonl, où il existe de petites sources; mais on en voit aussi beaucoup sur cette dernière assise; ceux-là se procurent l'eau qui leur est nécessaire, en creusant des puits qui descendent généralement jusqu'aux premières couches du système marneux placé à la base de l'étage supérieur. Il n'y a jamais de groupes d'habitations, au contraire, sur le calcaire à polypiers, parce qu'il faudrait descendre à une trop grande profondeur pour y rechercher l'eau. On ne connaît, dans l'ancien département de la Moselle,' que Longwy qui fasse exception à cette règle; lespuils qui alimentent cette ville traversent toute l'oolithe inférieure; l'eau s'y tient à 60 mètres au-dessous du sol. Mais il faut remarquer que Longwy est une place de guerre, dont l'emplacement a été déterminé bien plutôt par des considérations stratégiques que par la nature. Les villages de la partie occidentale de la plaine de Briey sont, en général, alimentés par la troisième nappe ; aussi la plupart d'entre eux sont-ils placés sur la ligne de contact de l'argile marneuse à Ostrea costata et des calcaires oolithiques gris qui la surmontent.
firand-Doehé de Iiaxemlloar9^ — La valléc de la Syrc prend son origine à Syren, à 12 kilomètres de Luxembourg, dans un sol très accidenté. Une sorte d'entonnoir (fig. H4) dans les couches du calcaire infraliasique, que recouvrent les couches très perméables de grès du Luxembourg, donnent naissance à la source la plus volumineuse du pays : elle forme immédiatement un ruisseau qui, à 100 mètres de là, fait marcher plusieurs moulins.
Le ruisseau du Muhlbach, à 2 kilomètres au N. 0. de Luxem-
* D'après V. Siégea, auteur de la carte géologique du Grand-Duché.
ROLE DES UTHOCLASES SIÏPLES.
bourg, présente une disposilion identique à celle de la Sjrc. Sepl sources assez considérables jaillissent sur une super-
ig. 111. — Plia II coupe moninni li iourc« Li. marnes inrnliiiiqusii U. urét intnl oTolilei ; S, iource. — D'iprèa H. SiegeD.
ficie de moins d'un are et donnent naissance au ruisseau qui sert de moteur à une importante fayencerie.
C'est le même gras qui alimente les puits de Luxembourg.
woM^heri'. — Le plateau de l'Alpe du Wurtemberg formé du Jura blanc (séquanien) est tout à fait sec, si ce n'est dans les lieux où il est recouvert de quelques lambeaux de terrains tertiaires ou de tuf basaltique. Cette aridité résulte de ce que les couches sont très fissurées, de sorte
> Fnu. Die Jïudterc mineraUen Wurltmbergt, 1860.
que les eaux de pluie s'infiltrent jusqu'à ce qu'elles rencontrent des couches argileuses ordinairement profondes. Toutes les couches ayant un plongement général vers le S.-E., le versant méridional de TAlpe donne issue à des sources remarquables par leur fort volume. On les voit quelquefois se troubler par suite de pluies tombées à quelque distance sur le plateau qui les alimentent, et sans qu'il soit tombé d'eau dans les environs. Il est arrivé aussi qu'un effondrement les a rendues limoneuses; à la suite d'un accident de ce genre qui eut lieu à Ennabeuren, la source Smihe près Springen, (|ui en est distante de plus de 10 kilomètres, resta trouble pendant quelque temps. Quelquefois aussi, les cours d'eau
Fig. 115. — Coupe montrant les conditions géologiques qui donnent naissance au pied de l'Àlpe du Wurtemberg à la source de Blauberen. — D'après M. 0. Fraas.
souterrains alimentant les sources paraissent se déplacer, comme cela est arrivé pour la source de Sondernach, depuis 1849. Dans cette même année, les sources Smihe devinrent si fortes que la vallée se trouva submergée et, depuis lors, le volume des eaux est resté plus élevé qu'autrefois.
