‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 185 sur 397 · GEORGES JACOB · texte numérisé non relu

GEORGES JACOB

'* Secrétaire:n aCa,i0U ctucitr0nniier’ exé,CUté Vers '79S pour Cambacérès (appartenant à Mme P. de Monicault) 2. Console en bois sculpte et dore, provenant de l’ancien mobilier royal (Musée du Louvre).

Iél

bleu, gilet rouge et large cravate blanche, — affiche un civisme que lui dictait la prudence. Car ses biens suffisaient à le rendre suspect. Plusieurs fois des envieux le dénoncèrent au Comité du Salut public; mais, protégé par David qui siégeait dans ce terrible Conseil, il ne fut ni arrêté, ni emprisonné comme le voulait une tradition aujourd’hui reconnue inexacte. Après le 9 Thermidor, il se remit avec ardeur au travail. Depuis le début de la Révolution, il avait étendu le champ de son activité : au lieu de se vouer presque uniquement à la menuiserie en sièges, il fabriquait toutes sortes d’ébénisteries en acajou, en érable, en citronnier, avec des incrustations d’ébène et d’amarante. On connaît quelques meubles de ce genre exécutés sous sa conduite au temps du Directoire. Ce ne sont pas les ouvrages qui lui font le moins d’honneur par leur composition originale et la délicatesse de leur facture. Au printemps de 1796, Georges Jacob transmit à ses fils la direction de la maison ; toutefois les circonstances le décidèrent à y rentrer bientôt comme administrateur et conseiller artistique. Il ne devait s’éteindre qu’après le retour des Bourbons, le dernier jour de sa soixante-quinzième année.

La production de ce maître dépasse en abondance celle d’aucun de ses contemporains. Il a laissé d’innombrables pièces marquées de son poinçon: G. JACOB. Les quelques spécimens reproduits dans ce livre donnent un aperçu de leur mérite et de leur diversité. Sur la planche XXXIII sont groupés des sièges créés par lui à diverses époques. La planche suivante montre deux de ses chefs-d’œuvre comme sculpteur et comme ébéniste : une merveilleuse console en bois doré qui provient de l'ameublement des Tuileries sous Louis XVI, et un secrétaire de style antique signé par l’artiste au terme de sa carrière. Ce dernier ouvrage, fait en 1795 pour Cambacérès, le futur archichancelier de l’Empire, appartient aujourd’hui à Mme Pierre de Monicault.

Les traditions de Georges Jacob furent continuées par ses fils Georges et François-Honoré unis sous la raison sociale de « Jacob frères ». Tous deux étaient nés à Paris, le premier à la date du 26 mai 1768, l’autre le 6 février 1770. Dans l’entreprise qu’ils dirigèrent ensemble jusque vers la fin du Consulat, l’aîné s’occupa de l’administration commerciale et le second de la partie technique. Celui-ci se faisait appeler Jacob-Desmalter, du nom d’une propriété que son père possédait en Bourgogne. Amoureux de son métier, très intelligent, très doué pour les arts, il allait acquérir parmi les hommes de sa génération une renommée comparable à celle de Boulle au dix-septième siècle et de Riesener au dix-huitième. La chance le servit dès le début. Le général Bonaparte, en revenant d’Italie, commanda aux frères Jacob, pour sa chambre à coucher rue Chantereine, un curieux mobilier militaire dont le lit simulait une tente et les sièges des tambours. Ces pièces historiques, données au général Lefèvre-Desnouettes, ont passé par héritage au comte d’Harambure, qui les conserve dans son château de Boran (Oise). Plus tard le Premier Consul fit appel aux mêmes ébénistes pour remeubler les anciennes résidences royales dévastées par la Révolution. Après avoir produit jusqu’alors des ouvrages d’un goût très sobre, qui valaient surtout par le caractère et la pureté du style, les Jacob commencèrent à fabriquer des morceaux plus richement ornés de sculptures et de bronzes. Parfois ils les relevèrent aussi avec des incrustations en bois de couleur et de bas-reliefs de porcelaine imitant les biscuits de Wedgwood. Une médaille d’or leur fut décernée à l’Exposition de l’an IX,

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où ils avaient présenté notamment deux commodes garnies de camées1. lisse surpassèrent au concours de l’année suivante \ Leur envoi comprenait entre autres morceaux, plusieurs trépieds en brûle-parfums et une somptueuse console de bois sculpté et doré, couverte

d’une

mosaïque italienne. — Ces industriels employaient la marque

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