‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 137 sur 397 · Id. O'. 3616 à · texte numérisé non relu

Id. O'. 3616 à

châteaux de Versailles, Trianon, Compiègne, Fontainebleau et Saint-Hubert, soixante bois de lits, cinquante écrans ou paravents, quatre canapés, trente-deux bergères, cent trente-cinq fauteuils, quatre cent soixante-huit chaises, vingt et une banquettes et quatre-vingt-quatre tabourets, dune valeur totale de 18.200 livres'. Il venait alors de fournir la menuiserie d’un dais grandiose destiné au trône du Roi à Versailles. Ce baldaquin, exécuté sur les dessins du peintre Peyrotte, fut sculpté par Guillaume Dupré et doré par la veuve Bardou; il portait des trophées allégoriques, autour d’un globe aux armes royales que surmontait l’aigle de Jupiter, et devait recevoir des superbes tentures dont les broderies représentaient l’histoire de ce dieu d’après les compositions de Lebrun2. En 1770, avec le concours du sculpteur Babel, Foliot produisit, pour Marie-Antoinette, un lit à la duchesse, au chevet duquel on voyait des dauphins et sur le dôme des enfants tenant les attributs de l’amour3. Il entreprit peu après la menuiserie d’un mobilier somptueux offert par le Roi à la comtesse de Provence4. Ses mémoires mentionnent aussi des travaux faits pour le comte d’Artois et pour Mme du Barry5. Il succomba le 8 mai 1776 é. Sa veuve, née Desaux, continua de servir le Garde-meuble jusqu’en 1784 7.

On doit à ce maître de très belles œuvres marquées N. 9. FOLIOT. La plus célèbre est le mobilier de la chambre de Louis XV à Versailles, légué au musée du Louvre en 1911 par le comte Isaac de Camondo qui en avait fait l’acquisition à la vente Double. Cette suite se compose de dix pièces, — un grand canapé, un autre plus petit, quatre fauteuils et quatre chaises, — que recouvrent d’admirables tapisseries des Gobelins et d’Aubusson. Les bois, très finement sculptés et dorés, ont une charmante souplesse ; ils offrent sur tous leurs pourtours des baguettes enguirlandées de fleurettes, avec une rangée de feuilles d’eau et des motifs d’acanthe qui annoncent les premières tendances du goût vers le style classique. Un seul de ces sièges est signé par l’habile artisan qui en exécuta les menuiseries 8; nous en donnons une reproduction sur la planche XXII. L’ancienne collection Charles Wertheimer à Londres renfermait un magnifique meuble de salon à décor de rocailles, comprenant deux canapés et douze fauteuils exécutés dans l’atelier de Quinibert Foliot9. Deux bergères du même auteur parurent à la vente du baron Jérôme Pichon I0. Chez Mme Demachy, au château d’Ognon près Senlis, se trouve un grand fauteuil qui porte son estampille avec des marques de l’ancien Garde-meuble.

François, dit Foliot le jeune, frère du précédent, se fit recevoir maître menuisier le Ier août 1749 11 et conserva l’atelier de son père, rue de Cléry, au Duc de Bretagne. Il était en outre sculp-

x. Arch. nat. O1. 3620, 1.

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