La figure 116 représente la source importante qui sort dans la vallée de le Blau, près de Blaubeuren. Ses eaux, après avoir pénétré à travers les couches « du Jura blanc, sont arrêtées par les bancs imperméables du corallien et elles s'écoulent vers le S.-E. jusqu'à ce qu'elles trouvent une issue par la cassure de Blaubeuren. Entre Tutlingen et Neresheim, il y a des centaines de sources correspondant aux couches argileuses de la partie moyenne du Jura blanc.
Il en existe aussi dans les vallées profondes qui descendent vers le N., particulièrement entre Mûnsigen et Weissenstein.
¥ar et Aipea-Haritiiiies\ — £n y Comprenant les assises crétacées et jurassiques, les couches calcaires constituent, dans les départements du Var et des Alpes maritimes une épaisseur totale de plus de 2000 mètres.
A la partie inférieure des terrains jurassiques, il faut citer surtout, comme principale couche imperméable, les dépôts argileux et finement feuilletés de la zone à Avicula œntorta^ qui occupe une grande étendue.
On peut en effet suivre cette zone depuis OUioules jusqu'à la vallée de Dardennes, d'où la ville de Toulon tire ses eaux. Mais dans cet intervalle, les couches plongeant assez fortement vers le nord, il n'existe pas de sources sur le versant méridional, seul accessible à l'observation. Dans la vallée de Dardennes, la zone revenant au jour sur une assez grande étendue, les sources reparaissent, et, en même temps, la source de la Baume.
Partout aux environs de Tourves, de Saint-Maximin, de Barjols, de Besse, deFlassans« etc., la zone k Avicula contorta joue le rôle de couche imperméable, et produit à peu près la totalité des sources nombreuses et abondantes qui existent dans cette partie du département.
La couche imperméable caractérisée par VAmcula contorta vient au jour sur de grands espaces; mais en général elle plonge sous l'horizon à partir de sa ligne d'émergence. Il résulte de cette disposition que l'eau s'éloigne du bord visible de la zone. C'est seulement par exception que la disposition contraire se présente. Mais alors ce ne sont plus des
* Dieulafait. Zone à Avicula contorta, p. 11 , 1867.
sources ordinaires qui sortent de cette zone : ce sont de véritables torrents. C'est ce qu'il est facile de vérifier en plusieurs points de l'arrondissement de Brignoles, à Bargemont^ à Seillans, à la Foux de Draguignan, etc.
Boda-Pesth : forafes. — Lcs foragcs qui Ont fait jaillir dans ces dernières années à Buda-Pesth des eaux magnésiennes si remarquables et dont l'un dépasse 970 mètres, les ont rencontrées dans des couches de dolomie et de calcaire attribuées à l'étage rhétien et très perméables, à cause des nombreuses fissures et cavités qui les traversent.
Angleterre : CSloeesterahlre, UaeofaMhlre, Lelceeterehlrey N€»r-
ounnpuiBshire (Bvtiuid). — En Angleterre, l'oolithe inférieure et la grande oolithe sont également le siège de sources très volumineuses.
Tel est le cas dans le Glocestershire. D'après M. Prestwich * entre Cirencester et Cheltenham sont, dans l'oolithe inférieure : les sources célèbres dites Seven Wells, origine de la Ghurm et débitant environ par jour 9000 mètres cubes. A Syreford, près Cheltenham, une forte source jaillit à la base de l'oolithe inférieure, d'un volume journalier de 18 000 mètres cubes; elle forme la source principale de la Colne.
Dans la grande oolithe, les sources sont en général encore plus puissantes et moins variables dans leur débit. Elles sortent pour la plupart sur le banc du fuller's earth, qui sépare la grande oolithe de l'oolithe inférieure. Celle de Ampney Cinas, près Cirencester, donne par jour de 22 500 à 90000 mètres cubes.
Douze sources sortant du massif oolithique près d'Oxford
* Sources des enviroru d'Oxford, p. 24.
fournissent un volume moyen de 252 000 mètres cubes par jour.
Des alternances fréquentes de calcaire et de sable avec des argiles donnent lieu à de nombreuses sources bien connues dans le comté de Northampton. Leur sortie à la base des proéminences pierreuses et la verdure qu'elles provoquent à leur sortie les font reconnaître de loin.
