O F. DE SALVERTE. - LES ÉBÉNISTES DU XVI IL SIÈCLE
ANTOINE GAI JDREAU.
Commode exécutée en 1738 pour la chambre de Louis XV à Versailles, d’après le dessin ci-dessus des frères Slodtz. avec le concours du sculpteur Jacques Caffieri pour les bronzes.
(coll. Wallace à Londres).
François-Antoine, fils du précédent, obtint le titre d’ébéniste du Roi après la mort de son père, auquel il survécut peu de temps: sa veuve décéda rue Saint-Paul en octobre 1760 b
GAUÛRON (Auburtin) fut un des principaux « menuisiers en ébène » employés par la Couronne sous le règne de Louis XIV. On l’appelait Gaudron le jeune pour le distinguer de son frère, habile horloger. Ce maître résidait à Paris, rue Saint-Honoré, sur la paroisse Saint- Eustache. En 1670, il fit, avec l’ébéniste Golle, la prisée des meubles dépendant de la succession d’Henriette d’Angleterre, duchesse d'Orléans 2 3. Seize ans plus tard, il devint le fournisseur attitré du Carde-meuble 5, qui lui demanda une quantité d’ouvrages en marqueterie de cuivre et d’étain, en bois de rapport, en noyer incrusté d’ébène, et quelques pièces « peintes de figures grotesques cà la chinoise ». Gaudron livra de somptueux bureaux pour servir au Roi dans ses diverses résidences. Celui qui fut placé en 1703 au palais de Trianon offrait des compositions en bois de couleur, représentant un mascaron entouré de guirlandes, avec des sphinx de part et d’autre, et une fleur de lys à chaque angle. Cette table s’ouvrait par deux couvercles ornés au revers des chiffres du monarque, chiffres qui se répétaient sur la ceinture au milieu de fleurs et d’oiseaux. L’artiste exécuta pour Mme de Maintenon plusieurs cabinets également en marqueterie nuancée. Il reçut d’importantes commandes pour le duc et la duchesse de Bourgogne, les ducs d’Anjou et de Berry, le duc de Chartres, la duchesse du Maine, la princesse de Savoie. En 1689, il construisit une balustrade de bois noir, composée de quatorze parties pliantes, qui devait entourer le lit de la reine d’Angleterre à Saint-Germainen-Laye. On peut encore citer parmi ses travaux un grand jeu de tourniquet à 75 tiroirs, et une curieuse niche ornée de bronzes dorés pour les chiens familiers du Roi4. Gaudron continua d’être attaché au service du Garde-meuble jusqu’en 1710, date probable de sa mort. — A l’Exposition de l’Art français sous Louis XIV et Louis XV, organisée à Paris en 1888, figurait un des ouvrages faits par cet ébéniste pour le duc de Bourgogne à Marly. C’était une petite table décorée de dauphins et fleurs de lys en marqueterie de bois et d’ivoire; elle appartenait alors au comte d’Armaillé5.
GAUMONT. — Un menuisier de ce nom fournit en 1711 des pupitres de musique pour la chapelle royale à Versailles6.
GAURAY (Jean), menuisier à Versailles, fut un des entrepreneurs des bâtiments du Roi sous Louis XIV7. On le trouve cité en 1704 et 1705 dans les comptes du prince de Condé pour des fournitures de « cadres à tableaux » 8.
GAUTHIER (François) était maître menuisier à Paris avant 1730. Son atelier, situé rue de
1. Arch. nat. Y. 15820. Scellés chez Marie-Marguerite Hau- sins de même étoffe à houpettes et galons aurore (Arch. nat.
donville, veuve de Antoine Gautreau, ébén. du Roi, 28 oct. O1. 3307, fol. 287).
