Arch. dép. du Calvados. E. 6e liasse, et Reg. des Maîtres
Menuisiers, Tourneurs et Corps réunis de Caen (1783-1789).
9. Arch. de l’Église luthérienne à Paris. Reg. des mariages célébrés en la chapelle de F Ambassade de Suède, p. 92-93.
10. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 76, faillite de l’ébén. Bury, oct. 1789.
ri. Arch. nat. C. 35, 208 L Pr.-verb. du 11 avril 1790; — T. 5141, 5. Papiers du député Osselin. Liste des Vainqueurs de la Bastille, n° 433 (sous le nom de « Georges Houfï »).
12. J. Durieux. Les Vainqueurs de la Bastille, Paris, 1911, P- 104.
13. Nouv. Arch. de V Art français, Paris, 1884-1886, t. II, p. 83.
14. Annonces, Affiches et Avis divers, 1766, p. 496 (sous le nom d’ « Ephlé ») .
15. Dr John Bôttiger. Kungl. Hofschatullmakaren och Ebenisten Georg Haupt . Stockholm, 1901, p. 13, 53, 54» 107> 1 ll et pl. 44.
tantôt une signature manuscrite, tantôt l’estampille Hulsten imprimée en caractères imitant l’écriture. Une de ses meilleures productions se trouve au Musée historique de Stockholm. C’est un grand bureau rectangulaire sur des pieds en gaine, décoré de marqueteries représentant des guirlandes de laurier et des nœuds de rubans. Ce meuble porte un cartonnier mobile, de forme contournée, revêtu de mosaïques à quadrillages. Les deux pièces peuvent rivaliser avec les plus charmantes ébénisteries parisiennes pour l’élégance du dessin et la finesse du travail.
HUREY (François-Charles)1, né à Paris en 1737, se fit soldat dès l’âge de treize ans et servit aux régiments de Vaubécourt et d’Aunis. Légèrement blessé pendant la campagne de Hanovre, il quitta l’armée en 1765 pour devenir ébéniste au faubourg Saint-Antoine. L’insurrection du 14 juillet réveilla ses instincts guerriers. Vainqueur de la Bastille, Hurey entra dans la Garde nationale, passa sous-officier à la 35e division de gendarmerie, puis lieutenant dans ce corps, et fut blessé parles Vendéens au combat de Vihiers (Maine-et-Loire). Il prit sous l’Empire sa retraite à Saumur.
Pierre2, fils du précédent, né à Paris en 1769, était aussi compagnon ébéniste lorsqu’il participa au siège de la Bastille. Ayant suivi son père en Vendée comme brigadier de gendarmerie, il fut grièvement blessé près de lui dans l’affaire de Vihiers, et succomba peu après à l’hôpital de Chinon, le 31 juillet 1793.
Î-GOU (Balthazar-André), maître ébéniste à Paris au début du règne de Louis XV, était frère d’Antoine Igou, « vernisseur en façon de la Chine », qui exécuta des ouvrages de peinture et de dorure pour le Roi. Il mourut avant 1737 3, laissant trois fils. L’aîné, Guillaume, également maître ébéniste, exerça rue de la Roquette et se qualifiait en 1753 bourgeois de Paris4. Le second, André, peintre-vernisseur comme son oncle, devint membre de l’Académie de Saint- Luc5. Le dernier, Étienne, après avoir pratiqué l’ébénisterie, fit commerce de meubles rue du Faubourg Saint-Antoine, Au Cabinet d’Auphin, où sa veuve, Marie-Catherine Héricourt, lui succéda en 1749 6.
INCE (William), connu surtout comme dessinateur de meubles 7, était ébéniste, tapissier et miroitier à Londres. Depuis 1754, il exploitait, avec son confrère John Mayhew, d’importants
1. J. Durieux. Les Vainqueurs de la Bastille , Paris, 1911, du Bois, t. I, p. 254.
p. 109. — Arch. nat. T. 5141, 5. Papiers du député Osselin. 6. Arch. nat. Y. 12139, 5 avril 1737 ; Y. 10992, 21 oct. et Liste des Vainqueurs de la Bastille, n° 24. 24 déc. 1749; Y. 15054, 12 mars 1750.