Comme il est bien souvent arrivé, la présence de sources a déterminé la situation de villes, villages et même d'habitations isolées. Tel est particulièrement le cas pour des séries de villages en rapport, d'une part, avec la limite de Toolithe inférieure et du lias supérieur, de l'autre, avec celle du niarktone-rock et des argiles du lias moyen. Tandis que des villages ont pris naissance sur de nombreux affleurements de cette sorte, de grandes étendues intermédiaires en sont dépourvues et présentent à peine quelques habitations isolées.
D'après M. Judd, les Northampton sands qui sont à la base de l'oolithe inférieure, reposent dans le Rutland et le Soulh- Lincoln sur une surface érodéede l'argile supérieure du lias.
Fig. 116. — Coupe prise dans le Rutland (Linroinshire) de Somerby i Eiton, montrant les deux niveaux d*eau soutenus par les argiles marneuses et supérieures du lias, sur une longueur de 16 kilomètres ; G, boulder clay ; Oi. oolithe inférieure ; U. argile du lias supérieur ; I^. martstone rock bed ; \%, sables et argiles du marUtone; U, argile du lias inférieur. — D'après M. Judd.
L'escarpement hardi et abrupt formé de roches oolithiques « cliff » qui s'étend sur 145 kilomètres à travers le Lincolnshire jusqu'au lorkshire fournit à sa base, vers sa jonction avec le lias, de copieuses sources, parmi lesquelles la belle source Éléonor Cross, à Geddington et celle de Easton. La figure 116 donne un exemple fréquent dans le Rutland.
248 ROLE DES LITHOaÂSES DE DIVERS ORDRES.
Trias et terrain permien.
Lorraine aiieimuide'. — Le grès bigarré, quoique fournissant des sources, ne présente pas à proprement parler de niveaux d'eau.
Il en existe au contraire un très abondant au-dessus des glaises bigarrées avec gypse qui forment la base du muschelkalk. Ce niveau donne lieu à un très grand nombre de belles sources et, en particulier, à celles qui alimentent le hameau de Ruslroff près Sierk, ainsi qu'un certain nombre de villages placés à mi-côte, dans l'amphithéâtre de collines qui entoure la plaine de Creutzwald, telsque : Berweiler, Remering, Bisten im Loch, Œtingen, Spicheren, Âlsting, Hesseling et Zinging. Beaucoup de sources, dans le canton deRohrbach, prennent également naissance à la jonction des marnes et des glaises du muschelkalk. Un autre niveau se montre, avec une constance remarquable, au contact des couches dolomi tiques qui constituent le troisième étage du muschelkalk et des marnes verdâtres sur lesquelles elles reposent. Il s'épanche à la base des plateaux que ces assises recouvrent, aux points où elles commencent à disparaître sous les marnes irisées. Ce niveau est notamment bien accusé dans la région comprise entre les deux Nieds, où le système supérieur du muschelkalk acquiert un développement exceptionnel. Il y a déterminé l'emplacement des villages de Courcelles-Ghaussy, Chevillon, Maizeroy, Bazoncourt, Villers-Stoncourt et Servigny-les- Raville qui sont tous alimentés par de belles sources. Les mêmes considérations hydrographiques ont amené la fondation de centres de population plus importants, qui occupent dans le département une situation identique et se trouvent
^ Jacquot. Géologie de la Moselle.
dans des conditions analogues, tels que Sarreguemines, Faulquemont, Boulay et Bouzonville.
La contrée occupée par les marnes irisées est mal pourvue d'eau. Les assises marneuses qui prédominent dans ce terrain étant imperméables, les eaux qu'on y rencontre ne peuvent prendre naissance que dans les couches dolomitiques ou gréseuses qui s'y trouvent intercalées; elles sont peu volumineuses et très sujettes à tarir pendant Tété. Par l'effet de ces conditions hydrographiques, tous les villages appartenant à la région keupérienne sont placés sur la dolomie qui couronne l'élage inférieur, ou un peu en contre-bas de cette assise, et, quand elle ne fournit point d'eau courante, ce qui est le cas le plus général, ils s'approvisionnent dans le grès, au moyen de puits plus ou moins profonds.
