‹ Les eaux souterraines à l'epoque actuelle: leur régime, leur température, leur composition auChapitre 34 sur 60 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans la circulation souterraine des eaux, les cavernes se comportent à la manière des cassures, mais avec une aclivilé plus grande. Le développement considérable qu'elles prennent, dans beaucoup de contrées calcaires, en leur procurant un rôle hydrognostique de premier ordre, a nécessité pour elles un chapitre spécial.

Les noms de cavernes ou de grottes désignent des cavités de formes très irrégulières, tantôt des chambres plus ou moins spacieuses, tantôt des boyaux étroits en communication entre eux et formant des couloirs qui peuvent s'étendre sur des centaines et des milliers de mètres*.

Les fissures des roches ou diaclases sont parfois très larges, tantôt parce qu'une action mécanique a écarté leurs parois, tantôt parce que celles-ci ont été attaquées par les eaux souterraines, le plus souvent parce que les deux actions

*■ M. Desnoyers a publié, en 1845, dans le Dictionnaire universel d'histoire naturelle de dOrbigny, des recherches géologiques et historiques sur les cavernes^ qui constituent un excellent tableau des faits connus alors sur ce sujet.

se sont superposées. C'est ainsi qu'elles peuvent passer par degrés à de véritables cavernes, qui d'ailleurs peuvent résulter également de cassures fort irrégulières, ainsi que du décollement de couches contournées.

Fig. 131. — Groll!! de Jupiter ii Naxie.

La ligure 151 représente le dernier cas pour la grotte de Jupiter à Naxie.

D'autres cavités de formes variées, telles que les pui(sn«ï«rels, ijouffrei, abîinex, ragaijés (Provence), rfo//i/ieï(Fnoul), enloHiioin, bèioires, puisards; schasmaia chez les anciens Grecs ; kalavothra chez les modernes; schloUeii enThuringe; sivallow lioles dans le nord de l'Angleterre, ^ortor chez les Slaves, se rattachent aux cavernes par toules sortes d'intermédiaires et jouent un rùlc important dans l'économie des eaux souterraines.

Parmi les entonnoirs, nous nous bornerons à citer ceux qu'a reconnus récemment M, l'ingénieur Roche, dans le

Echelle

2ÛJ

Fig. 132. — Plan de deux entonnoirs silués à Aln-Ta[b3, au milieu des dunes, dont un i<'ul contient de l'eau. GG, affleui'ement de grès. — D'après M. l'ingénieur des mines Itoche.

Sahara, lors de la seconde mission Flatters*, de si tragique mémoire.

Les entonnoirs d'Aïn-Mokhanza et Aïn-Taïba (voir les fig. 132 et 133) sont situés au milieu des dunes ou des

> Relation, p. S15, 1884.

CARACTÈRES GËNËRAUX. 39S

gassis. Ils lie sont cerlainemetit pas excaves par la main de l'homme ; mais ils sont l'effet d'effondrements dus proba-

Fi);. 13j. -—Coupe montranl La disposition de l'entonnoir aquifèredD pUn précédent. GG,cauebc Jo grèi » ciment calcnïre ijant. au^lessus et au-dessous de lui, d'aulres couches de grès. — Darrès M. rinijémeur des minas Hocbe.

blement à la dissolution de certaines masses de gj'pse par les eaux souterraines. C'est surt'iut dans ies calcaires de tous les âges que se trouvent les cavernes.

Pour donner une idée de ces accidents, de leur groupement et de leur fréquence, il n'est pas inutile d'entrer dans quelques délails pour plusieurs exemples

I . CARACTËnES GËKÉRADX 0:^3 C.V VEUVES ET DES C.VVrTËS AifALOGHES

jannv : jkrej-mur-cart'. — La gfolte d'Arcj-sur-Gurc, la

Fig. lU. — Plan das groltes d'Arcy-sur-Cure.

plus remarquable des nombreuses cavernes connues dans le calcaire jurassique du département de l'Yonne, se compose,

■ Raulia. Géologie de FYonne, p. TSI.

mi£ DES UVERNES.

sur plus de 800 mètres, d'une série rectiligne de salles, parfois très grandes, réunies par des parois étranglées (Hg. 154).

