Arch. nat. Reg. aes Maîtrises. Y
teur. A ce dernier titre, il devint en 1754 membre de l’Académie de Saint-Luc1. Son double talent fut employé par la Couronne, pour laquelle il exécuta notamment un « pied de table » en bois doré, dont la riche décoration comportait des écussons aux armes royales, des palmettes cà jour et des guirlandes de Heurs. Cette console devait soutenir une grande tablette en mosaïque de marbre représentant une vue de la forêt de Saint-Germain-en-Laye 2. Foliot le jeune employait le poinçon F. FOLIOT, qui servit à ses continuateurs jusque sous le règne de Louis XVI. Il mourut le 20 août 1761 3, s’étant marié deux fois. Sa première femme, Geneviève Ferret, lui avait donné un fils, Toussaint, qui obtint le titre de sculpteur du Roi et travailla très activement pour le Garde-meuble entre 1764 et 1789 4. D’une seconde union avec Jeanne Chasseigne lui vint un autre fils, Toussaint-François. Celui-ci n'avait que treize ans lorsqu’il perdit son père, mais sa mère assuma la direction de l’entreprise durant sa minorité. A cette période se rattachent six chaises précieuses, marquées F. FOLIOT, qui garnissent le salon d’angle des appartements du Pape au palais de Fontainebleau. Leur composition rappelle beaucoup celle des sièges exécutés par Quinibert pour la chambre de Louis XV ; elles ont presque la même forme, avec un décor analogue, d’une égale finesse; quoique différentes dans les détails, elles paraissent avoir été faites pour accompagner ce magnifique ensemble.
Toussaint-François, né en 1748 5, prit ses lettres de maîtrise le 26 juillet 1773 6. Succédant alors à sa mère, il exploita l’atelier de la rue de Cléry où avaient travaillé son père et son aïeul. Attaché comme eux au service du Garde-meuble, il fournit à la Cour une quantité de beaux ouvrages auxquels collabora souvent son frère le sculpteur7. L’un de ses principaux travaux fut un lit grandiose commandé, lors de l’avènement de Louis XVI, pour la chambre d’hiver du Roi à Versailles, et dont le dais portait un pélican se sacrifiant à ses petits, touchante image de l’amour du souverain pour son peuple. Dessiné par Gondouin, ce meuble fut sculpté par Babel, doré par la veuve Bardou, puis garni par le tapissier Caplin de velours bleu céleste et de riches passementeries d’or8. Parmi les autres pièces que livra Foliot fils, on remarque un lit à colonnes, avec impériale à la chinoise, pour la chambre de la Reine au château de Choisy ; les berceaux du Dauphin, de Madame Royale et du duc de Normandie; la menuiserie d’un trône destiné à l’hôtel de l’Ambassade de France à Constantinople ; une suite de soixante-dix-huit fauteuils pour l’Académie des Sciences au Louvre; des sièges pliants de jardin pour Mesdames, tantes du Roi. Ce maître quitta les affaires en 1786, et, depuis lors, vécut de ses rentes9. On ne connaît qu’un petit nombre de ses productions, la plupart n’ayant pas dû recevoir d’estampille. Celles qu’il a signées présentent l’ancienne marque de son père, F. FOLIOT, comme un gracieux « bout de pied », d’époque Louis XVI, que possédait naguère M. Allard de Meeus10.
FONBONNE (François), reçu maître menuisier à Paris le 14 juillet 1762, exerça pendant
1. Stan. Lamy. Dict. des sculpteurs de l'Ecole française au Louis-Pierre Foliot, reçu à l’Académie de Saint-Luc en 1768.
XV II Ie siècle, t. I, P- 345- 5- Id. Y. 14228, 18 sept. 1779.
2. Arch. nat. O1. 3316, fol. 149 v°. 6. Liste générale des Mes Men. -Ebénistes de Paris, 1782-1785.
3. Id. Y. 12048. Scellés, 20 août 1761. — Cf. Annonces, 7. Arch. nat. Ou 3543 ; O1. 3624 à 3637.
Affiches et Avis divers, 27 août 1761. 8. Id. O1. 3624, 2 (ier août 1774).
4. Arch. nat. Ou 3543, Ou 3616 à 3630, Ou 3734 à 3737. 9. Id. Y. 13452, 29 fév. 1788.
Cet artiste demeurait rue Meslay. Il fut le père du sculpteur xo. Vente à Paris, juin 1910, n° 163 du catalogue (reprod.).
cte F. DE SALVERTE. — LES ÉBÉNISTES DU XVIIIe SIECLE.
Planche XXII
NICOLAS-QUINIBERT FOLIOT.
Fauteuil dépendant du mobilier de la chambre de Louis XV à Versailles. (Musée du Louvre, coll. Camondo).
PIERRE-ANTOINE FOULLET.
Commode en marqueterie, dans le style transitoire Louis XV à Louis XVI (auc. collection de Mlle Marquis).
une trentaine d’années rue Sainte-Anne, au Palais *. Une jolie bergère Louis XV, à décor de feuillages et bouquets de roses, signée F. FONBONNE, faisait partie de l’ancienne collection Alphonse Kann 1 2.
FONTAINE. — Un ébéniste de ce nom tenait, vers la fin du règne de Louis XVI, fabrique et magasin de meubles à Rouen, rue Pigeon. Sa maison existait encore sous l’Empire 3 4.
FONTAINE (Jean-Michel), ébéniste parisien, admis à la maîtrise le 4 février 1767 \ s’installa bientôt après rue Coquillière. En 1772, il déposa son bilan, qui nommait parmi ses créanciers le fondeur Garin 5. On le retrouve ensuite rue de la Tonnellerie, d’où il disparut vers 1783.
FORGET (Pierre), menuisier en meubles, né en 1723, mort à Paris le 6 juillet 17896. Après avoir passé maître le 25 septembre 1 7 5 5 7, il exploita, rue de Charonne, « vis-à-vis celle de Lappe », un atelier de dix établis qui paraît avoir été très actif8. A son décès, on inventoria chez lui plus de 400 bois de sièges, outre des bois de lits, des meubles de garde-robe et de nombreuses tables en noyer9 * * *. Dans ses marchandises figuraient une cinquantaine de chaises et fauteuils à pieds de biche, ce qui prouve que le style Louis XV n’avait pas encore perdu toute faveur à la veille de la Révolution. L’ancienne collection de Mme la duchesse d’Avaray renfermait des sièges signés par cet artisan ’°.
FORGEOT (Louis-Nicolas), qualifié maître ébéniste dans un document de police du 30 janvier 1783 ", était en réalité un artisan libre qui exerçait rue de Charenton en vertu des franchises du faubourg Saint-Antoine. Né vers 1746 ", il vivait encore en 1813 et habitait à cette époque rue de Miromesnil *3.
FORSCHMANN (Augustin), né en 1727 M, se fit recevoir maître ébéniste à Paris le 7 janvier 1773 IS. Il travailla ensuite durant une quinzaine d’années dans le passage de la Trinité, près de la rue de Clichy 16 .
FORSTER (Richard), ébéniste parisien, devenu maître le 9 juillet 1788, s’établit rue des Fossoyeurs 17 . Deux ans plus tard il déposa son bilan, qui citait au nombre de ses débiteurs le baron d’Espagnac, l’architecte Chéon et l’ingénieur Schneider18. Il demeura ensuite rue du Faubourg Saint-Honoré, où il mourut le 30 octobre 1794 I9.
1. Liste générale des Mes Men.-Ebèn. de Paris, 1782-1789. — Al m. de Paris, (2e partie), 1786-1787. — - Ahn. des Bastimens, 1774-179°.