Quant au grès des Vosges, il est presque toujours fissuré et n'a aucune assise qui puisse arrêter les eaux ; aussi n*y rencontre-t-on pas de sources sur les flancs des montagnes; elles sourdent toutes dans le fond des vallées. Elles sont abondantes, fraîches et d'une grande purelé. Dans le pays de Bitche tous les villages sont, comme les sources, groupés dans les profonds replis du sol, et le reste de la contrée est inhabité.
De même que les couches de houille du nord de la France, celles que la sonde a fait découvrir en Lorraine, sur le prolongement du bassin de Sarrebrûck, sont recouvertes de couches d'un autre terrain. Ces couches, dont l'épaisseur dépasse 150 mètres, appartiennent au grès des Vosges, qui non seulement est poreux, mais traversé par des fissures nombreuses et quelquefois assez larges. A l'abondance très considérable d'eau, conséquence de cette disposition, se joint la circonstance que la nappe d'eau, au lieu d'être restreinte à un niveau déterminé, comme dans le nord de la France, s'étend depuis la surface jusqu'au terrain houiller,
â50 ROLE DES LITHOGLASES DE DIVERS ORDRES.
de sorte qu'elle fonctionne comme une colonne d'eau de 100 mètres de hauteur, c'est-à-dire avec une pression de 10 atmosphères. En 1858, vingt et un millions de francs avaient déjà été dépensés à l'exécution de puits à travers ces couches perméables, lorsqu'on se mit à forer dans cette région, comme on l'avait fait ailleurs avec succès, des puits à niveau plein avec cuvelage en fonte, suivant les procédés Kind et Chaudron*.
de la fterre*. — Sur la rivc gauchc de la Sarre, entre Forbach et Merten, la limite du terrain houiller et du grès des Vosges est marquée par un niveau d'eau extrêmement abondant et qui donne lieu à un très grand nombre de sources ; Tune d'elles est à une distance de 300 mètres environ du hameau de Schoenecken, qu'elle alimente.
Dnehé de Lnxemboorg : HondorT. — Parmi IcS CaUX jaillls-
santes, on peut mentionner celle qu'a atteinte à Mondorf (Grand-duché de Luxembourg) à 202 mètres de profondeur, un forage exécuté à travers le trias, dans le but d'y rechercher le sel gemme.
Henrthe^t-nioseiie. — Au poiut de vue des eaux, le grès des Vosges présente les mêmes caractères dans Meurthe-et-Moselle^ que dans la Lorraine allemande.
AlMicei Sonlti-lea-llalBe et IViederbronn. — La SOUrCC minérale
de Soultz-les-Bains jaillit des couches inférieures du grès bigarré qui se lient au grès des Vosges, dans un vallon, à 4 kilomètres au N.-N.-E. de Mutzig et à 6 kilomètres au S.-S.-E.
* AnnaUê des Mines^ 6* série, t. II.
* D'après M. iacquot.
' Braconnier. Ourrage précité, p. 108.
ROLE DES UTUOGLâSES SIMPLES. 251
du Kronthal, localités dans chacune desquelles le grès des Vosges a été poussé au milieu des couches plus élevées du trias. Le grès bigarré de Soultz-les-Bains est lui-même à un niveau bien supérieur au keuper qui est situé à moins de 2 kilomètres de la source vers Touest, ce qui décèle aussi un soulèvement, dont Soullz-les-Bains occupe le centre, et qui présente de l'analogie avec ceux de Mutzig et du Kronthal. Enfin des failles traversent les couches du trias, et les couches jurassiques sont fortement inclinées dans le voisinage.
La source minérale de Niederbronn sort également d'un pointement anormal de grès bigarré au milieu du muschelkalk.
