‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 101 sur 397 · L. DE · texte numérisé non relu

L. DE

de jolis meubles qui portent l’estampille L^ITRE imprimée sur deux lignes. Notre planche

XV reproduit une petite commode-console, à un tiroir, en bois de violette, sur laquelle figure cette empreinte.

DELANG (Guillaume), né à Bréda (Hollande) le 4 octobre 1754, était ouvrier ébéniste au faubourg Saint-Antoine lorsqu’il prit part à l’insurrection du Quatorze-Juillet. Enrôlé ensuite

1. Œuvres de Voltaire. Correspondance, 20 août 1725. 6. Arch. nat. Y. 9324. Reg. des Maîtrises, sous le nom de

2. Annonces, Affiches et Avis divers, 9 juin 1760. « Louis Delaistre ».

3. Liste générale des Mes Men-Ehén. de Paris, 1782-1789. — 7. Id. Y. 10982, 1er juillet 1731; Y. 10987, 14 mars 1740,

Arch. nat. H2. 21 18. 24 juillet 1740 ; Y. 10991, 22 sept. 1748, etc.

4. Annonces, etc., 1792, p. 1408. 8. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 5491. Livre

5. Ouv. cité, t. I, pl. 27. des ouvriers du maître et mardi, ébén. Migeon (1744-1746).

dans la gendarmerie, il fit campagne en Vendée et passa sous-officier. Delang se remit plus tard à l’établi. Sous le règne de Louis-Philippe, étant presque octogénaire, il reçut en 1832 un secours de 500 francs et fut pensionné l’année suivante comme ancien Vainqueur de la Bastille L

DELANOIS (Louis), fameux menuisier parisien, également connu sous le nom de Lanoix, né en 1731 1 2 3, mort vers le milieu de l’année 1792. Après avoir travaillé dans sa jeunesse aux gages de la veuve J. -B. Lerougefiil passa maître le 27 juillet 1761 4, et commença par exploiter un petit atelier rue de Bourbon-Villeneuve s. La finesse, l’élégance et l’originalité de ses productions attirèrent chez lui les marchands à la mode et plusieurs personnages de marque, au nombre desquels figuraient le prince de Beauvau et le comte d’Orsay é. Obligé bientôt de s’agrandir, il transporta son établissement rue des Petits-Carreaux, dans une maison attenante à l’ancienne cour de l’Etoile, aujourd’hui disparue. Cette impasse, qui débouchait rue Thévenot, était bordée par de vastes chantiers. Delanoisles utilisa pour entreprendre le commerce des bois d’industrie, qu'il mena désormais de front avec la fabrication des meubles7.

Ses mérites lui avaient valu la protection de Mme du Barry. La comtesse, que des conseillers éclairés guidaient dans le choix de ses fournisseurs, s’était adressée à lui dès le début de sa fortune pour meubler le logement qu’elle venait d’obtenir dans le château de Fontainebleau8. Elle l’attacha depuis lors à son service, en collaboration avec le sculpteur Guichard et le doreur Cagny. Pour ses appartements de Versailles, la favorite fit exécuter un lit triomphal dont la menuiserie seule coûta 3000 livres. Ce lit de bois doré, à colonnes et à dôme en forme d’alcôve, offrait de ravissantes sculptures représentant partout des roses et des myrtes, les fleurs préférées de la comtesse. Des motifs semblables ornaient les chaises de sa chambre, parmi lesquelles on en remarquait « une grande pour le Roi ». Le salon comprenait treize fauteuils, treize chaises et un splendide canapé, le tout en noyer finement sculpté de guirlandes et doré du plus bel or bruni. Une suite de trente et une chaises garnissait la salle à manger; la galerie en avait dix-neut montrant les attributs de la guerre et de l’amour, de lâchasse et de la pêche. Les mêmes artistes fournirent pour le pavillon de Louveciennes des chefs-d’œuvre d’une égale richesse 9.

Tandis qu'il était occupé à ces travaux, Delanois entreprit, avec le concours du sculpteur Coulonjon, de très beaux meubles commandés par le roi de Pologne, Stanislas II Poniatowski. Quelques années plus tard, lors des fêtes données à Paris après le sacre de Louis XVI, il exécuta un trône pour le monarque, un fauteuil d’apparat pour la Reine, des tabourets et banquettes pour leur suite, outre un immense canapé qui mesurait « 24 pieds de long » et pouvait tenir quinze personnes. Entre 1770 et 1777, il livra au prince de Condé quantité d’ouvrages, destinés

1. J. Durieux. Les Vainqueurs de la Bastille p. 60. — Arch. nat., T. 514'. 5. Papiers du député Osselin. Listedes Vainqueurs de la Bastille, n° 613. — C. 35. 208 >. Pr.-verb. du 9 avril 1790 (sous le nom de « Guillaume Delon)». — Moniteur du 3 nov. 1832.

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