‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 155 sur 397 · Id. Reg. des Maîtrises, Y. 9325, 4 août · texte numérisé non relu

Id. Reg. des Maîtrises, Y. 9325, 4 août

8. Annonces, etc., loc. cit. — Sa veuve, Marie-Denise Maingot,

se retira chez les dames Trinitaires de Reuilly ; elle succomba

dans leur couvent le 12 sept. 1764 (Arch. nat. Y. 12665. Scellés).

9. On connaît quatre artistes de ce nom, fils du sculpteur Sébastien Slodtz et petit-fils par leur mère de l’ébéniste Cucci. Trois d’entre eux, Sébastien-Antoine (1695 ? f 1754), Paul- Ambroise (1702 f 1758), René-Michel, dit Michel- Ange (1705 f 1764), obtinrent successivement le titre de dessinateurs de la Chambre et du Cabinet du Roi ; le quatrième, Dominique- François(i7i 1 4 1764), fut peintre du Roi et des Menus-Plaisirs. Les deux premiers paraissent seuls avoir collaboré à l’exécution du médaillier de Louis XV. Le dessin de ce meuble et celui de la grande commode dont nous parlons plus loin doivent sans doute être attribués à Sébastien-Antoine.

10. Arch. nat. O1. 3312. — Cf. Germain Bapst, Les Médailliers de la Bibliotb. nationale, dans la Chronique des Arts, 1892, p. 84.

masque de femme dans le goût classique ; les flancs galbés portent des médaillons à fond bleu d’après des camées romains, et, sur les pieds en consoles, débordent des têtes de bélier. Le mérite d’avoir combiné ces motifs d’art ancien avec les fantaisies du style Louis XV revient tout entier à l’architecte du meuble, comme le prouve son esquisse originale conservée au cabinet des Estampes1 *. Il suffit cependant de comparer le projet à l’ouvrage définitif pour apprécier avec quelles lumières pratiques et quelle sûreté de goût l’ébéniste mit au point les idées du dessinateur. On peut même dire que Gaudreau les transfigura dans ce morceau magistral, qui doit à lui seul un saisissant caractère de puissance et de grandeur.

Le Journal du Garde-Meuble m’a permis d’identifier une production non moins importante que le maître réalisa aussi d’après un dessin des Slodtz. C’est une superbe commode de la collection Wallace à Londres, attribuée jusqu’à présent au sculpteur Jacques Caffieri (pl. XXIV). L’inscription : fait par Caffieri qui se lit sur l’une des appliques donnait à croire que cet artiste pratiqua l’ébénisterie en même temps que la ciselure. Voici le texte qui restitue à son véritable auteur un des chefs-d’œuvre de l’industrie française:

«Du 15 avril 1739. Livré par Gaudreaux, ébéniste, et Caffieri, fondeur-ciseleur. Pour servir dans la nouvelle chambre du Roy à Versailles. Une belle commode de bois violet à placage et compartimens de bois satiné en mozaïque, chantournée, à dessus le marbre sarancolin, aïant par devant 2 grands tiroirs fermant à clef, ornés sur le milieu d’un cartouche d’ornemens et sur le reste de grandes feuilles, filets et portans ; le tout de bronze doré d’or moulu. Sur les côtés sont deux armoires qui s’ouvrent en guichets, avec panneaux d’ornement aussi de bronze doré assortissans à ceux de devant. Le dedans des tiroirs et des armoires sont de bois d’acajou, de cèdre de la Chine et de bois violet à placages. La commode est portée sur 4 pieds en consolles et roulots de bronze doré. Elle a 5 pieds n pouces de long par derrière sur 30 pouces de profondeur et 33 de haut3. »

L’année suivante, l’ébéniste du Roi reçut la commande d’une table de campagne qui devait faire partie des bagages militaires de Louis XV. Ce meuble en noyer, garni de poignées et serrures d’argent, reposait sur des pieds amovibles afin de pouvoir se placer dans un coffre. Le dessus ouvrait par des volets masquant trois compartiments : celui du milieu formait pupitre; un autre, gaîné de velours, renfermait des instruments de mathématiques; le dernier

servait de serre-papiers, et chaque casier avait un double-fond pour recevoir des étuis d’or.

Gaudreau fournit aussi à la Reine des meubles singuliers, tels qu’un bureau en bois de placage avec tablette à pupitre et plateau d’entre-jambes formant porte-livres. Il créa encore des pièces remarquables destinées à la Dauphine, à Madame Infante, à Mesdames de France, à Mademoiselle de Clermont, à Mme de Pompadour. L’un des derniers travaux mentionnés sous son nom dans les registres du Garde-meuble est une table à ouvrage «en limaçon», qu’il livra au printemps de 1751 pour le cabinet commun de Mesdames Henriette et Adélaïde à Versailles.

1. Bibl. nat. Estampes. Recueil Hd. 64. (Ce dessin a été 2. Bibl. nat., Ibid., loc. cit.

reproduit par Champeaux dans le Portefeuille des Arts décoratifs, 3. Arch. nat. O'. 3312, fol. 171.

pl. 42.)

Planche XXIV

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