■ante-HarBe) Boarboaae-les-Baias^ — LcS SOUrCCS thermales
de Bourbonne, telles qu'elles étaient connues il y a cent ans, émergeaient sur la rive droite du ruisseau de Borne, au fond de son vallon, au milieu de terres rapportées et de débris d'anciennes constructions. Les moindres excavations dans le sol donnaient lieu à des venues d'eaux plus ou moins chaudes, plus ou moins salées, que les habitants considéraient comme autant de sources thermales indépendantes.
Les travaux de 1783 et 1784 ont montré que l'origine des sources connues jusque là n'était pas aussi naturelle qu'on le supposait : la source dite le Puisard Bomain, était enveloppée par un puits en maçonnerie jusqu'à 6 mètres au moins au-dessous du sol où elle émergeait, et les sources militaires appelées Étuve et Bains Patrice provenaient de tuyaux verticaux en plomb profondément enfoncés dans la terre.
Les sources anciennes et modernes ne sont pas indépendantes les unes des autres; car les nouveaux forages onttou-
*■ Rigaud. Annalet det Mines, t. XYII, 7* série, 1880, p. 360.
ihi ROLE DES LITHOCLÂSËS DE DEVERS ORORES.
jours fait baisser le volume d'eau fourni auparavant par les sources romaines.
Des observations établisseot l'existence d'une assise perméable placée à la base des argiles bariolées. La nappe d'eau minérale chaude circulant à la surface du grès a percé en plusieurs points la masse superposée des argiles bariolées,
Echelle des longue
Echelle des hauiewa
cherche de re»u minénle. qui iccuscn
« BlUmances d'irgiles el de grés; T.. m
utchElknlli ; q. elluvioni el rcmbltii irtiUeiels.
probablement en les délayant peu à peu. Elle a formé ainsi des puits ù peu près verticaux, dont le plus important est sans doute celui qui a pour issue le puisard romain. Ces cheminées se sont remplies de matières perméables, sur une étendue suiBsantepour permettre le passage des eaux affluentes. 11 est constant qu'une faille passe très près des établissements thermaux. M. Drouot l'a constaté avec précision *. Cette
' Annale* dn Kinet, X* lérie, t. Ul, 18S3.
ROLE DES LITflOGLASES SIMPLES.
if
!254 ROLE DES LlTHOaiSES DE DIVERS ORDRES.
faille n'est pas isolée : elle se trouve en relation à Test, avec un réseau d'autres fissures assez compliqué et sans grands rejets. Les parties de ces failles qui se dirigent au nord-ouest ne semblent pouvoir jouer aucun rôle dans la formation des sources thermales.
D'après M. Rigaud, les eaux paraissent entrer dans le sol par une faille et en ressortir par une autre faille très voisine de la région des sources. Quant à la première, elle serait dans le lit de l'Apance, entre Fresne et Châtillon-sur-Saône, aux environs d'un centre d'étoilement. Revenant ensuite par d'autres cassures à la surface des grès bigarrés, dans le voisinage du Puisard romain, l'eau minérale s'épancherait en nappe dans les zones perméables situées au contact des grès et des argiles bariolées. Retenue par l'imperméabilité de ces dernières, l'eau ne parviendrait à la surface du sol que par des sondages et par une ou plusieurs cheminées qu'elle a percées dans les argiles. En continuant son ascension par les cheminées naturelles, une partie des eaux s'élèverait jusqu'aux bancs perméables placés à la base des alluvions modernes, sous le béton romain, pour traverser les orifices réservés dans cette maçonnerie et recevoir des infiltrations d'eau douce et froide alimentant ainsi les sources romaines.
11 n'est pas inutile de remarquer que les importantes carrières de grès bigarré, voisines du pont de Ghàtillon^ montrent de grandes fissures orientées N 18*" E, et perpendiculairement E 18° S. Les blocs de pierres de taille ne peuvent être tirées de la carrière, sans déchet, qu'au moyen de recoupes menées suivant ces alignements.
Dans les autres carrières de grès et dans les exploitations de moellons du muschelkalk, il existe des fissures régulières, ayant pour direction N 74° E, et la perpendiculaire à cette ligne.
