Id. ibid. cart. 32, bilan de J.-B. Fromageau, 17 juillet
importantes de la capitale. Peu après, Fromageau vendit son fonds, se retira quelque temps à Versailles1, puis revint à Paris où il tenait en 1781 Y Hôtel de Russie, rue de Richelieu2 3.
Ce maître marquait tantôt I. B. FROMAGEAV à l’antique, tantôt J. B. FROMAGEAU en caractères modernes. L’une et l’autre estampille se rencontrent sur des bois de sièges et sur des meubles en laque ou en marqueterie, qui se rattachent pour la plupart à la période de transition des styles Louis XV à Louis XVI. On connaît d’assez nombreuses pièces signées par ce fabricant. Il suffira de mentionner un beau mobilier de salon ayant appartenu à M. Rodolphe Kann 5 et une commode à fleurs et attributs qui figure dans les collections de Chaalis léguées à l’Institut par Mnie Edouard André.
FROST (Tean-Gotlieb), notable marchand-ébéniste, né à Berlin vers 1746, mort à Paris le 8 juillet 18144. On le suppose élève de David Roentgen, chez lequel il aurait travaillé en Allemagne avant de se fixer en France. A la fin de 1782, il se maria dans la chapelle de l’Ambassade de Suède s, et trois ans plus tard, le 14 décembre 1785, obtint des lettres de maîtrise 6. Aussitôt après sa réception, il appela sur lui l’attention du public par une réclame ainsi conçue : « Le sieur Frost, successeur du sieur David Roentgen, ébéniste-méchanicien du Roi et de la Reine, tient à présent, rue Croix-des-Petits-C.hamps, le grand magasin d’Ebénisterie que ce dernier avoit ci-devant rue de Grenelle S. H., et continue de vendre des meubles très recherchés pour leur forme et leur poli7 ». En réalité sa maison devait être une succursale des établissements que Roentgen possédait à Neuwied. Commandité par son fameux compatriote, Frost imitait les modèles de cet artiste, usant des mêmes secrets pour durcir ses bois et des mêmes procédés techniques pour dissimuler leurs assemblages. Il employait surtout des ouvriers de nationalité allemande qu’il faisait travailler à façon. Parmi ses principaux collaborateurs, on peut citer le maître-ébéniste Richter, les artisans libres Bauch Bregenzer, Grüber, Grundler et Kabers. Les bronzes de ses meubles lui étaient souvent fournis par Ravrio; il en achetait d’autres à Bécard, à Valleur jeune, et les faisait dorer chez Martin, Rémond et Jubert8. Au reste ses productions se recommandaient par leur fini précieux, plutôt que par la richesse des ornements. Son livre-journal, conservé aux Archives de la Seine, montre qu’elles comprenaient une grande variété d’ouvrages, presque tous en acajou : armoires de garde-robe, bureaux plats et à cylindre, toilettes de dames, pupitres mécaniques, écrans à secrétaire et à plateau 'de marbre, petites tables munies d’une glace, tables en X que l’on nommait en ciseaux, tables dites à la franc-maçon, ornées d’emblèmes rituels, etc... Durant plusieurs années, Frost eut de la vogue. Fournisseur des Menus-Plaisirs et de la Ville de Paris, cet ébéniste comptait au nombre de ses
1. Id. ibid, cart. 42. Bilan du serrurier Venaty, 1774: « Fromageot, ébén. à Paris, retiré à Versailles » ; cart. 116, bil. du tap. Basse, 1777.
2. Id. ibid., cart. 57, bil. de l’ébén. Kirschenbach, 1781 : « J. -B. Fromageau, m« men. demeuran rue de Richelieu et y tenant présentement VHdtel de Russie » ; cart. 59, bil. du men. Porot, 1781.
3. Catalogue de la coll. Rodolphe Kann, Paris, 1907, t. II, p. 75 et pl. 194.
4. Arch. de l’Égl. luthérienne à Paris. Paroisse des Billettes.
Reg. des Décès de 1809 à i8ij, p. 18. Le défunt est dit « âgé de
67 à 68 ans ».
5. Id. Reg. des mariages célébrés dans la chapelle de V Ambass. de Suède de 1764 à 1806, p. 93. Mariage de J. -G. Frost et de M.-Th. Wuhrer, native de Ribeauvillé en Alsace, 20 déc. 1782.