Id. Y. 10998, 6 avril
12. Id. ZIm. 39. Scellés après le décès de J.-F. Œben, ébén. du Roi, 21 janv. 1763. — J. Dubois s’était acquitté des mêmes fonctions à la mort de l’ébén. Cl. Revault (Arch. nat. Y. 14084. Scellés du 16 octobre 1757).
13. Id. Y. 14090. Information à l’occasion de la mort de Jacques Dubois, 23 oct. 1763.
le croyait jusqu’à présent l’auteur de toutes les pièces qui portent son estampille. Sa veuve, Marie-Madeleine Brachet l, lui succéda en effet pendant une vingtaine d’années et continua d’apposer le même poinçon sur les meubles exécutés chez elle par son fils René. Une des notices suivantes sera consacrée à cet homme de talent, qui fut ébéniste de la reine Marie-Antoinette. Nous verrons qu’il faut lui restituer beaucoup d’œuvres admirables, composées dans un style trop tardif pour avoir été faites du vivant de son père.
Jacques Dubois n’en mérite pas moins une place d’honneur parmi les artistes industriels de l’époque Louis XV. Un seul de ses travaux suffirait à lui assigner ce rang. Je veux parler du splendide meuble d’encoignure qui se trouve aujourd’hui chez le baron Alphonse de Rothschild à Vienne (planche XVIII). Cette pièce, d’une richesse et d’une fantaisie extraordinaires, est considérée avec raison comme un des exemples les plus typiques du genre rocaille. Elle passe pour avoir été réalisée sur les dessins de Nicolas Pineau, ornemaniste connu par la brillante bizarrerie de ses inventions. A côté de ce morceau magistral, il convient de citer une fort jolie commode ayant fait partie de l’ancienne collection Lepic, dispersée à Paris en 1897. Dans l 'Histoire des Arts appliqués à T Industrie, Molinier donne une reproduction de cet ouvrage, remarquable par l’élégance de ses lignes et la souplesse légère des cuivres qui découpent sur sa façade leurs volutes flamboyantes2 3. On connaît d’autres pièces en bois de rapport exécutées par Dubois père, mais cet ébéniste semble avoir produit le plus souvent des meubles laqués « dans ’e goût de la Chine ». Les expositions organisées par l’Union centrale des Arts décoratifs ont montré de lui quelques commodes et bureaux dans ce genre, appartenant au comte A. de Gontaut-Biron, à M. M. Gutierrez de Estrada, G. Arnoux et David Weill L
DUBOIS (Louis), fils aîné du précédent, né en 1732 4, adopta d’abord la profession d’ébéniste. Après avoir fait enregistrer ses lettres de maîtrise le 10 juillet 1754 5, il s’établit à son compte, dans la même rue de Charenton, et fabriqua des meubles de luxe qu’il signait L. DU BOIS. L’ancienne collection Benedetti comprenait une belle commode en marqueterie à fleurs et coquilles, frappée de cette empreinte6. Plus tard, Louis Dubois cessa de pratiquer l’ébénisterie pour se consacrer à la sculpture décorative7. En 1768, il fut reçu membre de l’Académie de Saint-Luc et travaillait encore vers la fin du règne de Louis XVI8.
DUBOIS (René), ébéniste de la reine Marie-Antoinette, né en 1737, vécut jusqu’aux premiers jours de décembre 1799 9. Fils et élève de Jacques Dubois dont on a parlé plus haut, il obtint la maîtrise dès l’âge de dix-sept ans, le 25 juin 1735 I0, mais ne quitta pas la demeure familiale, rue de Charenton, où il continua de collaborer avec son père jusqu’à la mort de ce dernier en
1. Cf. Minutes de Me Péronne, not. à Paris. Contrat de mariage de René Dubois et de Barbe-Marguerite Anthiaume, passé dev. Me Dosfaut, le 4 oct. 1772.