‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 107 sur 397 · J. -B. B. DEMAY. ADRIEN FAIZELOT-DELORME. J.-B. B. DEMAY · texte numérisé non relu

J. -B. B. DEMAY. ADRIEN FAIZELOT-DELORME. J.-B. B. DEMAY

Chaise sculptée au chiffre de Marie-Antoinette Petit secrétaire Louis XV en marqueterie à fleurs. Chaise en noyer incrusté d'ébène, époque du Consulat.

( Petit I nation) . (colt. \ tetor Rosenthal). { Ministère des Affaires Étrangères).

DENIZOT (Pierre), ébéniste du comte d’Artois, né vers 1715, mort à Paris le 28 mai 1782 ’. Fils du précédent, il gagna la maîtrise le Ier août 1740% mais ne demanda l’enregistrement de ses lettres que vingt ans plus tard1 2 3, ayant sans doute continué jusqu’alors de collaborer avec son père. Il dirigea ensuite un commerce d’ébénisterie rue Neuve-Saint-Roch, se classa parmi les premiers fabricants de la capitale4 5, fut juré-comptable de sa corporation de 1764 à 1766 s, et devint en 1776 fournisseur attitré du comte d'Artois, dont il conserva la faveur pendant le reste de sa vie 6. Ses travaux pour le prince comprenaient toutes sortes d’ouvrages ordinaires et de luxe, au nombre desquels figuraient de belles commodes richement garnies de bronzes. En 1777, il livra au palais prieural du Temple six pièces de ce genre. L’année suivante, il en exécuta plusieurs pour le salon et le vestibule du pavillon de Bagatelle. Peu après il construisit une grande commode, en acajou massif, destinée au service du jeune duc d’Angoulême. Parmi ses autres fournitures, on remarque une curieuse armoire de bois peint, portant des cuivres dorés d’or moulu, pour le palais du Temple; une table àcavagnole, ayant six pieds de diamètre, pour le château de Saint-Germain-en-Laye, et des « servantes rondes en lanternes tournant sur leur pivot », pour la salle à manger de Maisons. — Denizot fut employé aussi par le comte de Provence : il travaillait à quatre commodes que lui avait demandées Monsieur, quand la mort le surprit en pleine activité7. Une vente aux enchères de ses marchandises eut lieu à la fin de l’année 1782 8. Dans sa succession figuraient des bijoux, des objets d’art, attestant qu’il avait acquis une large aisance. Il possédait aussi des livres d’histoire et de théâtre9.

Les goûts affinés de ce maître se manifestent, autant que son habileté technique, dans les élégantes productions signées de sa marque P. DENIZOT. La plus précieuse fait partie d’une collection privée en Autriche. C’est un bureau de dame, galbé, chantourné, découpé avec une brillante fantaisie et tout marqueté de bois clair à décor de fleurs. Le dessusse rabat par moitié pour former pupitre, tandis que l’autre partie de la tablette peut s’élever au moyen d’un mécanisme à crémaillère faisant apparaître un serre-papiers muni de tiroirs I0. Cette pièce remarquable aurait appartenu à l’une des filles de Louis XV. Le South Kensington Muséum montre une commode du même auteur, revêtue de fines mosaïques à carrelages dans des bordures de bronze doré Son estampille figure sur un curieux meuble en prie-Dieu qui se trouve chez M. Labouret à Senlis ; ce meuble, de style Louis XV, a la forme d’une petite armoire surmontée d’un pupitre, avec un tiroir dans le bas servant à s’agenouiller. Parmi les ouvrages de

1. Arch. nat. Y. 13974. Scellés après décès de Pierre Denizot.

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