‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 147 sur 397 · Annonces, Appelles et Avis divers, 27 déc. 1785, p · texte numérisé non relu

Annonces, Appelles et Avis divers, 27 déc. 1785, p

8. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 76, bilan de Frost, 28 sept. 1789; cart. 80, bil. de Frost et O, 2 janvier 1792; cârt. x 1 3, vérif. des créances, 22 août 1792. — Livres de Commerce, Reg. 2278. Livre-journal de Frost et Cie. — De ces documents sont tirés la plupart des renseignements qui suivent.

clients la vicomtesse de Talleyrand, le marquis de Clermont-Amboise, les barons de Staël et de Batz. Mais en septembre 1789, le trouble que la Révolution apportait aux affaires le réduisit à la faillite. Son fonds fut alors acheté par J. -B. Colombet, avec lequel il tenta de relever l’entreprise sous la raison sociale « Frost et Cie ». Pour parer à la crise qui sévissait en France, les directeurs cherchèrent des débouchés à Londres, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne. Leurs efforts ne purent sauver la maison, qui croula définitivement le 24 décembre 1791. Colombet mourut peu après1. Quant à Frost, il abandonna le négoce pour devenir fonctionnaire. Sur la fin de sa vie il était employé à la Préfecture de Police dans le bureau des passeports2 3.

On trouve de fort beaux meubles signés J. G. FROST. Aux mérites de l’exécution, ils joignent ceux d’une composition savante et soignée, dont le caractère architectural ne manque pas d’élégance malgré une certaine lourdeur. J’en ai vu dans le commerce, il y a quelques années, un remarquable spécimen. C’était un large secrétaire à hauteur d’appui, en acajou massif, avec des colonnes engagées aux angles et une corniche de bronze. Champeaux a signalé dans la collection Crispin un bureau à cylindre, d’une forme spéciale, portant l’estampille de Frost, ainsi que les signatures manuscrites des ouvriers Bergeman et Blucheidner, avec la date du 24 novembre 1787 5. Une annonce parue quelques mois plus tard dans les Petites Affiches semble concerner ce dernier ouvrage 4.

FROYDEVEAU (René), ébéniste alsacien, naquit le 26 juin 1727 à Strasbourg, où il mourut le 23 octobre 1802 5. Il était fils d’un ancien juré des menuisiers français de cette ville6. Reçu dans leur communauté le 10 mars 1758, il fut deux fois investi des mêmes fonctions que son père, en 1765 et en 1772 7. Il exerçait encore vers la fin du règne de Louis XVI8. Le musée des Arts décoratifs de Strasbourg renferme une table à jeu pliante, en noyer finement sculpté à rinceaux et rocailles, portant une inscription de l’époque au nom de ce maître.

FÜSS (Jacob), né en 1738 9 à Laufen (Wurtemberg), vint se fixer à Paris avant 1769, date à laquelle il se maria dans la chapelle de l’Ambassade de Suède, en présence de ses confrères Jacques Bircklé et François Franc I0. Après la Révolution, il s’établit fabricant et marchand de meubles dans le cloître [Saint] Honoré11. Son nom ne figure plus dans les annuaires à partir de 1806.

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