Alm. du commerce de Favre et Duchesne, an VII, p
15. Arch. de la Seine. Enregist. Tables des Décès. Q8. 55, 2 prairial an VIL
GAUDA (Vincent) était fabricant et marchand de meubles à Paris vers la fin du règne de Louis XV. Ayant subi une condamnation pour fraude en matière de gabelle, il ne pouvait prétendre à la maîtrise et tenait boutique dans l’enclos Sainte-Marie-du-Temple, un des lieux privilégiés où s’abritait le travail libre. Cependant Gauda n’échappa point aux vexations des jurés-menuisiers, qui saisirent un jour chez lui pour 400 livres d’ouvrages h Son carnet de vente, conservé aux Archives de la Seine, montre qu’il fournissait d’importants magasins comme ceux du bijoutier Carré, rue Fromenteau, et entretenait des relations avec quelques négociants de province à Lyon et à Rouen 1 2 3. Il fit faillite en juin 1774 5.
GAUDREAU (Antoine-Robert), fameux ébéniste du Roi, né vraisemblablement vers 1680, mort en 1751 4. Attaché au service du Garde-meuble de la Couronne depuis 1726 s, il travailla aussi pour la Surintendance des Bâtiments, qui le fit concourir aux décorations intérieures de la Bibliothèque royale et du palais des Tuileries6. En 1744, ce maître fut élu principal ou syndic des menuisiers parisiens7, fonction qu’il conserva durant une année, suivant les statuts alors en vigueur. Il demeurait rue Princesse, où il exerça jusqu’à ses derniers jours8.
Les contemporains tenaient ce maître dans une très haute estime qui persista même après sa mort. Malheureusement, comme les autres ébénistes de sa génération, Gaudreau négligeait de signer ses œuvres, et l’on n’a pu identifier encore que deux pièces sorties de ses mains. Elles suffisent toutefois à justifier sa renommée.
La première est le célèbre médaillier de Louis XV que possède la Bibliothèque nationale. Gaudreau l’exécuta au cours de l’année 1738, en collaboration avec les frères Slodtz qui firent le croquis du meuble et très probablement les maquettes des bronzes9. Cette pièce, d’une merveilleuse richesse, avait été commandée pour l’un des cabinets du Roi dans les petits appartements de Versailles I0. Par sa structure, elle imite d’assez près la commode aux dragons de Charles Cressent, avec une ampleur plus massive, des lignes plus tendues, et cette dissemblance peu appréciable que la partie médiane sépare des portes au lieu de tiroirs. Mais la décoration des deux pièces est très différente. Celle du médaillier se prêtait à moins de caprice. Pour correspondre à la destination du meuble, elle devait se maintenir dans une note plus grave, et même offrir certaines réminiscences de l’Antique. Elle y réussit sans disparate. Au milieu de la façade, parmi des rocailles, des palmes, des rubans et des fleurs, se détache un
1. Arch. de la Seine. Bilans ; cart. 41, bilan de Vincent Gauda, 11 juin 1774.