‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 131 sur 397 · Ventesà Amiens, 18 nov. 1907; — à Paris, 26 fév · texte numérisé non relu

Ventesà Amiens, 18 nov. 1907; — à Paris, 26 fév

6. Th.Sheraton. The Cabinet Makers Drawing Book. London, 1791. List of subscribers.

7. Record Office à Londres. The Miscellaneous Accounts, vol. 456 et suiv.

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ENGSTROM (Mathias), ébéniste suédois, passé maître à Stockholm en 1758, fut deux fois syndic de sa corporation en 1779 et 1790 '. Il fabriquait des meubles dans le goût français. Le musée du Nord possède de lui une grande commode en tombeau, richement garnie de bronzes à rocailles.

EPHLÉ. Voy. Huffelé.

ERARD ou ERHART (Louis- Antoine) 2, ébéniste alsacien, né en 1685, fut élu en 1732 juré des maîtres menuisiers français de Strasbourg. Sa maison périclita plus tard. Quand il mourut en 1768, il laissait sa famille dans une situation pénible. Il fut le père de Sébastien et de Jean- Baptiste Erard, qui illustrèrent son nom ; un autre de ses fils, Antoine, devint maître menuisier à Strasbourg en 1773.

ERARD (Sébastien) 5, le célèbre facteur d’instruments de musique, mérite une mention dans ce livre pour avoir pratiqué lebénisterie au début de sa brillante carrière. Fils de l’artisan auquel nous avons consacré la précédente notice, il naquit à Strasbourg le 5 avril 1752. Ses parents le destinaient à l’architecture, mais des revers de fortune leur firent abandonner ce projet. Obligé de se vouer à des travaux plus modestes, Sébastien Erard se rendit à Paris dès 1 âge de seize ans et se plaça chez un luthier. Son génie inventif devait s’annoncer bientôt par la création d’un clavecin mécanique qu’il exposa en 1776 dans le cabinet du Pahin de la Blancherie. Ce chef-d’œuvre attira sur le jeune artiste l’attention des savants et des curieux. La duchesse de Villeroy l’accueillit dans son hôtel, où il construisit pour sa protectrice un des premiers pianos faits en France. Il fournit ensuite à la Reine un autre instrument du même genre comportant des innovations remarquables. Son succès provoqua la jalousie des maîtres luthiers, qui le dénoncèrent pour exercice illégal de leur profession. Les menuisiers lui intentèrent également un procès parce qu’il confectionnait à cette époque les bâtis de ses pianos 4. Erard obtint alors de Louis XVI un brevet de privilège qui lui permettait de faire valoir ses talents, sans crainte de nouvelles poursuites. S’étant associé avec son frère Jean- Baptiste, il fonda, rue de Bourbon-Villeneuve, une manufacture qui prit un rapide essor et dut être transférée peu après dans de plus vastes locaux, 13, rue du Mail. Quand la Révolution éclata, les frères Erard avaient fait fortune. Pour échapper à la ruine, ils passèrent en Angleterre et ouvrirent à Londres une succursale de leur maison. Sébastien, qui continuait de se signaler par de nombreux perfectionnements apportés au piano et à la harpe, ne revint se fixer à Paris qu’en 1812. Fournisseur de la Couronne dans les dernières années de l’Empire et sous la Restauration, il obtint trois fois la médaille d’or aux Expositions de l’industrie française et reçut ensuite la croix de la Légion d’Honneur. Erard mit le comble à sa renommée en

1. Dr J. Bôttiger. Kungl. Hofschatuïlmakaren och Ebenisten suiv. — Ed. Sitzmann, ouv. cité — Constant Pierre. Les Facteurs

Georg Haupt, Stockholm, 1901, p. 99» 100, 1 14 et pl. 51. d'instruments de musique, 1893, p. 142. — A. Ernst, Erard

