‹ Les Eaux Sulfatées des Pyrénées FrançaisesChapitre 19 sur 40 · BA LD OL AN ARTE NET AT ER RUE · texte numérisé non relu

BA LD OL AN ARTE NET AT ER RUE

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L’acide prédominant dans ces eaux est l’acide sulfurique et à côté se place, en deuxième ligne, l’acide chlorhydrique. Les bases qui se combinent a l’acide sulfurique ont permis d’établir des subdivisions dans les eaux sulfatées et les principaux auteurs mentionnent des eaux sulfatées sodiques, calciques, magnésiennes, potassiques et ferrugineuses.

La distinction est à conserver, car les propriétés physiologiques et thérapeutiques varient avec la composition.

Il existe toute une catégorie d’eaux sulfatées contenant une grande quantité de sulfate de magnésie (Pullna, Birmenstorff, Cruzy, etc.), qui ne sont plus, à proprement parler, des agents de médication thermale, mais bien de véritables médicaments ayant leur place parmi les purgatifs salins. Elles ne se rattachent pas directement à la classe que nous étudions et, d’ailleurs, on ne rencontre au voisinage des Pyrénées que celles de Cruzy et de Montmajou. Les seules s’en rapprochant sont celles de Barbazan.

Durand-Fardel a créé une classe d’eaux indétermi-

nées, les Allemands ont la classe correspondante des.

eaux indifférentes. Rotureau leur a appliqué le nom d’amétalliques, Gubler les appelait inermes. Dans cette catégorie se trouvent des eaux sans acide prédominant d’une façon notable; étant donné qu’une classification n’est jamais parfaite, nous détachons de ce groupe les diverses sources pour les rattacher à la catégorie avec laquelle elles ont le plus d’affinités chimiques et thérapeutiques. C’est ainsi que Saint-Christau passe aux bicarbonatées ; Ussat et Dax reviennent aux sulfatées.

L’acide sulfurique, rarement libre, est généralement sous forme de sulfates, combiné avec le sodium, le calcium, le potassium, le magnésium, le lithium, le rubidium, le strontium; quelques sources ferrugineuses contiennent de notables quantités de sulfate ferreux. Le chlore est, sous forme de chlorures, combinéavecle sodium, le potassium, le magnésium.

PT -L’acide carbonique est en partie libre, en partie sous forme de bicarbonates et carbonates. L’acide azotique est à l’état d’azotates. La silice, libre ou à l’état de silicates; l’iode sous forme d’iodures, le brome de bromures, des traces d’acide phosphorique et d’arsenic se trouvent soit libres, soit à l’état de phosphates et d’arséniates.

On a trouvé des traces de fluorures (Bagnères-de- Bigorre). Outre les bases déjà citées, on trouve encore, mais à titre de rareté : l’ammonium, le cuivre, le chrome, l’antimoine, l’argent (Aulus), le manganèse (très répandu), le cobalt, le mercure (Aulus, Bagnèresde-Bigorre), Por (Aulus), le plomb, le tellure, le zinc. La plupart des derniers métaux ont été découverts par M. le professeur Garrigou et leur répartition sera indiquée dans les tableux d’analyses.

L'année 1899 a vu deux grands progrès au point de vue de la chimie des eaux minérales.

1° La confirmation par la Société d’hydrologie médicale de Paris des préceptes émis par M. le professeur Garrigou sur l’analyse des eaux minérales. Son œuvre a ce sujet a été résumée, d’une façon magistrale, par M. le docteur Albert Robin, président de la Société d’hydrologie médicale de Paris et rapporteur des eaux minérales à l’Académie de médecine.

Voici les principaux extraits de ce rapport :

« Depuis des années, le professeur Garrigou, de Toulouse, avait émis l’opinion que les eaux minérales devaient leur action à la présence de sels métalliques et organiques que les analystes n’avaient jamais pu y découvrir.