2. Id. Ibid.,p. 110, et Arch. nat., loc. cit., n° 304. 7. On trouvera des commentaires sur l’œuvre gravée de
3. Arch. nat. Y. 12139, 5 avr'l 1737- W. Ince dans les nombreuses publications consacrées à l’his-
4. Id. Y. 10990,7 juillet 1746; Y. 10992, 8 mars et 21 oct. toire du mobilier anglais, et spécialement dans le livre de
1749; Y. 10995, 16 juin 1753. K. Warren Clouston, The Cbippendale period in English Furni-
5. H. Vial, A. Marcel et A. Girodie. Les Artistes décorateurs ture, London, 1897, p. 77 et suivantes.
Planche XXXII
Cu F. DE SALVERTE. - LES ÉBÉNISTES DU XV, IB SIÈCLE.
GOTTLIEB IVERSSON.
Secrétaire en acajou, exécuté en 17Q7 pour Gustave (Château royal de Gnpslwhn).
IV de Suède.
ateliers et magasins situés au cœur de la ville, dans Broad Street, près de Carnaby-market. En 1762, voulant tenter un moyen de réclame qui avait déjà réussi à plusieurs maisons concurrentes, Ince et Mayhew firent paraître un recueil de modèles dédié au duc de Marlborough ; ils y présentaient de nombreuses planches gravées d’après leurs dessins, avec des notices explicatives qu’ils avaient rédigées en deux langues, — en anglais et en français, — dans l’espoir, sans doute, de répandre leur livre à l’étranger. Cette supposition se confirme par le titre emphatique de l’ouvrage, The Universal System of Household Furniture..., titre que les auteurs ont traduit en ces termes : « Le Système universel de Garniture de maison , contenant plus de trois cens Desseins du Goût le plus élégant , tant pour tout V Utilité que pour l'Ornement, compilé pour F assistance des Messieurs dans leur choix et des Ouvriers dans l'exécution des Meubles. »
Les meilleures compositions de cet album portent la signature de W. Ince. Elles rappellent beaucoup les créations contemporaines de Chippendale dans un style moins nerveux, mais parfois plus délicat. La fantaisie un peu maniérée de l’artiste se prêtait surtout à l’invention des vitrines, des coiffeuses, des bureaux de dame et des guéridons pour servir le thé. Plusieurs de ses modèles eurent une vogue durable, entre autres une table vaguement inspirée de l’art gothique et dont les pieds simulaient des faisceaux de colonnettes : ce type de meuble continuait d’être en faveur vingt-cinq ans plus tard, comme le prouve un catalogue édité alors par la Société des ébénistes de Londres L
On ne peut dire jusqu’à quelle date se prolongea la période d’activité de William Ince. Nous savons seulement que ses magasins existaient encore, sous la même raison sociale, au début du dix-neuvième siècle \
INFROIT (Étienne-Louis), menuisier-sculpteur, né en 1720, mort à Paris le 29 juillet 17941 2 3. S’étant voué d’abord à la sculpture décorative, il devint membre de l’Académie de Saint-Luc le 14 août 1759 4. Il se fit alors connaître comme fabricant de cadres. Probablement à la suite de démêlés avec la corporation des menuisiers-ébénistes parce qu’il faisait lui-même les bâtis de ses ouvrages, Infroit sollicita sa réception dans cette communauté; qui lui conféra des lettres de maîtrise le 12 octobre 1768 L II résidait cour Saint-Joseph, rue de Charonne. Ses fils, Claude et Louis-Claude, dont l’un était menuisier et l’autre doreur, paraissent tous deux avoir collaboré à ses travaux. Après 1789 6, il se retira rue Amelot où il termina ses jours. — On a relevé sa marque E. L. INFROIT sur quelques jolis cadres, en bois sculpté et doré, à décor d’ornements classiques.