2. Arch. municipales de Strasbourg. Meisterstiicks Protocoll E. ( Grande Encyclopédie, t. XVI, p. 159), etc.

E. Haudwerks der Fran\ôsischen Schreinere. — E. E. Zunjt der 4. Dans les comptes de la communauté pour l’année 1781, il Zimmerleule Gerichts Protocollum, vol. I, 1714-1741. — Ed. Sitz- est fait état d’une amende de 32 liv. 10 sols payée par « le sieur mann. Dictionnaire des hommes célèbres del' Alsace, Rixheim, 1909- Errard, ouvrier sans qualité, sur lequel a été saisi un piano-forte 1910, t. I, p.449. et deux boëtes, l’une de menuiserie et l’autre d’ébénisterie a

3. Ed. Foucaud. Les Artisans illustres, Paris, 1841, p. 184 et (Arch. nat. H3. 2118).

Cte F. DE SALVERTE. - LES ÉBÉNISTES DU XVIIIe SIÈCLE.

Planche XX

Dessin de l’architecte Bellangé pour l’armoire à bijoux de Marie-Antoinette Dauphine, exécuté par M.-B. EVALDE en 1770, avec le concours du sculpteur Bocciardi et du ciseleur Gourim ui:.

construisant le magnifique orgue des Tuileries, qui fut malheureusement brisé par la populace lors du pillage de ce palais à la chute de Charles X. Il succomba quelques mois plus tard, le 5 août 1831, en son château de la Muette.

ERSTET (Jean-Ulric), reçu maître à Paris en 17401 2, s’établit comme fabricant et marchand de meubles rue des Prouvaires \ puis rue des Vieux-Augustins, près de la place des Victoires. Cet ébéniste inventa une sorte de table formant bureau et tric-trac, qu’il façonnait en bois de placage et qu’il vendait six louis3. En 1772 et 1773, il fit paraître dans les Petites Affiches plusieurs annonces relatives à ses marchandises4. Il mourut vers le commencement du règne de Louis XVI. Ses productions sont signées J. U. ERSTET. — A la vente Roussel (mars 1912) figurait un gracieux ouvrage marqué de son nom. C’était une commode de forme contournée sur des pieds élevés, en bois de rapport, présentant sur la façade une corbeille de fleurs et enrichie de bronzes à rocailles finement ciselés.

ERTEL. Voy. Hertel.

ESCOFFIER (Étienne), né vers 1695, était maître ébéniste à Grenoble sous la Régence5.

ETROULLEAU (d’). Voy. Detroulleau.

EVALDE (Maurice-Bernard EWALD, dit), natif d’Allemagne, devint maître à Paris le 5 octobre 1765 6 et s’installa rue du Bac, à l’angle de la rue Saint-Dominique. Peu auparavant il avait épousé Marie-Jeanne Meunier, fille d’un concierge du comte de Provence 7. Grâce peut-être aux protections que lui valut ce mariage, Evalde fut bientôt appelé à travailler pour la Cour. Sous les ordres de l’architecte Belanger, dessinateur des Menus-Plaisirs, il exécuta en 1770 l’ébénisterie d’un splendide cabinet à bijoux que Louis XV avait commandé pour la corbeille de Marie- Antoinette (planche XX) 8. Cet ouvrage, qui a malheureusement disparu sous la Révolution, était une sorte d’armoire en bois de noyer richement sculpté et doré, offrant des panneaux recouverts de velours cramoisi à broderies d’or. Elle reposait sur une table à huit pieds reliés par des traverses soutenant l’aigle d’Autriche. Outre les sculptures sur bois dues à Bocciardi, le meuble comportait des précieux ornements de bronze doré, parmi lesquels deux médaillons à l’effigie du Dauphin et de la Dauphine, ciselés par Gouthière d’après des cires de Houdon 9.

Evalde devint un ébéniste en vogue. Il compta au nombre de ses clients le duc d’Orléans, les ducs d’Aumont et de Luynes, les duchesses de Chaulnes et de Chevreuse, le vicomte de Montmorency-Laval, la marquise de Bussy, la comtesse de Périgord, les comtes de Narbonne, de Maurepas, d’Haussonville ‘°. Secondé par d’habiles ouvriers, la plupart d’origine allemande, ce

1. Abu. des Bastirnens 1776, p. 73, sous le nom de « Erster ». Cette faute est corrigée dans l’édition de 1777.

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