« Pour démontrer la présence de ces substances dans les eaux minérales, il failait concevoir des méthodes toutes spéciales d’analyses et créer un laboratoire de recherches en rapport avec ces méthodes.

« C'est ce qu’a fait M. Garrigou, en consacranta cette entreprise scientifique plus de trente ans de sa vie et sa

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fortune tout entière. Des résultats qu’il obtint ainsi étonnèrent les chimistes hydrologues imbus des anciens principes sur l’hydrologie et effrayés, sans doute, par l’idée de consacrer à l’analyse correcte des eaux des milliers de litres de liquide, ainsi que le faisait le professeur de Toulouse. Ils s’empressèrent de nier, sans les contrôler, les résultats extraordinaires qu’annonçait ce dernier. Le corps médical lui-même, peu habitué à voir des résultats d'analyses d'eaux minérales tels que ceux dont nous parlons, se rangea avec les chimistes contre M. Garrigou.

« Ce dernier, persistant depuis prèsde trente ans dans les mêmes idées et poursuivant, sans se décourager, les analyses par les mêmes méthodes qu’il a tout au long exposées dans son enseignement de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Toulouse, chimistes et médecins ont enfin consenti à étudier de plus près les procédés et les résultats de notre confrère. Ils se sont aperçus qu’ilétait dans le vrai. »

La séance du 7 novembre de la Société d’hydrologie de Paris a été, pour la science hydrologique et pour M. le docteur Garrigou, une séance de réparation méritée. M. le docteur Cazaux, des Eaux-Bonnes, a montré que les effets si remarquables de la Source-Vieille étaient dus à l’ensemble des métaux découverts, ily a plus de vingt ans, par Garrigou, dans cette eau que lon peut considérer comme la plus métallifère des Pyrénées.

M. Frenkel est venu dire à son tour que si les chimistes n'avaient jamais signalé dans les sources thermales les nombreux métaux qu’y avaient découvert le professeur Garrigou, c'était parce qu'ils n'avaient pas observé les règles décrites par lui pour opérer utilement la recherche de ces métaux.

Il faut détruire la matière organique dissoute par les eaux minérales et qui empêche la précipitation des métaux lorsqu'on applique à leur recherche les procédés classiques de l’analyse,

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Voilà donc une faute commise par tous les chimistes, en analyse d’eau, et qui a, pendant près de trente ans, empêché l’hydrologie de franchir le pas que cherchait à lui faire traverser un savant convaincu et vraiment dévoué à la science française.

Ainsi que l’ont dit M. Cazaux et M. Frenkel, c’est à M. Garrigou que revient l'honneur, par sa persévérance et sa ténacité, d’avoir définitivement donné à l’hydrologie médicale le véritable moyen de connaître a fond la composition intime d’un remède naturel employé jusqu'ici d’une manière empirique et peu encourageante pour les malades.

I faut donc dès maintenant, si l’on veut qu’une analyse d’eau soit complète et utile, y chercher toutes les substances organiques (acides, alcaloïdes, matières organiques non définies) et tous les métaux que peuvent contenir les eaux en dissolution. C’est parce qu’on n’a pas suivi ce précepte, que toutes les analyses d’eau présentées jusqu’à ce jour par divers chimistes sont complètement à refaire.

2° La nouvelle manière de concevoir la composition des eaux minéraies d’après M. le docteur Frenkel. Ce chimiste biologiste, établit une théorie nouvelle sur {la composition minérale des eaux :

I1 considère toutes les matières contenues dans une eau, comme dissociées, dissoutes à l’état d'ions, qu’il appelle anions et cathions.

En traitant par la pile une eau minérale, ses éléments se déposent respectivement aux deux pôles de la pile, continuée par un électrode mobile et plongeant dans Peau.

Les métaux ou cathions, se déposent au pôle négatif et les autres substances (acides) ou anions se déposent au pôle positif.

M. Frenkel invoque les pressions osmotiques, inventées par les théories modernes, pour expliquer ces dissociations permanentes, qui nous montrent la cons-

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