1760. 5. Catalogne de l'Exp. de l'Art, franç. sous Louis XIV et
2. H. Havard. Dict. de l'Ameublement, t. II, col. 232. Louis XV, Paris, 1888, n° 214.
3. Arch. nat. O1. 3306 et 3308. V. aussi O1. 2985. 6. J. Guiffrey. Comptes des Bdtimens du Roi, t. V, col. 408.
4. Cette niche en ébénisterie fut garnie intérieurement par 7. Id., ibid., t. IàV(i68oà 1711).
le tapisssier Doublet de tripe de velours rouge, avec des cous- 8. Arch. du Musée Condé à Chantilly.
Les Él'énistes du XV 111° siècle.
Cléry, produisait des bois de sièges et des couchettes, ainsi que des tables et des commodes en noyer1.
Jacques-Alexis, que l’on suppose fils du précédent, travailla comme maître menuisier en meubles dans la même rue de Cléry, à la Croix d'or. Il mourut le 4 juin 1767, «âgé de soixantedix ans ou environ », suivant la déclaration de son confrère et parent François Reuze2.
GAUTHIER ou GAUTIER (Jean), menuisier-ébéniste, reçu maître à Paris le 11 septembre 1754 3 , demeurait rue du Cœur- Volant, et avait ses chantiers rue Saint-Thomas, près le palais du Luxembourg4 5 6. Connu surtout comme entrepreneur de gros ouvrages, Gauthier faisait aussi des armoires sculptées et des meubles d’église s. Après sa mort, survenue le 2 avril 1785 é, son établissement fut conservé par sa veuve.
GAUTIER (Jean) exerçait avec succès la profession d’ébéniste à Strasbourg vers le début du règne de Louis XV. Ses talents furent employés par M. Feydeau de Brou, intendant d’Alsace, et par le maréchal du Bourg, gouverneur militaire de cette province 7.
GAUTRON (Marc), menuisier parisien, admis à la maîtrise le 25 octobre 1783, résida rue de Cléry, n° 39, jusqu’à la Révolution8. Sa marque M. GAUTRON figure sur deux gracieux fauteuils finement sculptés, qui font partie de la collection Dutuit au Petit-Palais des Beaux-Arts.
Gx\UTRUCHE. — J’ai relevé cette estampille, sans initiale de prénom, sur un bois de fauteuil du temps de Louis XVI ; elle paraît devoir être attribuée à la veuve Pierre Gautruche, qui exploitait alors à Paris, rue Saint-Etienne-Villeneuve, un atelier de menuiserie fondé par son mari en 1743 9.
GAY (Jacques), menuisier en meubles, passé maître à Paris le 23 juin 1779, s’installa rue de Cléry où il travailla durant une vingtaine d’années io. Il signait GAV (la dernière lettre de sa marque ayant l’aspect d’un V plutôt que d’un Y). On voit au musée du Louvre, dans la donation Schlichting, un précieux fauteuil d’enfant, très richement sculpté et doré, qu’il exécuta pour le fils aîné de Louis XVI. Cette sorte de petit trône présente un dossier à fronton surmonté d’un aigle et d’un amour ; les accotoirs s’appuient sur des dauphins ; au-dessus des pieds se détachent des fleurs de lys, et le devant de la ceinture porte le masque du Soleil (planche XXV). Dans la Salle de bains au palais de Versailles se trouvent deux chaises à dossier ovale, sur lesquelles figure l’estampille de ce maître. Des ouvrages du même auteur font partie de l’ameublement du marquis de Noailles au château de Champlâtreux.
1. Arch. nat. Y. 13909. Scellés après le décès de la femme du maître, 24 sept. 1729. — Dès 1723 on voit figurer dans le journal du tap. Devaux plusieurs acomptes versés à un menuisier du nom de Gauthier pour un riche fauteuil destiné à l’abbé de Fontenay (Arch. de la Seine. Livre de Commerce. Reg. 2267).
2. Arch. nat. Y. 13669. Scellés, 4 juin 1767. Cf. Y. 9523, 15 sept. -31 déc. 1749.