‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 192 sur 397 · Id. Y. 14094, loc. cit · texte numérisé non relu

Id. Y. 14094, loc. cit

8. Id. Y. 14099. Scellés du 22 mars 1772 après décès de « Joseph Baoumhaoure, ébéniste privilégié du Roi ».

9. Id. Ibid. Les ébénistes Martin Carlin et Charles Dufour furent chargés de priser les marchandises du défunt. Parmi ses ouvrages en cours d’exécution ou venant d’être terminés, se trouvaient une armoire et un bureau plaqués d’ébène, une commode en tombeau plaquée en bois des Indes, et une très grande table en acajou massif ayant 9 pieds de long.

Notre Mobilier national conserve de lui trois productions de cette dernière sorte qui ornent l’une des galeries du xvme siècle au palais de Versailles. Ce sont de petites armoires rectangulaires, divisées sur la façade et les côtés en nombreux compartiments, dont chacun renferme une mosaïque florentine représentant des fleurs ou des oiseaux. Ces précieux ouvrages furent achetés par la Couronne à la succession du duc d’Aumont h Dans le mobilier du roi d’Angleterre au château de Windsor, figure un magnifique meuble d’entre-deux, également en ébène incrustée de cuivre, qui porte le poinçon de Joseph \ Le South Kensington Muséum montre une de ses commodes de laque richement ornée de bronzes à rocailles 1 2 3 (planche XXXVI). Une commode de même style en marqueterie à fleurs faisait partie de l’ancienne collection Charles Stein 4. Deux autres delà plus brillante qualité parurent à la vente du duc de Leeds, à Londres, en 1901.

Gaspard-Joseph Baumhauer, dit Joseph fils, né en 1747 5 6, prit en 1772 la succession de son père dont il transféra l’établissement rue de la Roquette é. On suppose qu’il hérita du même titre et employa la même estampille. Certains meubles signés JOSEPH •$’ semblent en effet d’une époque trop tardive pour être assignés au premier ébéniste de ce nom, — entre autres un secrétaire d’acajou qui provient de l’ancien mobilier des Tuileries et qui se trouve maintenant à Versailles.

JOUBERT (Gilles), fameux ébéniste du Roi, né en 1689, mort à Paris le 14 octobre 1775 7 . Les contemporains le désignaient parfois sous le nom de Joubert T aîné pour le distinguer de son frère Pierre, entrepreneur de menuiserie au faubourg Saint-Antoine. On ignore la date de son accession à la maîtrise, qui eut lieu probablement vers le début de la Régence. Après avoir été juré de sa communauté8, il la présida, comme principal ou syndic, de 1749 à 1750 9. Joubert habitait alors rue Traversine-Saint-Roch '°, mais il acheta ensuite une maison rue Sainte-Anne 11 où il devait demeurer le reste de ses jours. Marié à Michelle Collet ’2, fille d’un confrère, il était cousin par sa femme de l’ébéniste Pierre Migeon, et la recommandation de ce parent, très en faveur auprès de Mme de Pompadour, pourrait avoir attiré sur lui la bienveillance du Roi. Le Garde-meuble commença de l’employer en 1748 I?. La même année il termina pour le Dauphin un petit secrétaire de marqueterie qui contenait une écritoire en argent fournie par l’orfèvre Ballin ’4. Il fit ensuite des tables spéciales servant à jouer le quadrille, le piquet, la comète, le brelan et l’hombre ; un jeu de cavagnole pour la Reine ; une commode pour Madame Adélaïde; une autre pour Madame Louise‘s. En 1754, on lui demanda une importante série de meubles

1. Catalogue des Effets précieux . .. de Jeu M. le duc d’Aumont, Paris, 1782, n° 113. — Cf. A. de Champeaux, Le Meuble, t. Il, p. 166.

2. G. -F. Laking. The Furniture of Windsor Castle, London, 1905, p. 144 et pl. 36.

3. Catalogue of the Jones Bequest in the South Kensington Muséum, London, 1882, p. 73, n° 668.

4. Vente à Paris, mai 1886, n° 380 du catalogue (reprod.). Ce meuble a figuré ensuite dans la coll. Ch. Wertheimer à Londres.

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