Il est probable que les roches qui constituent le promon-

lené piT les grottes d'Arcj-aur-Cim.

tûire, traversé par les grottes d'Arcy, sont interrompues par des fissures GG', gg', à peu près verticales (fig. 135) que les eaux auront suivies et agrandies.

TieMneibersMdMGUdH*Polil«n'. — Il Suftît d'aVOir gravi,

àPoitiers, la voie pittoresque du Porteau, sur la rive gauche du Clain, pour avoir été frappé d'une série d'excavations

cylindriques et verticales, pratiquées dans la paroi du rocher principal (fig. 136), et rangées en ûle. Une ancienne exploi-

■. GMcfU dt ta VUnue, t. I. p. SOS, 307.

Caractères cfiNÊRAUX. S95

tation les a rendues visibles, en enlevant la partie antérieure des bancs. Cette première file de cylindres naturels, dont les diamètres varient de l'^ySO à 3 mètres, est doublée, en arrière et en avant, par d'autres excavations semblables ; les unes masquées par les talus et la partie supérieure de l'escarpement; les autres visibles, mais tronquées par les carriers sur la terrasse inférieure qui précède la grande muraille. Ces cavités présentent des renflements et des étranglements alternatifs résultant de l'action des remous d'eaux animées d'une grande vitesse et s'attaquant à des roches, dont les diverses parties, calcaires ou siliceuses, offraient une résistance inégale à leurs efforts. C'est évidemment ainsi que, le long des berges, on constate souvent la communication directe des puits naturels avec les grottes. Les uns et les autres sont, en outre, en relation directe avec les sillons creusés horizontalement le long des berges calcaires, et dont les parois, polies par le frottement, ne sauraient être confondues avec les sillons produits sur certains lits de roches tendres et gélives, par suite des délitements d'origine atmosphérique. Il est à remarquer, en effet, que l'orifice supérieur des puits, qui sont intacts, s'évase notablement, et, qu'à ce niveau, viennent aboutir quelques-uns des sillons échelonnés le long de ces berges^ comme pour marquer la décroissance successive des eaux qui creusèrent progressivement les vallées.

Les cavités dont il s'agit se retrouvent également dans la partie supérieure de la craie jaune (près de Mondion et autour de Saint-Remy notamment), et jusque dans les couches résistantes du gisement falunier de Mirebalais.

ATcyroa^ — Lc calcairc oolithique qui, à l'altitude

' Boisse. Eiçuiuefféohgique de tAvqfron^ p: 207, SOS.

moyenne de 650 à 800 mètres, forme le sol des grands plateaux de TAveyron connus sous le nom de caussesj tels que celui de Larzac, présente à sa surface, qui est tantôt plane, tantôt ondulée, de nombreux accidents.

Ce sont :

1"* Des affaissements coniques, vulgairement connus sous le nom de bétoires ou entonnoirs; dépressions naturelles, le plus souvent elliptiques ou circulaires, sur le pourtour desquelles on voit les affleurements des couches éboulées former une série de gradins, qui rappellent les ruines des arènes antiques. Ces dépressions abondent, surtout dans la partie nord-ouest du causse de Concoures, aux environs de Solsac.

2** Des abîmes ou puits naturels^ à parois verticales ou même en surplomb, dont la profondeur atteint parfois plus de 50 mètres; comme l'abîme dit le Tindoul de la Vayssière (canton de Marsillac), le Tindoul ou Abenc deCourinos, près de Compeyre.

3*" Des crevasses ou fissures verticales, tantôt vides, tantôt remplies d'une terre rougeâtre, mélangée de minerai de fer en grains, et de fragments de roches agglutinés par des concrétions calcaires.

4** Un grand nombre de cavernes^ dont quelques-unes très étendues, et parmi lesquelles on cite les grottes de Boucherolland, de Salles-la-Source, de l'Estang, près de Saint- Saturnin, de la Poujade, du Monna, de Sorgues, etc. Toutes ces grottes présentent des circonstances de gisement à peu près semblables; elles ont leur ouverture au pied des escarpements qui entourent les plateaux, dans les couches inférieures, souvent magnésiennes, et s'étendent à peu près horizontalement, tantôt se développant en salles immenses, tantôt formant des galeries étroites et basses, où un homme peut à peine se glisser en rampant.

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