«Ard^ — Les nombreuses exploitations du département du Gard ont montré combien certaines couches calcaires du trias sont aquifères. Beaucoup de venues d*eau qui tendent à envahir le terrain houiller sont fournies par ce terrain où s'infiltrent les cours d'eau de la surface, comme à Malbos et à Saint-Germain d'Âlais. Les mineurs reconnaissent de toutes parts que les failles, qui parfois leur servent de préservatif contre les eaux, souvent ausi amènent celles-ci dans leurs travaux.
Bocheffort; puito artéaien*. — L'cau jailUssantc quc le puits artésien de l'hôpital militaire de Rochefort, l'un des plus profonds qu'on ait exécutés jusqu'à présent, amène au jour, provient de profondeurs de 816 mètres et de 854 mètres et de couches appartenant au trias.
'Wnwtmmherg$ thermes die Wlldbad) forages de Berg et de
Gaustadt'. — Daus la Forèt Noire, le grès bigarré inférieur ou grès des Vosges se comporte comme en Lorraine. Ainsi tandis que les plateaux entre l'Enz et le Nagold manquent d'eau dans les années sèches, un grand nombre de sources jaillissent du fond de leurs vallées. Il en est de même dans la contrée de Wildbad ; les plateaux manquent d'eau. Dobel, Neusatz, Rothensol, Bernbach, doivent parfois recourir à des citernes pendant les années sèches, tandis que des sources abondantes sortent au fond des vallées voisines.
Le keuper présente un niveau d'eau important dans la région du grès grossier dit stubemandstein. Il y a un autre niveau d'une. grande constance, qui correspond aux bancs dolomitiques supérieurs à la Lettenkohle\
*■ Gzyszkowàki. Note sur Ub eaux du trias dans le Gard^ 1874.
* Roux. Comptes rendus, t. LXXin, p. 010, 1871.
* Paulas. Explication des feuille* de Liebenzell et de Wildbad, 1806 et 1862. ^ Praas, ouvrage précilé, p. 188.
256 ROLE DES LITHOGLiLSES DE DIVERS ORDRES.
Quant au muschelkalk, les proéminences qu'il forme aux environs de Stuttgart, par exemple, sont aussi pauvres en sources que les hauteurs de TAlpe. Mais les vallées fournissent beaucoup de sources; telles sont celles de Strudelbach, au-dessus et au-dessous de Rielh, remarquables par leur limpidité*.
Les sondages qui dans la vallée de Stuttgart, à Berg et à Cannstadt, apportent des eaux chlorurées accompagnées de beaucoup d'acide carbonique pénètrent aussi dans le trias.
Grand-Doehé de Badef Bothenffels. — Uu foragC exécUté
en 1839 h Rothenfels, par M. le professeur Walchner, dans la vallée de la Murg, à travers le conglomérat du grès rouge, au voisinage d'un pointement de granité, arrivé à 94 mètres de profondeur, a livré passage à une source d'eau thermale, se rapprochant de celle de Bade qui en est distante de 7 kilomètres. Or cette eau jaillit tout à coup, en grande abondance, d'une fissure du conglomérat.
Franeonie*. — Eu Francouie, Ic groupc de l'anhydrite contient une grande abondance d'eau retenue par des schistes marneux dans la dolomie {oberzellen-dolomit) qui s'en trouve imbibée, à la manière d'une éponge.
Cette dolomie caverneuse constitue la plus puissante accumulation d'eau souterraine du muschelkalk; elle fournit les énormes sources de la ville de Vurtzbourg et alimente abondamment les puits profonds de toute la contrée'.
Antrlèbe^ Stlxensteln et «atres aoiirees «llmeiiUiBt Vienne;
«ronpe de FUMditta. — Cc quc uous avous sigualé daus les cal-
*■ Fraas. Carie géologique de Stuttgart, * D'après H. F. San(U)erg:er.
s D'après M. Gûmbel, 1872.
ROLE DBS UTHOCLASES SIMPLES.
caires jurassiques se reproduitdans les calcaires Iriasiques. et entre autres, pour les Tortes sources si bien étudiées par M. Karrer' pour alimenter la ville de Vienne.
