‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 159 sur 397 · ld. , fév. 1 9 1 1 , n° 229 du catalogue (reprod · texte numérisé non relu

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à placages de bois satiné, se caractérisent par leur fière et sobre élégance. J’ai vu du même artisan une curieuse commode dans le style transitoire Louis XV à Louis XVI, en mosaïques à quadrillages et rosettes d’un rouge vif sur fond jaune. Les productions ultérieures de Gilbert offrent pour la plupart des marqueteries nuancées d’un genre assez original. Ce maître se fit une spécialité d’imiter en bois de couleur les compositions à motifs d’architecture que le peintre Hubert Robert avait mises en vogue. Il exécutait ces petits tableaux dans la manière du fameux marqueteur David Rœntgen, en multipliant les pièces de rapport finement nuancées, sans toutefois s’astreindre à la minutie de l’artiste allemand. Notre planche XXVI donne un exemple de ses travaux en ce genre. Gilbert créa une quantité de meubles ainsi ornés de sujets pittoresques et fit paraître dans les Petites Affiches du 19 juillet 1780 une annonce concernant l’un deux — un secrétaire roulant surmonté d’une bibliothèque — dont les panneaux montraient des temples en ruine. L’ancienne collection Rikoff comprenait une petite table ovale, décorée, dans le même goût, de marqueteries en bois et ivoire représentant des paysages maritimes, palais et personnages1.

GILLET (Louis), reçu maître menuisier-ébéniste à Paris le 4 juin 1766, habita rue Thevenot, puis rue Guérin-Boisseau 2, où il travaillait encore en 1789. On lui attribue l’estampille GILLET, sans doute à tort, car cette empreinte se rencontre sur des meubles en marqueterie que leur style paraît dater de la première moitié du règne de Louis XV. Une grande commode de cette sorte, appartenant à M. Valpinçon, figurait à l’Exposition des Arts décoratifs en 1882. Une autre, de fort belle qualité, faisait partie d’une des ventes Eug. Ivraemer3.

GILLIER (Pierre), menuisier en meubles à Paris, auquel la maîtrise fut conférée en 1 749 4, prit part la même année à un procès contre des ouvriers chaisiers pour délit de coalition b Lui-même avait employé un certain J. -B. Tassilly, soldat invalide, accusé d’être l’un des instigateurs de la cabale. Gillier demeurait alors rue de Cléry, à la Teste d'or, où il continua d’exercer jusqu’en 1773 é.

GILLOW (les), ébénistes, tapissiers et décorateurs anglais, dirigèrent pendant plus d’un siècle une importante maison d’ameublement7. Le fondateur de l’entreprise fut Robert Gillow, né vers 1697 au bourg de Great-Singleton, dans le Lancashire, d’une famille qui professait la religion catholique. Après avoir débuté comme simple ouvrier, il s’établit en 1724 à Lancastre. Cette place était au xvme siècle le principal centre du mouvement maritime entre la Grande-Bretagne et l’Amérique. Gillow pouvait y acheter à bon compte le bois d’acajou avec lequel il fabriquait la plupart de ses meubles; il y trouvait en outre des facilités pour exporter ses productions. En 1744, il ouvrit une succursale à Londres. Sa boutique, installée d’abord près de la Tamise, fut transférée quelques années plus tard dans

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