IVERSSON (Gottlieb IVERSON ou), habile ébéniste suédois7, né vraisemblablement vers 1750, mort en 1813. On le suppose fils d’Olof Iverson, qui fut doyen ou syndic de la corpora-
1. The Cabinet-maker’s Book of prices, London, 1788. au XVIII e siècle, Paris, 1910, t. II, art. « Infrois ».
2. Universal British Directory, London, 1803. — Th. Shera- 5. Liste générale des Mes Men.-Ebén. de Paris, 1782-1789.
ton. The Cabinet-maker’s Encyclopxdia, London, 1804. List of 6. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 76. Bil. du march. de vin
subscribers. Lenfant, 23 juin 1789 (sous le nom d’ « Enfroy »).
3. Arch. de la Seine. Enregistrement. Tables des Décès. Q8. 51, 7. Dr John Bôttiger. Kungl. Hofschatullmakaren och Ebenisten
11 thermidor an III. Georg Haupt, Stockholm, 1901, p. 13, S 3, 54» io7> 1 1 7 5 F^- 4 S
4. Stan. Lami. Dictionnaire des Sculpteurs de l’Ecole française et 46.
tion des menuisiers de Malmœ. Le 21 mai 1778, il acquit la maîtrise à Stockholm, ayant présenté pour chef-d’œuvre un secrétaire dédié au roi Gustave III. Sous le régne de ce prince, Iversson rivalisa de réputation avec son confrère Haupt. Il imitait, lui aussi, notre style Louis XVI, produisant de beaux meubles en mosaïque de bois précieux ou en marqueterie nuancée à dessins d’attributs et de figures. Nommé ébéniste de la Cour en 1790, le maître conserva ce titre après l’avènement de Gustave IV, pour lequel il entreprit des travaux considérables dans les dernières années du siècle. A cette époque, la Révolution ayant discrédité nos modes, il s’inspira parfois du goût anglais, mais subit surtout l’influence allemande de David Rœntgen, comme le montre un curieux bureau en acajou, aux formes massives et architecturales que représente notre planche XXXII.
Les palais de Suède et de Norvège conservent les œuvres capitales de l’artiste L Dans le nombre figure son morceau de réception, un secrétaire en marqueterie aux armes royales, rappelant le célèbre cabinet minéralogique de Georges Haupt, dont nous avons donné plus haut la reproduction. Le musée du Nord à Stockholm possède un bureau de dame exécuté par Iversson en 1792. Citons encore de lui une console en bois de rose que possède le marquis Lagergren, un secrétaire orné du blason de la famille Wrangel qui se trouve chez le comte C.-G. Sparre, et une table sculptée appartenant au baron Râlarnb. Les ouvrages de cet ébéniste sont souvent signés et datés par une inscription manuscrite; d’autres portent une étiquette gravée, où se lisent son nom et son titre : Gottlieb Iversson Kongl : Slottssnickare och Schatullmakare i Stockholm.
J ABODOT (Claude), après avoir travaillé chez les ébénistes Claude Revault et Mathieu Criard2 3, s’établit rue du Faubourg Saint-Antoine, probablement dans les derniers mois de 1757. L’année suivante, on le trouve cité sur les états de payements des Menus-Plaisirs pour la fourniture d’une cassette en marqueterie à fleurs destinée au jeune duc de Bourgogne 5.
JACKSON (Joseph) exploita une fabrique et un magasin d’ébénisterie à Londres, Bull-head court, Jewin Street, depuis 1754 jusque vers 1793. Sa maison fut réunie ensuite à celle de son confrère Graham 4.
JACOB (les), célèbres artistes industriels qui, durant près d’un siècle, s’illustrèrent dans la fabrication des meubles s.
1 . Dr J. Bôttiger. Konstsamlingarna a de Svenska Kungliga Slotten, Stockholm, 1897, pl. 24, 73, 74, 170, 171.
2. Arch. nat. Y. 14084. Scellés après décès de l’ébén. Revault, 16 oct. 1757.