Deux types fréquents peuvent être représentés par les
figures 119,120 et 121 empruntées à M. Suess. Cette dernière
s'applique particulièrement aux sources de Stixenstein.
Fig. til. — Coupe montnnt le> coaditloni dins luqnellti la* sonrea de SUienitoin jtlllinent ■u fond d'una vall«e enuillée daiu t« calcsirt alpin. C, calciira alpin; W, acbiitei de Werr«n. — Ifaprèi M. Suo*.
Ces dernières, dont la situation est représentée par ta figure 122, s'échappent en écumant dans la vallée étroite de Sirning, d'un calcaire jaune rougeâlre, qu'on rapporte au
■ Géologie de* Kaittn Fran^JoMft-BochqutlUn WauerUitung, 18TT.
958 ROLE DES LITBOaASES DE DITQIS ORDRES.
trias supérieur. On n'aperçoit pas, d'après M. Suess, de roches imperméables dans le voisinage. Le volume de la source principale et des sources voisines est au minimum, par jour,
Fig. 13i. — Stlxeotleiii. Ventnt gincba de li nllË«. SonTMi priDdpil«f filuéetprèt du ehlt«iu d«SUicntMo. >D pied du niisKiu Siraing cl cipUta pour l'illmeattUon ds !• liUe de VienM (iulrlehe). - D'iprtt H. Btrrer.
de 38 800 mètres cubes et au maximum de 45000 mètres cubes.
Le mécanisme de la formation de ces sources tient ici.
Fig. 113. — Cirla moutnat Ici ronditioos dam Istquellet fort la lource : iMgileriei gg qui ont <té pratiquée! iwur an lugmanter le reDdemeDt. C, cilctinqoe l'on allribua au Iriai ■Dpérieiar. — D'âpre! M. Kamr.
comme dans beaucoup d'autres roches calcaires, à la présence d'innombrables lithoclases de tout ordre, qui forment un réseau gigantesque où les eaux circulent avec facilité^
qu'elles proviennent de la précipitation atmosphérique ou de la fonte des neiges. Elles y descendent jusqu'à ce qu'elles rencontrent les schistes de Werfen, sur lesquels elles s'accumulent, de façon à déborder çà et là sous forme de sources, comme à Stixenstein et à Kaiserbrunnen.
Le Kaiserbrunnen (fig. 123 et 124} est la plus élevée des sources mises à contribution pour l'approvisionnement de Vienne, par la galerie dite François-Joseph. Le ruisseau de
liUution du iilreiu de* sanx phréiliquei qui alimenlcnl li m par rapport tu nlrefu de laSchnaru. C, catetlra que l'on iKribuv au Iriii inpérleur: E, alietu du eaiu phréatique! pendant J'élé; H. leur hauteur variable pendant l'hiTar; H, niveau du Tond de la Sebwaria, — irapréa H. Karrer.
la Schwarza reçoitdans le haut de son cours un fort contingent par l'influence des eaux phréatiques; il tire son origine du calcaire de la région du Schneeberg.
Le rôle des paraclases dans cette même région n'est pas moins manifeste. De nombreuses sources, les unes thermales, les autres froides, sont en rapport avec la faille terminale des Alpes, au sud-ouest de Vienne (fig. 125). Telles sont Môdling, Baden, Wôslau, Fischau et Brunn-am-Steïnfeld.
La figure 126 représente, en particulier, la situation de Fischau sur la faille, à la limite de la plaine quaternaire de Vienne. Des sources thermales et des sources froides en sortent, de même qu'à Brunn. Une partie de ces dernières sert à l'alimentation de ta ville de Vienne.
no
ROLE DES LITUOaASES DE DIVERS ORDRES.
Enfin la vue ci-jointe (fig. 127) représente, le long de cette même faille terminale des Alpes, la situation rela-
Echelle
Fig. 125. — Groupe de sources tliermales en rapport avec la faille terminale des Alpes, au sud-ouest de Vienne (Autricbe). — D'après M. Suess.
tive de deux groupes de sources ordinaires et de sources